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  • Donald Trump : la tentation périlleuse d’un coup de force sur l’île iranienne de Kharg

    Donald Trump : la tentation périlleuse d’un coup de force sur l’île iranienne de Kharg

    Alors que le président Donald Trump espère conclure un accord avec l’Iran pour mettre fin au conflit qui dure depuis un mois, le Financial Times rapporte que Washington envisage une autre option : prendre l’île de Kharg, située dans le golfe Persique à quelque 26 kilomètres des côtes iraniennes, où se trouvent 90 % des réserves pétrolières de Téhéran destinées aux exportations – les eaux profondes qui l’entourent permettent l’amarrage de pétroliers de fort tonnage. S’emparer de ce cœur pétrolier iranien permettrait à Donald Trump d’étouffer les revenus de Téhéran et de plier le régime à sa volonté — bien que celle-ci reste plus floue que jamais.

    L’image décrite par le journal américain est digne d’un blockbuster sur les Marines : “Les troupes américaines approchent de l’île de Kharg, volant bas à bord d’aéronefs à rotors et d’hélicoptères. À l’atterrissage, elles se déploient sur le centre vital d’exportation pétrolière, le tout sous le feu iranien. Les troupes restent proches des infrastructures pétrolières de l’île pour se couvrir, confrontant le régime iranien à un dilemme extraordinaire : détruire les installations pétrolières pour atteindre l’ennemi ? Ou se retenir, permettant à Washington de prendre le contrôle de l’épine dorsale économique du pays ?”

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    L’objectif de cette opération, qui pourrait se dérouler dans les prochaines semaines, serait de s’emparer rapidement de l’île et de ses installations, en frappant d’abord les défenses avec des munitions de précision, puis en insérant les troupes par hélicoptère ou avions. “C’est une opération classique des Marines. C’est la raison pour laquelle les Marines existent”, explique Karen Gibson, ancienne directrice du renseignement américain auprès du FT.

    Des troupes déjà en route

    Des responsables américains ont déclaré à Reuters que l’administration Trump étudiait bel et bien l’option de cette intervention terrestre. Selon le Financial Times, plusieurs indices laissent aussi penser que les États-Unis envisagent d’attaquer Kharg : deux unités expéditionnaires des Marines (MEU) seraient déjà en route, chacune composée de 2 200 soldats. Ils seraient transportés par le navire d’assaut amphibie USS Tripoli, qui pourrait arriver à la fin de la semaine, et par le groupe amphibie Boxer, composé de trois navires menés par l’USS Boxer, attendu sous trois à quatre semaines.

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    Des parachutistes de la 82ᵉ division s’apprêteraient aussi à être déployés par les airs vers la région, selon des sources gouvernementales s’exprimant auprès de Reuters. Par ailleurs ces derniers jours, les forces américaines ont déjà frappé plus de 90 cibles militaires sur l’île, notamment des entrepôts de mines navales et des bunkers de missiles. Ce que certains observateurs interprètent comme une préparation du champ de bataille avant l’assaut.

    Une opération à très haut risque

    Tout en forçant la main de Téhéran pour rouvrir le détroit d’Ormuz, cette opération militaire américaine sur le sol iranien constituerait aussi une escalade énorme entre les deux pays. Les risques sont élevés pour les troupes américaines : Kharg est à portée des missiles et des drones iraniens, et toute approche maritime doit passer par le détroit d’Ormuz, potentiellement miné. “L’introduction de troupes au sol est clairement une opération plus risquée pour nos propres forces”, prévient encore Karen Gibson. Sur place, les Marines devraient construire une “tête de pont” (un périmètre conquis à l’intérieur duquel un dispositif militaire peut librement manœuvrer), sécuriser les infrastructures pétrolières et gérer un soutien logistique complexe, comprenant véhicules blindés, artillerie et défenses aériennes.

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    Même si l’opération réussissait, l’Iran pourrait adopter une politique de terre brûlée et détruire ses installations plutôt que de céder l’île, limitant l’effet de levier américain et complexifiant toute négociation diplomatique.

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  • Marine Le Pen et les grands prédateurs : “Poutine a un charisme absolument fou et parle très doucement”

    Marine Le Pen et les grands prédateurs : “Poutine a un charisme absolument fou et parle très doucement”

    Le 7 juillet prochain, Hubert Coudurier pourra ajouter un nouveau chapitre à son livre Le mystère Marine Le Pen (Plon). A cette date, la femme politique sera fixée sur son sort judiciaire et, par conséquent, sur son destin présidentiel. Dans les deux cas, l’ouvrage du directeur de l’information du Télégramme n’aura pas perdu de son intérêt. Tout d’abord, parce qu’il y brosse aussi, en creux, un portrait de Jordan Bardella. Ensuite, c’est une histoire française qu’il raconte dans ces pages grinçantes et truculentes. L’auteur s’est intéressé tardivement à cette rive politique. Il progresse dans son enquête à pas de chat, comme il se doit, en donnant des coups de griffe imprévisibles. Parmi les chapitres particulièrement intéressants, on retiendra ceux qu’il consacre aux relations de Marine Le Pen avec un certain nombre de ceux que Giuliano da Empoli surnomme “les prédateurs” : Vladimir Poutine, Donald Trump… Mais aussi Viktor Orban et Giorgia Meloni. Il raconte également “le virage pro-israélien” du RN et explore ses réseaux en Afrique. Le contexte mondial pourrait bien placer la géopolitique au coeur de la campagne présidentielle. Et dans ce domaine, le Rassemblement national se montre pour le moins “balbutiant”. Dans un récent entretien à L’Express, le philosophe Alain Finkielkraut estimait que le RN demeurait “très largement poutinien”. Le 23 mars, Marine Le Pen s’est rendue en Hongrie pour soutenir Viktor Orbán, le Premier ministre proche du Kremlin, avant les élections législatives du 12 avril. Voici quelques extraits du Mystère Marine Le Pen.

    De Poutine à Orban, des soutiens embarrassants

    “Le 2 mars 2017, à un mois de l’élection présidentielle, qui verra Emmanuel Macron l’emporter, Marine Le Pen obtient de Vladimir Poutine ce que Donald Trump ne lui avait pas accordé. Mais cette rencontre va lui coûter cher. Elle est reçue au Kremlin à grand renfort de publicité puisque les agences de presse russes retranscrivent leurs échanges et les télévisions russes diffusent les images de l’entretien. Très patelin, Poutine déclare : “Il est intéressant d’échanger avec vous sur la façon de développer nos relations bilatérales et la situation en Europe. Je sais que vous représentez un spectre politique européen qui se développe assez rapidement.”

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    Qu’en termes élégants ces choses-là sont dites. Le maître du Kremlin assure son interlocutrice que la Russie n’interférera pas dans l’élection présidentielle française alors qu’il est accusé de l’avoir fait pour l’élection américaine. “Poutine a un charisme absolument fou et parle très doucement. J’ai plus peur de Merkel qui nous a fait beaucoup de mal”, nous confiera Marine Le Pen trois ans plus tard. Tout en précisant : “On a dit de Donald Trump et Boris Johnson pis que pendre alors qu’ils ont plutôt bien mené leur barque.” (…)

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  • “Un guerrier Maga” : qui est Markwayne Mullin, le nouveau secrétaire à la Sécurité intérieure nommé par Donald Trump ?

    “Un guerrier Maga” : qui est Markwayne Mullin, le nouveau secrétaire à la Sécurité intérieure nommé par Donald Trump ?

    C’est un choix qui fait d’ores et déjà débat. Ce lundi 23 mars, Markwayne Mullin a été confirmé au poste de secrétaire à la Sécurité intérieure du gouvernement Trump, après un vote favorable du Sénat américain – 54 voix pour, 46 contre. Le sénateur républicain de l’Oklahoma depuis 2023, âgé de 48 ans, prend ainsi la direction d’un ministère paralysé depuis plus d’un mois par un blocage budgétaire, les démocrates refusant d’en valider le financement sans réformes majeures de l’ICE, la police de l’immigration placée sous son autorité.

    Lors de son audition de confirmation au Sénat, Markwayne Mullin a expliqué qu’il chercherait à calmer les polémiques autour du département, tout en poursuivant les objectifs de Donald Trump, qu’il qualifie d’”ami”, en matière d’immigration. “Mon objectif est que les gens comprennent que nous sommes là, que nous les protégeons et que nous travaillons avec eux”, a-t-il notamment déclaré. Et si Mullin n’a pas dit vouloir abandonner l’objectif de la Maison-Blanche d’arrêter 3 000 migrants par jour, celui-ci semble vouloir prendre ses distances avec certaines méthodes controversées, indiquant par exemple que les agents n’entreraient plus dans des domiciles sans mandat judiciaire. Une inflexion qui révèle la nouvelle stratégie du président américain, conscient que ce sujet est politiquement délicat à l’approche des élections de mi-mandat.

    Un “guerrier Maga”

    Décrit par Donald Trump comme un “guerrier Maga”, Markwayne Mullin défend mordicus la politique menée par le président américain depuis son premier mandat. Par le passé, celui qui est le seul Amérindien élu au Sénat a soutenu de nombreuses initiatives au Congrès visant à renforcer les restrictions à l’avortement, mais aussi défendu l’achèvement du mur frontalier entre les États-Unis et le Mexique pour empêcher l’arrivée de migrants, ou encore la “One Big Beautiful Bill Act” que le Congrès a adoptée l’an dernier, fournissant des financements supplémentaires pour le contrôle de l’immigration.

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    “Il existe toute une industrie qui s’est mise en place pour faire venir ici des femmes enceintes dans leur dernier mois de grossesse afin qu’elles accouchent ici. Elles viennent avec un visa touristique et ont un enfant afin que celui-ci puisse obtenir la nationalité américaine”, avait-t-il déclaré à ce sujet, en juin 2025. Mullin s’est également constamment opposé à la participation des femmes transgenres aux compétitions sportives féminines, un thème cher à Donald Trump, qui s’est fait le chantre de la lutte contre le wokisme.

    Autre similitude avec le président américain : ses coups d’éclat. Lors d’un épisode devenu viral en 2023 et largement diffusé à l’échelle internationale, Mullin s’est brusquement levé pendant une audition de la commission de la santé du Sénat pour provoquer le président des Teamsters (NDLR : un grand syndicat américain), Sean O’Brien, en l’invitant à se lever et à se battre. Il reprenait alors un message publié par O’Brien sur X à son sujet, le qualifiant de “clown” et de “fraude”, tout en l’enjoignant d’abandonner son attitude de dur lors des auditions. “C’est le moment et l’endroit. Si vous voulez continuer à parler, on peut régler ça ici, comme deux adultes consentants”, avait répliqué Mullin, avant d’être rappelé à l’ordre par le sénateur Bernie Sanders, qui présidait la séance.

    Un désaccord sur l’assaut du Capitole

    Plus récemment, après la mort de Renee Good, le 7 janvier, tuée par le tir d’un agent de la police fédérale de l’immigration, Markwayne Mullin avait déclaré que le policier “n’avait pas d’autre choix” que de “riposter”, malgré les images du drame montrant que la mère de famille cherchait à fuir les forces de l’ordre, et non à les percuter. Des propos qu’il n’a d’ailleurs pas retirés lors de son audition de confirmation au Sénat.

    Seul désaccord manifeste avec Donald Trump : son positionnement lors de l’assaut du Capitole, le 6 janvier 2021. Selon Politico, Markwayne Mullin avait participé à contenir les émeutiers, notamment en aidant à barricader une porte menant à l’hémicycle de la Chambre des représentants, qu’il avait occupée en tant qu’élu pendant dix ans. Sur des vidéos tournées au moment des faits, on le voit tenter de dissuader, à travers une vitre brisée, des émeutiers d’aller plus loin.

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    Des années plus tard, lorsque Donald Trump envisageait de gracier les émeutiers, Markwayne Mullin l’avait aussi appelé à “examiner les faits avant d’agir”, affirmant que toute personne s’en prenant aux forces de l’ordre devait “en assumer les conséquences”, rappelle CNN. Un appel resté sans effet : le président a finalement accordé sa grâce à plus de 1 500 participants à l’assaut, y compris des figures de l’ultradroite américaine et des individus impliqués dans des agressions contre des policiers.

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  • Cuba, l’obsession de Marco Rubio : ce qui se joue vraiment dans les prochaines semaines

    Cuba, l’obsession de Marco Rubio : ce qui se joue vraiment dans les prochaines semaines

    Certains le surnomment déjà le “vice-roi de Cuba”, en référence à l’époque coloniale où la couronne espagnole avait divisé son empire en quatre vice-royautés : Nouvelle-Espagne (capitale : Mexico), Pérou (Lima), Nouvelle-Grenade (Bogota) et Rio de la Plata (Buenos Aires). Pleinement autonome, Cuba, pour sa part, bénéficiait d’un statut privilégié, compte tenu de sa situation géographique unique et de son port militaire et commercial. Ces atouts font toujours de cette île un “hub” stratégique, à 150 kilomètres des côtes de la Floride et non loin de l’Amérique du Sud.

    “Vice-roi” ? Le titre est évidemment exagéré. Mais, ces derniers mois, le Secrétaire d’Etat (ministre des Affaires étrangères) américain ressemble de plus en plus à un vice-président, au point d’avoir éclipsé – provisoirement ? – le vrai titulaire du poste, J.-D. Vance. Depuis la capture à Caracas, le 3 janvier, du président vénézuélien Nicolas Maduro et son transfert dans une prison new-yorkaise, on ne voit que lui, ou presque, parmi les ministres de Trump. Aujourd’hui en odeur de sainteté alors qu’il s’était écharpé avec ce dernier lors des primaires républicaines il y a dix ans, Marco Rubio est le seul à avoir été cité par le président Donald Trump lors de son discours sur l’état de l’Union, le 24 février. Le chef de la diplomatie a su se rendre indispensable : depuis quatorze mois, “Little Marco”, comme le surnommait Trump jadis, est la cheville ouvrière de la doctrine “Donroe” (contraction de “Donald” et “Monroe”), ce succédanée de la doctrine du président James Monroe (1817-1825) selon laquelle la mer des Caraïbes, le golfe du Mexique et le reste de l’Amérique latine sont “l’arrière-cour” des Etats-Unis.

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    Marco Rubio connaît mieux Cuba que ses conseillers

    Eviction des sociétés portuaires hongkongaises aux deux entrées du canal de Panama, retour des “majors” américaines Chevron et ExxonMobil au Venezuela, embargo pétrolier contre l’île de Cuba : le faucon républicain est associé à ce que le président américain vante comme d’éclatants succès – surtout comparés à sa guerre en Iran qui ne se passe pas aussi bien qu’espéré. “Je pense que j’aurai l’honneur de m’emparer de Cuba, déclare Donald Trump le 16 mars à propos de ce pays “sans argent, sans pétrole, sans rien” qui est toutefois “une île magnifique”. “Je pourrai en faire ce que je veux. Cuba va tomber très prochainement”, prédit-il le lendemain. Voire.

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  • Le Paraguay au cœur de la rivalité Chine – Etats-Unis : “Le pays est une cible facile pour Pékin”

    Le Paraguay au cœur de la rivalité Chine – Etats-Unis : “Le pays est une cible facile pour Pékin”

    A peine sept millions d’habitants. Un PIB d’une cinquantaine de milliards de dollars. Coincé entre l’Argentine, le Brésil et la Bolivie, le Paraguay se retrouve étonnamment au centre de la rivalité entre les Etats-Unis et la Chine. Pour cause : il figure parmi les douze derniers pays entretenant des relations diplomatiques avec Taïwan, aux côtés du Guatemala, du Vatican et de quelques poids plumes insulaires comme Haïti, les Tuvalu ou Saint-Kitts-et-Nevis. Asunción est le dernier allié de Taïpei en Amérique du Sud. Alors, la Chine ne ménage pas ses efforts.

    D’après Reuters, à la fin de l’année dernière, une députée du parti d’opposition du Paraguay est revenue d’une tournée dans six villes chinoises, tous frais payés par Pékin, avec des étoiles dans les yeux. Pour l’instant, le président Santiago Peña résiste à l’opération séduction. Mais la Chine pourrait se montrer de plus en plus “insistante”, estime Jeremy Ghez, professeur d’économie et d’affaires internationales à HEC et auteur de La dernière des Américaines (Editions L’Harmattan, 2025).

    L’Express : Seulement 12 pays dans le monde reconnaissent Taïwan, des Etats souvent très petits. Pourquoi la Chine cherche-t-elle tant à convaincre les récalcitrants, à commencer par le Paraguay ?

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  • Le Texas prêt à basculer ? James Talarico, le démocrate populiste que Donald Trump déteste

    Le Texas prêt à basculer ? James Talarico, le démocrate populiste que Donald Trump déteste

    “Il est temps de renverser la table”. Le slogan de campagne de James Talarico a le mérite de parfaitement résumer son ambition. Le candidat démocrate à l’un des deux postes de sénateur du Texas lors des élections de mi-mandat en novembre prochain rêve de décrocher une fonction occupée sans partage par les républicains depuis… 1993. Pour y parvenir, ce Texan de 36 ans s’appuie sur un message à la fois religieux et populiste qui lui a permis d’écarter sans trop de difficultés sa concurrente à l’investiture démocrate, Jasmine Crockett, le 3 mars (il a obtenu 52,5 % des voix).

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    Une stratégie adaptée aux spécificités du “Lone Star State” – le deuxième Etat le plus peuplé du pays derrière la Californie, avec 30 millions d’habitants -, et qui trouve en partie ses racines dans la vie de James Talarico. Le candidat, qui siège depuis sept ans à la Chambre des représentants du Texas après avoir conquis une circonscription ayant voté pour Donald Trump en 2016, a mis entre parenthèses ses études de séminariste pour mener à bien sa campagne sénatoriale. “James Talarico est membre de l’Église presbytérienne des Etats-Unis, un groupe religieux théologiquement libéral, pointe Ryan Burge, professeur de sciences politiques à l’université de Saint-Louis (Missouri) spécialisé dans l’impact de la religion sur la vie politique américaine. Ils sont moins conservateurs sur le plan théologique que les évangéliques, notamment sur des questions comme le mariage gay ou l’avortement, en raison d’une approche plus souple de l’interprétation de la Bible”. Et cet expert d’ajouter : “Talarico essaie de se positionner comme une sorte de démocrate de la vieille école, modéré et centriste – dans un État assez républicain -, mais aussi religieux.”

    Opposer le peuple aux milliardaires

    Lors de ses interventions publiques, le candidat n’hésite pas à utiliser la religion pour faire passer son message. Sur son site de campagne, une vidéo le montre debout à l’arrière d’un pick-up, sur le parvis d’une église, expliquer à la foule venue l’écouter son “message d’amour” à l’opposé de celui des chrétiens nationalistes qui “se promènent avec la bouche pleine de citations bibliques et le cœur plein de haine”. Ce choix sémantique reste néanmoins risqué pour le Texas, d’après Mark P. Jones, professeur à l’université de Rice à Houston (Texas) spécialisé dans la politique de cet Etat: “Sa conception du christianisme, de la Bible et de Dieu ne correspond pas à celle de la majorité des chrétiens texans, elle se situe bien plus à gauche. Et à bien des égards, ses positions concernant la Bible sont plus susceptibles de les mettre en colère que de les rapprocher de lui.”

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  • Iran : pourquoi la stratégie de décapitation de tous les hauts responsables iraniens pourrait s’avérer contre-productive

    Iran : pourquoi la stratégie de décapitation de tous les hauts responsables iraniens pourrait s’avérer contre-productive

    La stratégie de “décapitation” portera-t-elle ses fruits ? Alors qu’Israël a annoncé mercredi la mort du ministre du renseignement iranien Esmail Khatib, au lendemain de celle du dirigeant de facto du pays Ali Larijani, plusieurs spécialistes s’interrogent sur l’efficacité de ces frappes ciblées à moyen et long terme. Du côté d’Israël et des Etats-Unis, viser les ténors du régime, bien que cela soit illégal au regard du droit international, a pour objectif de l’affaiblir et d’éviter des enlisements militaires, en décourageant notamment les cadres subalternes d’accepter des fonctions devenues extrêmement dangereuses. En parallèle, les milliers de bombardements menés contre la République islamique visent à restreindre toute riposte militaire.

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    Mais certains observateurs du conflit sont dubitatifs. Car au cœur du problème se trouvent la structure et la résilience du régime iranien. La figure du “martyr” est en effet profondément ancrée dans l’idéologie de la République islamique d’Iran, et l’élimination de hauts dirigeants, à défaut de raccourcir la guerre, peut attiser un désir de vengeance et fermer les voies diplomatiques — prolongeant ainsi le conflit. “Ce régime se nourrit d’une théologie de la souffrance, donc plus il y aura d’assassinats, plus il deviendra résilient, et des individus moins expérimentés accéderont à des postes plus élevés”, a par exemple expliqué Bader Al-Saif, historien, lors d’une conférence du Middle East Institute.

    Un second souffle

    “Ce n’est pas un régime personnalisé. Il existe des couches institutionnelles sous chaque individu et j’imagine que la réponse à ces frappes de décapitation consiste simplement à promouvoir des cadres en interne – même si cela comporte le risque de faire émerger des individus inconnus et non expérimentés”, abonde auprès du Guardian Sanam Vakil, experte de l’Iran à Chatham House. Elle poursuit : “Pour l’instant, [cette stratégie de décapitation] semble surtout faire gagner du temps (…), mais il existe un risque que cela redonne un second souffle au système en revitalisant un régime qui était en perte de vitesse, où ceux qui montent en grade ont vu leurs mentors, leurs supérieurs et des membres de leur famille être tués.”

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    Les experts sont d’autant plus circonspects que par le passé, les assassinats menés par Israël n’ont pas eu de grand succès. Un exemple : la mort du chef spirituel du Hamas, le cheikh Ahmed Yassin en 2004, qui n’a pas empêché le groupe de se reconstituer. L’élimination des figures clés lors de la guerre d’Irak en 2003, menée par les Etats-Unis, n’a, elle non plus, nullement conduit à la démocratisation du régime, bien au contraire.

    Un soulèvement peu probable

    “L’un des mythes répandus au sein du gouvernement américain après le 11-Septembre et avant l’invasion de l’Irak était qu’il suffisait d’éliminer la “sale douzaine” [de hauts responsables du régime] en Irak. Je pensais que c’était une mauvaise idée à l’époque, et ça l’est toujours aujourd’hui”, a commenté Jon B. Alterman, du Center for Strategic and International Studies à Washington, auprès du Guardian. “Un point qui n’a pas reçu suffisamment d’attention est que si l’on élimine les personnes qui ont de l’influence auprès des éléments les plus radicaux, il ne reste plus personne capable de les arrêter. On a aussi l’impression que la résilience du régime iranien est sous-estimée. Il est peut-être possible de provoquer une division interne, mais je ne vois aucune preuve de l’existence de démocrates modérés prêts à prendre le relais”, développe-t-il.

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    La situation est complexe car même en cas de déstabilisation du régime, un soulèvement populaire victorieux n’apparaît pas forcément comme le scénario le plus probable. Dans un article publié en janvier dans le magazine américain Foreign Affairs, Afshon Ostovar, spécialiste du Moyen-Orient à la Naval Postgraduate School, avance qu’un éventuel coup d’Etat aurait plus de chances d’émaner de l’intérieur du Corps des gardiens de la révolution islamique — l’acteur le plus puissant du pays — et viserait avant tout à maintenir les structures en place, une hypothèse jugée crédible par plusieurs experts. En outre, Donald Trump a lui-même reconnu plus tôt dans la guerre que l’élimination de dirigeants clés pourrait compromettre les chances d’une transition politique. “Imaginer une issue diplomatique à cette guerre — c’est très difficile”, conclut Daniel Sheffield, professeur assistant à l’université de Princeton, cité par CNN.

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  • États-Unis : Donald Trump revoit sa stratégie migratoire et s’attire les critiques de son camp

    États-Unis : Donald Trump revoit sa stratégie migratoire et s’attire les critiques de son camp

    C’est une évolution qui est loin de faire consensus au sein de sa base. Selon les informations du Wall Street Journal, le président américain Donald Trump a demandé à ses conseillers de revoir la manière dont sa promesse phare de “déportation massive” des migrants en situation irrégulière est mise en œuvre et présentée. Estimant que cette expression a été mal perçue par certains de ses électeurs, le dirigeant souhaiterait désormais mettre davantage l’accent sur l’arrestation de criminels plutôt que sur des opérations spectaculaires générant du désordre dans les villes, à l’image de celle de Minneapolis.

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    Cette volonté de réajuster la politique migratoire est en partie portée par sa cheffe de cabinet, Susie Wiles, qui juge que la gestion actuelle de l’immigration a transformé un thème fort de la présidence en un sujet politiquement délicat à l’approche des élections de mi-mandat. Le “tsar” des frontières, Tom Homan, a également remplacé le chef du Bureau des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (CBP), Greg Bovino, à Minneapolis. Considéré comme une voix relativement modérée sur ces sujets, ce dernier privilégie depuis son arrivée en poste des interventions plus classiques, ciblant en priorité des individus ayant commis des infractions, notamment ceux transférés par les prisons locales. Résultat : le rythme des arrestations a légèrement diminué, passant à environ 1 200 par jour, contre plus de 1 500 lors des opérations intensives menées précédemment dans le Minnesota.

    Une coalition pro-déportation

    “Il n’y a aucun changement dans la politique de fond en matière d’immigration. La priorité du président Trump reste l’expulsion des étrangers en situation irrégulière qui représentent un danger pour les Américains”, a néanmoins soutenu la porte-parole de la Maison-Blanche, Abigail Jackson. Car les alliés les plus proches du président Donald Trump critiquent vertement ce qu’ils estiment être une volte-face. Une nouvelle coalition “pro-déportation”, regroupant des figures pro-Trump, des organisations et des experts favorables à une politique migratoire stricte, s’est ainsi constituée, ayant pour objectif de pousser l’exécutif à reprendre une politique d’expulsions massives visant tous les migrants expulsables.

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    Afin d’appuyer cette stratégie, le groupe s’appuie sur un sondage réalisé par McLaughlin & Associates, un institut proche de Trump, selon lequel une majorité d’électeurs soutient ce type de mesures et y verrait un levier électoral pour les républicains. Les résultats avancés indiquent qu’environ deux tiers des électeurs potentiels approuvent l’expulsion de toute personne entrée illégalement sur le territoire, et qu’une majorité soutient l’idée d’élargir les expulsions au-delà des seuls criminels, rapporte Politico. Dans cette perspective, cibler uniquement les criminels violents constitue pour cette coalition une erreur stratégique déjà tentée sous d’autres administrations, notamment celles de Barack Obama, et jugée inefficace. “Pour mobiliser leur électorat, les républicains doivent continuer à mettre en avant les promesses de Donald Trump, notamment celle des déportations massives”, a notamment déclaré Rosemary Jenks, cofondatrice d’un groupe conservateur spécialisé sur l’immigration, cité par le Wall Street Journal.

    Une politique trop sévère

    A l’inverse, d’autres sondages, sur lesquels s’appuient les partisans de la nouvelle stratégie, dessinent un tableau plus nuancé de l’opinion publique. Une enquête Washington Post/ABC News a notamment révélé que 58 % des personnes interrogées estiment désormais que Donald Trump va trop loin, contre 48 % quelques mois auparavant. Une part importante des Américains juge aussi les politiques actuelles trop sévères, et certains élus républicains, notamment parmi les Hispaniques, craignent que cette fermeté n’éloigne des électeurs qui avaient soutenu Donald Trump. Le président de la Chambre, Mike Johnson, a lui-même reconnu des “tensions” et évoqué un ajustement en cours.

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    Du côté des démocrates et des défenseurs des immigrés, le scepticisme demeure tout de même. Eux doutent d’un véritable changement tant que certaines figures clés restent influentes, comme Stephen Miller, l’un des architectes principaux de la ligne dure de l’administration Trump sur l’immigration.

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