Tag: Défense et Aérospatiale

  • L’Ukraine commence à exporter son savoir-faire dans les drones et la lutte anti-drone

    L’Ukraine commence à exporter son savoir-faire dans les drones et la lutte anti-drone

    Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré samedi que les accords qu’il avait signés avec les pays du Golfe lors d’une tournée dans la région prévoyaient une « coopération sur dix ans » dans le domaine de la défense, ainsi que la mise en place de chaînes de production conjointes. « Nous parlons d’une coopération sur dix ans. Nous avons déjà signé un accord en ce sens avec l’Arabie saoudite, nous venons de signer un accord similaire avec le Qatar, également pour 10 ans, nous en signerons un avec les Émirats », a déclaré Volodymyr Zelensky à des journalistes, dont l’AFP, lors d’un point-presse.

    « Au cours de ces dix années, nous nous sommes engagés dans la construction d’usines dans les deux pays, avec des chaînes de production en Ukraine et dans ces pays » (du Golfe, ndlr), précisé le président ukrainien. Les pays du Golfe misent clairement sur le savoir-faire des Ukrainiens dans le domaine des drones acquis dans le conflit qui les oppose aux Russes. Dans cette guerre, ils ont démontré leur agilité et leur ingéniosité pour trouver des solutions face aux attaques des Russes. Ces ventes de drones ukrainiens risquent de torpiller les offres des industriels européens.

    Kiev propose à Ryad un système de défense aérien

    L’Ukraine et l’Arabie Saoudite ont signé un accord de coopération qui permettra à Kiev de partager son expérience de lutte contre les attaques de drones de conception iranienne Shahed, à l’occasion de la visite de Volodymyr Zelensky, a indiqué vendredi à l’AFP un haut responsable au fait du dossier. « L’objectif de l’accord est que l’Ukraine les aide à développer tous les composants nécessaires de la défense aérienne qui leur font actuellement défaut” pour “contrer les Shaheds et autres drones  », a-t-il précisé. Le document a été signé jeudi, selon l’AFP.

    Arrivé jeudi en visite surprise à Djeddah, le président ukrainien a indiqué que Kiev était « prêt à partager son expertise et son système avec l’Arabie saoudite », a-t-il indiqué. Riyad « possède ce qui intéresse l’Ukraine », a-t-il ajouté sans donner de détails. Depuis le début de l’invasion russe en 2022, « les Ukrainiens se défendent contre les mêmes frappes terroristes, de missiles balistiques et de drones, que le régime iranien inflige aujourd’hui au Moyen-Orient et dans la région du Golfe », a fait valoir Volodymyr Zelensky. L’Arabie saoudite est un des pays du Golfe où Kiev a récemment envoyé des experts militaires pour faire partager leur expérience en matière d’interception de drones Shahed, conçus par l’Iran et produits désormais en masse par Moscou pour attaquer l’Ukraine.

    L’accord signé par Kiev et Riyad ne porte « pas seulement sur des intercepteurs », selon l’AFP. Il s’agirait de « la construction d’un système, de son intégration avec d’autres éléments de défense aérienne, de l’utilisation de l’expérience ukrainienne, de l’IA et de tous les autres éléments d’analyse des données nécessaires pour contrer les Shaheds et autres drones ».

    Émirats Arabes Unis et Qatar très intéressés

    L’Ukraine et les Émirats Arabes Unis sont convenus de coopérer en matière de défense dans un contexte de frappes de drones iraniennes à travers le Moyen-Orient, a déclaré samedi Volodymyr Zelensky, avant de se rendre au Qatar voisin. Cette visite surprise aux EAU intervient au lendemain de l’annonce d’un accord de défense entre l’Ukraine et l’Arabie saoudite, signé alors que les pays du Golfe font face aux drones et missiles iraniens lancés par Téhéran en représailles aux frappes américano-israéliennes contre l’Iran, qui se poursuivent depuis le 28 février.

    Kiev cherche ainsi à mettre à profit son expertise en matière de destruction de drones russes pour aider les pays du Golfe et a déployé des experts anti-drones dans la région, notamment aux EAU et en Arabie saoudite. Après sa visite aux Émirats, Volodymyr Zelensky a annoncé sur les réseaux sociaux qu’il était « arrivé au Qatar. La véritable sécurité se construit sur le partenariat : nous apprécions chacun et restons ouverts à soutenir tous ceux qui sont prêts à travailler ensemble pour cet objectif ». Le Qatar et l’Ukraine ont d’ailleurs signé samedi un accord de défense incluant une coopération pour lutter contre les menaces liées aux missiles et aux drones, a indiqué le ministère de la Défense de l’État du Golfe.

    “L’accord prévoit une collaboration dans les domaines technologiques, le développement d’investissements communs et l’échange d’expertise en matière de lutte contre les missiles et les systèmes aériens sans pilote”, a précisé le ministère dans un communiqué publié à l’occasion de la visite au Qatar du président ukrainien Volodymyr Zelensky.

    Une expertise prête à partager

    A Ryad, Volodymyr Zelensky a rencontré le président émirati Mohammed ben Zayed Al Nahyane, affirmant sur les réseaux sociaux que les deux dirigeants « sont convenus de coopérer dans le domaine de la sécurité et de la défense. Nos équipes finaliseront les détails ». « Pour tous les États normaux, il est important d’assurer la stabilité et de protéger des vies face aux menaces actuelles. L’Ukraine dispose d’une expertise pertinente dans ce domaine », a-t-il précisé. L’Ukraine présente ses défenses anti-drones comme les meilleures au monde.

    Aux EAU, Volodymyr Zelensky a également rencontré des experts ukrainiens en lutte antidrones, qui « travaillent ici pour contribuer à protéger des vies ». « Aujourd’hui, l’Ukraine n’a pas seulement besoin d’aide, elle est aussi prête à soutenir ceux qui nous soutiennent », a-t-il assuré. Kiev a proposé d’échanger ses intercepteurs de drones contre des missiles de défense antiaérienne, beaucoup plus coûteux, que les pays du Golfe utilisent pour abattre les drones iraniens. Les Ukrainiens affirment avoir besoin de davantage de ces missiles pour contrer les frappes quasi quotidiennes de missiles de la Russie, qui attaque l’Ukraine depuis début 2022.

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  • Export : Chypre négocie activement un contrat de près de 200 blindés de KNDS avec la France

    Export : Chypre négocie activement un contrat de près de 200 blindés de KNDS avec la France

    Le dossier est chaud mais le contrat reste encore à finaliser. Chypre négocie très activement avec les groupes KNDS et Arquus une acquisition très significative de blindés (Griffon et Serval) ainsi que la rénovation d’une partie de sa flotte de VAB (Véhicule de l’avant blindé), selon des sources concordantes. Nicosie souhaite acheter plus de 150 véhicules blindés (environ 80 Griffon et une centaine de Serval) dans le cadre du programme européen SAFE (Security Action for Europe), un instrument de financement de 150 milliards d’euros de l’Union européenne (UE) destiné à faciliter les achats d’armements pour les pays européens à travers des prêts à des taux très attractifsCertains de ces véhicules pourront être équipés de missiles antichar Akeron MP (MBDA).

    La Direction générale pour l’armement (DGA) achètera ces véhicules au nom et pour le compte (ANPC) de Chypre. En quelques sorte un FMS américain (Foreign Military Sales) à la française. Face au modèle américain, le ministère des Armées a été contraint à la fin des années 2010 d’améliorer son soutien à l’exportation et de gommer cette lacune parmi ses outils pour des pays qui n’ont pas l’équivalent de la DGA. Une première opération a été effectuée en 2018 avec la Belgique (blindés de la gamme Scorpion). La France a ensuite concrétisé d’autres contrats par des marchés en vigueur au profit de l’Estonie, de Chypre, du Danemark et de la Slovénie pour des missiles sol-air courte portée Mistral 3 (MBDA) et des canons auto-tractés Caesar (KNDS).

    Outre l’acquisition de Griffon et de Serval, Chypre souhaite également rénover 80 VAB sur une flotte de près de 150 exemplaires environ que la garde nationale chypriote possède. Si Arquus pousse pour rénover plus de VAB livrés entre 1985 et 1988, KNDS tente quant à lui d’augmenter la cible des Griffon et des Serval. A Chypre, le fabricant du VAB a obtenu en mai 2025 un contrat de 12 véhicules Sherpa équipés de missiles Akeron MP. Le contrat avait été signé entre la DGA et le ministère de la Défense de Chypre lors du salon DEFEA à Athènes.

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  • Cyberattaques : le spatial français cherche à anticiper les menaces

    Cyberattaques : le spatial français cherche à anticiper les menaces

    En 2022, au début de la guerre en Ukraine, le réseau Viasat avait été la cible d’une cyberattaque massive, entraînant des coupures d’électricité pour des milliers de particuliers et d’entreprises européennes. Sur mer, la surveillance des activités des navires passe aussi par l’interception de signaux radiofréquences depuis l’espace.

    Dans un contexte de recrudescence des tensions géopolitiques et d’extension des champs de confrontation, les engins spatiaux et les infrastructures au sol sont de plus en plus exposés à des sabotages informatiques et à des menaces cyber insuffisamment appréhendés. Pour de nombreux professionnels, la cybersécurité du spatial est devenue un enjeu de souveraineté et de résilience.

    C’est dans ce contexte que le Pôle d’excellence cyber (PEC) à Rennes et Irispace, l’Institut régional de l’innovation spatiale présidé par l’IMT Atlantique à Brest, viennent de lancer mi-mars le groupe de travail « Cyberdéfense du domaine spatial ».

    Ce collectif d’acteurs industriels, académiques et institutionnels va collaborer pour anticiper les menaces, au niveau national et européen, et imaginer comment protéger les infrastructures satellitaires. Leur initiative s’inscrit dans le cadre de la nouvelle stratégie récemment annoncée par Emmanuel Macron, dans le spatial civil, militaire et dual.

    « Ce groupe est composé de membres représentatifs de l’ensemble de l’écosystème du PEC : des entreprises privées comme Airbus Defense & Space, Gatewatcher, Sopra Steria, Thales, Yogosha, des universités et centres de recherche tels que l’IMT Atlantique, l’Université de Brest, l’IRT b-com, des acteurs publics territoriaux dont Rennes Métropole et Irispace », détaille Arnaud Coustillière. « L’espace s’impose désormais comme un enjeu majeur de souveraineté des États dont il faut protéger les infrastructures critiques. L’enjeu a longtemps été sous-estimé », observe l’ancien vice-amiral d’escadre (2S), président du Pôle d’excellence cyber.

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  • Aéroport Toulouse-Blagnac : Ryanair devient la première compagnie devant Air France

    Aéroport Toulouse-Blagnac : Ryanair devient la première compagnie devant Air France

    C’est un changement passé inaperçu. Ryanair est désormais la première compagnie aérienne de l’aéroport Toulouse-Blagnac avec 24% de parts de marché devant Air France (à 23%) qui détenait historiquement cette première place, selon les chiffres de la plateforme toulousaine.

    Une percée fulgurante pour la compagnie irlandaise qui a ouvert ses premières lignes dans la Ville rose fin 2016. Dès 2018, elle devient troisième compagnie de la plateforme après Air France et Easyjet avec 9% de parts de marché. 

    Le cinquième aéroport régional reste « moins dépendant que d’autres grandes plateformes régionales de la présence des low cost », faisait remarquer en 2025 Bruno Balerdi, directeur commercial d’ATB. Les compagnies à bas coût pèsent la moitié du trafic à Toulouse contre 81% à Nantes, 72% à Bordeaux ou 55% à Marseille d’après le dernier rapport de l’UAF (Union des aéroports français). Reste que le poids des low cost n’était que de 43% dans la Ville rose en 2019. Dans le même temps, Air France a perdu 800 000 passagers en cinq ans dans la Ville rose.

    Un nouveau boom du low cost est attendu dans les prochains mois avec le départ d’Air France d’Orly au profit de Transavia qui va proposer 8 vols par jour au départ de Toulouse. Cette dernière, qui a transporté 150 000 passagers en cinq ans, va monter en puissance avec au total plus de 650 000 sièges proposés sur le programme été (contre 40 000 en 2025), dont 575 000 vers Orly.

    Pour sa part, l’espagnol Volotea positionne à compter du mois de mai un deuxième avion sur la plateforme toulousaine, ce qui va augmenter d’un tiers son offre de sièges pour atteindre 710 000 sièges annuels. Volotea va ouvrir trois nouvelles destinations cet hiver (Pise, Fuerteventura et Grande Canarie). La liaison vers Lille va également doubler sa capacité pour atteindre jusqu’à deux vols par jour. 

    « Notre stratégie est d’être la compagnie des petites et moyennes villes en offrant des liaisons directes sans passer par Paris à des prix compétitifs et un haut niveau de qualité de service. Nous avons ouvert ces lignes qui étaient avant réservées à un trafic affaires à l’ensemble de la population », avançait en décembre Gilles Gosselin, directeur France de Volotea.

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  • Lutte contre les mines : Thales propose un système projetable livré en quelques semaines

    Lutte contre les mines : Thales propose un système projetable livré en quelques semaines

    Le cauchemar des marines et des armateurs… Les derniers conflits (Ukraine, Iran…) ont remis au gout du jour la lutte contre les mines, qui avait disparu au fil du temps de la mondialisation heureuse. Au moment où Londres et Paris vont organiser cette semaine une réunion d’une trentaine de pays prêts à former une coalition pour sécuriser le détroit d’Ormuz pris en otage par l’Iran, Thales lance ce jeudi Expeditionary PathMaster, un système basé sur un centre d’opérations expéditionnaire (e-POC) rapidement projetable. « Cette solution permet aux forces navales de mener une mission de lutte contre les mines complète partout dans le monde », explique le groupe de défense de haute technologies.

    Le groupe, qui a 52 marines clientes dans le monde, réalise environ 12% de son chiffre d’affaires dans le naval, en croissance de 6%. Il se revendique comme un leader mondial dans la lutte contre les mines depuis plus de 50 ans. Il a développé le système franco-britannique de lutte contre les mines, Maritime Mine Counter Measures (MMCM), dont il a livré en décembre 2024 le premier système de drones de lutte contre les mines. Il est par ailleurs le leader mondial dans le domaine des sonars, livrant même des systèmes à la marine américain.

    Un système livré en six semaines

    Basé sur le système PathMaster livré à la Marine Nationale, Expeditionary PathMaster est une solution évolutive et interopérable, qui peut être mise en œuvre depuis le rivage, à partir d’une côte, d’un navire de lutte contre mines ou de toute plateforme. Il « permet aux marines d’agir rapidement, de sécuriser les infrastructures critiques et de mener à bien des opérations expéditionnaires et amphibies », explique Thales.

    Ce nouveau système est d’ores et déjà prêt et peut être livré en quelques semaines, voire dans les six mois, aux marines, assure le groupe. Cette agilité commerciale et industrielle va permettre à Thales d’accompagner la croissance du marché et, surtout, toutes les demandes pressantes des marines dans la lutte contre les mines (mines de fonds, mines à orin – amarrées -, mines dérivantes). « La plupart des opérations se déroulent dans une forme d’urgence. Il y a toujours une pression internationale de réouverture du passage que vous êtes en train de déminer », explique Eric Chaperon, conseiller pour défense marine de Thales. Ce marché sera en croissance ces prochaines années : il s’élevait à 600 millions en 2025, il est estimé à 850 millions d’euros en 2030.

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  • La Nasa abandonne Gateway et mise 20 milliards sur une base lunaire

    La Nasa abandonne Gateway et mise 20 milliards sur une base lunaire

    La Nasa a annoncé la suspension de son projet de station spatiale en orbite autour de la Lune, Lunar Gateway, afin de concentrer ses efforts sur la construction d’une base sur le sol lunaire. Le projet, d’un coût de 20 milliards de dollars (17,26 milliards d’euros), sera déployé au cours des sept prochaines années.

    « Nous suspendons le projet Gateway sous sa forme actuelle et concentrons sur la mise en place d’une infrastructure permettant d’assurer une présence durable à la surface de la Lune », a déclaré Jared Isaacman, nouveau directeur de l’agence spatiale américaine, lors d’un événement organisé à Washington.

    Cette réorientation vise à rediriger ressources et efforts vers le pôle sud lunaire, jugé stratégique en raison de la présence d’eau sous forme de glace. « La base lunaire ne verra pas le jour du jour au lendemain. Nous investirons environ 20 milliards de dollars au cours des sept prochaines années et la construirons au fil de dizaines de missions, en collaboration avec des partenaires commerciaux et internationaux », a précisé Jared Isaacman.

    La station Gateway, en grande partie développée par les sous-traitants Northrop Grumman et Lanteris, devait servir de plateforme scientifique et de point de transfert pour de futures missions lunaires et martiennes. Mais les retards répétés et les surcoûts avaient déjà mis le projet sous pression, d’autant plus que la Chine poursuit également ses ambitions lunaires.

    « Bien que cela reste pertinent pour les futurs objectifs d’exploration, cela n’est pas indispensable pour atteindre nos objectifs principaux », a souligné Carlos Garcia-Galan, directeur adjoint du programme Gateway à la Nasa. La question de l’utilisation des composants déjà construits — certains fournis par l’ESA et la JAXA — se pose désormais. « Malgré les difficultés rencontrées avec certains équipements existants, (la Nasa) remploiera le matériel utilisable et s’appuiera sur les engagements des partenaires internationaux pour soutenir » les autres objectifs d’Artémis, a assuré le directeur de l’agence.

    Selon le calendrier annoncé, la construction de la base lunaire commencera en 2029 et la station pourrait être occupée de manière semi-permanente à partir de 2032. Les premiers astronautes devraient fouler le sol lunaire dès 2028, sous réserve du succès de la mission Artémis 2, qui doit décoller de Floride au plus tôt le 1er avril.

    Cette réorientation marque un tournant stratégique pour le programme Artemis, qui vise à établir une présence humaine durable sur la Lune et à préparer de futures missions martiennes, tout en rationalisant les coûts et les ambitions de l’agence face à la concurrence internationale.

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  • Drones : Armées et industriels intensifient leur coopération à Bordeaux

    Drones : Armées et industriels intensifient leur coopération à Bordeaux

    La Nouvelle-Aquitaine, terre de drones ? Ce n’est plus seulement la technopole Bordeaux Technowest et son centre d’essai à longue élongation qui l’affirment. « Tous les ingrédients sont réunis pour que la région joue un rôle déterminant dans notre stratégie de défense et qu’elle devienne un centre de gravité national du drone », a ainsi déclaré le général Stéphane Groën, officier général de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest. Il s’est exprimé, le 20 mars à Bordeaux, devant des utilisateurs, concepteurs, décideurs et employeurs, soit plus d’une soixantaine d’acteurs du drone conviés conjointement par les Armées et la Région Nouvelle-Aquitaine.

    « Il n’y aura pas de supériorité opérationnelle sans supériorité aérienne, du sol jusqu’à la très haute altitude », a posé d’emblée le haut-gradé avant de rappeler qu’au niveau national, les moyens consacrés aux drones et à la lutte anti-drone sont croissants : « En 2025, la loi de programmation militaire prévoyait 450 millions d’euros d’investissement. En 2026, l’enveloppe grimpe à 600 millions auxquels s’ajoute un investissement supérieur à 900 millions d’euros pour le système de défense sol-air. »

    Dans ce contexte, les entreprises françaises sont mises à contribution, mais encore faut-il connaître précisément les besoins pour être en mesure d’y répondre. C’est tout l’objet de cette journée qui a permis aux différentes armées de les exprimer. Du côté de l’Armée de l’air et de l’espace, l’emploi de drones dans la lutte anti-drone est une priorité, sur le défi de l’arrière, pour surveiller des bases aériennes, des sites sensibles ou intercepter une menace.

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  • Durcissement du cumul retraite-emploi : menace sur la montée en cadence de l’industrie de défense

    Durcissement du cumul retraite-emploi : menace sur la montée en cadence de l’industrie de défense

    C’est une grosse « tuile » pour l’industrie de la défense en recherche active de salariés compétents. De quoi parle-t-on ? Des nouvelles conditions de cumul emploi-retraite passées relativement inaperçues mais qui vont se durcir fortement à partir du 1er janvier 2027 après l’adoption du budget de la Sécurité sociale fin décembre par le Parlement. Ce qui ne va pas encourager l’emploi des seniors en France, dont le taux des 55-64 ans est l’un des plus bas dans l’Union européenne. Il s’élève à 60,4%, contre en moyenne 65,2% dans l’UE. 

    A partir de cette date, une personne qui a pris sa retraite avant l’âge légal (64 ans à terme, selon le gouvernement) et qui reprend une activité verra 100% de ses revenus déduits de sa pension de retraite au-delà d’un seuil de 7.000 euros par an. Ce qui va dissuader tous les retraités – modestes et aisés -, de se remettre au boulot. Car cumuler retraite et emploi avant 67 ans deviendra très peu intéressant financièrement. Et en même temps pour l’anecdote, le pôle de recrutement de France Travail pour l’industrie de défense a été confié à la générale à la retraite Dominique Vitte… Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou avait annoncé fin janvier la création de ce pôle pour répondre aux besoins de l’industrie de défense.

    Des pertes de recettes estimées à 3 milliards

    Actuellement, une personne qui bénéficie d’une retraite à taux plein peut reprendre une activité sans plafond de revenus. Ce cumul concernait, selon la Cour des comptes, 710.000 personnes environ en 2020, qui tiraient en moyenne 9.000 euros par an de leur activité. Avec cette réforme, le gouvernement va encaisser un gain comptable de 1,9 milliard de recettes en 2030 (400 millions en 2027).

    Mais, d’un autre côté, il se prive des cotisations salariales et patronales versées pour faire travailler un senior. En outre, il limite le pouvoir d’achat de ces derniers et bride la compétitivité des entreprises privées de compétences très expérimentées. Certains experts estiment que cette réforme va entrainer pour l’État des pertes d’un montant de trois milliards d’euros environ. Ce qui devrait être in fine une fausse-bonne idée du gouvernement, qui voulait gommer les « effets d’aubaine » générés par ce dispositif jusqu’à présent encouragé par les gouvernements.

    Les bras manquent dans la BITD

    Les nouvelles mesures mises en place vont donc représenter une révolution pour les seniors, qui veulent continuer à travailler pour compléter leur pension, mais aussi pour l’industrie de la défense, qui peine à recruter des compétences pointues depuis le lancement de l’économie de guerre et la hausse des cadences de production. Selon la Direction générale de l’armement (DGA), 10.000 emplois ne sont pas occupés au sein de la Base industrielle et technologique de défense (BITD). Et selon l’Observatoire des métiers de la BITD, neuf métiers sur dix sont en tension. Par ailleurs, selon Bpifrance, 62 % de dirigeants de PME ou d’ETI industrielles rencontrent des difficultés de recrutement, avec des taux de tension supérieurs à 70 % pour certains métiers de la métallurgie.

    Pour la BITD (220.000 emplois directs et indirects non délocalisable), qui regroupe neuf grands groupes industriels d’envergure européenne et mondiale, 4.500 PME-ETI et startups, dont 1.000 sont identifiées comme stratégiques, les seniors sont aujourd’hui de plus en plus recherchés pour leurs compétences. Très clairement, les bras manquent et les seniors sont très utiles pour la passation des savoirs et la sécurisation des programmes complexes. Cette réforme du cumul emploi-retraite va vraisemblablement tarir un vivier de compétences à la fois expérimenté et très souple. En outre, ce vivier est facilement mobilisable pour accompagner les entreprises dans la montée en cadence de la production de l’industrie de défense.

    e vieillissement des effectifs constitue un facteur de fragilisation majeur car les moyennes d’âge de certains métiers dans l’industrie sont parfois élevées. Ainsi les taux de départ en fin de carrière dépasseront 35 % dans certains métiers d’ouvriers dès 2030 (industries graphiques, métallurgie, électricité et électronique, mécanique). « Sans dispositifs structurés de transmission (compagnonnage, tutorat, intérim senior), le risque de perte de savoir-faire non documenté est élevé », estime l’entreprise dans l’intérim..

    Baisse de la natalité

    Cette réforme arrive en outre au plus mauvais moment. Les seniors, qui sortent du marché du travail, sont beaucoup plus nombreux que les nouvelles générations qui y entrent. Et c’est loin d’être terminé. Car la natalité décline en France depuis plusieurs années. En 2025, 644.000 bébés ont vu le jour, soit 2,3% de moins qu’en 2024 et surtout 24% de moins qu’en 2010, selon l’Insee. Il s’agit du plus faible nombre de naissances depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Résultat, le solde naturel, qui correspond à la différence entre les naissances et décès, est lui devenu négatif (- 6.000 personnes).

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  • L’année stratosphérique de Naval Group en 2025 (18,9 milliards de commandes)

    L’année stratosphérique de Naval Group en 2025 (18,9 milliards de commandes)

    Naval Group a de quoi voir venir pour plus d’une décennie… Voire au-delà. Après une excellente année 2024 (8,1 milliards d’euros de prises de commandes, dont celle concernant les sous-marins néerlandais), le groupe naval, présidé par Pierre Eric Pommelet, a engrangé l’année dernière 18,9 milliards d’euros de commandes. Soit un book-to-bill (ratio commandes sur chiffre d’affaires) de 4. C’est carrément stratosphérique. Le carnet de commandes explose à 32 milliards d’euros (contre 18,1 milliards d’euros) avec un écoulement prévisionnel bien au-delà de 2030 (13 % en 2026, 12 % en 2027, 12 % en 2028, 10 % en 2029 et 53 % au-delà). C’est le fameux temps long d’un groupe de défense comme Naval Group. 

    Deux commandes hors normes ont été notifiées par la France, l’une fin 2025 portant sur le lancement en réalisation du porte-avions de nouvelle génération (PA-NG), baptisé « France Libre » par Emmanuel Macron, l’autre portant sur le lancement en réalisation de la phase deux du programme des sous-marins nucléaires lanceur d’engins de troisième génération (SNLG 3G). Fin décembre, le ministère des Armées a engagé une commande de l’ordre de 8,5 milliards d’euros aux industriels qui développent et fabriquent le PA-NG. En outre, il s’est engagé sur un montant de 10,6 milliards d’euros pour la poursuite des travaux de réalisation des quatre SNLE 3G.

    A l’international, Naval Group a obtenu en juillet 2025  la mise en vigueur du contrat pour la vente de deux sous-marins Scorpène® Evolved pour l’Indonésie pour près de deux milliards d’euros. Il a également réussi à faire confirmer en décembre 2025 par la Grèce l’acquisition d’une quatrième frégate de défense et d’intervention (FDI) pour 810 millions d’euros. Elle sera livrée début 2029. Par ailleurs, le groupe naval a signé deux contrats au Brésil Naval Group pour un montant de plus 500 millions d’euros pour des équipements (hors chaufferie nucléaire) destinés à la réalisation d’un sous-marin à propulsion nucléaire, Alvaro Alberto. .

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  • Spatial : la Russie reprend l’envoi de fusées depuis le Kazakhstan

    Spatial : la Russie reprend l’envoi de fusées depuis le Kazakhstan

    La Russie a lancé dimanche un vaisseau cargo depuis un pas de tir du cosmodrome de Baïkonour (Kazakhstan) ayant été endommagé en novembre et qui constitue le seul site russe pour envoyer des équipages vers la Station spatiale internationale (ISS).

    L’agence spatiale russe Roscosmos a diffusé en direct le lancement de ce cargo de type Progress, le MS-33, envoyé dans l’espace à l’aide d’une fusée Soyouz. Il est prévu que ce vaisseau, qui contient notamment du carburant, de l’eau potable et de l’oxygène, atteigne mardi le segment russe de l’ISS.

    Situé dans les steppes du Kazakhstan, immense pays d’Asie centrale, le cosmodrome Baïkonour est loué par la Russie jusqu’en 2050.

    Le premier lancement depuis novembre

    Il s’agit du premier lancement depuis le pas de tir N° 31, endommagé le 27 novembre lors du décollage vers l’ISS d’une fusée Soyouz emportant un équipage russo-américain. Les dégâts, jugés importants, avaient nécessité plusieurs mois de réparations. Ces installations sont les seules à permettre à la Russie de faire décoller des vols habités.

    Pionnier historique de la conquête spatiale du temps de l’URSS, Moscou a subi depuis la dislocation de l’Union soviétique de nombreux déboires dans ce domaine. Le secteur spatial russe souffre depuis des années d’un sous-financement chronique, de scandales de corruption et d’échecs tels que la perte de la sonde lunaire Luna-25 en août 2023.

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