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  • Malgré son déficit abyssal, le Département de la Gironde vise la certification de ses comptes

    Malgré son déficit abyssal, le Département de la Gironde vise la certification de ses comptes

    « C’est une période inédite que nous allons traverser. Nous allons devoir poursuivre nos efforts d’économies et faire des choix dans nos politiques publiques », prévenait en novembre dernier le président (PS) du conseil départemental de Gironde Jean-Luc Gleyze. C’était quelques heures avant que la Chambre régionale des comptes rende un avis budgétaire sévère sur la situation financière de la collectivité, qui affichait alors un budget en déficit de plus de 100 millions d’euros. « 77 millions d’euros constatés en réalité », a corrigé Jean-Luc Gleyze le 30 mars, lors de la présentation des orientations budgétaires pour l’année 2026. 

    Plan de retour à l’équilibre d’ici à 2028

    Le Département rentre actuellement dans le dur de son plan de retour à l’équilibre (PRE) programmé sur trois ans, de 2026 à 2028. Au cœur de ce travail, l’engagement dans la certification de ses comptes à l’horizon 2027. Une démarche volontaire puisque la certification des comptes, expérimentée jusqu’ici par seulement une poignée de collectivités, n’a pas été généralisée à l’ensemble des administrations locales.

    Elle n’est mise en œuvre aujourd’hui que dans six départements. « La certification présente de vraies vertus pour guider toutes les collectivités dans la fiabilité de leurs comptes et le pilotage de leur budget », estime pourtant Vincent Léna, président de la Chambre régionale des comptes de Nouvelle-Aquitaine. 

    Un objectif ambitieux

    L’objectif de voir les comptes girondins certifiés se veut ambitieux, au regard de la situation actuelle et de la lourdeur de la tâche à mener, puisqu’elle suppose notamment l’adoption de règles comptables rigoureuses. « Il y a vraiment beaucoup de choses à dire dont un vrai problème d’organisation interne et de compétences en matière budgétaire et financière. C’est étonnant pour une collectivité de cette taille », soulignait Vincent Léna en décembre dernier. 

    De son côté, le département a créé l’an dernier une inspection générale des services, lancé des audits sur le fonctionnement et mis en place un pilotage budgétaire mensuel. Autant d’outils qui n’existaient pas jusque-là dans cette administration de 5 800 agents dotée d’un budget de près de deux milliards d’euros !

    Cet objectif de certification se traduit par l’inscription d’une « dépense » supplémentaire de 86 millions d’euros dans le budget 2026, correspondant à des rattachements budgétaires désormais calculés sur une année civile quand ils l’étaient jusque-là au moment du versement.

    Un jeu d’écritures qui creuse le déficit à -111 millions d’euros pour 2026, pour un budget de 1,8 milliard d’euros. Cependant, la collectivité escompte toujours revenir à l’équilibre dès 2027. 

    Baisse de la masse salariale

    Après une baisse de -4,4 % de sa masse salariale en 2025 (obtenue grâce aux non-renouvellements des CDD et aux non-remplacements des départs), le Département entend réduire ses effectifs de -3,5 % cette année, ramenant le nombre de ses agents en-dessous du niveau enregistré en 2021, soit un peu plus de 5 000 personnes.

    Malgré tout, les dépenses de fonctionnement continueront en 2026 à progresser davantage (+1,4 %) que les recettes (+0,7 %). De ce côté, les droits de mutation sur le marché immobilier sont à nouveau dynamiques (+3,15%) tandis que la fraction de TVA dévolue au Département stagne. Les investissements devraient s’élever à 153 millions d’euros, en baisse de 70 millions d’euros sur un an. 

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