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  • EDF : Bruxelles lance une enquête sur les aides françaises au nucléaire

    EDF : Bruxelles lance une enquête sur les aides françaises au nucléaire

    Les informations à retenir

    L’UE peut-elle stopper le plan nucléaire français ?

    • L’ouverture de l’enquête en avril pourrait décaler la mise en service du premier réacteur prévue en 2038.

    • Bruxelles craint qu’EDF, qui assure déjà 75 % de la production, ne verrouille le marché.

    • L’Autriche prépare des recours contre tout feu vert de la Commission.

    La Commission européenne devrait ouvrir une enquête le mois prochain sur les aides d’État accordées par la France à EDF, selon l’agence de presse Reuters. Cette décision fait suite à des craintes sérieuses sur le renforcement de la position dominante de l’électricien public. Paris a déposé l’an dernier une demande d’approbation pour soutenir la construction de six nouveaux réacteurs de type EPR2.

    La Commission devrait ouvrir une enquête le mois prochain

    Ce délai supplémentaire imposé par Bruxelles risque de retarder un calendrier industriel déjà tendu. Le dispositif de soutien repose sur un prêt public bonifié couvrant jusqu’à 60 % des coûts de construction. Un mécanisme de “contrats pour différence” sur l’électricité produite doit assurer le remboursement de ces sommes.

    Un monopole de 75 % dans le viseur de la concurrence

    Les régulateurs européens souhaitent disposer de temps pour examiner ce projet, l’un des plus grands chantiers publics français depuis des décennies. Bruxelles craint que ces six nouveaux réacteurs ne renforcent encore la part de marché d’EDF. Le groupe assure déjà plus de 75 % de la production nette d’électricité en France. Cette puissance inquiète les services de la concurrence.

    Ce projet pourrait consolider encore la position d’EDF, fausser la concurrence et empêcher de nouveaux acteurs d’entrer sur le marché.

    L’exécutif européen veut s’assurer que l’aide publique ne crée pas une barrière infranchissable pour les autres fournisseurs d’énergie. EDF et la Commission européenne ont refusé de commenter ces informations pour l’instant.

    Une dérive financière confirmée à 72,8 milliards d’euros

    Le coût du programme nucléaire ne cesse de croître. Fin 2025, EDF a révisé à la hausse le coût prévisionnel des six réacteurs. L’estimation atteint désormais un maximum de 72,8 milliards d’euros, contre 67,4 milliards en 2023. Ces chiffres, exprimés en euros de 2020, illustrent la complexité technique et financière de la filière EPR2.

    Cette inflation des coûts rend l’approbation de Bruxelles encore plus délicate. Chaque euro public injecté doit être justifié au regard des règles du marché unique. Le plan français vise à ajouter environ 10 gigawatts de capacités pour renouveler un parc vieillissant. La première mise en service reste officiellement fixée à 2038, mais l’ombre d’une enquête prolongée plane sur cette échéance.

    L’Autriche en embuscade juridique

    L’enquête de la Commission répond aussi à une nécessité de protection juridique. En bâtissant un dossier solide dès maintenant, Bruxelles espère limiter les risques de recours. Le gouvernement autrichien, opposé par principe au nucléaire, pourrait engager une action en justice contre un éventuel feu vert de l’UE.

    Vienne a déjà contesté des aides d’État pour des projets nucléaires en Hongrie et au Royaume-Uni. Un recours juridique victorieux devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) serait une catastrophe industrielle pour la France. La Commission veut donc s’assurer que ses conclusions sont inattaquables avant de valider le financement français.

    Les mécanismes de financement sous pression

    Le cœur de la discorde réside dans les « contrats pour différence » (CfD). Ce système garantit à EDF un prix de vente fixe pour son électricité. Si les prix de marché tombent sous ce seuil, l’État compense la différence. Si les prix s’envolent, l’électricien reverse le surplus à la collectivité. Ce modèle est perçu comme une aide d’État déguisée s’il n’est pas calibré avec précision.

    Le ministère français des Finances n’a pas répondu aux demandes de commentaires sur ces points techniques. La France plaide pour une souveraineté énergétique accrue et une décarbonation rapide grâce à l’atome. Pourtant, les règles de la concurrence européenne ne prévoient aucune exception automatique pour les objectifs climatiques.

    Un test pour la relation Paris-Bruxelles

    Ce dossier devient un test politique pour la Commission européenne. D’un côté, la France pousse pour une reconnaissance du nucléaire comme énergie de transition. De l’autre, des pays comme l’Allemagne ou l’Autriche défendent une vision strictement renouvelable. La décision d’ouvrir une enquête montre que l’exécutif européen refuse de céder aux pressions de Paris sans un examen minutieux des faits.

    Pour les investisseurs, cette incertitude est un signal d’alerte. Le financement de 73 milliards d’euros repose sur une stabilité réglementaire totale. Si Bruxelles impose des conditions drastiques, comme une ouverture forcée du capital d’EDF ou une cession d’actifs, la structure même du projet pourrait changer.

    L’horizon 2038 s’assombrit

    Le premier béton du premier réacteur EPR2 doit être coulé dans les prochaines années pour respecter la cible de 2038. Chaque mois d’enquête à Bruxelles est un mois de perdu pour les décisions d’investissement final (FID). EDF doit déjà gérer les retards accumulés sur le chantier de Flamanville 3, ce qui réduit sa marge d’erreur.

    La France doit désormais convaincre que son plan nucléaire ne tue pas la concurrence mais assure la stabilité du réseau européen. La bataille ne fait que commencer dans les couloirs de la direction générale de la Concurrence. L’issue de ce bras de fer déterminera la physionomie du marché de l’énergie pour les cinquante prochaines années.

    L’ouverture officielle de l’enquête attendue en avril 2026 marquera le début d’une période de haute tension diplomatique. La France devra justifier chaque milliard d’euros injecté devant des régulateurs qui craignent un retour au monopole d’État.

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  • 🔴 Accord entre l’UE et l’Australie, aides pour le carburant, Livret A… L’essentiel de l’actualité ce mardi 24 mars

    🔴 Accord entre l’UE et l’Australie, aides pour le carburant, Livret A… L’essentiel de l’actualité ce mardi 24 mars

    Bonjour à tous, nous sommes le mardi 24 mars 2026. Bienvenue dans l’Essentiel de La TribuneÀ la Une de l’actualité ce matin, l’Union européenne et l’Australie viennent de signer un vaste accord commercial. Pendant ce temps, le gouvernement français vient d’annoncer des aides à la trésorerie de certains secteurs touchés par la hausse des prix du carburant. Enfin, les Français continuent de vider leurs Livret A.

    📍L’Australie et l’UE signent un vaste accord commercial

    L’Australie et l’Union européenne (UE) ont signé mardi à Canberra un vaste accord de libre-échange, conclu au terme d’années de négociations pour stimuler le commerce bilatéral, malgré les protestations d’agriculteurs européens.

    Le texte a été signé lors de la première visite de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dans le pays depuis son entrée en fonction, alors que les deux partenaires font face à des incertitudes renforcées par la guerre au Moyen-Orient.

    L’Australie et l’UE sont également convenus de renforcer leur coopération en matière de défense et d’améliorer l’accès européen aux minéraux critiques australiens.

    👉Pour en savoir plus : Von der Leyen à Canberra : l’Europe troque son bœuf contre le lithium australien

    📍Hausse des prix du carburant : le gouvernement va aider les agriculteurs et les pêcheurs

    Face à la hausse des prix des carburants, le gouvernement a annoncé lundi soir des mesures de soutien à la trésorerie des secteurs des transports, de la pêche et de l’agriculture, mais sans aide directe à la pompe.

    Il a ainsi demandé aux raffineurs d’évaluer, « dans les meilleurs délais », la capacité de leurs sites en France « à augmenter rapidement et temporairement la production en produits raffinés », dans un courrier consulté par l’AFP.

    📍Les Français vident leurs Livret A

    Les Français ont retiré 740 millions d’euros de plus qu’ils n’en ont déposé sur leur Livret A en février, selon les chiffres publiés mardi par la Caisse des dépôts, l’organisme qui gère la majorité des sommes déposées sur les livrets d’épargne.

    Depuis l’automne et la baisse des taux de rémunération des livrets, les Français vident légèrement leurs Livrets A, mois après mois (sauf en décembre), au profit de l’assurance-vie, un peu plus rémunératrice.

    📍Record de demandes de brevets européens

    Les demandes de brevets enregistrées par l’Office européen des brevets se sont établies à 201 974 en 2025, un « record », soutenues par une forte poussée des demandes émanant d’acteurs chinois et sud-coréens, indique l’organisation mardi.

    « C’est la première fois que le cap des 200 000 demandes est franchi, porté notamment par la progression des demandes dans les technologies numériques et les technologies liées aux énergies propres », déclare l’OEB dans un communiqué.

    L’organisation explique que les demandes de brevets « constituent un indicateur précoce des investissements en recherche et développement ».

    👉 Lisez l’article de Marine Protais : l’IA, le quantique et l’Asie redessinent l’innovation en Europe

    📍Les Philippines augmentent leur consommation de charbon face à la hausse du pétrole

    La ministre de l’Énergie des Philippines a annoncé cette nuit vouloir augmenter la production des centrales à charbon afin de maintenir des prix de l’électricité abordables, face aux perturbations causées par la guerre au Moyen-Orient sur les livraisons et le prix du gaz.

    L’archipel de 116 millions d’habitants connaît des prix de l’énergie parmi les plus élevés d’Asie du Sud-Est et dépend déjà du charbon pour environ 60 % de sa production d’électricité. Mais il va devoir « temporairement » s’appuyer encore davantage sur ce combustible fossile très polluant.

    📅​ L’agenda éco du jour
    08h30 | France- Présentation du 9ème baromètre de l’Observatoire des sociétés à mission
    09h00 | France- Point presse annuel des actions climat de Bpifrance
    9h15 | France – PMI Flash – mars – S&P Global
    11h45 | France – Conférence de presse du « Rapport Annuel 2025 de la Banque de France »
    14h30 | BCE: audition devant le Parlement européen de Piero Cipollone, membre du directoire, sur l’euro numérique
    15h00 | Briefing du FMI sur l’économie grecque
    16h30 | France – Audition de Roland Lescure par la commission des Finances de l’Assemblée sur les effets de la guerre au Moyen-Orient sur l’économie
    Ce jour | Innovation: bilan annuel 2025 de l’Office européen des brevets
    Jusqu’au 26 mars | France – Forum de Paris pour la Défense et la Stratégie
    📊 Résultats d’entreprises
    Iliad : résultats annuels
    Kingfisher: résultats annuels

    (Veille réalisée avec AFP et Reuters)

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