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  • Édition : Bolloré assume la crise chez Grasset et dénonce une « petite caste » d’auteurs

    Édition : Bolloré assume la crise chez Grasset et dénonce une « petite caste » d’auteurs

    Alors que plus de 300 auteurs et acteurs du livre appellent à instaurer une « clause de conscience » dans l’édition, Vincent Bolloré sort de son silence et défend sa stratégie après le départ du PDG de Grasset, Olivier Nora.

    Chez Grasset, la crise éditoriale vire à l’affrontement idéologique. Dans une rare prise de parole, le milliardaire Vincent Bolloré, , affirme que la maison « continuera » malgré la vague de départs d’auteurs, qu’il attribue à « une petite caste qui se croit au-dessus de tout et de tous ».

    Dans un texte publié dans le Journal du dimanche, également contrôlé par son groupe, l’homme d’affaires minimise le « vacarme » suscité par le départ d’Olivier Nora, jusque-là PDG des Éditions Grasset. Celui-ci s’était porté garant de l’indépendance éditoriale après le rachat d’Hachette Livre en 2023.

    Une fronde inédite des auteurs

    La contestation a pris une ampleur rare dans le monde de l’édition. Près de 170 écrivains ont annoncé refuser de publier chez Grasset, dénonçant « une atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale ». Le mouvement s’est élargi samedi à plus de 300 signataires, parmi lesquels Leïla Slimani, Virginie Despentes et Emmanuel Carrère.

    Dans une tribune publiée par La Tribune Dimanche, ils appellent à étendre au secteur du livre une « clause de conscience », à l’image de celle existant pour les journalistes, afin de permettre aux professionnels de quitter une entreprise dont ils désapprouvent l’orientation.

    Au cœur de la crise, un différend éditorial autour du prochain ouvrage de Boualem Sansal. Selon Vincent Bolloré, la direction de Grasset souhaitait une publication en fin d’année, contrairement à la volonté d’Hachette Livre. « Le 6 juin prochain, la maison Grasset aura la joie et l’honneur de sortir le nouveau livre de Boualem Sansal », écrit-il, justifiant ainsi le départ d’Olivier Nora.

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    Le milliardaire évoque également des « performances économiques très décevantes » de la maison et une hausse de la rémunération de son ancien dirigeant. Celui-ci sera remplacé par Jean-Christophe Thiery, proche du groupe.

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    OPINION. « Il est temps de poser une limite : la clause de conscience », par Emmanuel Carrère, Virginie Despentes et Leïla Slimani

    Malgré la contestation, Vincent Bolloré assume sa ligne. « Grasset continuera et ceux qui partent vont permettre à de nouveaux auteurs d’être publiés », affirme-t-il, balayant les accusations d’ingérence. « Je suis chrétien démocrate et les dirigeants de Hachette continueront à publier tous les auteurs qui le souhaitent », ajoute-t-il.

    Mais la polémique dépasse désormais le seul cadre de Grasset. Dans leur tribune, les signataires alertent sur « l’orientation idéologique identifiée dans le débat public » des entreprises contrôlées par Vincent Bolloré, qui détient notamment Canal+, Prisma Media ou encore les médias du groupe Lagardère.

    Soutenant cette initiative, Jean-Luc Mélenchon a estimé que « personne ne doit être contraint de rester attaché à une entreprise dont on désapprouve (…) le changement d’orientation politico-culturelle ».

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