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  • Enseignement supérieur privé : “Il est urgent d’agir après avoir laissé faire pendant des années”

    Enseignement supérieur privé : “Il est urgent d’agir après avoir laissé faire pendant des années”

    Le projet de loi de régulation de l’enseignement supérieur privé que devait porter Philippe Baptiste, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, serait-il rangé au placard avant même d’avoir été débattu ? Un enterrement de première classe, en silence. Ce texte, rédigé depuis des mois déjà, visait notamment à durcir les contrôles afin de limiter les pratiques frauduleuses de certains établissements. Il devait théoriquement être présenté au Sénat au lendemain des élections municipales. Or il n’a pas été inscrit à l’ordre du jour de la conférence des présidents du Sénat et, ce, jusqu’à fin mai.

    Dans les colonnes de L’Express en février, le ministre affirmait alors : “Le but de ce projet de loi est de s’assurer que les formations reconnues par l’Etat répondent à des standards de qualité exigeants. Cela passe par un renforcement du rôle du Haut conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres). Les critères de la certification Qualiopi, seront également revus et conditionneront plus strictement l’accès aux financements liés à l’apprentissage.”

    Philippe Baptiste n’a pas souhaité répondre à nos questions sur ce report. D’après nos informations, la décision aurait été prise à Matignon. Elle interroge, alors que le scandale du Collège de Paris, l’un des plus gros groupes d’enseignement supérieur privé en France, n’en finit pas de faire des vagues. Le groupe, dont l’ancienne direction est accusée de fraude, de blanchiment d’argent et d’abus de biens sociaux, vient d’être placé en redressement judiciaire. Les administrateurs judiciaires ont jusqu’au 10 avril pour trouver des repreneurs afin d’éviter la liquidation.

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  • L’IA signe “la fin des faiseurs de PowerPoint”, selon les directeurs d’HEC et de l’université Bocconi

    L’IA signe “la fin des faiseurs de PowerPoint”, selon les directeurs d’HEC et de l’université Bocconi

    Comment s’adaptent les écoles qui forment l’élite de demain au bouleversement de l’intelligence artificielle ? Invités du colloque de L’Express consacré à l’apprentissage à l’ère de l’IA, le 23 mars dernier, les directeurs de deux prestigieuses business schools ont partagé leurs expériences : Francesco Billari, recteur de l’université Bocconi, venu de Milan pour l’occasion, et Eloïc Peyrache, directeur général d’HEC.

    L’Express : Grâce à l’IA générative, les étudiants peuvent produire en quelques secondes un business plan, une analyse de cas, une dissertation d’économie. Une remise en cause du modèle de vos grandes écoles, fondées sur l’effort ?

    Francesco Billari : L’intelligence artificielle nous pose des défis, mais c’est aussi une occasion fantastique pour nos brillants étudiants. La Bocconi, historiquement spécialisée en économie et en management, va ouvrir un département de sciences informatiques. Nous faisons en sorte que tous les étudiants se familiarisent avec l’IA, qu’ils aient conscience des emplois menacés. Prenons l’exemple des présentations PowerPoint, travail typique d’un jeune embauché. De toute évidence, ce n’est pas un travail d’avenir. Donc il nous faut surtout nous assurer que chacun est capable de poser des questions et d’en interpréter les réponses, plutôt que de simplement produire des slides.

    Eloïc Peyrache : La meilleure façon d’être remplacé, c’est d’être un passe-plat. Il va falloir continuer à penser et à développer un certain nombre de compétences. Longtemps, nos écoles se sont focalisées sur la solution optimale – la meilleure stratégie, la meilleure façon d’augmenter la valeur d’une entreprise… L’intérêt va se déplacer vers l’amont, la compréhension du problème. La capacité à structurer, à poser les bonnes questions, à définir l’objectif, à mettre en œuvre la solution va devenir clé.

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    Ces nouveaux usages changent-ils aussi la donne en matière d’évaluation ?

    E.P. : Les entreprises se fiaient jusqu’ici à notre sélection à l’entrée, à nos examens… Pour certaines matières, le retour à de l’évaluation sur papier va permettre de s’assurer que c’est bien l’élève qui a répondu. Pour les travaux à la maison, on va partir du principe que le mémoire est réalisé avec l’aide de l’IA, donc notre approche va évoluer : on va revenir à des présentations orales, l’étudiant devra venir défendre son mémoire face à des jurys…

    Une étude du MIT a montré que plus les étudiants utilisaient l’IA, plus certaines parties de leur cerveau s’atrophiaient. Comment réagir ?

    F.B. : A l’université, il faut nous assurer que nos étudiants se parlent, qu’ils aient des interactions dans les salles de classe et que le campus leur propose une expérience particulière. C’est indispensable pour développer des compétences émotionnelles, sociales, humaines.

    Comment imaginez-vous la vie d’un étudiant sur vos campus dans dix ans ?

    F.B. : Bocconi va considérablement se transformer et devenir plus scientifique, car la révolution de l’IA rend plus ténue la frontière entre les universités de sciences et les business schools.

    E.P. : Nous serons en mesure de personnaliser davantage l’accompagnement de carrière, le travail personnel, etc. Il y aura aussi plus d’étudiants qui suivront les cours à distance. Mais la question du lien et du collectif va rester importante, c’est pourquoi nous investissons massivement sur le campus d’HEC.

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  • Un ex-directeur du MI6, le prince William… Saint Andrews, voie royale des étudiants en Ecosse

    Un ex-directeur du MI6, le prince William… Saint Andrews, voie royale des étudiants en Ecosse

    Sur la pelouse parfaitement entretenue du complexe sportif de l’université de Saint Andrews, un maillot bleu ciel, aux couleurs de l’école, fend le terrain. Ballon ovale à la main, le jeune joueur évite ses adversaires de l’équipe rivale de New Castle, accélère, puis marque un essai parfait sous les applaudissements des spectateurs – presque tous acquis à sa cause. En ce mercredi nuageux de mars, le centre sportif de l’établissement écossais est en ébullition : Saint Andrews accueille les finales du British Universities and Colleges Sports (BUCS), batailles au sommet des meilleures équipes universitaires du pays. Plus de 500 étudiants se sont donné rendez-vous dans cette petite ville de la région de Fife, dans le nord de l’Ecosse, pour y disputer 21 matchs dans une dizaine de sports différents.

    Pour l’université hôte, l’enjeu est de taille. “Contrairement à d’autres écoles, presque tout le monde ici fait partie d’une équipe sportive ou d’une association étudiante. Notre communauté est très soudée et extrêmement impliquée dans ce genre d’événements”, commente Tom, étudiant en économie et membre de l’équipe de rugby. Depuis les gradins, il suit la partie avec attention : en cas de victoire, ses camarades seront classés en deuxième position de la ligue, soit le meilleur classement jamais obtenu par l’équipe de Saint Andrews. Mais pour Tom, l’investissement n’est pas que sportif.

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    En intégrant l’équipe, ce jeune Ecossais s’est lié d’amitié avec des élèves internationaux venus des Etats-Unis ou d’Afrique du Sud et avec ses “aînés” de 3e ou 4e année. “On sort ensemble le mercredi soir, on se suit sur les réseaux sociaux. C’est un bon moyen de se faire des contacts que l’on gardera longtemps… Et qui pourront servir notre future carrière”, estime-t-il, touchant du doigt l’un des atouts majeurs de Saint Andrews. Avec plus de 200 societies [associations étudiantes], une cinquantaine de clubs sportifs et une solide communauté d’alumni à travers le monde, l’école mise autant sur son excellence académique que sur le réseau de premier ordre que les étudiants pourront tisser durant leur scolarité.

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  • Stéphane Mallat, médaille d’or du CNRS : “Les mathématiques ne se découvrent pas dans un livre”

    Stéphane Mallat, médaille d’or du CNRS : “Les mathématiques ne se découvrent pas dans un livre”

    L’intérêt de Stéphane Mallat pour l’intelligence artificielle remonte à son doctorat, à l’université de Pennsylvanie, à la fin des années 1980. Le chercheur a ensuite travaillé sur la perception visuelle et le traitement du signal. Puis il s’est éloigné de l’IA, pour mieux y revenir “quand les réseaux de neurones ont commencé à démontrer des performances spectaculaires, d’autant que les mathématiques sous-jacentes étaient devenues beaucoup plus larges et intéressantes”, explique-t-il à L’Express.

    Polytechnicien, ancien président du département de mathématiques appliquées de l’X, Stéphane Mallat est professeur au Collège de France, membre de l’ENS–PSL et chercheur de l’IA Cluster PR[AI]RIE. Il a reçu en 2025 la médaille d’or du CNRS pour sa contribution au rayonnement de la recherche tricolore. L’Express lui a attribué, lundi soir, le Prix de la Science pour son initiative MathAData, qui vise à transmettre aux lycéens sa passion pour les maths.

    L’Express : Quelles similitudes voyez-vous entre l’apprentissage des réseaux de neurones artificiels, qui sont au cœur de la révolution IA, et l’apprentissage humain ?

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