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  • Eolien flottant : BW Ideol mobilise 126 millions d’euros auprès de l’Etat français et de l’Union Européenne

    Eolien flottant : BW Ideol mobilise 126 millions d’euros auprès de l’Etat français et de l’Union Européenne

    À l’heure où les tensions géopolitiques menacent les approvisionnements en gaz, pétrole et carburant, démontrant la dépendance de la France à ces diverses sources, les enjeux de souveraineté nationale sont plus que jamais d’actualité. Et c’est bien dans cet objectif que s’inscrit BW Ideol, concepteur de fondations flottantes implanté à La Ciotat, près de Marseille.

    Outre sa participation à deux projets de fermes pilotes d’une puissance entre 25MW et 30MW – Eolmed, en Occitanie aux côtés de Qair et Méditerranée Grand Large au large du golde de Fos aux côtés d’EDF Power Solutions et Maple Power, la PME travaille sur l’implantation d’une usine dénommée Fos3F consacrée à la fabrication de flotteurs en béton à Fos-sur-Mer pour l’écosystème de l’éolien flottant qui s’y structure. En accueillant le cimentier Holcim comme actionnaire minoritaire en janvier dernier, l’entreprise avait d’ailleurs conforté sa volonté de franchir une nouvelle étape du processus d’industrialisation. « Notre projet est de transformer ces projets d’éolien flottant en mer en source de production d’énergie, mais également la création d’une nouvelle filière industrielle, d’à peu près 1 200 emplois et la mise en valeur du local pour l’approvisionnement en béton par exemple », détaillait alors Paul de la Guérivière, président de BW Ideol, à La Tribune. A partir de 2029-2030, ce sont trente fondations flottantes par an qui devraient ainsi être produites, soit l’équivalent d’entre 500 et 600 MW produits par an. Une ligne de fabrication qui devait desservir non seulement le marché européen, mais également le marché méditerranéen de manière « un peu plus large qui inclut principalement l’Italie, un petit peu l’Espagne et potentiellement la Grèce ». Par ailleurs, une deuxième ligne de fabrication est en projet dans le nord-est de l’Ecosse, à Ardersier, le pays étant un acteur majeur pour le marché de l’éolien flottant.

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  • Or : la Banque de France délaisse New York pour Paris (et empoche 12,8 milliards d’euros)

    Or : la Banque de France délaisse New York pour Paris (et empoche 12,8 milliards d’euros)

    12,8 milliards d’euros. C’est la plus-value que la Banque de France (BdF) a annoncé avoir enregistré dans le cadre d’un processus de rationalisation de ses réserves d’or ce mardi 24 mars. Depuis 2005, la banque centrale française remplace progressivement ses avoirs en or anciens ou non conformes aux normes internationales par des lingots répondant aux normes modernes, évitant ainsi les démarches liées au raffinage.

    Un audit interne, datant de 2024, recommandait à la BdF de finaliser ce processus pour son stock d’or résiduel encore conservé à New York, représentant 5 % de ses réserves totales d’or.

    La Banque de France s’applique depuis plusieurs années à faire fondre, généralement en Suisse, certaines de ses barres d’or en réserve pour en fabriquer de nouvelles avec un taux de pureté plus élevé, au-delà des 99,5 %, qui correspond aux « standards les plus modernes » de préservation de l’or.

    L’institution possédait 129 tonnes d’or au sein de la Réserve fédérale américaine, mais ne souhaitait pas les faire fondre aux États-Unis ni les rapatrier par bateau sur le Vieux Continent, ce qui aurait été très coûteux. La Banque de France a donc vendu ces 129 tonnes d’or et les a rachetées en Europe, lui permettant d’enregistrer au passage un large bénéfice dans sa comptabilité du fait de la différence entre le cours actuel de l’or, très élevé, et les cours d’achat.

    Au total, 26 opérations portant sur ce stock ont été effectuées entre juillet 2025 et janvier 2026, permettant de générer une plus-value exceptionnelle de 11 milliards d’euros au titre de l’exercice 2025 et 1,8 milliard d’euros pour 2026.

    Les nouveaux lingots stockés à Paris et non plus à New York

    Ce processus sur l’or américain est désormais achevé. Le volume total des réserves d’or de la BdF est resté inchangé, à environ 2 437 tonnes, mais les nouveaux lingots sont désormais stockés à Paris et non plus à New York.

    Pour le gouverneur de la BdF, François Villeroy de Galhau, le remplacement des stocks américains par des stocks situés en France n’a pas été motivé par des considérations politiques, mais en raison de la qualité supérieure de l’or négocié sur le marché européen. La Banque de France a indiqué détenir encore 134 tonnes d’or, principalement des lingots et des pièces anciennes conservés à Paris, qu’elle doit remettre aux normes d’ici 2028.

    La plus-value exceptionnelle réalisée a permis à la banque centrale d’afficher un bénéfice net de 8,1 milliards d’euros pour 2025, après une perte nette de 7,7 milliards d’euros l’année précédente. 

    La baisse des taux directeurs de la BCE

    Autre facteur de ce bon résultat 2025 : la baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) l’année dernière, dont le taux auquel la banque centrale rémunère l’argent déposé par les banques commerciales à la BCE. Du fait d’une inflation en baisse en 2025, la Banque centrale a progressivement baissé ce taux de 3 % en début d’année à 2 % à partir de juin 2025.

    Ce qui donne, pour la Banque de France, un taux moyen de rémunération des dépôts des banques commerciales de 2,3 % sur l’année contre 3,7 % en 2024 et qui permet à l’institution d’augmenter de 10,2 milliards d’euros son revenu dit « monétaire ».

    François Villeroy de Galhau a assuré qu’avec 283 milliards d’euros de situation nette, c’est-à-dire l’argent « en théorie disponible pour faire face à tout choc monétaire », la Banque de France était capable d’affronter « n’importe quel choc » à venir. Il s’agissait des derniers résultats annuels présentés par le gouverneur de la Banque de France. Après onze ans de service, François Villeroy de Galhau a annoncé qu’il quitterait l’institution en juin, avant la fin de son mandat.

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  • EDF : Bruxelles lance une enquête sur les aides françaises au nucléaire

    EDF : Bruxelles lance une enquête sur les aides françaises au nucléaire

    Les informations à retenir

    L’UE peut-elle stopper le plan nucléaire français ?

    • L’ouverture de l’enquête en avril pourrait décaler la mise en service du premier réacteur prévue en 2038.

    • Bruxelles craint qu’EDF, qui assure déjà 75 % de la production, ne verrouille le marché.

    • L’Autriche prépare des recours contre tout feu vert de la Commission.

    La Commission européenne devrait ouvrir une enquête le mois prochain sur les aides d’État accordées par la France à EDF, selon l’agence de presse Reuters. Cette décision fait suite à des craintes sérieuses sur le renforcement de la position dominante de l’électricien public. Paris a déposé l’an dernier une demande d’approbation pour soutenir la construction de six nouveaux réacteurs de type EPR2.

    La Commission devrait ouvrir une enquête le mois prochain

    Ce délai supplémentaire imposé par Bruxelles risque de retarder un calendrier industriel déjà tendu. Le dispositif de soutien repose sur un prêt public bonifié couvrant jusqu’à 60 % des coûts de construction. Un mécanisme de “contrats pour différence” sur l’électricité produite doit assurer le remboursement de ces sommes.

    Un monopole de 75 % dans le viseur de la concurrence

    Les régulateurs européens souhaitent disposer de temps pour examiner ce projet, l’un des plus grands chantiers publics français depuis des décennies. Bruxelles craint que ces six nouveaux réacteurs ne renforcent encore la part de marché d’EDF. Le groupe assure déjà plus de 75 % de la production nette d’électricité en France. Cette puissance inquiète les services de la concurrence.

    Ce projet pourrait consolider encore la position d’EDF, fausser la concurrence et empêcher de nouveaux acteurs d’entrer sur le marché.

    L’exécutif européen veut s’assurer que l’aide publique ne crée pas une barrière infranchissable pour les autres fournisseurs d’énergie. EDF et la Commission européenne ont refusé de commenter ces informations pour l’instant.

    Une dérive financière confirmée à 72,8 milliards d’euros

    Le coût du programme nucléaire ne cesse de croître. Fin 2025, EDF a révisé à la hausse le coût prévisionnel des six réacteurs. L’estimation atteint désormais un maximum de 72,8 milliards d’euros, contre 67,4 milliards en 2023. Ces chiffres, exprimés en euros de 2020, illustrent la complexité technique et financière de la filière EPR2.

    Cette inflation des coûts rend l’approbation de Bruxelles encore plus délicate. Chaque euro public injecté doit être justifié au regard des règles du marché unique. Le plan français vise à ajouter environ 10 gigawatts de capacités pour renouveler un parc vieillissant. La première mise en service reste officiellement fixée à 2038, mais l’ombre d’une enquête prolongée plane sur cette échéance.

    L’Autriche en embuscade juridique

    L’enquête de la Commission répond aussi à une nécessité de protection juridique. En bâtissant un dossier solide dès maintenant, Bruxelles espère limiter les risques de recours. Le gouvernement autrichien, opposé par principe au nucléaire, pourrait engager une action en justice contre un éventuel feu vert de l’UE.

    Vienne a déjà contesté des aides d’État pour des projets nucléaires en Hongrie et au Royaume-Uni. Un recours juridique victorieux devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) serait une catastrophe industrielle pour la France. La Commission veut donc s’assurer que ses conclusions sont inattaquables avant de valider le financement français.

    Les mécanismes de financement sous pression

    Le cœur de la discorde réside dans les « contrats pour différence » (CfD). Ce système garantit à EDF un prix de vente fixe pour son électricité. Si les prix de marché tombent sous ce seuil, l’État compense la différence. Si les prix s’envolent, l’électricien reverse le surplus à la collectivité. Ce modèle est perçu comme une aide d’État déguisée s’il n’est pas calibré avec précision.

    Le ministère français des Finances n’a pas répondu aux demandes de commentaires sur ces points techniques. La France plaide pour une souveraineté énergétique accrue et une décarbonation rapide grâce à l’atome. Pourtant, les règles de la concurrence européenne ne prévoient aucune exception automatique pour les objectifs climatiques.

    Un test pour la relation Paris-Bruxelles

    Ce dossier devient un test politique pour la Commission européenne. D’un côté, la France pousse pour une reconnaissance du nucléaire comme énergie de transition. De l’autre, des pays comme l’Allemagne ou l’Autriche défendent une vision strictement renouvelable. La décision d’ouvrir une enquête montre que l’exécutif européen refuse de céder aux pressions de Paris sans un examen minutieux des faits.

    Pour les investisseurs, cette incertitude est un signal d’alerte. Le financement de 73 milliards d’euros repose sur une stabilité réglementaire totale. Si Bruxelles impose des conditions drastiques, comme une ouverture forcée du capital d’EDF ou une cession d’actifs, la structure même du projet pourrait changer.

    L’horizon 2038 s’assombrit

    Le premier béton du premier réacteur EPR2 doit être coulé dans les prochaines années pour respecter la cible de 2038. Chaque mois d’enquête à Bruxelles est un mois de perdu pour les décisions d’investissement final (FID). EDF doit déjà gérer les retards accumulés sur le chantier de Flamanville 3, ce qui réduit sa marge d’erreur.

    La France doit désormais convaincre que son plan nucléaire ne tue pas la concurrence mais assure la stabilité du réseau européen. La bataille ne fait que commencer dans les couloirs de la direction générale de la Concurrence. L’issue de ce bras de fer déterminera la physionomie du marché de l’énergie pour les cinquante prochaines années.

    L’ouverture officielle de l’enquête attendue en avril 2026 marquera le début d’une période de haute tension diplomatique. La France devra justifier chaque milliard d’euros injecté devant des régulateurs qui craignent un retour au monopole d’État.

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