Le brouillard des négociations ressemble souvent au brouillard de la guerre. Depuis vendredi 17 avril, Américains et Iraniens soufflent le chaud et le froid sur les eaux du détroit d’Ormuz. À tel point qu’il est parfois difficile de faire le tri dans les déclarations du président américain et celles de responsables iraniens, et démêler le vrai du faux.
Vendredi, Abbas Araghtchi, le ministre iranien des Affaires étrangères, annonce sur X que « le passage de tous les navires commerciaux par le détroit d’Ormuz est […] entièrement ouvert pour la période restante du cessez-le-feu ». Alors présent à Phoenix pour assister à une réunion de Turning Point USA, l’association cofondée par le militant d’extrême droite Charlie Kirk assassiné en septembre 2025, Donald Trump crie victoire.
« L’Iran vient juste d’annoncer que le détroit d’Iran [sic] était entièrement ouvert et prêt pour une traversée complète. Merci ! », écrit ainsi le milliardaire sur son réseau Truth Social. Devant ses électeurs Maga, le locataire de la Maison-Blanche se doit d’apparaître comme un guerrier, un vainqueur. Depuis le début des frappes contre l’Iran, Trump est fragilisé dans son propre camp. Bien sûr, il y a l’économie américaine et le quotidien des Américains, déstabilisés par la montée du prix de l’essence à cause de la fermeture d’Ormuz, l’étroite langue de mer par où transite habituellement 20 % du pétrole mondial. Mais le candidat Trump a aussi été élu sur la promesse de ne plus aventurer son pays sur des terrains à l’extérieur. Or, cette guerre dure depuis sept semaines maintenant.
