Si le reconditionnement a déjà transformé les modes de consommation et de production dans le domaine de l’électroménager et de la téléphonie mobile par exemple, le sujet n’a pas encore vraiment séduit les constructeurs et équipementiers du ferroviaire, contraints par des normes et exigences de sécurité évidemment élevées.
Pourtant, en décrochant récemment le label RECQ (REConditionnement de Qualité), première certification européenne du reconditionnement, Alstom a décidé de s’emparer de ce dossier sensible et espère prendre de l’avance sur ses compétiteurs. Il est le premier acteur du ferroviaire à se positionner et envisage que ce nouveau marché pèse jusqu’à un tiers de son activité, liée notamment aux cartes électroniques.
Pallier à l’obsolescence des matériels
Depuis quatre ans, son site de Villeurbanne (Rhône), devenu le cœur névralgique mondial du constructeur ferroviaire en matière d’électronique, monte en effet progressivement en puissance sur le reconditionnement.
Avec comme principale cible, le marché des circuits électroniques, qui pourrait progressivement se tourner vers le reconditionnement. Alstom fait ainsi état de 800 cartes et équipements électroniques reconditionnés et réinstallés sur du matériel roulant ou sur les infrastructures ferroviaires, correspondant ainsi à 1,5 tonne de déchets évités.
« Une goutte d’eau car le marché est naissant » reconnait Christian Roth, le directeur du site, qui emploie 1.300 collaborateurs, mais « un début encourageant » que devrait venir soutenir désormais le label RECQ, garant que les matériels ont été reconditionnés dans le cadre d’un process agréé et contrôlé et répondent aux normes de qualité adéquates.
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L’enjeu est loin d’être anodin. Tant économiquement qu’écologiquement. Dans le ferroviaire, les équipements ont des durées de vie très longues, plus de 40 ans parfois. Les questions de la maintenance et de l’obsolescence sont donc majeures.
