Tag: Energie et Industrie

  • Taxes, subventions, charbon, télétravail, normes… Tour du monde des initiatives pour absorber le choc pétrolier

    Taxes, subventions, charbon, télétravail, normes… Tour du monde des initiatives pour absorber le choc pétrolier

    Inde : le jeu des taxes

    L’Inde a annoncé vendredi une réduction des taxes sur l’essence et le diesel destinés à la consommation intérieure de 10 roupies par litre, soit moins de dix centimes de dollar. Le pays a parallèlement décidé de mettre en place des taxes sur le diesel et le kérosène destinés à l’exportation « pour assurer une meilleure disponibilité de ces produits pour la consommation intérieure ». L’objectif est de protéger le marché domestique face à la volatilité des cours internationaux.

    Pologne : une TVA réduite

    Varsovie a choisi de combiner plusieurs mesures : la réduction de la TVA sur les carburants et l’instauration d’un prix maximum pour limiter l’effet direct de la hausse des cours sur les consommateurs.

    Grèce : des subventions ciblées

    Athènes met en place quatre subventions « ciblées » d’un montant total de 300 millions d’euros. Elles concernent le carburant automobile et maritime, le gazole et les engrais, couvrant jusqu’à 15 % des factures des bénéficiaires. Les aides seront versées en avril et en mai.

    Espagne et Chypre : des plans de soutien

    Le parlement espagnol a approuvé jeudi 80 mesures pour un total de 5 milliards d’euros, incluant une TVA réduite à 10 % sur le gaz et les carburants, contre 21 % auparavant. À Chypre, les autorités ont dévoilé un plan de soutien aux ménages et entreprises de 200 millions d’euros.

    Japon : place au charbon

    Pour sécuriser son approvisionnement énergétique, le Japon s’apprête à assouplir temporairement ses restrictions sur les centrales à charbon. Jusqu’ici, les fournisseurs d’électricité étaient incités à maintenir le taux de fonctionnement des centrales thermiques au charbon à 50 % ou moins ; le gouvernement prévoit désormais d’autoriser l’exploitation à pleine capacité de centrales plus anciennes et moins efficaces, selon le projet présenté.

    Royaume-Uni : du bioéthanol

    À Wilton, dans le nord-est de l’Angleterre, le gouvernement britannique relance temporairement une usine de bioéthanol dont le CO₂ – utilisé pour la santé, l’alimentation et le nucléaire civil – est un sous-produit. Cette opération est soutenue par l’État à hauteur d’environ 100 millions de livres pour « maintenir un approvisionnement critique malgré les perturbations liées à la guerre en Iran ».

    Singapour et États-Unis : ajustements réglementaires

    Singapour a décidé de repousser de plusieurs mois la mise en place d’une taxe visant à accompagner l’intégration progressive de carburants d’aviation d’origine non fossile (SAF). Aux États-Unis, une dérogation temporaire permet la vente d’essence E15 durant l’été, habituellement restreinte en raison de son impact sur le niveau d’ozone et la pollution de l’air.

    Sri Lanka et Thaïlande : appel aux citoyens

    Certains pays ont choisi de réduire la consommation d’énergie par des gestes quotidiens et des changements d’organisation du travail. Au Sri Lanka, les autorités ont décrété la semaine de travail de quatre jours dans la fonction publique et l’extinction de l’éclairage public nocturne, après avoir augmenté les prix des carburants et rationné leur distribution. En Thaïlande, la climatisation des bâtiments publics est désormais limitée à 26°C. Plusieurs États encouragent également le télétravail, conformément aux recommandations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

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  • Pâte à papier : Fibre Excellence lance un recours contre l’État

    Pâte à papier : Fibre Excellence lance un recours contre l’État

    Le bras de fer entre Fibre Excellence et l’État s’intensifie. Alors que les deux usines du groupe (installées à Saint-Gaudens en Haute-Garonne et à Tarascon dans les Bouches-du-Rhône) qui figurent parmi les dernières en France à maîtriser la fabrication de pâte à papier, sont menacées de fermeture, Fibre Excellence annonce un recours administratif contre l’État. Le fabricant entend par ce biais obtenir « une réponse écrite de l’État à ses demandes, et notamment la révision du tarif dans le cadre de ses contrats d’électricité biomasse ».

    Course contre la montre d’ici à la mi-avril

    S’il n’obtient pas gain de cause, le groupe pourrait engager une procédure devant le tribunal administratif. Un coup de pression de l’industriel dans la dernière ligne droite de la procédure de conciliation ouverte devant le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) qui se termine le 15 avril.

    Fibre Excellence emploie 670 salariés et génère plus de 10 000 emplois indirects dans la filière forêt-bois-papier et la logistique. Ils produisent environ 550 000 tonnes par an de pâte à papier, utilisée pour la fabrication de nombreux produits du quotidien (papier, produits sanitaires, emballages). Les excédents de vapeur générés par le travail de la biomasse permettent également de produire de l’électricité revendue à l’État.

    Mais en début d’année, le patron du groupe en France a sonné l’alerte : les deux usines pourraient fermer au printemps. En cause : la hausse des prix du bois en France et les modalités de rachat par EDF qui ne couvrent plus les coûts réels de production d’électricité.

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  • La France autorise temporairement un gazole moins résistant au froid

    La France autorise temporairement un gazole moins résistant au froid

    Pour faire face aux perturbations d’approvisionnement liées au blocage du détroit d’Ormuz, le gouvernement français autorise temporairement les distributeurs à commercialiser un gazole habituellement non conforme aux normes hivernales.

    Cette décision, prise par la ministre déléguée à l’Énergie et publiée jeudi au Journal officiel, précise que « à titre exceptionnel et temporaire, les distributeurs [sont autorisés] à détenir en vue de la vente et à commercialiser, un gazole non conforme aux spécifications ». La dérogation est valable jusqu’au 31 mars.

    Dans son texte, le gouvernement évoque des « difficultés exceptionnelles d’approvisionnement rencontrées dans le contexte de la guerre en Iran et du blocage du détroit d’Ormuz », ainsi que des « difficultés à s’approvisionner en gazole aux spécifications de saison ». Concrètement, « les distributeurs sont autorisés, à titre exceptionnel, à détenir en vue de la vente et à commercialiser, (…) du gazole dont la température limite de filtrabilité (TLF) est de 0°C maximum au lieu de -15°C maximum », c’est-à-dire moins résistant au froid.

    Les distributeurs devront toutefois « informer leurs clients des risques liés à l’utilisation de ce produit dans les zones et durant les périodes où la température peut être inférieure à 0°C (zones montagneuses, conditions climatiques hivernales) » et les consommateurs assumeront « l’entière responsabilité de tout problème pouvant survenir lors de l’utilisation de ce gazole ».

    Selon Bercy, « cela permet d’augmenter notamment de 20 % la production de gazole sans attendre le 1er avril sur le site de Rhône Énergies (à Fos-sur-Mer), ce sera plus marginal pour les autres raffineries ». Le ministère de l’Économie a précisé : « Il ne s’agit pas de pallier des problèmes d’approvisionnement, mais bien de mettre davantage d’hydrocarbures en circulation, de participer à la stabilisation du marché, mais aussi de renforcer notre souveraineté énergétique ».

    Cette mesure intervient alors que les prix du gazole en France ont grimpé de près de 29 % depuis le 27 février, dernier jour avant l’attaque israélo-américaine sur l’Iran, selon un calcul de l’AFP basé sur les données de quelque 9.600 stations. Le quasi-blocage par l’Iran du détroit d’Ormuz, par lequel transitent normalement 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, a provoqué une hausse d’environ 60 % des cours du brut.

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  • « On concerte, on calibre, on étudie » : le gouvernement prépare des mesures face à la flambée du prix des carburants

    « On concerte, on calibre, on étudie » : le gouvernement prépare des mesures face à la flambée du prix des carburants

    « En France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées », scandait l’Agence sur les économies d’énergie après le choc pétrolier de 1973. Quelles sont donc celles que Roland Lescure a derrière la tête pour faire face à la hausse du prix des carburants due à la guerre au Moyen-Orient ? Après avoir indiqué la veille, par la voix de la ministre de l’Énergie, Maud Brégeon, qu’« aucune aide directe » n’était validée, le gouvernement dévoilera des mesures dans « les tout prochains jours », a annoncé le ministre de l’Économie ce jeudi.

    Mais le contour de ces mesures, qui avaient été promises mardi par le Premier ministre Sébastien Lecornu, semble encore flou. « Ce que je peux vous dire, c’est qu’on concerte, on calibre, on étudie, et que dans les tout prochains jours on sera en mesure d’annoncer des mesures nouvelles », a déclaré Roland Lescure sur RTL. « On regarde ce qu’on appelle les gros rouleurs. Mais on va le faire, là encore, de manière ciblée », a ajouté le ministre de l’Économie.

    Des mesures de trésorerie pour payer les factures

    « Le problème à court terme, c’est de pouvoir payer les factures. Donc c’est des problèmes de trésorerie », a-t-il estimé. « Et donc première salve si je puis dire, on annonce des mesures de trésorerie qui vont permettre aux entreprises, les transporteurs routiers, les pêcheurs, qui ont des problèmes pour payer leur facture d’essence, de la payer », a-t-il promis. Lundi, le gouvernement a déjà annoncé des « mesures immédiates pour soulager la trésorerie » des entreprises de pêche.

    Parmi ces mesures, un « échelonnement des cotisations sociales » avec « un délai de paiement sans frais ni majoration sera accordé aux entreprises de pêche qui en feront la demande », un « étalement des échéances fiscales » et des « prêts de trésorerie garantis par Bpifrance », selon un communiqué du ministère de la Mer et de la Pêche. Mais pas de remise directe à la pompe, des discussions étant « en cours avec les metteurs en marché pour activer les incitations fiscales mobilisées en 2024 ».

    Des précisions ont été apportées dans la foulée ce jeudi par le ministre des PME et du Pouvoir d’achat Serge Papin, sur Europe 1/CNews, au sujet de ces aides pouvant également viser les « agriculteurs ». « La BPI (banque publique d’investissement) va proposer des prêts bonifiés, garantis par l’État, pour aider à la trésorerie », a déclaré Serge Papin. « Deuxièmement, sur le plan fiscal, sur le plan social, les services de l’État vont différer les paiements », a-t-il ajouté.

    Mais pas de remise à la pompe

    Roland Lescure a, en tout cas, de nouveau exclu des rabais sur la TVA, des taxes d’un montant variable ou des plafonnements des prix à la pompe, autant de mesures que le gouvernement estime contre-productives ou trop complexes à mettre en œuvre. Selon le ministre, « il n’y a pas de formule magique » pour empêcher la hausse des prix dans les stations-essence. « Des chèques qui seraient mis sur la table demain et seraient payés après-demain par le contribuable », a averti Maud Bregeon mercredi.

    Des aides directes ont pourtant été mises en place chez nos voisins. L’Espagne a présenté un plan de 5 milliards d’euros incluant une baisse de la TVA et une remise allant jusqu’à 30 centimes par litre de carburant à la pompe. En Italie, un décret-loi a réduit le prix des carburants de 25 centimes par litre. Des mesures similaires de réduction des taxes sur les carburants ont été prolongées au Portugal et votées en Suède. Et l’Allemagne a interdit aux stations-service d’augmenter leurs prix plus d’une fois par jour.

    Mais ces mesures ont un coût et « la réalité des finances publiques, c’est un déficit à 5 % que nous devons impérativement tenir », a rappelé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon. « Si on était au niveau de déficit de l’Italie ou de l’Espagne, on aurait des marges de manœuvre de 80 à 90 milliards de dollars pour faire face à ce choc », a déclaré Patrick Martin sur BFM Business mercredi. Mais « on ne peut pas aller plus loin » que des mesures de trésorerie parce que « le roi est nu », s’est-il désolé.

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  • Face à une crise énergétique émergente, le médiateur met en garde les consommateurs

    Face à une crise énergétique émergente, le médiateur met en garde les consommateurs

    « Il est important que les consommateurs disposent d’une information claire, à la fois sur la situation, sur ses conséquences potentielles et sur les offres qui leur sont faites. La transparence est primordiale », a prévenu ce mercredi matin Bernard Doroszczuk. Alors qu’il s’exprimait pour la première fois devant la presse en tant que nouveau Médiateur national de l’énergie (MNE), l’ancien président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a souhaité mettre en garde les consommateurs face à « la crise de l’énergie qui émerge et dont personne ne sait véritablement si elle va s’accentuer, ni combien de temps elle va durer ».

    « Et c’est d’autant plus important, en situation de crise, de parler également de ce qu’il peut arriver. Il ne faut pas se limiter, dans l’information, à la photographie à l’instant présent », a-t-il ajouté. « Le prix de marché est toujours soumis aux aléas et un aléa est toujours possible », a-t-il rappelé. « Parfois on l’oublie lorsque l’on s’éloigne des crises. »

    La nouvelle guerre au Moyen-Orient a fait flamber les cours du gaz. Sur le TTF, la référence en Europe, le prix a ainsi franchi la barre des 60 dollars le mégawattheure et se situe aujourd’hui à environ 54 dollars, contre environ 32 dollars avant l’attaque d’Israël et des États-Unis contre l’Iran. Laquelle a conduit au blocage du détroit d’Ormuz où transitent 20 % de l’offre mondiale de gaz naturel liquéfié (GNL).

    Un observatoire en temps réel 

    Pour l’heure, cette hausse observée sur le marché de gros ne s’est pas encore répercutée dans les factures des ménages français. « Pour l’instant, nous n’avons pas constaté, pour le gaz, d’augmentation des tarifs. C’est un constat à date », a dit Bernard Doroszczuk. La matérialisation de cette hausse est toutefois attendue au mois de mai. Période durant laquelle la consommation en gaz des ménages diminue avec le redoux printanier. À cette échéance, il faut donc s’attendre à une incidence limitée sur le pouvoir d’achat des ménages.

    Il n’empêche, dans ce contexte très incertain et de forte volatilité des prix, le MNE prévoit de mettre en place un observatoire en temps réel des offres de gaz. « Dès que nous observerons des évolutions sur les offres à prix fixe ou à prix indexé, nous le ferons savoir immédiatement avec notre comparateur », a indiqué l’ancien président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

    Contrairement au marché de l’électricité, il n’existe plus de tarif réglementé de vente pour la fourniture de gaz. Ainsi, aujourd’hui, 60 % des offres de gaz sont à prix indexé sur le tarif repère. Il s’agit d’un tarif indicatif publié par le régulateur de l’énergie qui intègre l’évolution des prix du gaz sur les marchés de gros. Le restant des offres sont à prix fixe pour la fourniture. « Il est possible que le nombre d’offres à tarif fixe diminue. C’est aussi possible que le tarif de ces offres augmente de manière substantielle pour que les fournisseurs se couvrent dans leur approvisionnement à terme », anticipe Bernard Doroszczuk.

    Mise en garde vis-à-vis des comparateurs

    « Nous sommes dans une situation où il y a eu des dommages assez massifs sur les installations. Et, quand bien même les bombardements cesseraient, il faudra, de toute façon, un temps assez important pour que les approvisionnements retrouvent leurs flux initiaux. Donc il y aura une tension sur les prix. C’est tout à fait clair ».

    À quel point les tarifs pourraient augmenter ? « Les spécialistes estiment qu’il y aura une hausse entre 10 et 20 % des tarifs à partir du mois de mai. Est-ce que ça restera à ce niveau ? Est-ce que ça augmentera ? Personne n’en sait rien », répond le médiateur. Lequel met aussi en garde les consommateurs vis-à-vis des communications des comparateurs d’énergie, qui alertent sur des hausses de facture à venir.

    Lorsqu’un comparateur fait une estimation, cela « contribue à sa politique commerciale », a rappelé le médiateur. « Le comparateur joue un rôle d’intermédiaire entre les consommateurs et les fournisseurs. Il est rémunéré pour ça. Il n’est pas neutre et il ne compare pas toutes les offres », a-t-il poursuivi, invitant les consommateurs à consulter plutôt le comparateur disponible sur le site du Médiateur national de l’énergie. Lequel compare toutes les offres. « Et nous n’orientons le consommateur vers aucune de ces offres. Nous laissons le consommateur choisir », a insisté Bernard Doroszczuk.

    La précarité énergétique en « constante progression »

    Ce risque de hausse substantielle intervient alors même que la précarité énergétique est en « constante progression », pointe le médiateur. « En 2025, 36 % des Français disent rencontrer des difficultés à payer leur facture énergétique, contre 28 % en 2024 », indique-t-il. Par ailleurs, 75 % des Français se restreignent volontairement sur le chauffage, selon le baromètre du MNE. « Les Français vivent davantage une sobriété subie qu’une sobriété choisie », déplore l’ancien patron de l’Autorité de sûreté nucléaire.

    En 2025, 10 900 coupures de gaz ont été effectuées par les fournisseurs, soit une hausse de 4 % par rapport à l’année précédente. Côté électricité, on compte 140 000 coupures pour factures impayées. Un niveau en baisse, notamment parce que les fournisseurs ont privilégié les réductions de puissance aux coupures franches. « Mais tous ne le font pas », regrette Bernard Doroszczuk.

    Inquiétude sur le fioul. Si le Médiateur national de l’énergie (MNE) n’a pas encore constaté de hausse de prix sur les offres de gaz à destination des particuliers, des hausses substantielles sur le fioul sont déjà observées et pourraient continuer à augmenter. Or, les consommateurs de fioul pour le chauffage devront se réapprovisionner avant l’automne. « Il y a un vrai sujet », estime ainsi Bernard Doroszczuk. Selon une étude de l’Insee publiée en janvier dernier, 2,6 millions de résidences principales étaient chauffées au fioul en 2022, soit près de 9 % d’entre elles.

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  • « Choc pétrolier » : Roland Lescure retire ses propos, Maud Bregeon écarte une aide sur les carburants

    « Choc pétrolier » : Roland Lescure retire ses propos, Maud Bregeon écarte une aide sur les carburants

    Les informations à retenir

    Pourquoi le gouvernement exclut-il désormais une crise systémique du carburant en France ?

    • Rétropédalage sémantique : Roland Lescure qualifie désormais le « choc pétrolier » de phénomène strictement international, excluant une crise systémique propre à la France.

    • Sécurité des stocks : La France a libéré 250 000 barils de ses réserves stratégiques pour combler des manques locaux, mais 97 % des stations-service fonctionnent normalement 

    • Rigueur budgétaire : Maud Bregeon écarte toute aide directe ou « chèque carburant » au nom du respect de la cible de déficit public à 5 %.

    Roland Lescure rétropédale. Le ministre de l’Économie dit ce mercredi « regretter » l’utilisation la veille de l’expression de « choc pétrolier ». Devant la commission des Finances de l’Assemblée nationale, mardi, il avait estimé que les perturbations liées à la guerre au Moyen-Orient constituaient « un nouveau choc pétrolier » et une mauvaise nouvelle « pour les comptes de la France ».

    « Si ce choc énergétique persiste au-delà de quelques semaines, la crise pourrait se diffuser plus largement à l’économie, et être au fond d’une nature plus systémique », avait-il affirmé.

    Mais le ministre souligne aujourd’hui que cette expression s’appliquait « à la situation internationale et en aucun cas à la situation française ». Pour lui, la France « est mieux préparée, (…) moins exposée (…) que ses voisins européens, et a fortiori évidemment que les pays asiatiques qui sont directement concernés » par l’interruption des flux de pétrole dans le détroit d’Ormuz.

    « Aucun problème d’approvisionnement » sur les carburants

    « Donc, ce terme de choc, il est valable dans un certain nombre de pays asiatiques, où on a des mesures de rationnement » de carburants, entre autres, a-t-il dit en réponse à une question d’un journaliste lors du compte rendu du conseil des ministres. « Heureusement, on n’en est pas là en France », a-t-il insisté.

    Le ministre a expliqué que la France avait « libéré de manière très ponctuelle 250 000 barils » de ses stocks « dans des régions où il y avait des manques ponctuels dans certains réservoirs, afin de permettre un approvisionnement total des stations-service ».

    « Mais on n’a aucun problème d’approvisionnement à court terme en France, sur le gasoil, sur le jet (kérosène) ou sur l’essence », a-t-il tenté de rassurer. Selon le gouvernement, 97 % des stations-service fonctionnent normalement en France, sans problème de rupture d’au moins un carburant.

    « Pas d’argent magique », selon Maud Bregeon

    La ministre déléguée chargée de l’Énergie et porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a pour sa part affirmé qu’il n’y avait « aucune aide directe validée » sur les carburants « à l’heure où on se parle ». « La première réponse, c’est l’accompagnement secteur par secteur […] avec des possibilités qui permettent de détendre la trésorerie », a défendu la ministre.

    « La réalité des finances publiques, c’est un déficit à 5 % que nous devons impérativement tenir », a-t-elle rappelé. « Il n’y a pas d’argent magique, des chèques qui seraient mis sur la table demain et seraient payés après-demain par le contribuable. »

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  • Raffinage du diesel : pourquoi la France a perdu la main

    Raffinage du diesel : pourquoi la France a perdu la main

    « Produire plus ». Voici, en substance, la consigne donnée aux opérateurs des six raffineries encore en activité sur le sol métropolitain. Via un courrier envoyé lundi, les cabinets de Maud Bregeon (Énergie), Roland Lescure (Économie) et Mathieu Lefèvre (Transition écologique) formulent une demande claire : porter les capacités de raffinage à leur niveau maximal, pour desserrer l’étau des importations et freiner l’envolée des prix du gazole.

    Depuis le début de la guerre en Iran, les tarifs de ce carburant ont bondi bien plus vite que ceux de l’essence. Un découplage qui « traduit une capacité de raffinage insuffisante par rapport aux besoins », explique-t-on au ministère délégué chargé de l’Énergie. Car acheminer du brut ne suffit pas : encore faut-il pouvoir le traiter, afin d’en extraire un combustible prêt-à-l’emploi.

    Or, en cinquante ans, l’outil industriel français a fondu, passant de 24 raffineries de pétrole en 1975 à seulement sept aujourd’hui (dont six en métropole). Surtout, les survivantes ne sont plus calibrées pour la consommation nationale de diesel : si la France est quasiment autonome pour son essence (seulement 10 % d’importations), elle est devenue structurellement dépendante pour son gazole. Aujourd’hui, un litre sur deux consommé par les Français est importé déjà raffiné, principalement du Moyen-Orient.

    L’impact du « Dieselgate »

    Alors, pourquoi ne pas simplement adapter les usines existantes à la demande actuelle ? « Une raffinerie n’est pas une infrastructure standard que l’on ajuste d’un tour de vis », souligne à La Tribune un expert reconnu par le secteur ayant requis l’anonymat. Il s’agit d’une « horlogerie complexe », qui sépare les chaînes d’hydrocarbure selon la nature du pétrole réceptionné, pour en extraire ce qui l’intéresse. Chaque baril de brut possède sa propre carte d’identité : un pétrole léger (type schiste américain) donnera beaucoup d’essence mais peu de gazole ou de bitume.

    Il reste 7 raffineries actives en France. (Crédits : Agathe Perrier)

    Historiquement, l’outil français a été « designé » pour répondre à une demande massive de diesel. Mais le virage post-Dieselgate [entre 2009 et 2015, Volkswagen a triché sur les tests antipollution de ses moteurs diesel, ndlr] et les nouvelles normes environnementales ont brutalement écorné l’image de ce carburant. Résultat : certaines unités de production sont devenues obsolètes, précipitant leur fermeture. « Les convertir aurait coûté très cher et pris beaucoup de temps », précise le spécialiste.

    Désengagements en série 

    Surtout, si le raffinage affiche aujourd’hui des marges records en raison du boom des marchés, l’activité a été structurellement déficitaire pendant des années. Ce qui a poussé les majors à se désengager une à une. Parmi les exemples les plus emblématiques, la raffinerie des Flandres de TotalEnergies, près de Dunkerque, a tiré sa révérence en 2010.

    Peu après, Shell a cédé ses sites de Reichstett et Berre, aujourd’hui fermés. Quand ils ne sont pas liquidés, des sites sont reconvertis : en Seine-et-Marne, TotalEnergies transforme actuellement son ancienne raffinerie de pétrole de Grandpuits en une usine de production de biocarburants et de matières plastiques. Celle de La Mède, près de Marseille, a d’ores et déjà été réorientée vers la mise au point de biocarburants.

    La France a fermé plus des deux tiers de ses raffineries en moins de 50 ans.
    La France a fermé plus des deux tiers de ses raffineries en moins de 50 ans. (Crédits : © Agathe Perrier, La Tribune)

    À Lyon, l’usine Feyzin qu’opère la major reste quant à elle active, mais sous surveillance. Le géant pétrolier a déjà fait savoir qu’il préparait sa fermeture dès 2027, préférant concentrer ses activités sur les grandes façades maritimes pour réaliser des économies d’échelle. Dans ce marché en berne, la raffinerie de Lavéra (Martigues), vendue par BP à Petroineos, semble faire figure d’exception : l’usine bénéficie encore d’investissements massifs de la part de ses actionnaires sino-britanniques.

    Des marges d’augmentation très limitées 

    Mais là aussi, la flexibilité reste limitée. Si l’usine de Lavéra dispose d’unités permettant de transformer des pétroles de moindre qualité par rapport à ce qui avait été prévu à l’origine, afin de mettre au point davantage de gazole, ce n’est pas le cas partout.

    Les industriels peuvent certes jouer sur les paramètres de production ou sur les spécificités saisonnières (la composition réglementaire du diesel changeant entre l’hiver et l’été) pour favoriser légèrement le gazole. Mais à l’échelle nationale, ces ajustements ne représentent qu’un gain de « quelques pourcents », estime-t-on dans le secteur.

    Le gouvernement l’a d’ailleurs déjà clarifié : il ne faut pas s’attendre à des augmentations massives, mais à des améliorations marginales « qui ne pourront pas remplacer l’intégralité des capacités de raffinage auxquelles la France n’a plus accès ».

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  • Hélium, brome, gaz… la chimie française craint des ruptures d’approvisionnement en cascade

    Hélium, brome, gaz… la chimie française craint des ruptures d’approvisionnement en cascade

    « L’impact du conflit au Moyen-Orient est d’ores et déjà observé sur les coûts de production, au travers des hausses de prix des matières premières, de l’énergie et du transport », observe France Chimie dans un communiqué. Le lobby du secteur prévient que « des effets en cascade pourraient émerger », avec des « risques de pénurie pour la chimie européenne ».

    L’hélium est l’exemple le plus frappant de ces dépendances géographiques. Ce gaz est indispensable à l’imagerie médicale, aux semi-conducteurs et au refroidissement des réacteurs nucléaires. L’Europe n’en produit pas. Or, « un tiers de la production mondiale se situe au Qatar », dans un site ciblé par des frappes le 18 mars 2026. Les autres sources, américaines ou russes, font l’objet de tensions diplomatiques. Des discussions mondiales sont en cours qui visent à réserver les volumes restants aux seules activités de défense et de santé.

    Le brome suit une logique identique. Ce composé sert à la fabrication de retardateurs de flamme et de produits pharmaceutiques. Trois acteurs possèdent 79 % des capacités mondiales de production, situés en Israël, aux États-Unis et en Jordanie. Le conflit actuel menace directement l’extraction en mer Morte.

    Pour le méthanol, la situation est tout aussi précaire : 12 % des capacités mondiales se trouvent en Iran et 18 % se répartissent entre l’Arabie saoudite, le Qatar et Bahreïn. Une extension du conflit paralyserait un tiers de l’offre mondiale de cet alcool de base.

    L’asphyxie par les intrants

    La crise se transmet par une réaction en chaîne partant de l’amont énergétique. Le gaz naturel dicte la survie des activités « gazo-intensives ». Pour des produits comme l’ammoniac ou le nylon, le gaz représente jusqu’à 80 % du coût variable de production. Avec un prix TTF à 67 euros le mégawattheure le 18 mars, contre environ 30 euros avant le conflit, les marges des producteurs européens s’évaporent. Les fabricants d’engrais ont déjà répercuté ces hausses, dégradant la compétitivité de toute la filière agricole en aval.

    Le pétrole joue le rôle de second détonateur. Son cours, à 114 dollars (105 euros) le baril (+ 61 %), tire mécaniquement vers le haut les prix du naphta et de l’éthylène. Ce dernier a bondi de 58 % en Asie et de 38 % aux États-Unis en trois semaines. Ces molécules sont les briques élémentaires de tous les polymères. Aucune rupture n’est constatée en France au 25 mars. Toutefois, quatre groupes industriels multisites ont déclaré des cas de « force majeure » en Europe, car il est impossible de produire à de tels prix.

    Ormuz et Singapour, le chaos logistique mondial

    Le transport maritime est devenu le principal accélérateur de la contagion. La fermeture de fait du détroit d’Ormuz crée un engorgement massif. Le port de Khor Fakkan (Émirats arabes unis) est saturé, avec des retards dépassant 13 jours. Cette congestion se propage aux ports de Singapour et Colombo, incapables d’absorber le déroutement des flux.

    « Il y a urgence à rouvrir le détroit, sans quoi les dommages toucheront durablement les chaînes d’approvisionnement », martèle Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies. Le contournement par le cap de Bonne-Espérance ajoute 15 jours de trajet, mobilisant davantage de navires pour transporter le même volume de marchandises.

    En Inde, 30 % des navires attendent plus d’une semaine devant les ports de Mundra. Pour les PME françaises, cette désorganisation se traduit par un triplement des taux de fret au départ de Chine.

    L’avantage structurel américain

    Le conflit redessine les rapports de force entre les grandes régions industrielles. Contrairement à la crise ukrainienne, ce choc affecte l’Asie, très dépendante du pétrole iranien. En Chine, les réserves stratégiques sont estimées à 90 jours d’importation. Les trois plus grosses raffineries du pays ne pourront tourner que jusqu’au 20 avril avant de manquer de brut. Une fois ces unités arrêtées, les stocks de produits chimiques ne permettront de tenir que jusqu’à la fin du mois de mai.

    À l’opposé, les États-Unis émergent comme le grand gagnant. Leur pétrochimie repose sur l’éthane issu du gaz de schiste, un intrant dont le prix est déconnecté du cours mondial du pétrole. Ce découplage permet aux producteurs américains de saturer le marché européen avec des polymères (PE, PVC) à bas prix. Les importations américaines vers l’Europe, déjà en hausse de 29 % depuis 2019, pourraient franchir un nouveau cap, menaçant de fermetures définitives les vapocraqueurs européens les plus anciens.

    Le prochain point de bascule se jouera le 12 avril 2026, date à laquelle les premières raffineries chinoises pourraient déclarer l’arrêt de leurs unités de craquage, provoquant une pénurie mondiale de dérivés plastiques.

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  • Vencorex : le projet de reprise Exalia retoqué par la justice

    Vencorex : le projet de reprise Exalia retoqué par la justice

    La décision était attendue depuis plusieurs semaines. Exalia avait reçu le soutien de l’Etat, de la région Auvergne-Rhône Alpes mais aussi de la Métropole de Grenoble. « Nous n’avons pas encore tous les détails de la décision, mais il semblerait que le tribunal refuse de confier un site classé SEVESO à une PME ou à un groupe familial. Cela se fait pourtant ailleurs, en Italie ou en Espagne ! », détaille Olivier Six, qui explique pourtant que le projet repose sur une expertise technique pointue et a été accompagné par des cabinets d’études du secteur.

    « C’est un projet stratégique de souveraineté, qui répond à un véritable besoin du pays et de ses entreprises. Si le projet ne se fait pas, les entreprises qui restent sur la plateforme voient leur modèle économique mis en péril. Et des clients à l’autre bout de la France attendent déjà nos produits », précise Olivier Six.

    « C’est incompréhensible qu’on préfère démanteler, donner le site à un ferrailleur, plutôt que de dire qu’il y a une chance que ce projet aboutisse, bien qu’il soit solide et que personne ne l’ait jamais remis en question », déplore Séverine Dejoux, ancienne salariée de Vencorex, et porteuse du projet à l’occasion d’une conférence de presse donnée sur la plateforme chimique de Pont-de-Claix, devant l’entrée des anciens locaux de Vencorex. 

    Le tour de table du projet était pourtant déjà bouclé, avec un financement excédentaire : 15 millions d’euros de fonds privés, autant de prêts publics, 17 millions de promesses de subventions et 13 millions de la part des banques. « Nous ne comprenons pas la décision. C’est vraiment le symbole de la désindustrialisation en France ». 

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  • Hydrogène : HDF Energy renonce à un tiers de ses projets et priorise la mise en service d’une centrale

    Hydrogène : HDF Energy renonce à un tiers de ses projets et priorise la mise en service d’une centrale

    « L’hydrogène est un marché en forte croissance, il a été multiplié par dix en six ans, mais cela reste un marché émergent, une fois passée l’euphorie initiale de 2020-2021 », dépeint Damien Havard, le PDG et fondateur de HDF Energy. Une situation paradoxale qui s’applique aussi à l’année 2025, traversée par l’entreprise bordelaise créée en 2012 pour fabriquer des piles à hydrogène à forte puissance et des centrales mêlant production d’électricité solaire et stockage sous forme d’hydrogène.

    Si HDF Energy a bien mis en service son centre d’essais de piles à combustibles logé dans son usine flambant neuve de Blanquefort près de Bordeaux et paraphé un accord stratégique avec le géant ABB sur le marché du transport maritime. Après des mois d’attente, la société cotée sur Euronext Paris a aussi formellement signé en décembre la subvention PIEEC (projet important d’intérêt européen commun) dont les versements s’étaleront jusqu’en 2031 pour un montant maximal faramineux de 169 millions d’euros.

    Mais l’entreprise a aussi été contrainte de passer au crible tous ses projets situés aux quatre coins du monde. « On est allés conquérir le monde avec parfois un peu de naïveté et on avait globalement du retard sur beaucoup de projets. Face à la réalité du marché, on a choisi d’en abandonner certains et d’en réduire d’autres pour ne pas dépenser trop de cash là où ça n’avance pas assez vite », explique Damien Havard. « Au total, un tiers de projets ont disparu du pipeline parce que nous voulons être plus sélectifs », ajoute le PDG, assurant que « le gros du travail de rationalisation » du portefeuille est désormais achevé.

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