Le ras-le-bol fiscal gagnerait-il aussi les maires ? Dix jours avant sa réélection à la tête de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), le maire (divers droite) Jean-Christophe Fromantin a adressé, par courrier, une « demande indemnitaire » pour sa ville au ministre de l’Action et des Comptes publics David Amiel. L’élu considère que le budget de sa municipalité est « anormalement » prélevé par l’État et exige un « dédommagement » financier.
Dans sa missive datée du 5 mars et dont La Tribune a pris connaissance, Jean-Christophe Fromantin dénonce l’accumulation de dispositifs pesant sur l’autonomie de la commune. Selon lui, cette addition de prélèvements préjudicie aux services rendus à la population.
Bien que Neuilly-sur-Seine soit réputée cossue, la ville doit d’abord couvrir ses dépenses obligatoires. Les besoins des habitants deviennent alors une simple variable d’ajustement, déplore Jean-Christophe Fromantin dans sa lettre.
10,5 millions d’euros réclamés à Bercy
De fait, le maire de Neuilly-sur-Seine ne réclame pas moins de 10,5 millions d’euros à Bercy « au titre de l’année 2025 » pour réparer, selon lui, le préjudice subi. Une somme importante, mais en réalité, nettement inférieure aux prélèvements versés par la ville l’année dernière, lesquels atteignaient plus de 24 millions d’euros. Et ce, alors qu’en parallèle, « les ressources propres de la commune prises en compte par l’État pour le calcul de plafond des prélèvements » s’élevaient à 98 millions d’euros.
