Tag: économie

  • “Où sont les millions ?” : dans les grands groupes français, l’IA générative à l’épreuve du réel

    “Où sont les millions ?” : dans les grands groupes français, l’IA générative à l’épreuve du réel

    En 1987, Robert Solow, économiste américain lauréat du prix Nobel, formulait un constat devenu célèbre : “Vous pouvez voir l’ère informatique partout, sauf dans les statistiques de la productivité.” Quarante ans plus tard, en remplaçant “informatique” par “IA générative”, le paradoxe n’a pas pris une ride. En dépit du bruit médiatique autour de cette technologie depuis plus de trois ans et la sortie de ChatGPT, les résultats tangibles sur l’économie tardent à se concrétiser. Fin février, une gigantesque enquête du National Bureau of Economic Research, menée auprès de 6 000 dirigeants d’entreprises aux Etats-Unis, en Europe et en Australie, concluait que près de neuf entreprises sur dix n’observaient aucun impact perceptible de l’IA générative sur leur emploi ou leur productivité sur les trois dernières années. Le chiffre fait écho à celui du MIT, qui avait défrayé la chronique l’été dernier en affirmant que 95 % des projets associés en entreprise échouaient à délivrer un retour sur investissement.

    Ces derniers mois, L’Express a rencontré plusieurs “grands comptes”, ces sociétés de premier plan de l’Hexagone comme Air France, Total, Axa… Des fleurons du CAC40 dont une partie dispose de bureaux donnant sur la dalle venteuse du quartier d’affaires La Défense. Tous l’admettent : malgré de fortes ambitions et des investissements dépassant parfois les six chiffres, la réalité du terrain est autrement plus modeste. La première difficulté concerne la donnée. L’IA générative repose sur des modèles de langage (LLM), très habiles pour fouiller dans des masses importantes d’informations. Or, si celles-ci sont incomplètes ou éparpillées aux quatre coins de l’entreprise, le résultat sera médiocre. C’est précisément le quotidien de la plupart des grands groupes. Contrairement aux start-up, qui construisent leurs bases de données sur des architectures modernes, ces derniers traînent des décennies de systèmes qui communiquent difficilement, comme un logiciel de comptabilité âgé de 30 ans avec un outil de marketing dernier cri. Les professionnels ont du jargon pour ces problèmes. Les “silos” de données cloisonnées, et le “legacy”, désignant ces systèmes informatiques qui s’empilent depuis plusieurs dizaines d’années.

    LIRE AUSSI : “Les lettres de motivation ne valent plus rien” : comment l’IA rebat les cartes en entreprise

    Au sein de la banque LCL, Didier Lellouche, responsable de l’intelligence artificielle, évoque ainsi son “cimetière des POC” : ces preuves de concept, courantes dans les entreprises, qui permettent de tester la technologie sur des cas d’usage. “Dès lors qu’on voulait intégrer un projet d’IA générative dans le système d’information, ça ne marchait plus. Trop compliqué, trop coûteux.” Les tarifs de l’inférence – le fonctionnement de l’IA, facturé par unité de texte appelé token – sont encore trop “opaques” en fonction de leurs besoins, font entendre des interrogés. A Bpifrance, Lionel Chaine, directeur des systèmes d’information de la banque d’investissement, fournit un ratio édifiant : sur 240 tests d’utilisation de l’IA générative, seuls 17 ont finalement été mis en production. “Tout le monde est en train d’apprendre, ajoute-t-il. Et cette fois, malheureusement, on ne peut pas acheter l’expérience des cabinets de conseil afin de nous guider.” Ghislain de Pierrefeu, consultant chez l’un d’eux, le français Wavestone qui a accompagné plusieurs de ces “grands comptes” dans leur transformation, abonde : “Il y a un vrai décalage entre le discours ambiant – l’idée que l’IA générative change le monde – et la réalité des gains. Tout le monde galère.” Un responsable d’une grande entreprise va plus loin : “L’IA générative est survendue.”

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  • Guerre au Moyen-Orient : l’Iran annonce des dégâts sur ses infrastructures d’eau et d’énergie

    Guerre au Moyen-Orient : l’Iran annonce des dégâts sur ses infrastructures d’eau et d’énergie

    Les infrastructures iraniennes en matière d’eau et d’énergie ont subi d’importants dégâts à la suite des frappes américano-israéliennes, a affirmé dimanche le ministre de l’Énergie à Téhéran.

    « Les infrastructures vitales du pays en matière d’eau et d’électricité ont subi de lourds dommages à la suite d’attaques terroristes et cybernétiques menées par les États-Unis et le régime sioniste », a déclaré Abbas Aliabadi, cité par l’agence de presse Isna.

    Samedi soir, le président américain Donald Trump a menacé de frapper les centrales électriques iraniennes si Téhéran ne rouvrait pas le détroit stratégique d’Ormuz dans un délai de 48 heures. En réponse aux déclarations de Donald Trump, l’Iran a menacé de viser des infrastructures énergétiques et des installations de dessalement dans l’ensemble de la région.

    Pour rappel, Israël et les États-Unis ont lancé une offensive d’envergure contre l’Iran le 28 février, tuant le guide suprême de la République islamique et déclenchant une guerre qui s’est depuis étendue à l’ensemble du Moyen-Orient.

    Le trafic dans ce détroit vital, par lequel transite 20 % du pétrole mondial, est quasiment à l’arrêt depuis le début de la guerre. Les forces iraniennes ont attaqué plusieurs navires, affirmant qu’ils n’avaient pas respecté les « avertissements » les dissuadant d’emprunter cette voie maritime.

    Ces derniers jours, Téhéran a toutefois autorisé le passage de certains bateaux en provenance de pays qu’il considère comme amis, tout en avertissant qu’il bloquerait ceux issus de pays qu’il accuse d’avoir pris part à « l’agression » contre lui.

    L’OMS s’inquiète de l’évolution du conflit
    La guerre au Moyen-Orient est entrée dans une « phase périlleuse » avec des frappes près de sites nucléaires en Iran et en Israël, a averti dimanche l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
    « Les attaques visant des sites nucléaires constituent une menace croissante pour la santé publique et la sécurité environnementale », a affirmé sur la plateforme X le directeur de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui a appelé « urgemment toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue militaire et à éviter toute action susceptible de déclencher des incidents nucléaires ».

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  • +25 % à la pompe : les prix des carburants s’envolent au Sri Lanka

    +25 % à la pompe : les prix des carburants s’envolent au Sri Lanka

    Le Sri Lanka a annoncé dimanche une augmentation de 25 % des prix des carburants, la deuxième en quinze jours alors que le pays est confronté à de sérieuses difficultés d’approvisionnement en hydrocarbures à cause de la poursuite de la guerre au Moyen-Orient.

    Après avoir ordonné une première hausse des prix à la pompe de 8 % en début de semaine, le gouvernement en a décrété une deuxième, qui fait passer le litre de sans-plomb à 398 roupies sri-lankaises (1,30 dollar) et celui du diesel à 382 roupies (1,25 dollar).

    Le Sri Lanka importe la totalité de ses besoins en pétrole, et du charbon pour la production d’électricité. Pour tenter de limiter la consommation et de préserver ses maigres réserves, son gouvernement a en outre rationné la vente du carburant et instauré la semaine de travail de quatre jours.

    « La nouvelle augmentation (des prix) doit permettre de réduire de 15 à 20 % la consommation de carburant », a indiqué sous couvert d’anonymat à l’AFP un responsable de la Ceylon Petroleum Corporation.

    Un pays déjà fragile économiquement

    Le président sri-lankais Anura Kumara Dissanayake a confié aux responsables du secteur qu’il anticipait une guerre longue au Moyen-Orient, a ajouté ce responsable.

    Son gouvernement a averti que le conflit remettait en cause ses efforts pour remettre l’économie du pays sur pied après la crise financière de 2022. Cette année-là, l’épuisement de ses réserves de devises étrangères l’avait contraint à rationner nourriture, carburant et médicaments et causé une grave récession. Des manifestations violentes avaient alors contraint le président de l’époque, Gotabaya Rajapaksa, à la démission.

    Le Fonds monétaire international (FMI) avait accordé un an plus tard au Sri Lanka une aide d’urgence de 2,9 milliards de dollars, en échange d’une sévère cure d’austérité.

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  • Pékin annonce qu’elle va ouvrir son économie et importer des biens européens

    Pékin annonce qu’elle va ouvrir son économie et importer des biens européens

    La Chine serait-elle en train de changer de logiciel ? Alors que les exportations ont augmenté de 21,8 % sur un an pendant les deux premiers mois de l’année, le gouvernement chinois vient d’annoncer qu’il voulait rééquilibrer sa balance commerciale.

    La Chine « fera avancer résolument une ouverture de haut niveau, importera davantage de biens étrangers de haute qualité et travaillera avec toutes les parties pour promouvoir un développement optimisé et équilibré du commerce », a déclaré le Premier ministre Li Qiang à des dirigeants d’entreprise à Pékin dimanche, selon l’agence Chine Nouvelle. Il s’exprimait lors de l’ouverture du Forum annuel sur le développement de la Chine, auquel participaient cette année d’éminents dirigeants d’entreprise, dont le directeur général d’Apple, Tim Cook.

    Le Premier ministre chinois a ajouté que Pékin travaillerait avec d’autres pays pour « unir leurs forces afin de rendre le gâteau économique et commercial mondial plus grand pour tout le monde ».

    Il a également fustigé la montée de l’unilatéralisme et du protectionnisme, qui, selon lui, « ne sont en aucun cas une panacée pour résoudre les problèmes ». Une référence à la politique américaine. L’an dernier, le pays s’est engagé dans une guerre commerciale féroce avec Washington après que le président Donald Trump a imposé des droits de douane à plusieurs pays, dont la Chine.

    L’essor récent du commerce extérieur représente une bouée de sauvetage pour la Chine, deuxième économie mondiale, alors que l’activité de consommation intérieure s’est essoufflée, et vient s’ajouter à l’excédent record enregistré l’an passé.

    Le Forum de développement de la Chine se tient dans un contexte de guerre au Moyen-Orient, déclenchée par des frappes américaines et israéliennes sur l’Iran. Le conflit menace la sécurité énergétique mondiale ainsi que les approvisionnements de la Chine en pétrole.

    Li Qiang a déclaré aux responsables chinois et aux dirigeants de grandes entreprises mondiales que l’ordre international fondé sur des règles connaissait de « graves perturbations », tandis que la politique du fait accompli « faisait rage ».

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  • Pétrole : “Chaque escalade au Moyen-Orient enrichit Moscou”

    Pétrole : “Chaque escalade au Moyen-Orient enrichit Moscou”

    La guerre au Moyen-Orient conduira à des changements majeurs, à commencer sans doute par une accélération de la transition énergétique. Mais à plus court terme, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) Fatih Barol alerte sur “la plus grande menace de l’histoire pour la sécurité énergétique mondiale”, suite aux frappes militaires de part et d’autre du détroit d’Ormuz. “La remise en état pour le pétrole et le gaz prendra beaucoup de temps. Il faudra six mois pour que certains sites soient opérationnels, et beaucoup plus longtemps pour d’autres”, prévient-il. De quoi alimenter les tensions sur le prix des hydrocarbures jusqu’à la fin de l’année ? A ce stade, toute prévision – même à trois mois – sur leur évolution semble vaine. Cependant, nous entrons durablement dans une période où la fourchette de prix du brut sera plus élevée, prévient l’économiste Michel Santi. Une bénédiction pour la Russie qui ne demande qu’à se refaire une santé.

    L’Express : La situation s’emballe au Moyen-Orient. Jusqu’où les cours du pétrole peuvent-ils grimper ?

    M.S. À court terme, nul ne le sait. Le baril de Brent a atteint 119 dollars cette semaine avant de retomber vers 109 au gré d’un communiqué israélien sur la réouverture d’Ormuz. Dix dollars de variation en quelques heures. Compte tenu des incertitudes liées au comportement des belligérants, prédire le baril à trois mois relève de l’astrologie. En revanche, nous avons sans doute changé de système de manière durable. L’ancienne fourchette de prix – 60 à 100 dollars – n’est plus adaptée. Elle correspondait à un monde ancien où deux mécanismes de régulation fonctionnaient : quand les prix montaient, l’offre suivait et la demande diminuait. Ces deux mécanismes sont désarmés simultanément.

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  • Emily Shuckburgh : “Nous voulons faire du Royaume-Uni une superpuissance en énergie propre”

    Emily Shuckburgh : “Nous voulons faire du Royaume-Uni une superpuissance en énergie propre”

    Emily Shuckburgh est une climatologue de renommée mondiale. L’une de ces scientifiques qui avertissent inlassablement, depuis des décennies, des dangers d’une planète qui se réchauffe. Après avoir passé dix ans au British Antarctic Survey, où elle s’est consacrée à la recherche sur les océans polaires, et co-écrit The Ladybird Book on Climate Change avec le Roi Charles III et l’ornithologue Tony Juniper, elle dirige depuis 2019 Cambridge Zero, la grande initiative de l’université éponyme en matière de changement climatique.

    En octobre dernier, Emily Shuckburgh a été nommée conseillère scientifique en chef au sein du ministère de la Sécurité énergétique britannique. Une mission d’importance, alors que tous les pays cherchent la solution pour diminuer leur vulnérabilité face aux chocs géopolitiques – la guerre au Moyen-Orient étant le dernier en date. De passage à Paris, elle a reçu L’Express et réaffirmé l’ambition du Royaume-Uni “de devenir une superpuissance en énergie propre”. Elle a aussi souligné les grandes opportunités de coopération entre Londres et Paris : “En quelques centaines de kilomètres, nous voyons émerger un véritable écosystème d’innovations dans les technologies climatiques.”

    L’Express : Comment les tensions actuelles au Moyen-Orient redéfinissent-elles les priorités en matière de sécurité énergétique ?

    Emily Shuckburgh : Elles ne font que renforcer le besoin de considérer notre sécurité énergétique comme une composante essentielle de notre agenda politique. L’importance de la transition vers le Net Zero en est confortée, avec la recherche d’une énergie produite localement grâce aux renouvelables et, dans une certaine mesure, au nucléaire.

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  • Leonardo Maria Del Vecchio, patron de Ray-Ban : “L’Europe est l’échelle minimale pour compter dans le monde”

    Leonardo Maria Del Vecchio, patron de Ray-Ban : “L’Europe est l’échelle minimale pour compter dans le monde”

    Leonardo Maria Del Vecchio nous reçoit dans les bureaux de LMDV Capital, son family office avec vue sur Milan. Il affiche la détermination de ceux qui ne veulent pas être seulement perçus comme les héritiers d’un nom. Le sien est l’un des plus prestigieux du capitalisme italien – son père disparu en 2022 est le fondateur de l’empire Luxottica. A tout juste trente ans, celui qui préside Ray-Ban et officie comme Chief Strategy Officer d’EssilorLuxottica veut s’imposer comme un acteur incontournable de l’économie de la péninsule. A travers LMDV Capital, il déploie une stratégie d’investissement diversifiée, avec déjà plus de 50 participations en seulement quatre ans. Un portefeuille qui vise à exalter et défendre les excellences du made in Italy : des restaurants haut de gamme à Milan (Casa Fiori Chiari, Vesta, Trattoria del Ciumbia) à l’acquisition d’une marque historique d’eau minérale Acqua e Terme Fiuggi. Il nous livre sa vision entre pragmatisme économique et défense de la souveraineté italienne et européenne.

    L’Express : Les entreprises dans lesquelles vous investissez sont essentiellement italiennes. Pourquoi cette préférence ?

    Leonardo Maria Del Vecchio : C’est un choix de cœur autant que stratégique. Je crois profondément en la force des entreprises italiennes lorsqu’elles sont soutenues par une organisation, une technologie et une vision internationale. Notre système industriel possède encore un énorme potentiel à exprimer sur les marchés mondiaux, s’il est placé dans les bonnes conditions.

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  • Mango : la recette magique de ce fleuron espagnol pour déjouer la crise du prêt-à-porter

    Mango : la recette magique de ce fleuron espagnol pour déjouer la crise du prêt-à-porter

    Quoi de mieux qu’une promenade rue de Rivoli pour prendre le pouls de la filière du prêt-à-porter en France ? Sur cette artère incontournable du shopping parisien, les vitrines des acteurs traditionnels du milieu de gamme, comme Camaïeu ou Naf Naf, n’existent plus que dans les souvenirs, victimes d’une crise mêlant changement des habitudes de consommation, inflation et concurrence chinoise. Parmi les survivants, les enseignes de l’empire Inditex – numéro un mondial de l’habillement avec sa figure de proue, le géant Zara, mais aussi Bershka et Pull and Bear. Un autre espagnol, dix fois plus petit, fait de la résistance : Mango. Fondé dans les années 1980 par les frères d’origine turque Isak et Nahman Andic, la marque vient de boucler une année record avec un bénéfice de 242 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 3,8 milliards, en croissance de 13 %.

    LIRE AUSSI : Zara, l’exception qui cartonne : la redoutable stratégie du géant espagnol

    Pour comprendre ce succès, il faut s’envoler pour Palau-solità i Plegamans, à une trentaine de kilomètres de Barcelone. Un complexe de bâtiments blancs, dont un ancien hangar d’aviation, forme le Mango Campus. Un an après le décès d’Isak Andic dans des circonstances troubles – l’enquête est en cours -, l’ombre du fondateur plane toujours au-dessus de cette zone industrielle. Les œuvres d’art issues de sa collection privée ornent les couloirs du siège tandis qu’à l’entrée trône une sculpture signée Jaume Plensa, l’un de ses proches.

    Faire la mode, pas des vêtements

    C’est ici que les deux collections annuelles de Mango – auxquelles s’ajoutent des éditions limitées – sont imaginées. Avec un processus millimétré : le tissu est soigneusement sélectionné, découpé par un robot laser puis confié à une équipe de couturières qui fabriquent les échantillons. “Tout notre processus créatif se déroule en interne, nous n’envoyons à nos usines que les prototypes déjà prêts, explique Luis Casacuberta, directeur des produits et du développement durable. Cette méthode nous ralentit mais peu importe : nous ne créons pas seulement des vêtements, nous créons la mode”. Une fois fabriqués en Turquie, en Chine ou encore en Inde, les robes, chemisiers et autres pantalons sont stockés dans le centre logistique de Lliçà d’Amunt, à quelques encablures du campus, avant d’être expédiés aux quatre coins du monde. Chaque année, près de 200 millions de pièces transitent dans cet immense entrepôt.

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  • “Une fâcheuse tendance à se tromper” : sur l’énergie, l’Europe apprendra-t-elle enfin de ses erreurs ?

    “Une fâcheuse tendance à se tromper” : sur l’énergie, l’Europe apprendra-t-elle enfin de ses erreurs ?

    Mieux vaut tard que jamais. En reconnaissant, sans ambiguïté, que l’Europe n’aurait pas dû se détourner de l’énergie nucléaire, Ursula von der Leyen a dit tout haut ce que de nombreux experts pensaient tout bas depuis des lustres. Ce mea-culpa tardif laisse toutefois un goût amer : combien d’années perdues pour l’Europe ?

    Dans une chronique récente pour L’Express, Cécile Maisonneuve, présidente de Decysive, remettait l’église au milieu du village : en 1995, le Vieux Continent tirait 33 % de son électricité du nucléaire et importait 44 % de son énergie. Aujourd’hui, les rapports se sont inversés : les importations représentent 54 %, tandis que la part du nucléaire dans la production électrique est retombée à 23 %. Quelle Europe aurions-nous aujourd’hui si nous avions choisi d’associer nucléarisation et décarbonation, au lieu de les opposer ? Dans ce scénario contrefactuel, la dépendance aux marchés gaziers serait moins prononcée et l’industrie européenne mieux protégée des secousses géopolitiques.

    LIRE AUSSI : Guerre en Iran : les dirigeants européens désemparés face à l’ampleur du choc énergétique

    L’Allemagne, qui assiste aujourd’hui à la fin de son règne dans l’automobile, afficherait ainsi un autre visage. Mieux, si Berlin avait choisi de fermer d’abord ses centrales à charbon plutôt que son parc nucléaire, jusqu’à 1 100 millions de tonnes de CO2 auraient pu être évitées d’ici 2035 -, l’équivalent de près de trois années d’émissions françaises. Le coût économique et sanitaire imputable à cette trajectoire avoisine les 12 milliards de dollars par an. Autant de chiffres qui rappellent que les décisions énergétiques ont un impact durable — et que les occasions perdues se paient au prix fort.

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