Donald Trump n’aura pas mis sa menace à exécution. L’Iran et les États-Unis se sont accordés sur un cessez-le-feu d’une durée de deux semaines avec une réouverture progressive du détroit d’Ormuz. Une nouvelle bien accueillie par les marchés pétroliers : les prix du brut chutaient en Bourse, sous le seuil symbolique des 100 dollars.
Vers 2 h 15 cette nuit, le prix du WTI, référence américaine du pétrole brut, dévissait de 15,40 % à 95,55 dollars. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, s’effondrait de 15,03 % à 92,85 dollars.
Une accalmie sur les marchés qui augure d’une baisse des prix à la pompe en France. L’Ufip Énergies, le syndicat professionnel des sociétés énergétiques et pétrolières, anticipe une baisse entre 5 et 10 centimes. « Si le baril reste stable, sous les 100 dollars, la baisse interviendra dans les 48 heures », commente pour La Tribune, Blandine Ruty, la secrétaire générale de l’organisation. C’est le temps que les stations-service vident leur cuve et commandent à nouveau du carburant. Autrement dit, « sur les prix de l’essence, nous allons passer sous les 2 euros, et sur le gazole nous resterons encore au-dessus, mais les prix seront déjà plus raisonnables », complète-t-elle.
Un soulagement pour les automobilistes qui ont été par ailleurs confrontés à des ruptures temporaires d’une station-service sur cinq en France après le week-end de Pâques. Ces ruptures sont dues à des « problématiques logistiques, de transport », a indiqué le gouvernement.
Une simple détente
« Quand les prix mondiaux baissent, les prix à la pompe doivent baisser, aussi vite qu’ils sont montés. Le gouvernement y veillera », a écrit de son côté, Sébastien Lecornu, le Premier ministre, sur le réseau social X.
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Les prix des carburants vendus dans les stations-service en France et en Europe sont cotés à Rotterdam, qui se base sur le cours du baril mondial. La France n’étant pas actuellement en situation de pénurie de pétrole du fait de la guerre, contrairement à d’autres régions du monde comme l’Asie, les cours du pétrole se répercutent plus rapidement sur les prix à la pompe au plan national.
Il n’empêche, même si les cours de l’or noir baissent, retrouver une situation semblable à celle d’avant le conflit prendra du temps. Tout dépendra en grande partie des négociations entre l’Iran et les États-Unis. Si le conflit reprend au bout des deux semaines de cessez-le-feu, les prix du brut repartiront à la hausse.
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« Et s’il y a un vrai arrêt du conflit, on ne retrouvera pas tout de suite le niveau d’avant-guerre : il faudra évaluer les destructions des installations énergétiques, leurs temps de réparation, que les chaînes d’approvisionnement se remettent en marche et que les marchés du pétrole, qui fonctionnent surtout par anticipation, retrouvent de la confiance », commente Blandine Ruty. D’autant que certains produits finis, comme le gazole et le kérosène, sont, eux, « en grande partie importés du Moyen-Orient », explique-t-elle.
Le déblocage lent du détroit d’Ormuz
Débloquer le détroit d’Ormuz, qui représente près de 20 % du commerce d’or noir, prendra du temps. Près de 3 000 navires sont actuellement bloqués dans le détroit. Avant le conflit, 100 à 200 navires en moyenne circulaient par jour via cet étroit passage qui ne compte que deux couloirs de navigation. La décongestion s’annonce longue.
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Si les pourparlers entre les États-Unis et l’Iran aboutissent au bout des deux semaines de trêve, la zone devra être sécurisée avant que le commerce maritime ne reprenne pleinement. L’OMI, l’Organisation maritime internationale, une agence de l’ONU chargée de la sécurité en mer, a ainsi indiqué ce mercredi qu’elle travaillait sur un mécanisme afin de garantir la sécurité du détroit.
Une dernière incertitude demeure : l’Iran a approuvé fin mars un projet de péage pour les navires passant par le détroit. Le montant « officiel » est encore inconnu.
