Les informations à retenir
Berlin peut-il réellement freiner la transition vers le tout-électrique ?
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Les ventes de voitures électriques ont progressé de 66,2 % en mars, représentant désormais 24 % des parts de marché en Allemagne.
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Ce rebond repose presque exclusivement sur le rétablissement d’une prime à l’achat pouvant atteindre 6 000 euros.
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Les motorisations essence et diesel reculent respectivement de 4,9 % et 0,6 %, confirmant un désamour structurel malgré les postures politiques.
Le marché automobile allemand poursuit son redressement. En mars, environ 294 000 voitures ont été immatriculées, soit une hausse de 16 % par rapport à mars 2025. Cette reprise reste fragile. Selon l’agence fédérale de l’automobile KBA, les volumes demeurent nettement inférieurs aux niveaux de 2019, avant la crise sanitaire.
La croissance actuelle repose sur un pilier : le véhicule électrique. Le secteur enregistre une poussée de 66,2 % de ses immatriculations le mois dernier. Cette dynamique porte la part de marché de l’électrique à près d’un quart des ventes totales. Le cabinet EY explique ce bond par la nouvelle prime à l’achat de voitures électriques et hybrides. Ce dispositif, allant jusqu’à 6 000 euros, a été rétabli en début d’année par le gouvernement pour relancer une demande en perte de vitesse.
À l’inverse, les motorisations traditionnelles s’enfoncent. Les ventes de modèles essence ont reculé de 4,9 %. Le diesel fléchit de 0,6 %. Ensemble, ces motorisations thermiques conservent encore 35,6 % du marché, mais leur déclin semble irréversible.
La prudence des ménages fige les volumes de vente
Malgré ces résultats, l’optimisme reste mesuré chez les analystes. « Les conditions restent mauvaises et il est peu probable que cela change pour l’instant », prévient Constantin Gall, analyste chez EY. L’incertitude liée à la guerre au Moyen-Orient et la hausse des prix des carburants pèsent sur les décisions d’achat.
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Les entreprises et les particuliers reportent leurs investissements importants. « Nous nous dirigeons donc vers une nouvelle année morose pour le marché automobile », ajoute Constantin Gall. Le redressement observé en mars ne compense pas le retard accumulé depuis cinq ans. Les stocks s’écoulent grâce aux subventions, mais la demande organique peine à s’affirmer sans soutien étatique.
L’Alerte La Tribune
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Les constructeurs chinois accentuent la pression sur les leaders
Volkswagen maintient sa position de leader avec 17,9 % de part de marché. D’autres marques nationales affichent des progressions notables, à l’image de Smart (+ 189,6 %), Opel (+ 43 %) et Mini (+ 42,3 %). Cependant, le segment du luxe souffre. Porsche a vu ses immatriculations chuter de 12 % en mars.
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BYD, le géant automobile chinois, vacille sous le poids de sa guerre des prix
Le danger vient désormais de l’étranger. Les constructeurs chinois intensifient leur percée sur le sol allemand. BYD enregistre une croissance de 327,1 % et XPENG de 211,9 %. Bien que leurs volumes restent faibles dans l’absolu, leur progression fulgurante accroît la pression sur les groupes européens déjà en difficulté. Tesla n’est pas en reste avec une hausse de 315,1 % de ses ventes sur la période.
La bataille se déplace sur le terrain des coûts de production. Face aux subventions massives et à l’avance technologique de la Chine, les constructeurs allemands luttent pour préserver leurs marges. Le paradoxe de Berlin, défendant le thermique à Bruxelles tout en subventionnant l’électrique à domicile, illustre la difficulté de piloter une industrie en pleine mutation.
