La réponse du gouvernement ne fait pas l’unanimité. Annoncé vendredi par le Ministère de l’Économie et des Finances, le « prêt flash carburant » vise à soulager la trésorerie des petites entreprises frappées par la hausse des prix liée aux tensions au Moyen-Orient. Mais dès le lendemain, les réactions ont divergé entre satisfaction prudente et critiques frontales.
Ce dispositif, mis en place avec Bpifrance, doit permettre aux TPE et PME des secteurs les plus exposés – transports, agriculture, pêche – d’emprunter entre 5 000 et 50 000 euros, à un taux de 3,80 %, sans garantie. Condition : que les dépenses de carburant représentent au moins 5 % du chiffre d’affaires.
Soutien de la CPME, appel à aller plus loin
Du côté de la Confédération des petites et moyennes entreprises, l’accueil est favorable. L’organisation patronale s’est dite « réjouie » de cette annonce, qu’elle affirme avoir portée auprès de l’exécutif. Elle appelle néanmoins à aller plus loin, en évoquant la possibilité de prêts bonifiés si la crise énergétique venait à s’installer.
À l’inverse, plusieurs représentants d’indépendants dénoncent un dispositif mal calibré. Pour Marc Sanchez, secrétaire général du Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI) cette solution revient à « entraîner une dette supplémentaire » pour des entreprises déjà fragiles.
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« Elles n’ont ni la marge, ni la visibilité aujourd’hui pour absorber un choc énergétique par une mesure qui visera à les endetter », a-t-il déclaré, plaidant plutôt pour une baisse rapide des taxes sur les carburants.
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Même ligne du côté des taxis. Rachid Boudjema, président de l’Union nationale des Taxis (UNT), juge que « le prêt n’est pas une solution », mais un « nœud coulant ». « C’est reculer pour mieux sauter, c’est étrangler, demain, les entreprises d’aujourd’hui », a-t-il résumé, appelant à une baisse de la TVA et à une revalorisation des tarifs.
Sollicité, le comité national des pêches n’a pas souhaité commenter à ce stade.
