Les rendements des obligations d’État ont connu mercredi une chute spectaculaire, stimulée par l’accord pour un cessez-le-feu de deux semaines en Iran, qui a provoqué un recul brutal des prix de l’énergie et incité les investisseurs à revoir à la baisse leurs anticipations de hausses futures des taux d’intérêt.
En Allemagne, le rendement du Bund à dix ans a reculé de 16,2 points de base à 2,9215 %, tandis que celui de l’obligation à deux ans a abandonné 24,4 points de base à 2,4861 %, enregistrant sa plus forte baisse journalière depuis mars 2023.
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Au Royaume-Uni, le rendement du Gilt à dix ans a reculé de 19 points de base à 4,715 %, tandis que le Gilt à deux ans, plus sensible aux anticipations de taux, a perdu 25 points de base. Aux États-Unis, les « Treasuries » à dix ans ont cédé 10,3 points de base à 4,2399 %, et leurs homologues à deux ans ont reculé de 11,4 points de base à 3,7193 %.
Les craintes d’un conflit de longue durée au Moyen-Orient avaient attisé les inquiétudes inflationnistes en mars, amenant les marchés à anticiper un resserrement de la politique monétaire de la part des banques centrales du monde entier, y compris de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Réserve fédérale américaine (Fed).
Le scénario d’une hausse des taux s’éloigne
Les opérateurs revoient désormais certaines de leurs prévisions, espérant que la trêve annoncée dans la nuit de mardi à mercredi débouche sur une solution durable au conflit en Iran et permette un retour à la normale de la navigation dans le détroit d’Ormuz, entraînant ainsi une baisse des prix de l’énergie.
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Conséquence directe sur les marchés monétaires : la probabilité d’une hausse des taux de la BCE en avril est tombée à 20 %, contre 60 % mardi, et le taux de dépôt est désormais attendu à 2,50 % d’ici la fin de l’année, contre 2,75 % auparavant.
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Aux États-Unis, les opérateurs estiment qu’il y a environ 50 % de chances que la Réserve fédérale (Fed) abaisse ses taux d’intérêt lors de sa dernière réunion de l’année, alors que mardi, ils estimaient à 74,5 % la probabilité d’un statu quo, selon l’outil FedWatch du CME Group. Avant le début de la guerre en février, les marchés tablaient sur deux baisses de taux aux États-Unis.
Au Royaume-Uni, la tendance s’inverse également : les investisseurs anticipent désormais une hausse des taux de la Banque d’Angleterre d’environ 35 points de base cette année, contre 63 points mardi.
