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  • Raffinage du diesel : pourquoi la France a perdu la main

    Raffinage du diesel : pourquoi la France a perdu la main

    « Produire plus ». Voici, en substance, la consigne donnée aux opérateurs des six raffineries encore en activité sur le sol métropolitain. Via un courrier envoyé lundi, les cabinets de Maud Bregeon (Énergie), Roland Lescure (Économie) et Mathieu Lefèvre (Transition écologique) formulent une demande claire : porter les capacités de raffinage à leur niveau maximal, pour desserrer l’étau des importations et freiner l’envolée des prix du gazole.

    Depuis le début de la guerre en Iran, les tarifs de ce carburant ont bondi bien plus vite que ceux de l’essence. Un découplage qui « traduit une capacité de raffinage insuffisante par rapport aux besoins », explique-t-on au ministère délégué chargé de l’Énergie. Car acheminer du brut ne suffit pas : encore faut-il pouvoir le traiter, afin d’en extraire un combustible prêt-à-l’emploi.

    Or, en cinquante ans, l’outil industriel français a fondu, passant de 24 raffineries de pétrole en 1975 à seulement sept aujourd’hui (dont six en métropole). Surtout, les survivantes ne sont plus calibrées pour la consommation nationale de diesel : si la France est quasiment autonome pour son essence (seulement 10 % d’importations), elle est devenue structurellement dépendante pour son gazole. Aujourd’hui, un litre sur deux consommé par les Français est importé déjà raffiné, principalement du Moyen-Orient.

    L’impact du « Dieselgate »

    Alors, pourquoi ne pas simplement adapter les usines existantes à la demande actuelle ? « Une raffinerie n’est pas une infrastructure standard que l’on ajuste d’un tour de vis », souligne à La Tribune un expert reconnu par le secteur ayant requis l’anonymat. Il s’agit d’une « horlogerie complexe », qui sépare les chaînes d’hydrocarbure selon la nature du pétrole réceptionné, pour en extraire ce qui l’intéresse. Chaque baril de brut possède sa propre carte d’identité : un pétrole léger (type schiste américain) donnera beaucoup d’essence mais peu de gazole ou de bitume.

    Il reste 7 raffineries actives en France. (Crédits : Agathe Perrier)

    Historiquement, l’outil français a été « designé » pour répondre à une demande massive de diesel. Mais le virage post-Dieselgate [entre 2009 et 2015, Volkswagen a triché sur les tests antipollution de ses moteurs diesel, ndlr] et les nouvelles normes environnementales ont brutalement écorné l’image de ce carburant. Résultat : certaines unités de production sont devenues obsolètes, précipitant leur fermeture. « Les convertir aurait coûté très cher et pris beaucoup de temps », précise le spécialiste.

    Désengagements en série 

    Surtout, si le raffinage affiche aujourd’hui des marges records en raison du boom des marchés, l’activité a été structurellement déficitaire pendant des années. Ce qui a poussé les majors à se désengager une à une. Parmi les exemples les plus emblématiques, la raffinerie des Flandres de TotalEnergies, près de Dunkerque, a tiré sa révérence en 2010.

    Peu après, Shell a cédé ses sites de Reichstett et Berre, aujourd’hui fermés. Quand ils ne sont pas liquidés, des sites sont reconvertis : en Seine-et-Marne, TotalEnergies transforme actuellement son ancienne raffinerie de pétrole de Grandpuits en une usine de production de biocarburants et de matières plastiques. Celle de La Mède, près de Marseille, a d’ores et déjà été réorientée vers la mise au point de biocarburants.

    La France a fermé plus des deux tiers de ses raffineries en moins de 50 ans.
    La France a fermé plus des deux tiers de ses raffineries en moins de 50 ans. (Crédits : © Agathe Perrier, La Tribune)

    À Lyon, l’usine Feyzin qu’opère la major reste quant à elle active, mais sous surveillance. Le géant pétrolier a déjà fait savoir qu’il préparait sa fermeture dès 2027, préférant concentrer ses activités sur les grandes façades maritimes pour réaliser des économies d’échelle. Dans ce marché en berne, la raffinerie de Lavéra (Martigues), vendue par BP à Petroineos, semble faire figure d’exception : l’usine bénéficie encore d’investissements massifs de la part de ses actionnaires sino-britanniques.

    Des marges d’augmentation très limitées 

    Mais là aussi, la flexibilité reste limitée. Si l’usine de Lavéra dispose d’unités permettant de transformer des pétroles de moindre qualité par rapport à ce qui avait été prévu à l’origine, afin de mettre au point davantage de gazole, ce n’est pas le cas partout.

    Les industriels peuvent certes jouer sur les paramètres de production ou sur les spécificités saisonnières (la composition réglementaire du diesel changeant entre l’hiver et l’été) pour favoriser légèrement le gazole. Mais à l’échelle nationale, ces ajustements ne représentent qu’un gain de « quelques pourcents », estime-t-on dans le secteur.

    Le gouvernement l’a d’ailleurs déjà clarifié : il ne faut pas s’attendre à des augmentations massives, mais à des améliorations marginales « qui ne pourront pas remplacer l’intégralité des capacités de raffinage auxquelles la France n’a plus accès ».

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  • Guerre en Iran : les scénarios noirs de la Banque de France sur la croissance, l’inflation et le chômage

    Guerre en Iran : les scénarios noirs de la Banque de France sur la croissance, l’inflation et le chômage

    L’économie française va-t-elle s’enfoncer dans la récession ? C’est pour l’instant une hypothèse balayée par la Banque de France. Dans ses prévisions intermédiaires dévoilées ce mercredi 25 mars, la banque centrale a révisé légèrement à la baisse (-0,1 point) sa prévision de croissance du PIB pour 2026 à 0,9 % contre 1 % en décembre dernier, dans son scénario central. L’inflation accélérerait de 1,7 % en 2026 contre 1,3 % précédemment. C’est donc à première vue un impact limité de la guerre en Iran sur l’activité et l’inflation.

    Des scénarios plus sombres

    Mais compte tenu de la situation internationale chaotique, la Banque de France a également modélisé deux autres scénarios. Le premier part d’une hypothèse défavorable avec un PIB à 0,6 % et une inflation à 2,5 %. Enfin, dans un scénario plus sombre, la croissance serait de seulement 0,3 % et l’inflation de 3,3 %. « Dans le scénario le plus défavorable, les prix du pétrole et du gaz atteindraient 145 dollars par baril et 106,00 €/MWh respectivement au deuxième trimestre 2026 et resteraient par la suite durablement à des niveaux plus élevés », précisent les économistes.

    À l’horizon 2028, la révision pour la croissance du PIB est légèrement plus importante (-0,2 point) à 0,8 %. « La hausse des prix de l’énergie, conjuguée à une révision à la hausse des taux d’intérêt par rapport à décembre, pèserait sur la croissance en 2027 », souligne le document présenté à la presse.

    Sur la politique monétaire, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé un statu quo lors de la dernière réunion des gouverneurs la semaine dernière. Mais une remontée des taux pourrait venir peser lourdement sur la demande et l’activité alors que l’inflation est encore en deçà de la cible de 2 %, redoutent plusieurs analystes.

    Inquiétude sur le pouvoir d’achat et la consommation

    La guerre au Moyen-Orient pourrait également saper les moteurs traditionnels de l’économie tricolore, à commencer par la demande. « Ce choc inflationniste, à travers le pouvoir d’achat, affecterait à la fois la consommation et l’investissement des ménages », détaille la Banque de France. À ce stade, le gouvernement de Sébastien Lecornu n’a pas prévu de mesure pour compenser les pertes de pouvoir d’achat provoquées par cette crise.

    Faute de marge de manœuvre budgétaire, l’exécutif compte sur les contrôles dans les stations-service pour limiter la surchauffe des prix, une hausse de la production dans les raffineries et des mesures ciblées sur certains secteurs exposés (agriculture, pêche, transport). Une grande partie de la facture de cette guerre va donc être payée par la consommation des Français. Un point noir pour l’économie tricolore dépendante de la propension à consommer des ménages.

    Chômage : un pic à 8 % cette année

    Autre signal inquiétant, le chômage devrait grimper plus qu’anticipé. La Banque de France projette une hausse à 8 % de la population active cette année contre 7,8 % auparavant. Les créations nettes de postes seraient très faibles sur l’ensemble de l’année (16 000). Il s’agit d’un pic inédit depuis 2020, en dehors de la pandémie. Le coup de frein sur l’activité et la fin des aides massives pour soutenir l’emploi ont poussé les entreprises à réduire la voilure sur les embauches. Mécaniquement, la productivité par tête devrait se renforcer après des années moroses.

    Dans leur modélisation, les conjoncturistes prévoient une hausse du salaire moyen par tête (nominal) supérieure à l’inflation. Mais les salaires corrigés de l’inflation, c’est-à-dire en valeur réelle, devraient perdre du terrain. En effet, les mécanismes de désindexation plombent les revenus issus du travail pour une grande partie de la population active, à l’exception des salaires au SMIC. Un motif d’angoisse pour une grande partie des Français. 

    Guerre en Iran : un choc d’incertitude

    Les récentes crises (pandémie, guerre en Ukraine, énergie, géopolitique, politique) ont poussé les économistes à plancher sur les effets de l’incertitude sur l’économie. En France, l’économiste de l’OFCE, Raul Sampognaro, avait montré dans une étude qu’un choc géopolitique comme la guerre en Ukraine pouvait provoquer « une baisse du commerce mondial des marchandises de 0,7 point (en volume) et une baisse de la production industrielle mondiale de 0,6 point ». À ce stade du conflit en Iran, la comparaison avec la guerre au Moyen-Orient présente évidemment des limites. Mais un prolongement des hostilités pourrait faire des ravages sur l’économie mondiale.

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  • Hélium, brome, gaz… la chimie française craint des ruptures d’approvisionnement en cascade

    Hélium, brome, gaz… la chimie française craint des ruptures d’approvisionnement en cascade

    « L’impact du conflit au Moyen-Orient est d’ores et déjà observé sur les coûts de production, au travers des hausses de prix des matières premières, de l’énergie et du transport », observe France Chimie dans un communiqué. Le lobby du secteur prévient que « des effets en cascade pourraient émerger », avec des « risques de pénurie pour la chimie européenne ».

    L’hélium est l’exemple le plus frappant de ces dépendances géographiques. Ce gaz est indispensable à l’imagerie médicale, aux semi-conducteurs et au refroidissement des réacteurs nucléaires. L’Europe n’en produit pas. Or, « un tiers de la production mondiale se situe au Qatar », dans un site ciblé par des frappes le 18 mars 2026. Les autres sources, américaines ou russes, font l’objet de tensions diplomatiques. Des discussions mondiales sont en cours qui visent à réserver les volumes restants aux seules activités de défense et de santé.

    Le brome suit une logique identique. Ce composé sert à la fabrication de retardateurs de flamme et de produits pharmaceutiques. Trois acteurs possèdent 79 % des capacités mondiales de production, situés en Israël, aux États-Unis et en Jordanie. Le conflit actuel menace directement l’extraction en mer Morte.

    Pour le méthanol, la situation est tout aussi précaire : 12 % des capacités mondiales se trouvent en Iran et 18 % se répartissent entre l’Arabie saoudite, le Qatar et Bahreïn. Une extension du conflit paralyserait un tiers de l’offre mondiale de cet alcool de base.

    L’asphyxie par les intrants

    La crise se transmet par une réaction en chaîne partant de l’amont énergétique. Le gaz naturel dicte la survie des activités « gazo-intensives ». Pour des produits comme l’ammoniac ou le nylon, le gaz représente jusqu’à 80 % du coût variable de production. Avec un prix TTF à 67 euros le mégawattheure le 18 mars, contre environ 30 euros avant le conflit, les marges des producteurs européens s’évaporent. Les fabricants d’engrais ont déjà répercuté ces hausses, dégradant la compétitivité de toute la filière agricole en aval.

    Le pétrole joue le rôle de second détonateur. Son cours, à 114 dollars (105 euros) le baril (+ 61 %), tire mécaniquement vers le haut les prix du naphta et de l’éthylène. Ce dernier a bondi de 58 % en Asie et de 38 % aux États-Unis en trois semaines. Ces molécules sont les briques élémentaires de tous les polymères. Aucune rupture n’est constatée en France au 25 mars. Toutefois, quatre groupes industriels multisites ont déclaré des cas de « force majeure » en Europe, car il est impossible de produire à de tels prix.

    Ormuz et Singapour, le chaos logistique mondial

    Le transport maritime est devenu le principal accélérateur de la contagion. La fermeture de fait du détroit d’Ormuz crée un engorgement massif. Le port de Khor Fakkan (Émirats arabes unis) est saturé, avec des retards dépassant 13 jours. Cette congestion se propage aux ports de Singapour et Colombo, incapables d’absorber le déroutement des flux.

    « Il y a urgence à rouvrir le détroit, sans quoi les dommages toucheront durablement les chaînes d’approvisionnement », martèle Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies. Le contournement par le cap de Bonne-Espérance ajoute 15 jours de trajet, mobilisant davantage de navires pour transporter le même volume de marchandises.

    En Inde, 30 % des navires attendent plus d’une semaine devant les ports de Mundra. Pour les PME françaises, cette désorganisation se traduit par un triplement des taux de fret au départ de Chine.

    L’avantage structurel américain

    Le conflit redessine les rapports de force entre les grandes régions industrielles. Contrairement à la crise ukrainienne, ce choc affecte l’Asie, très dépendante du pétrole iranien. En Chine, les réserves stratégiques sont estimées à 90 jours d’importation. Les trois plus grosses raffineries du pays ne pourront tourner que jusqu’au 20 avril avant de manquer de brut. Une fois ces unités arrêtées, les stocks de produits chimiques ne permettront de tenir que jusqu’à la fin du mois de mai.

    À l’opposé, les États-Unis émergent comme le grand gagnant. Leur pétrochimie repose sur l’éthane issu du gaz de schiste, un intrant dont le prix est déconnecté du cours mondial du pétrole. Ce découplage permet aux producteurs américains de saturer le marché européen avec des polymères (PE, PVC) à bas prix. Les importations américaines vers l’Europe, déjà en hausse de 29 % depuis 2019, pourraient franchir un nouveau cap, menaçant de fermetures définitives les vapocraqueurs européens les plus anciens.

    Le prochain point de bascule se jouera le 12 avril 2026, date à laquelle les premières raffineries chinoises pourraient déclarer l’arrêt de leurs unités de craquage, provoquant une pénurie mondiale de dérivés plastiques.

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  • Comment l’Iran a instauré un « péage » à 2 millions de dollars à Ormuz

    Comment l’Iran a instauré un « péage » à 2 millions de dollars à Ormuz

    Les navires franchissant le détroit d’Ormuz empruntent désormais une route validée par Téhéran. Les données maritimes indiquent un passage privilégié autour de l’île de Larak, sous surveillance étroite de l’armée idéologique iranienne. Toute navigation dans cette zone « requiert une coordination complète avec la souveraineté maritime de l’Iran », affirme un commandant de la marine sur X.

    Ce contrôle se traduit par un refoulement systématique des navires jugés hostiles. Un porte-conteneurs vers le Pakistan a récemment été bloqué faute d’autorisation préalable. Des puissances comme la Chine, l’Inde et le Pakistan négocient directement avec Téhéran pour enregistrer leurs flottes sur une liste de « navires approuvés ».

    La revue Lloyd’s List qualifie ce système de « péage de Téhéran ». Au moins un navire aurait versé 2 millions de dollars (1,8 million d’euros) aux autorités pour obtenir le droit de passage. Cette pratique monétaire s’accompagne d’une exigence de neutralité politique affichée via les transpondeurs AIS.

    Les armateurs utilisent ces signaux pour déclarer l’absence de lien avec des intérêts occidentaux ou israéliens. Environ 50 % des navires ayant traversé le couloir depuis le 22 mars ont ainsi décliné l’identité précise de leur propriétaire ou de leur cargaison pour éviter les foudres iraniennes. À l’inverse, seulement 10 % des navires maintenaient leur transpondeur allumé début mars.

    La Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM) de 1982 est explicite. Elle garantit un passage en transit « sans entrave » pour la navigation internationale. Bien que Téhéran n’ait pas ratifié ce texte, ces règles relèvent du droit international coutumier s’appliquant à tous les États.

    « Un péage général serait presque certainement considéré comme une violation de l’obligation de ne pas gêner le passage en transit », souligne Marco Roscini, professeur à la Westminster Law School. Le droit de passage reste impératif, même en période de conflit armé, rendant toute suspension de la navigation commerciale illégale.

    Pour justifier ces mesures, l’Iran invoque la légitime défense auprès de l’Organisation maritime internationale (OMI). Téhéran prétend agir de manière « nécessaire et proportionnée » face aux agresseurs. Le régime affirme que le détroit reste ouvert aux « navires non hostiles » respectant les « réalités découlant du conflit ».

    Cependant, la légitime défense ne permet que des restrictions temporaires et ciblées, non un système de taxation pérenne. Les armateurs grecs, indiens et chinois, qui constituent la majorité des usagers du corridor, naviguent dans une zone grise juridique où la sécurité immédiate prime sur le respect des conventions.

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  • Climat : la facture de 10 200 milliards de dollars des États-Unis

    Climat : la facture de 10 200 milliards de dollars des États-Unis

    Le coût économique des émissions de CO2 est bien plus important que ce qui avait été estimé jusqu’à présent, selon une étude publiée ce mercredi 25 mars par la revue Nature. Celle-ci rend les plus gros pollueurs responsables de milliers de milliards d’euros de dommages climatiques à travers le monde.

    L’étude mesure précisément la façon dont le réchauffement affecte l’économie mondiale. Ce travail assigne une part des dommages à des émetteurs précis, États ou pétroliers.

    Les chercheurs ont analysé l’affaiblissement de la productivité et des rendements agricoles. Ils intègrent aussi les phénomènes extrêmes comme les canicules et les sécheresses. Et selon eux, les émissions passées grèvent lourdement l’avenir économique.

    « Nous avons été surpris par l’ampleur des préjudices estimés », confie à l’AFP Marshall Burke. Le professeur à l’université de Stanford souligne que les dommages futurs seront supérieurs aux dommages passés. La persistance du CO2 dans l’atmosphère explique cette accumulation de coûts.

    Les États-Unis dominent le classement des responsables avec une facture de 10 200 milliards de dollars (9 600 milliards d’euros). La Chine suit avec 8 700 milliards (8 200 milliards d’euros), devant l’Union européenne et ses 6 400 milliards (6 000 milliards d’euros). Ces chiffres portent sur la période allant de 1990 à 2020.

    Dans le secteur privé, les chiffres sont tout aussi vertigineux pour les majors pétrolières. Saudi Aramco a causé 3 000 milliards de dollars (2 800 milliards d’euros) de pertes entre 1988 et 2015. ExxonMobil est également cité avec 1 600 milliards de dollars (1 500 milliards d’euros) de dommages historiques.

    Le transport aérien est aussi pointé du doigt pour sa contribution aux dommages futurs. Un vol long-courrier annuel pendant dix ans génère 25 000 dollars (23 500 euros) de pertes d’ici à 2100. Les comportements individuels des plus riches ont donc un effet financier mesurable.

    L’étude offre un cadre pour estimer les coûts provenant d’émetteurs particuliers. Elle alimente les discussions sur les « pertes et dommages » (L&D) au niveau international. Ce mécanisme prévoit que les pollueurs paient pour les impacts inévitables.

    L’efficacité de la captation du carbone (CDR) pour réduire ces dettes reste limitée. Un délai de 25 ans après l’émission réduit seulement les dommages de moitié. La rapidité d’action est donc le seul moyen de limiter l’inflation de la facture.

    Les experts notent que ces estimations sont probablement prudentes. Elles ne prennent pas en compte la montée des eaux ou la perte de biodiversité. La réalité financière pourrait s’avérer bien plus lourde pour les acteurs concernés.

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  • Malgré un recul de sa consommation, le vin reste la boisson alcoolisée préférée des Français

    Malgré un recul de sa consommation, le vin reste la boisson alcoolisée préférée des Français

    Dans un environnement morose, voici une annonce qui pourrait remonter le moral des viticulteurs français. L’édition 2026 du baromètre SOWINE/Dynata, présentée le 24 mars, affirme que le vin demeure la boisson alcoolisée préférée des Français pour 52 % d’entre eux, talonnée par la bière (51 %). Le champagne maintient sa troisième position (34 %). Le vin a donc conservé sa place de leader, après avoir été dépassé en 2022 et 2023 par la bière qui avait enregistré une forte progression.

    Moins rassurant, ce baromètre révèle des chiffres en en net recul par rapport à l’an dernier : le vin perd six points, la bière cinq points, et le champagne un point. Cette enquête réalisée depuis une quinzaine d’années auprès d’un échantillon de 1 000 personnes, dessine de nouvelles tendances de consommation, avec notamment une diversification des préférences. Ainsi, les vins effervescents, qui arrivent en 5e position du classement, connaissent une progression notable (22 %, +10 points par rapport à 2025), et les cocktails sont sur une bonne dynamique (29 %, +4 points).

    Les moments de consommation évoluent

    « Ces mouvements traduisent une consommation plus diversifiée, davantage guidée par les moments et les occasions que par des habitudes installées », commente Sylvain Dadé, directeur associé de SOWINE.

    Si la consommation à table reste le moment privilégié de consommation de vin, l’apéritif gagne du terrain, tout comme la consommation en soirée. D’où l’appétence des consommateurs pour le blanc (91 %), le champagne (87 %) et le rosé (85 %), alors que le rouge, plus souvent associé aux repas, recule légèrement à 83 % (-1 point).

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  • Lille décroche le siège de la future Autorité douanière européenne

    Lille décroche le siège de la future Autorité douanière européenne

    Lille a été choisie mercredi pour accueillir le siège de la future Autorité douanière européenne, face à huit autres villes candidates, prenant ainsi sa revanche après avoir vu lui échapper l’Autorité européenne du médicament en 2017. La métropole du nord de la France, chef-lieu de la région des Hauts-de-France, était en concurrence avec Rome, finaliste, ainsi que Varsovie, Zagreb, Bucarest, La Haye, Liège, Porto et Malaga.

    La décision a été prise conjointement par le Parlement européen et le Conseil de l’UE, l’instance qui représente les 27 États membres, via une procédure spéciale. Le Conseil et le Parlement européen avaient présélectionnés chacun Lille et Rome, sans se concerter. Il a fallu ensuite trois tours de scrutin pour les départager.

    L’Autorité douanière de l’Union européenne (également connue sous son acronyme anglais EUCA) doit voir le jour en 2028. Sa création est l’un des principaux éléments de la réforme du système douanier européen, avec une nouvelle plateforme des données douanières, qui centralisera les informations des 27 États membres.

    « Fier de cette victoire collective : élus, entreprises, universités, une mobilisation exemplaire de tout le territoire », s’est félicité le maire de Lille, Arnaud Deslandes, sur le réseau X. « Notre position au carrefour de l’Europe, notre ambition : tout nous désignait », a-t-il souligné.

    « Des emplois. Du rayonnement. Et une nouvelle fois, la preuve que les Hauts-de-France sont au cœur de l’Europe », a salué de son côté Xavier Bertrand, le président des Hauts-de-France. « C’est un choix judicieux », a estimé l’eurodéputé néerlandais Dirk Gotlink (PPE, droite), l’un des représentants du Parlement dans cette procédure.

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  • Vencorex : le projet de reprise Exalia retoqué par la justice

    Vencorex : le projet de reprise Exalia retoqué par la justice

    La décision était attendue depuis plusieurs semaines. Exalia avait reçu le soutien de l’Etat, de la région Auvergne-Rhône Alpes mais aussi de la Métropole de Grenoble. « Nous n’avons pas encore tous les détails de la décision, mais il semblerait que le tribunal refuse de confier un site classé SEVESO à une PME ou à un groupe familial. Cela se fait pourtant ailleurs, en Italie ou en Espagne ! », détaille Olivier Six, qui explique pourtant que le projet repose sur une expertise technique pointue et a été accompagné par des cabinets d’études du secteur.

    « C’est un projet stratégique de souveraineté, qui répond à un véritable besoin du pays et de ses entreprises. Si le projet ne se fait pas, les entreprises qui restent sur la plateforme voient leur modèle économique mis en péril. Et des clients à l’autre bout de la France attendent déjà nos produits », précise Olivier Six.

    « C’est incompréhensible qu’on préfère démanteler, donner le site à un ferrailleur, plutôt que de dire qu’il y a une chance que ce projet aboutisse, bien qu’il soit solide et que personne ne l’ait jamais remis en question », déplore Séverine Dejoux, ancienne salariée de Vencorex, et porteuse du projet à l’occasion d’une conférence de presse donnée sur la plateforme chimique de Pont-de-Claix, devant l’entrée des anciens locaux de Vencorex. 

    Le tour de table du projet était pourtant déjà bouclé, avec un financement excédentaire : 15 millions d’euros de fonds privés, autant de prêts publics, 17 millions de promesses de subventions et 13 millions de la part des banques. « Nous ne comprenons pas la décision. C’est vraiment le symbole de la désindustrialisation en France ». 

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  • Droits de douane : un an après la hausse, la France s’en tire mieux que ses voisins européens

    Droits de douane : un an après la hausse, la France s’en tire mieux que ses voisins européens

    C’était il y a (presque) un an. Le 2 avril 2025, Donald Trump a mis sa menace à exécution. Il a instauré une hausse des droits de douane contre les partenaires commerciaux des États-Unis. Objectif avancé : résorber le déficit commercial américain vis-à-vis du reste du monde.

    Douze mois plus tard, force est de constater que le but a été atteint, d’après une note de conjoncture publiée mardi 24 mars par l’Insee. Le déficit de la balance des biens et services des États-Unis a en effet baissé. Il s’est établi à -2,3 % du produit intérieur brut (PIB) au deuxième semestre 2025, contre -3,1 % en moyenne sur l’année 2024. Soit un retour à son niveau d’avant la crise liée au Covid-19.

    Cela a été possible grâce à un fort recul des importations de biens. Elles ont progressé de +2,5 % en 2025, contre +5,2 % l’année précédente. En revanche, les exportations de biens sont restées stables (+1,8 % contre +2 % en 2024). L’amélioration par rapport à la situation d’avant-Covid est d’ailleurs « due avant tout au redressement du commerce en biens, alors que la balance des services s’est plutôt dégradée par rapport aux années 2010 », relève l’institut français.

    Ce redressement de la balance commerciale américaine a eu des répercussions sur les partenaires commerciaux du pays de l’oncle Sam. Et l’Europe en a particulièrement fait les frais : le solde commercial des États-Unis vis-à-vis de l’UE s’est amélioré de 27 milliards de dollars (25,8 milliards d’euros) sur un an au troisième trimestre 2025.

    Les États-Unis ont amélioré leur balance commerciale de +42 milliards de dollars en 2025. (Crédits : © Agathe Perrier, La Tribune)

    La France échappe au pire

    La France s’en est mieux tirée que ses voisins. L’amélioration du solde commercial américain s’est limitée à +1,7 milliard de dollars (1,6 milliard d’euros).

    Les importations de produits américains ont pourtant augmenté de +6 % sur un an, atteignant 55,7 milliards d’euros. Elles ont été tirées par les envois sur le sol français de matériel aéronautique et de gaz naturel liquéfié (GNL).

    Reste que, malgré la hausse des droits de douane, les exportations de produits français vers les États-Unis n’ont que faiblement reculé (-0,7 %, à 48,3 milliards d’euros). Ce, grâce aux bons niveaux des livraisons de matériels aéronautiques (+21 % sur un an en 2025) et de produits pharmaceutiques (+7 %).

    Ces envois ont compensé les lourdes pertes enregistrées par d’autres catégories de biens, en particulier les boissons (-20 %), incluant les vins et spiritueux, les parfums et cosmétiques (-19 %), les produits chimiques de base (-6 %) ou encore les produits de cuir (-5 %).

    Malgré la hausse des droits de douane, les exportations de produits français vers les États-Unis n’ont que faiblement reculé en 2025.
    Malgré la hausse des droits de douane, les exportations de produits français vers les États-Unis n’ont que faiblement reculé en 2025. (Crédits : © Agathe Perrier, La Tribune)

    L’Allemagne et l’Italie les plus touchées

    Parmi les Vingt-Sept, l’Allemagne et l’Italie ont le plus pâti de la nouvelle politique douanière américaine. L’amélioration du solde commercial des États-Unis a été de +6,4 milliards d’euros avec Berlin. Car les exportations allemandes outre-Atlantique ont durement flanché (-9,3 % par rapport à 2024). Elles ont été plombées par la chute des ventes automobiles. C’est pourtant le principal produit d’exportation made in Germany vers les États-Unis. Dans le même temps, les importations de produits américains ont progressé (+2,6 %).

    Du côté de Rome, les États-Unis ont vu leur solde commercial s’améliorer de +5,9 milliards de dollars (5,6 milliards d’euros). La Botte a pourtant fortement augmenté ses envois vers le sol américain (+7,2 % sur un an), grâce à un bond des exportations pharmaceutiques (+56 %). Mais les importations de produits américains ont beaucoup plus progressé (+35,9 %), aussi tirées par une envolée des produits pharmaceutiques (+94 %).

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  • Deeptech : le Centre-Val de Loire ne veut plus être le parent pauvre

    Deeptech : le Centre-Val de Loire ne veut plus être le parent pauvre

    Seulement trois ou quatre sociétés proposant des innovations de rupture sont créées ou s’implantent annuellement en Centre-Val de Loire. C’est cinq fois moins que la quinzaine escomptée par le plan France 2030.

    Au niveau national, le secrétaire général pour l’investissement Bruno Bonnel table sur un rythme annuel de 500 nouvelles Deep Tech émergeant en France.

    « Dans ce contexte, il était urgent de lancer localement un événement référent comme La Fabrique Deep Tech consacré au digital à Tours, explique Xavier Aubry, fondateur de l’accélérateur de start-up Deep Tech Da Vinci Labs. Il permettra d’une part de pousser les chercheurs à se lancer dans l’aventure entrepreneuriale, et d’autre part aux différents acteurs du secteur, publics et privés, de mieux s’identifier pour mieux se connaître ». Supernova Invest, Bpifrance Large Venture, Vermon et Deeptech Founders constituent ainsi les premiers investisseurs de la Deep Tech. Outre les antennes du CNRS, de l’Inserm, de l’Inra, la région héberge également le siège du BRGM à Orléans, côté recherche publique.

    Fuite des cerveaux à l’Ouest et au Nord

    Avec sur son territoire environ une trentaine de sociétés Deep Tech, tous domaines d’activités confondus, le Centre-Val de Loire pâtit de plusieurs paramètres. « Sa proximité avec la région parisienne, notamment le plateau de Saclay au nord, et avec Nantes à l’Ouest, provoque un phénomène d’aspiration des cerveaux, constate Jacky Chartier, directeur de C-Valo, structure régionale de transfert de technologies issues de la recherche publique vers le secteur privé. La co-construction de start-up entre l’Île-de-France et le Centre-Val de Loire constitue une façon de pallier ce handicap. Elle a permis notamment de donner naissance en 2024 à la start-up Harmonix dont la solution d’ultrasons est très prometteuse dans le traitement des atteintes neuro-dégénératives ».

    Totems en berne 

    Autre frein pour les Deep Tech dans la région, l’absence d’immobilier spécifiquement dédié à ces sociétés, y compris incluant des paillasses de laboratoire. « Sans parler du Baiolabs Hôtel Dieu à Paris, et du Génopole à Evry, la plupart des agglomérations sont dotées de lieux pour accueillir les Deep Tech, explique Vincent Puard, directeur général de la start-up Mabsillico, basée à Tours et spécialisée depuis 2017 dans la conception d’anticorps. Le Centre-Val de Loire, qui en est dépourvu, aurait intérêt à se doter d’un tel totem, source reconnue d’attractivité dans l’Hexagone ».

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