REPORTAGE – Depuis l’explosion dramatique de 1986, le réacteur numéro 4 n’a encore pas été démantelé. Et le nouveau sarcophage est toujours endommagé par un drone russe, qui l’a éventré en février 2025. Au cœur du site, ingénieurs et techniciens surveillent cette structure fragilisée.
Il paraît que la foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit. Superstitieux et prévoyants, les ingénieurs qui ont conçu le nouveau sarcophage au-dessus du réacteur n° 4 de l’ancienne centrale nucléaire V. I. Lénine, à Tchernobyl, ont fait en sorte qu’il puisse résister aux catastrophes naturelles, aux tornades et aux séismes les plus violents – et ce, pendant un siècle environ.
Ce qu’ils n’avaient pas prévu, c’est une attaque délibérée sur ce gigantesque tombeau, à l’intérieur duquel l’humanité a enterré les restes de la plus grande catastrophe nucléaire survenue à la surface de notre planète. Il est 2 h 02 et 14 secondes, le 14 février 2025, lorsqu’un drone Shahed 136 lancé par l’armée russe vient percer le toit de l’arche de confinement (New Safe Confinement ou NSC), fruit de financements et de coopérations internationales ayant coûté 2,5 milliards d’euros, 12 ans de travaux, près de trois décennies de développement.
Un sarcophage fragilisé
Un an plus tard, les dégâts sont toujours visibles à l’intérieur…
