Tag: économie

  • Eco-Vallée, tramway, tourisme : à Nice, les projets d’Eric Ciotti qui pourraient rebattre les cartes

    Eco-Vallée, tramway, tourisme : à Nice, les projets d’Eric Ciotti qui pourraient rebattre les cartes

    Le changement à la tête de la cinquième ville de France a clairement provoqué un séisme politique. Mais sur le front économique, le changement de majorité devrait également avoir des répercussions et non des moindres. Eric Ciotti l’a dit, il veut repenser la stratégie économique. C’était d’ailleurs le sens de la réunion menée avec plus de 150 dirigeants, quelques jours avant le premier tour, une façon de sonder les desiderata et les besoins et de contribuer à nourrir la feuille de route économique.

    Certains projets sont existants, voulus ou lancés – selon leur étant d’avancement – par l’ex-maire de Nice, Christian Estrosi. D’autres sont encore en gestation.

    Extension du tramway : stop ou encore ?

    A commencer par cette extension du tramway censée relier Nice à la ville de Cagnes-sur-mer, qui fait partie des 51 communes constituant la métropole. Une quatrième ligne longue de 7,3 km, prévue pour être livrée en 2030 après une première tranche à horizon 2028 qui doit délivrer la voisine Saint-Laurent du Var. Un projet dont le coût est estimé à 328 millions d’euros et dont les travaux préparatoires ont débuté voici exactement un an. Mais un projet qui n’est pas du goût du nouveau maire de Cagnes-sur-mer, le RN Bryan Masson, élu dès le premier tour et qui estime que le tramway n’est pas la solution idéale pour cette cité de plus de 53 000 habitants. Eric Ciotti lui-même a émis des doutes. Le projet sera-t-il enterré ? Pas forcément. Car le nouveau Monsieur Économie de la ville et de la Métropole Nice, Pierre Ippolito, est un expert du sujet. Dirigeant du groupe familial Ippolito, spécialiste de la mobilité décarbonée, il tempère, expliquant que le sujet d’une extension ou pas n’est pas « municipale mais métropolitaine et que le choix de poursuivre ou pas ne s’impose pas », qu’il relève du dialogue avec le premier Magistrat concerné et les avis des habitants. « Ce qui nous intéresse c’est rendre le territoire attractif aussi pour les salariés. Ce sera mon rôle de convaincre Bryan Masson et s’il estime que ce projet ne convient pas à ses concitoyens, nous travaillerons ensemble à trouver une autre solution ».

    Source link

  • Crise au Moyen-Orient : des portes se referment en Asie et en Jordanie pour le voyagiste Allibert Trekking

    Crise au Moyen-Orient : des portes se referment en Asie et en Jordanie pour le voyagiste Allibert Trekking

    Le 28 février dernier, l’embrasement du Moyen-Orient a mis le gouvernement français comme les agences de voyage sur le pied de guerre. En Isère, le tour-opérateur Allibert Trekking (170 salariés pour 60 millions d’euros de chiffre d’affaires), spécialisé depuis sa création en 1975 dans les voyages d’aventure, encadrait alors deux groupes de voyageurs en Jordanie et à Oman, qu’il a finalement pu rapatrier en utilisant, pour le second, un autre vol via l’Arabie Saoudite.

    « Mais le gros problème a été et demeure la desserte de l’Asie : car, sur certaines destinations, les hubs du Golfe représentent plus de 50 % de l’offre aérienne : on pense par exemple aux Seychelles, au Népal, à la Nouvelle-Zélande, ou encore au Vietnam… », indique le directeur général de l’agence, Frédéric Giroir.

    Au total, près d’une trentaine de voyageurs de l’agence se trouvaient en cours de séjour sur l’une de ces destinations au moment de l’embrasement de la région, jusqu’ici considérée comme une destination « stable »  : « nous avons dû trouver des solutions client par client, afin de les rapatrier dans les meilleurs délais : nous avions par exemple un groupe de 7 personnes en Nouvelle-Zélande. Quatre d’entre eux ont dû rentrer par les États-Unis, mais trois autres ne pouvaient pas obtenir de visa ESTA et ont dû passer par Santiago du Chili, Madrid puis Paris ».

    Avec à la clé, d’importants surcoûts pour les tours opérateurs, qui sont chargés d’assurer le retour en toute sécurité de leurs ressortissants. « L’une des premières exclusions des contrats d’assurances demeure la guerre, c’est notre job que de prendre ce type de situation en charge », glisse Frédéric Giroir.

    Au total, Allibert Trekking estime par exemple que le démarrage de la crise au Moyen-Orient pèsera déjà près de 60.000 à 65.000 d’euros (principalement pour l’achat de nouveaux billets d’avion) sur son exercice 2026. «De son côté, le ministère des Affaires étrangères agit par niveau de risque de criticité, et a focalisé ses premières actions sur les ressortissants du Golfe directement impactés au cœur de la zone », ajoute-t-il.

    Source link

  • Le Paraguay au cœur de la rivalité Chine – Etats-Unis : “Le pays est une cible facile pour Pékin”

    Le Paraguay au cœur de la rivalité Chine – Etats-Unis : “Le pays est une cible facile pour Pékin”

    A peine sept millions d’habitants. Un PIB d’une cinquantaine de milliards de dollars. Coincé entre l’Argentine, le Brésil et la Bolivie, le Paraguay se retrouve étonnamment au centre de la rivalité entre les Etats-Unis et la Chine. Pour cause : il figure parmi les douze derniers pays entretenant des relations diplomatiques avec Taïwan, aux côtés du Guatemala, du Vatican et de quelques poids plumes insulaires comme Haïti, les Tuvalu ou Saint-Kitts-et-Nevis. Asunción est le dernier allié de Taïpei en Amérique du Sud. Alors, la Chine ne ménage pas ses efforts.

    D’après Reuters, à la fin de l’année dernière, une députée du parti d’opposition du Paraguay est revenue d’une tournée dans six villes chinoises, tous frais payés par Pékin, avec des étoiles dans les yeux. Pour l’instant, le président Santiago Peña résiste à l’opération séduction. Mais la Chine pourrait se montrer de plus en plus “insistante”, estime Jeremy Ghez, professeur d’économie et d’affaires internationales à HEC et auteur de La dernière des Américaines (Editions L’Harmattan, 2025).

    L’Express : Seulement 12 pays dans le monde reconnaissent Taïwan, des Etats souvent très petits. Pourquoi la Chine cherche-t-elle tant à convaincre les récalcitrants, à commencer par le Paraguay ?

    .

    Source link

  • Augmentation des bons du Trésor américain : le signal d’alarme qui fait plier Donald Trump

    Augmentation des bons du Trésor américain : le signal d’alarme qui fait plier Donald Trump

    La hausse des taux sur les obligations d’État américaines a-t-elle une nouvelle fois fait reculer Donald Trump ? Le taux de rendement de la dette américaine sur 10 ans s’est abaissé à 4,32 % ce lundi après avoir terminé à 4,38 % en clôture vendredi dernier. Ce sont les déclarations positives du président américain sur les discussions en cours avec l’Iran qui ont rassuré les marchés et permis une décrue sur les treasury bonds. Donald Trump a affirmé que les deux pays avaient trouvé des « points d’accord majeurs » et négociaient pour mettre fin aux hostilités.

    Des déclarations qui interviennent alors que les bons du Trésor américain à 10 ans ont dépassé les 4,40 % dans la matinée, proche du seuil critique des 4,5 %. Un niveau semblable avait amené le président américain à revenir sur son annonce des droits de douane en avril 2025, souligne le New York Times. Un retour du désormais célèbre TACO Trump, qui signifie « Trump Always Chickens Out », ou en français « Trump se dégonfle toujours ». 

    Il faut dire qu’à l’approche des midterms en novembre, les élections de mi-mandat qui détermineront la majorité au Congrès, Donald Trump a tout intérêt à se concentrer sur la politique intérieure. La guerre au Moyen-Orient, qui dure déjà depuis plus de 20 jours, a fait bondir les prix du pétrole, dépassant les 100 dollars le baril. De quoi porter un coup au porte-monnaie des ménages américains.

    Une hausse prolongée des taux d’intérêt sur la dette américaine sur dix ans n’est donc pas un signal positif à l’approche des élections. Car des taux élevés signifient un coût d’emprunt supérieur pour les ménages, notamment pour les emprunts immobiliers. La hausse du prix de l’énergie participe aussi à l’inflation et contribue à maintenir une politique monétaire restrictive par la Fed, la banque centrale américaine, qui maintient pour le moment le statu quo sur les taux.

    Autre conséquence de l’augmentation des Treasury bonds : la charge de la dette. Des taux d’emprunt plus élevés signifient que l’État américain doit consacrer une part plus importante de son budget au remboursement des intérêts de sa dette. Le déficit se creuse et c’est de l’argent en moins pour des postes essentiels et stratégiques comme l’éducation ou la défense.

    D’autant que la dette américaine a franchi la barre des 39 000 milliards de dollars en fin de semaine dernière, moins d’un an après avoir dépassé les 38 000 milliards. Le paiement des intérêts de la dette devrait atteindre les 1 000 milliards de dollars cette année.

    Source link

  • Uranium enrichi, changement de régime… Ce qu’il faut retenir des propos de Trump sur les négociations avec l’Iran

    Uranium enrichi, changement de régime… Ce qu’il faut retenir des propos de Trump sur les négociations avec l’Iran

    Donald Trump a fait état ce lundi, dans un spectaculaire volte-face, de « très bonnes et productives discussions pour une cessation totale » des hostilités avec l’Iran. Utilisant comme à l’accoutumée son réseau Truth Social, il a précisé que les discussions « continueraient cette semaine ». Le président américain a aussi fait part d’un report « de cinq jours » de toute frappe qu’il menaçait de lancer sur des centrales électriques ou des infrastructures énergétiques.

    Pour rappel, il avait donné samedi à l’Iran un ultimatum de 48 heures pour rouvrir le détroit d’Ormuz avant de frapper les infrastructures énergétiques iraniennes.

    Démenti de l’Iran. Les médias iraniens l’ont démenti sur le champ, citant le ministère des Affaires étrangères. « Il n’existe aucun dialogue entre Téhéran et Washington », a rapporté l’agence Mehr parmi d’autres médias, en estimant que les propos du président américain ne visaient qu’à « faire baisser les prix » de l’énergie.

    Le ministre américain de l’Énergie, Chris Wright, a justement assuré ce lundi que les perturbations liées à la guerre au Moyen-Orient étaient « temporaires », à l’ouverture du plus grand rendez-vous mondial du secteur, CERAWeek, au Texas.

    Interlocuteurs. Mais le républicain a insisté et assuré au téléphone à l’AFP que tout « se passait très bien » concernant l’Iran. Le président américain a affirmé que les États-Unis et l’Iran avaient trouvé des « points d’accord majeurs » lors de négociations menées, selon lui, avec un « haut dirigeant » qui n’est pas le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei.

    « Nous négocions avec des gens que je trouve très raisonnables, très solides. (…) Ils sont très respectés et peut-être que l’un d’entre eux sera celui que nous cherchons », a-t-il dit en déclarant aussi que le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei était « indisponible » et n’était pas impliqué dans ce dialogue.

    Changement de régime. Le président américain a également assuré qu’un « changement de régime » était en cours en Iran. « Il y a automatiquement un changement de régime » parce que « tous les représentants du régime ont été tués », a dit Donald Trump aux journalistes, avant de quitter la Floride pour un déplacement à Memphis.

    Le milliardaire a donné l’exemple du Venezuela, où les États-Unis ont capturé l’ancien dirigeant Nicolas Maduro et traitent depuis avec l’ancienne vice-présidente Delcy Rodriguez, qu’il présente régulièrement comme une interlocutrice « formidable ».

    Stock d’uranium enrichi. Trump demande aussi que l’Iran renonce à son stock d’uranium enrichi. « Nous voulons l’uranium enrichi des Iraniens », a dit le président américain, lors d’un échange avec les journalistes en Floride.

    Menaces de bombardement. Le républicain, coutumier des déclarations contradictoires, a aussi menacé de « continuer à bombarder allègrement » l’Iran si les discussions échouaient, et dit qu’il ne « garantissait rien » quant à une fin des hostilités, débutées le 28 février par des frappes israélo-américaines, suivies de ripostes iraniennes.

    Source link

  • Rodolphe Saadé : de Marseille à Paris, son empire très stratégique dans l’IA

    Rodolphe Saadé : de Marseille à Paris, son empire très stratégique dans l’IA

    Une vague géante. Trois fois plus haute que les autres. Depuis des siècles, ces “monstres” aquatiques peuplent les récits des marins. “On a longtemps cru à des légendes. Mais les technologies modernes prouvent que ce phénomène, appelé ‘vague scélérate’, existe bel et bien”, explique le commandant Emmanuel Delran, le directeur du centre de gestion de la flotte de CMA CGM. Scrutant un écran de la taille du mur, lui et ses collègues voient tout. Les 738 bateaux opérés par le groupe. Les phénomènes météo. Les alertes en temps réel. Une vigie high-tech qui guide les équipages de la compagnie. Ici, l’alerte Octopus signale non pas la présence d’un kraken mais celle d’un phénomène aussi dangereux : le roulis paramétrique. Il survient quand les vagues entrent en résonance avec le mouvement naturel d’un navire, chaque oscillation devenant plus violente que la précédente jusqu’à menacer sa stabilité. “Notre système permet de le détecter précocement et d’alerter l’équipage, qui effectue alors des manœuvres spécifiques afin de stopper ce cycle”, poursuit le commandant.

    Grâce à l’essor des constellations Internet basse orbite telles qu’Eutelsat ou Starlink, les bateaux reçoivent de plus en plus d’informations. Mais ils ne peuvent en traiter autant que des infrastructures terrestres. Le “Fleet Center” est perché au sommet de l’immense tour CMA CGM. Elle est légèrement moins haute que la Bonne Mère. Impensable de faire de l’ombre à Notre-Dame de la Garde, cette basilique marseillaise révérée par les marins. Devant les ordinateurs, la Méditerranée luit sous le soleil. A l’arrière, des serveurs croisent et analysent les flux de données. La mission principale du centre est d’établir un trajet qui protège l’équipage, le navire et les marchandises. Un cyclone menace de croiser la route du bateau ? Celle-ci est aussitôt recalculée. Puis optimisée, afin de réduire les émissions carbone. Le système analyse les courant porteurs. Et scanne les plannings des ports. Car un navire qui arrive trop tôt et ne trouve pas de place doit s’arrêter puis redémarrer, générant bien plus de CO2 qu’en modérant simplement sa vitesse.

    Après Bab-el-Mandeb, le détroit d’Ormuz

    Cette tour de contrôle constitue l’un des maillons d’un vaste écosystème technologique que le patron de CMA CGM, Rodolphe Saadé, bâtit patiemment. Et qui n’a rien d’une tocade. L’innovation métamorphose les marchés où l’armateur réalise 54,4 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel. La Chine l’a déjà compris. “À Shanghai, premier port mondial en volume, les terminaux sont désormais robotisés. Grues autonomes, véhicules sans conducteur et systèmes de chargement automatisés fonctionnent 24 heures sur 24”, souligne Adrien Thiébault, associé au cabinet Wavestone. Avec 10,6 % des parts de flotte mondiale, le chinois Cosco reste derrière le français CMA CGM (12,7 %), le danois Maersk (14,3 %) et le numéro un italo-suisse MSC (20,2 %). Mais le rival asiatique a plongé tête baissée dans le grand bain de l’IA. En 2025, il a dévoilé un grand modèle de langage (LLM) entraîné sur ses données internes.

    .

    Source link

  • Agroalimentaire : le breton Bridor poursuit son internationalisation et s’offre l’espagnol Panamar

    Agroalimentaire : le breton Bridor poursuit son internationalisation et s’offre l’espagnol Panamar

    Depuis son rebond en Normandie pour y construire l’usine de production de viennoiseries qu’elle n’était pas parvenue à faire émerger à Liffré en Ille-et-Vilaine pour cause d’opposition environnementale, Bridor n’en finit pas d’afficher un appétit dévorant.

    Après avoir investi 167 millions d’euros pour monter et doubler la capacité du site de Falaise, la boulimique filiale du groupe breton Le Duff, spécialisée dans le pain et la viennoiserie industrielle, continue d’avancer ses pions sur tous les continents.

    Alors que la maison mère fête ses 50 ans cette année, elle a déjà dépensé la coquette somme d’un demi-milliard d’euros ces cinq dernières années et envisage d’avaler un autre concurrent. Si le rachat du groupe espagnol Panamar Bakery, entreprise de 2 600 collaborateurs et de 600 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2026, se concrétise, il représentera «  la plus importante acquisition de Bridor à ce jour » a annoncé le groupe Le Duff, lundi 23 janvier, après avoir conclu un accord de rachat.

    Le coût de l’opération n’a pas été divulgué mais la somme d’un milliard d’euros a été évoqué dans la presse.

    « En renforçant sa place d’acteur mondial dans la boulangerie viennoiserie premium, le groupe vise 3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires avec ses différentes filiales Bridor (boulangerie), Gourming (plats cuisinés), ses enseignes de restauration  (Brioche Dorée, Del Arte, La Madeleine, et franchises) et l’immobilier », anticipe d’emblée le conglomérat fondé et présidé par Louis Le Duff.

    Entreprise familiale en pointe sur son marché (retail, hôtellerie, restauration), Panamar Bakery Group fabrique et distribue des produits de boulangerie surgelés produits sur onze sites en Espagne, notamment dans la région de Valence. Son cœur d’activité est porté par l’exportation de pain, de viennoiseries et de pâtisseries (1 200 références) dans plus de 20 pays.

    Source link

  • Tout comprendre à la chute de l’or, qui vient d’atteindre son plus bas niveau de 2026

    Tout comprendre à la chute de l’or, qui vient d’atteindre son plus bas niveau de 2026

    Les faits. L’or atteint son plus bas niveau de 2026. Le cours du métal jaune reculait de 2,26 % à 4 405,96 dollars vers 12 h 30 à Paris, après avoir perdu plus de 8,46 % ce lundi 23 mars, selon l’AFP. Il prolonge ainsi ses pertes pour la neuvième séance consécutive et efface ses gains depuis le début de l’année.

    La chute de l’or a déjà été particulièrement marquée la semaine dernière, avec un plongeon de plus de 10 %, sa pire performance hebdomadaire depuis février 1983. Il a par ailleurs reculé de plus de 20 % par rapport à son record de 5 594,82 dollars l’once, atteint le 29 janvier.

    Pourquoi cette chute ? L’escalade du conflit au Moyen-Orient, avec la fermeture du détroit d’Ormuz maintenant le prix du pétrole à des niveaux élevés, a ravivé les craintes inflationnistes et renforcé les anticipations d’une hausse des taux d’intérêt à l’échelle mondiale.

    Les cours des métaux ont brusquement dévissé après les avertissements successifs sur l’inflation de la Fed mercredi, puis de la Banque d’Angleterre ou encore de la Banque centrale européenne jeudi, à l’occasion de leurs annonces de politique monétaire.

    « Alors que le conflit iranien entre dans sa quatrième semaine et que les prix du pétrole oscillent autour de 100 dollars, les anticipations sont passées de baisses de taux à des hausses potentielles, ce qui a terni l’attrait de l’or du point de vue du rendement », a déclaré Tim Waterer, analyste chez KCM Trade.

    « La forte liquidité de l’or semble lui nuire en cette période d’aversion au risque. Les baisses sur les marchés boursiers conduisent à la liquidation de positions sur l’or pour couvrir les appels de marge sur d’autres actifs », a-t-il ajouté.

    Si la hausse des prix tend généralement à renforcer l’attrait de l’or en tant que valeur refuge, les taux d’intérêt élevés freinent la demande pour cet actif qui n’offre aucun rendement.

    Quelles valeurs cela favorise-t-il ?  Ces perspectives favorisent les obligations et le dollar, valeurs refuges concurrentes. « En période de tensions, la liquidité disponible en dollars et en bons du Trésor américain est bien plus attrayante que toute couverture théorique contre l’inflation offerte par les métaux précieux », analyse Chris Beauchamp, d’IG.

    « Le dollar prospère dans ce type de configuration » où les taux d’emprunts montent et la liquidité se fait rare, car il devient « indispensable » pour les investisseurs afin de couvrir leurs pertes ailleurs, par exemple, selon Stephen Innes, de SPI AM.

    Quel impact sur la demande d’or ?  Par ailleurs, « le Moyen-Orient – Dubaï en particulier – est une région clé pour le commerce de l’or », et « le conflit à ses portes aura probablement un impact sur la demande locale d’or », rappelle Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank.

    Avec environ 270 tonnes en bijoux, barres et pièces achetées l’année dernière par des particuliers, le Moyen-Orient représentait un peu moins de 10 % de la demande privée d’or dans le monde, soit davantage que celle des États-Unis ou de l’Europe, d’après des calculs de l’AFP basés sur des chiffres du Conseil mondial de l’or.

    Quid des autres métaux ? Les autres métaux précieux sont également pénalisés. L’argent, qui a perdu plus de 14 % de sa valeur la semaine dernière, recule de plus de 8 % à 62,37 dollars l’once. Le platine cède 7,8 % à 1 765,5 dollars et le palladium 4 % à 1 346,48 dollars.

    Source link

  • Start-up : EU Inc, le 28e régime qui en cache vingt-sept ?

    Start-up : EU Inc, le 28e régime qui en cache vingt-sept ?

    Va-t-il mettre fin à l’hémorragie ? Depuis quelques années, l’Europe planche sur un “28e régime”. Un statut continental qui permettrait à ses entreprises d’attaquer le marché unique plus facilement. Primo, pour éviter que les meilleures pépites filent vers les Etats-Unis. Deuzio, afin qu’elles s’épargnent des millions d’euros de frais de conformité pour naviguer d’un des 27 pays vers les autres. Dégradant, une fois de plus, leur compétitivité face à leurs rivales américaines ou chinoises.

    Dopé par les alertes de Mario Draghi ou d’Enrico Letta, ce serpent de mer a enfin trouvé la surface : EU Inc est né la semaine dernière. Il obtient le nom de ses principaux promoteurs : un vaste mouvement rassemblant des start-ups comme Lovable, Stripe, Revolut, DeepL ou en France Blablacar, ainsi que leurs lobbys nationaux. Il récupère, aussi, une partie de leurs aspirations : création rapide (48 heures) pour une centaine d’euros maximum, en ligne, sans capital minimum, avec une procédure d’insolvabilité simplifiée ou encore des stock-options taxées uniquement à la vente.

    LIRE AUSSI : Un statut européen pour les entreprises : cette mini-révolution qui vient

    Mais pas toutes. Le mouvement à l’origine de EU Inc s’en est ému avant même l’opération de communication de la Commission européenne, en milieu de semaine dernière. La proposition “échoue à atteindre son objectif principal : créer une véritable norme unique à travers l’Europe qui garantisse une sécurité juridique à nos start-up”, commentait-il. Le maillon faible : l’inexistence d’une cour de justice permettant de traiter les litiges survenus avec une EU Inc. C’est le point fort de la société la plus connue au monde, celle du petit Etat du Delaware, aux Etats-Unis. EU Inc n’est toujours pas un vrai 28e régime. Il s’appuie encore sur 27 systèmes nationaux, 27 cultures juridiques et, dans la pratique, 27 versions possibles”, a critiqué jeudi Lucien Burm, président d’une association de start-up néerlandaises, sur le réseau social LinkedIn.

    Le spectre du flop de 2004

    Cet argument n’est pas à prendre à la légère : une meilleure harmonisation juridique a tendance à rassurer les capitaux-risqueurs, qui placent alors plus d’argent sur la table. Il s’agit d’une des limites du développement des start-up en Europe, notamment quand elles touchent aux innovations gourmandes en capital, comme l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs et le matériel (hardware) de manière générale. D’ailleurs, au-delà du 28e régime réglementaire, les patrons de start-up régulièrement interrogés par L’Express rêvent d’un marché de capitaux unifié, ou d’une commande publique européenne plus dynamique. Le nerf de la guerre.

    LIRE AUSSI : Mario Draghi, l’homme que nous devrions écouter : dans la fabrique d’un “super pompier” européen

    EU Inc avance malgré tout dans le bon sens, et pourrait être peaufiné, la proposition étant transmise au Parlement pour une adoption définitive espérée en fin d’année. L’économiste espagnol Luis Garicano, professeur à la London School of Economics, plaide pour un meilleur ciblage des jeunes entreprises indépendantes, non cotées, à vocation transfrontalière. D’une part car EU Inc pourrait alors être plus ambitieux : “Création d’un vrai registre européen, de documents standardisés pour le capital-risque, des classes d’actions uniformes et un guichet unique pour la TVA…” liste-t-il dans sa newsletter Silicon Continent. Pourquoi pas plus encore. L’objectif : éviter l’effet coquille vide ou “boîte aux lettres” donnant lieu à de l’évasion fiscale ou du dumping social. Des craintes actuellement dénoncées par les syndicats de travailleurs, et qui est un casse-tête pour Bruxelles. “Un 28e régime ouvert à toutes les entreprises est la certitude que chaque Etat membre craindra la cannibalisation de son propre ordre juridique et social et s’efforcera de tuer les éléments importants du texte”, remarque Garicano. Le spectre du flop, à l’instar de la Société européenne (Societas Europaea), lancée en 2004, est l’autre scénario redouté. Car l’Europe, dans le contexte actuel, ne peut plus se le permettre.

    Source link

  • Bugs, pannes, données détruites : le grand flou pour s’assurer contre les erreurs de l’IA

    Bugs, pannes, données détruites : le grand flou pour s’assurer contre les erreurs de l’IA

    En décembre 2025, des ingénieurs d’Amazon confient à Kiro, leur assistant de code maison lancé quelques mois plus tôt, une mission banale de correction de bug mineur dans AWS Cost Explorer. Kiro dispose des mêmes droits d’accès qu’un développeur humain de niveau opérateur. Il prend une décision que nul humain n’aurait prise : supprimer l’environnement de production entier et le reconstruire à partir de zéro. Treize heures de panne s’ensuivent en Asie. La réponse officielle d’Amazon à la presse est sans ambiguïté : l’erreur provient d’un utilisateur du fait d’une mauvaise configuration des droits d’accès, ce n’est pas la faute de l’IA. Cette position reflète la doctrine que les fournisseurs d’agents autonomes inscrivent dans leurs contrats.

    Le cas Amazon n’est pas isolé. Jason Lemkin, fondateur de la conférence SaaStr, a documenté comment son assistant de code Replit a supprimé sa base de données de production en juillet 2025, malgré des instructions explicites de ne pas y toucher. L’agent a ensuite reconnu une erreur de jugement catastrophique. La profusion de ces incidents dessine un schéma appelé à se reproduire. Un agent doté de permissions larges et d’un objectif mal cadré produit des dégâts que personne n’avait autorisés.

    La question du “Qui paie ?” est tranchée contractuellement avant même que le dommage survienne, et elle l’est systématiquement en défaveur de l’entreprise qui a déployé l’outil. Les conditions d’utilisation d’OpenAI plafonnent la responsabilité du fournisseur au montant payé au cours des douze mois précédant l’incident ou à 100 dollars pour un usage individuel. Anthropic pousse cette logique encore plus loin : le client s’engage à l’indemniser pour toute réclamation liée à ses services, sans plafond sur cette obligation. Une étude récente de la Stanford Law School portant sur les contrats des principaux fournisseurs d’IA établit que 88 % d’entre eux minorent leur propre responsabilité, contre 81 % pour les fournisseurs de logiciels. La patate chaude descend en cascade du fournisseur de modèle fondamental jusqu’à l’utilisateur final.

    .

    Source link