Tag: croissance

  • Croissance en berne, inflation en hausse : la guerre en Iran chamboule les perspectives pour l’Europe

    Croissance en berne, inflation en hausse : la guerre en Iran chamboule les perspectives pour l’Europe

    Et si l’Europe allait subir de plein fouet les terribles effets de la guerre en Iran ? Dans ses perspectives économiques dévoilées ce jeudi 26 mars, l’OCDE a dégradé ses perspectives de croissance pour la zone euro (-0,4 point) à 0,8 % contre 1,2 % en décembre. Avec le Royaume-Uni (-0,5 point), il s’agit de la révision la plus brutale des pays riches. Un mois après le déclenchement du conflit, les conséquences sur les marchés de l’énergie se font déjà ressentir sur le porte-monnaie des consommateurs et l’activité des secteurs les plus dépendants des énergies fossiles.

    À ce stade, il est encore difficile de mesurer l’ampleur et la durée des hostilités. Mais le scénario d’une guerre à rallonge est étudié à la loupe par les économistes, à l’instar de la Banque de France. Au niveau mondial, l’OCDE n’a pas révisé à la baisse sa projection de croissance du PIB à 2,9 % par rapport à décembre. Mais l’institution précise tout de même qu’avant le début du conflit, elle prévoyait une révision à la hausse de 0,3 point pour 2026.

    L’Allemagne, la France et l’Italie appuient sur le frein

    Dans l’Union monétaire, le léger rebond prévu en décembre dernier s’est transformé en coup de frein. En Allemagne, la croissance du PIB devrait accélérer de seulement 0,8 % au lieu de 1 %. Le gouvernement du chancelier Merz a annoncé un vaste plan d’investissement dans la Défense mais la dépendance de son industrie aux énergies fossiles vient peser sur l’activité. En pleine difficulté, le « Made in Germany » continue en outre de subir la chute des carnets de commande de la Chine en pleine offensive industrielle sur l’automobile électrique.

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  • Le plan stratégique de CNP Assurances fixe un cap de croissance tous azimuts

    Le plan stratégique de CNP Assurances fixe un cap de croissance tous azimuts

    CNP Assurances est un groupe riche qui a des ambitions de croissance. C’est le message de son nouveau plan stratégique à cinq ans, Lead for impact, qui vise à la fois à relancer le chiffre d’affaires, sur tous les métiers de l’assurance, en France et à l’international.

    Cela passe par une profonde réorganisation du groupe autour de cinq nouvelles directions offres et services, mais aussi « par une transformation culturelle de l’entreprise », souligne Marie-Aude Thépaut, directrice générale de CNP Assurances, qui a succédé en janvier 2024 à Stéphane Dedeyan, actuel patron de la Banque Postale, après avoir réalisé toute sa carrière chez l’assureur. L’innovation et la généralisation des outils IA, plutôt bien accueillies selon les baromètres internes, devraient accompagner ce changement culturel, qui se veut aussi plus international.

    Sur le papier, le groupe CNP Assurances, devenu filiale à 100 % de La Banque Postale, se porte bien, avec un chiffre d’affaires de 39 milliards d’euros en 2025 (68 % en France), une collecte record en épargne, un résultat net de 1,5 milliard.

    La croissance est un impératif alors que le groupe doit à la fois gérer le déclin progressif du stock d’assurance-vie de son ancien partenaire, le groupe bancaire BPCE (qui a repris en propre toutes ses activités assurances), et qui pèse toujours 12 % du chiffre d’affaires mais qui recule de 4 % en 2025, et la rupture de son partenariat ancien avec la banque italienne UniCredit (5 % du chiffre d’affaires en 2025, en baisse rapide de 46 % l’an dernier).

    La première priorité du plan stratégique est donc de muscler et de diversifier les réseaux de distribution. « Le modèle B2BC est notre marque de fabrique, mais nous souhaitons diversifier le « B », qui est très bancaire, sur les acteurs qui peuvent distribuer de l’assurance », explique Marie-Aude Thépaut. En un mot, il s’agit d’aller vers de la croissance organique sur tous les métiers, IARD compris.

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  • IA : une contribution encore faible à la croissance française comparée aux États-Unis

    IA : une contribution encore faible à la croissance française comparée aux États-Unis

    La croissance française bénéficie-t-elle déjà de la révolution de l’intelligence artificielle ? L’arrivée de ChatGPT (OpenAI) et d’autres modèles (Claude, Gemini) suscite de grands espoirs. Ces technologies promettent des gains de productivité et de nouvelles richesses.

    « Dans tous les pays, ce développement accéléré est susceptible d’affecter l’activité économique par plusieurs canaux à court terme côté demande et même côté offre, du fait de sa rapidité de diffusion », note l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dans sa note de conjoncture publiée mardi.

    Mais si les États-Unis commencent déjà à profiter des fruits de cette révolution, la France a encore des difficultés à évaluer les véritables conséquences sur son tissu économique.

    Les investissements représentent un tiers de la croissance américaine

    Outre-Atlantique, l’intelligence artificielle participe à la croissance en premier lieu grâce aux investissements des entreprises. Des investissements qui comprennent les logiciels et équipements informatiques mais aussi les centres de données, note l’Insee. D’après ses chiffres, au quatrième trimestre 2025, l’investissement en équipements informatiques (hors centres de données) représentait 2,2 % du PIB en valeur et celui en logiciels 2,5 %. Soit une augmentation de 0,3 point pour le premier et de 0,2 point pour le second par rapport à mi-2022, quand ChatGPT n’était pas encore sur le marché.

    De leur côté, les centres de données ont poussé comme des champignons sur le territoire américain. Mais pour le moment, ils ne représentent que 0,1 % du PIB. Au total, un tiers de la croissance américaine en 2025 dépend des investissements dans l’intelligence artificielle.

    Une poussée de l’investissement qui rappelle la période précédant la bulle Internet. « Sur la période récente, l’année 2025 se distingue par une contribution de l’investissement numérique d’une ampleur comparable à celle observée à la fin des années 1990 », écrit l’institut.

    En France, il est plus difficile de flécher ces investissements. Le secteur qui pourrait investir le plus dans l’IA est celui de l’information et de la communication. S’il participe à l’activité économique, sa contribution à la croissance « tend à diminuer », estime l’Insee, bien loin de la situation américaine. Pour les centres de données, l’Insee précise qu’il n’y a pas encore de séries statistiques comparables à celles de nos partenaires américains. 352 centres seraient exploités en 2024, selon l’Ademe.

    Une consommation française pas du tout dopée à l’IA

    La révolution de l’IA peut également participer à la croissance grâce à la consommation aux États-Unis. En effet, les ménages américains tirent une partie de leur richesse des marchés financiers. Quand les actifs détenus par les ménages augmentent, ils peuvent davantage consommer. L’essor de l’intelligence artificielle a poussé les marchés financiers à de nouveaux records, notamment sur les valeurs technologiques.

    Mais une telle analyse comporte des limites : généralement ce sont les ménages les plus aisés qui bénéficient des plus-values liées à l’intelligence artificielle. « L’effet sur la consommation est vraisemblablement positif mais modéré en moyenne, compte tenu d’une propension à consommer plus faible en haut de la distribution », complète l’institut.

    Par ailleurs, les records de valorisation des valeurs technologiques ont pu faire craindre un retournement du marché, voire l’éclatement d’une bulle IA.

    Dans l’Hexagone, le canal de la consommation est écarté par l’Insee. « L’existence d’éventuels effets de richesse sur la consommation en France est en général sujette à débat », argue l’institut. Il est aussi « peu probable qu’un tel effet ait pu jouer récemment, dans un contexte où la consommation des ménages est décevante depuis plusieurs années et le taux d’épargne historiquement haut ».

    Risque sur l’emploi

    Concernant les emplois, l’IA a été employée rapidement par les entreprises, que ce soit aux États-Unis ou en Europe. Un quart des salariés utiliserait déjà cette technologie au travail, précise l’Insee. Elle aurait également déjà amélioré la productivité.

    Mais cette révolution participe aussi à réduire les emplois dans des secteurs liés à l’informatique, outre-Atlantique mais aussi en France. Ainsi, l’emploi a baissé dans le secteur des activités informatiques et services d’information en France depuis 2023, « tandis que la valeur ajoutée conserve une trajectoire sans inflexion marquée », complète l’institut.

    Ce sont surtout les plus jeunes qui sont concernés par un repli de l’emploi. Fin 2025, l’emploi des 15-29 ans recule de 7,4 % dans l’informatique et de 5,8 % dans l’édition. En comparaison, l’ensemble du secteur marchand ne baisse que de 0,7 %. Il n’empêche, toujours en France, « les effets sur l’emploi global resteraient ainsi encore largement indéterminés ».

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  • Guerre en Iran : les scénarios noirs de la Banque de France sur la croissance, l’inflation et le chômage

    Guerre en Iran : les scénarios noirs de la Banque de France sur la croissance, l’inflation et le chômage

    L’économie française va-t-elle s’enfoncer dans la récession ? C’est pour l’instant une hypothèse balayée par la Banque de France. Dans ses prévisions intermédiaires dévoilées ce mercredi 25 mars, la banque centrale a révisé légèrement à la baisse (-0,1 point) sa prévision de croissance du PIB pour 2026 à 0,9 % contre 1 % en décembre dernier, dans son scénario central. L’inflation accélérerait de 1,7 % en 2026 contre 1,3 % précédemment. C’est donc à première vue un impact limité de la guerre en Iran sur l’activité et l’inflation.

    Des scénarios plus sombres

    Mais compte tenu de la situation internationale chaotique, la Banque de France a également modélisé deux autres scénarios. Le premier part d’une hypothèse défavorable avec un PIB à 0,6 % et une inflation à 2,5 %. Enfin, dans un scénario plus sombre, la croissance serait de seulement 0,3 % et l’inflation de 3,3 %. « Dans le scénario le plus défavorable, les prix du pétrole et du gaz atteindraient 145 dollars par baril et 106,00 €/MWh respectivement au deuxième trimestre 2026 et resteraient par la suite durablement à des niveaux plus élevés », précisent les économistes.

    À l’horizon 2028, la révision pour la croissance du PIB est légèrement plus importante (-0,2 point) à 0,8 %. « La hausse des prix de l’énergie, conjuguée à une révision à la hausse des taux d’intérêt par rapport à décembre, pèserait sur la croissance en 2027 », souligne le document présenté à la presse.

    Sur la politique monétaire, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé un statu quo lors de la dernière réunion des gouverneurs la semaine dernière. Mais une remontée des taux pourrait venir peser lourdement sur la demande et l’activité alors que l’inflation est encore en deçà de la cible de 2 %, redoutent plusieurs analystes.

    Inquiétude sur le pouvoir d’achat et la consommation

    La guerre au Moyen-Orient pourrait également saper les moteurs traditionnels de l’économie tricolore, à commencer par la demande. « Ce choc inflationniste, à travers le pouvoir d’achat, affecterait à la fois la consommation et l’investissement des ménages », détaille la Banque de France. À ce stade, le gouvernement de Sébastien Lecornu n’a pas prévu de mesure pour compenser les pertes de pouvoir d’achat provoquées par cette crise.

    Faute de marge de manœuvre budgétaire, l’exécutif compte sur les contrôles dans les stations-service pour limiter la surchauffe des prix, une hausse de la production dans les raffineries et des mesures ciblées sur certains secteurs exposés (agriculture, pêche, transport). Une grande partie de la facture de cette guerre va donc être payée par la consommation des Français. Un point noir pour l’économie tricolore dépendante de la propension à consommer des ménages.

    Chômage : un pic à 8 % cette année

    Autre signal inquiétant, le chômage devrait grimper plus qu’anticipé. La Banque de France projette une hausse à 8 % de la population active cette année contre 7,8 % auparavant. Les créations nettes de postes seraient très faibles sur l’ensemble de l’année (16 000). Il s’agit d’un pic inédit depuis 2020, en dehors de la pandémie. Le coup de frein sur l’activité et la fin des aides massives pour soutenir l’emploi ont poussé les entreprises à réduire la voilure sur les embauches. Mécaniquement, la productivité par tête devrait se renforcer après des années moroses.

    Dans leur modélisation, les conjoncturistes prévoient une hausse du salaire moyen par tête (nominal) supérieure à l’inflation. Mais les salaires corrigés de l’inflation, c’est-à-dire en valeur réelle, devraient perdre du terrain. En effet, les mécanismes de désindexation plombent les revenus issus du travail pour une grande partie de la population active, à l’exception des salaires au SMIC. Un motif d’angoisse pour une grande partie des Français. 

    Guerre en Iran : un choc d’incertitude

    Les récentes crises (pandémie, guerre en Ukraine, énergie, géopolitique, politique) ont poussé les économistes à plancher sur les effets de l’incertitude sur l’économie. En France, l’économiste de l’OFCE, Raul Sampognaro, avait montré dans une étude qu’un choc géopolitique comme la guerre en Ukraine pouvait provoquer « une baisse du commerce mondial des marchandises de 0,7 point (en volume) et une baisse de la production industrielle mondiale de 0,6 point ». À ce stade du conflit en Iran, la comparaison avec la guerre au Moyen-Orient présente évidemment des limites. Mais un prolongement des hostilités pourrait faire des ravages sur l’économie mondiale.

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