La première introduction en Bourse de la nouvelle place financière Lise a débuté. ST Group, une PME toulousaine spécialisée dans la fabrication de pièces composites pour avions, compte lever entre 2,7 millions d’euros d’ici au 20 avril. Une première en France où les PME étaient jusqu’ici quasiment exclues de la Bourse.
Et cette première IPO de la Bourse blockchain Lise pourrait bien être une aubaine pour les investisseurs puisque « cette entreprise opère dans un secteur ultra-porteur », salue auprès de La Tribune Eric Lewin, stratégiste chez Bourse Direct. Selon Mordor Intelligence, le marché mondial des composites aérospatiaux devrait passer de 35 milliards de dollars en 2025 à 58 milliards de dollars en 2030.
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Mais la première IPO de Lise comporte aussi des points noirs.
Avec 3 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et 4 millions d’euros de dette contre 2,2 millions de capitaux propres, « ST Group n’est pas rentable et sa situation financière n’est pas bonne », rappelle l’expert.
Pour rassurer, la PME affirme viser une augmentation de 63 % de ses revenus en 2026 pour atteindre 4,9 millions d’euros. Mais l’entreprise de Stephane Trento visait déjà 5 millions d’euros en 2024 sans jamais être parvenue à les atteindre. « C’est une entreprise prometteuse mais risquée », estime Eric Lewin. Et ce n’est pas la seule inquiétude qui traverse l’esprit des analystes.
Flou sur la liquidité du marché
Lise ambitionne de devenir une bourse à taille humaine réalisant moins de 150 millions d’euros de levées de fonds chaque année. Un petit marché, qui pose question quant à sa liquidité. « Pour qu’un marché soit efficient, il faut qu’il y ait assez d’acheteurs et de vendeurs. Sinon, il y a un risque que les acheteurs sur le marché secondaire ne soient pas en capacité de racheter toutes les actions qui seront revendues juste après l’introduction », confie un gérant spécialiste des petites valeurs boursières. Un scénario qui pourrait alors faire s’effondrer le cours de l’entreprise fraîchement cotée. Mais pour Eric Lewin de Bourse Direct, « Cette place est tournée vers les investisseurs particuliers, or c’est eux qui offrent le plus de liquidité. »
