Le décalage est pointé du doigt. Les partis de gauche ont vivement critiqué dimanche le plan d’électrification présenté par le gouvernement pour réduire la dépendance aux énergies fossiles, jugé inadapté à l’urgence provoquée par la hausse des prix du pétrole dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.
Pour Manon Aubry, eurodéputée de La France insoumise, les mesures annoncées passent à côté des préoccupations immédiates. « Les gens qui vont faire le plein avant d’aller au travail la semaine prochaine vont être ravis d’apprendre qu’il faut qu’ils achètent des voitures électriques dont ils n’ont pas les moyens », a-t-elle ironisé sur CNews.
Le plan dévoilé vendredi prévoit notamment une accélération du déploiement des véhicules électriques, ainsi que l’interdiction des chaudières à gaz dans les constructions neuves.
Mais pour LFI, ces orientations relèvent de « mesurettes complètement déconnectées de la réalité ». Le mouvement appelle à bloquer les prix des carburants autour de 1,70 euro le litre, une option écartée par l’exécutif au nom de la maîtrise des finances publiques.
Le PS pousse pour des mesures immédiates
Du côté du Parti socialiste, le ton est moins frontal mais tout aussi critique. Son premier secrétaire Olivier Faure appelle à « plus de mesures d’urgence » pour amortir le choc sur les ménages.
« Il faut des mesures de court terme pour les gros rouleurs, pour les Français les plus modestes, pour les taxis, pour les infirmières libérales », a-t-il plaidé sur France Inter, évoquant ceux qui n’ont d’autre choix que d’utiliser leur véhicule au quotidien.
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Le responsable socialiste se dit notamment favorable au développement du leasing social, financé par une taxation accrue des profits pétroliers, estimant qu’il ne s’agit « pas d’une mauvaise solution ».
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Les critiques dépassent le cadre politique. Les acteurs économiques alertent eux aussi sur l’écart entre les annonces et les besoins immédiats.
« Nos salariés attendent de savoir comment ils font le plein demain matin, pas quelle voiture ils auront dans six mois », a résumé Loïc Gobé, président de la Fédération des entreprises de services à la personne, pointant l’absence de mesures d’urgence face à la hausse des carburants.
