Tag: 2026

  • Cyberattaques : le spatial français cherche à anticiper les menaces

    Cyberattaques : le spatial français cherche à anticiper les menaces

    En 2022, au début de la guerre en Ukraine, le réseau Viasat avait été la cible d’une cyberattaque massive, entraînant des coupures d’électricité pour des milliers de particuliers et d’entreprises européennes. Sur mer, la surveillance des activités des navires passe aussi par l’interception de signaux radiofréquences depuis l’espace.

    Dans un contexte de recrudescence des tensions géopolitiques et d’extension des champs de confrontation, les engins spatiaux et les infrastructures au sol sont de plus en plus exposés à des sabotages informatiques et à des menaces cyber insuffisamment appréhendés. Pour de nombreux professionnels, la cybersécurité du spatial est devenue un enjeu de souveraineté et de résilience.

    C’est dans ce contexte que le Pôle d’excellence cyber (PEC) à Rennes et Irispace, l’Institut régional de l’innovation spatiale présidé par l’IMT Atlantique à Brest, viennent de lancer mi-mars le groupe de travail « Cyberdéfense du domaine spatial ».

    Ce collectif d’acteurs industriels, académiques et institutionnels va collaborer pour anticiper les menaces, au niveau national et européen, et imaginer comment protéger les infrastructures satellitaires. Leur initiative s’inscrit dans le cadre de la nouvelle stratégie récemment annoncée par Emmanuel Macron, dans le spatial civil, militaire et dual.

    « Ce groupe est composé de membres représentatifs de l’ensemble de l’écosystème du PEC : des entreprises privées comme Airbus Defense & Space, Gatewatcher, Sopra Steria, Thales, Yogosha, des universités et centres de recherche tels que l’IMT Atlantique, l’Université de Brest, l’IRT b-com, des acteurs publics territoriaux dont Rennes Métropole et Irispace », détaille Arnaud Coustillière. « L’espace s’impose désormais comme un enjeu majeur de souveraineté des États dont il faut protéger les infrastructures critiques. L’enjeu a longtemps été sous-estimé », observe l’ancien vice-amiral d’escadre (2S), président du Pôle d’excellence cyber.

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  • Cybermalveillance : la frontière entre les attaques virtuelles et le «  monde physique  » se brouille de plus en plus

    Cybermalveillance : la frontière entre les attaques virtuelles et le «  monde physique  » se brouille de plus en plus

    Les cyberattaquants cassent la barrière de l’écran. Dans les chiffres, le phénomène n’est pas encore perceptible, mais il est tout de même un sujet d’« inquiétude » pour Nicolas Eslous, directeur expertise cybersécurité de cybermalveillance.gouv.fr, qui présentait son rapport d’activité 2025. Pour rappel, Cybermalveillance est une plateforme de sensibilisation et d’aide aux victimes, qui opère le service d’assistance « 17Cyber ». « On constate depuis quelque temps une prolongation des attaques cyber dans le monde physique, et particulièrement en 2025 », alerte-t-il. Plus concrètement, le spécialiste constate que des cyberattaquants vont faire appel à des sous-traitants qui complètent l’arnaque dans le monde physique. 

    Ce type de prolongement se constate notamment dans les fraudes aux faux conseillers bancaires, un type d’attaque en progression selon Cybermalveillance. Sur les 504 810 demandes d’assistance enregistrées par la plateforme (93 % de particuliers, 6 % d’entreprises et 1 % de collectivités), 15 000 concernaient ce type d’arnaque qui touche les particuliers, en hausse de 159 % sur un an. « Dans le cadre de ces fraudes, des faux conseillers peuvent envoyer un porteur chez la victime pour récupérer sa carte bancaire », précise Nicolas Eslous.

    Cambriolages liés à une fuite de données

    Ce passage du monde cyber au monde physique se constate aussi dans des opérations moins courantes comme les enlèvements et les séquestrations d’entrepreneurs et de détenteurs de crypto-actifs. Ces enlèvements seraient potentiellement liés à des fuites de données chez des opérateurs crypto comme Waltio. En janvier 2026, Cybermalveillance alertait dans une note sur les « nombreux témoignages d’utilisateurs de son service d’assistance 17Cyber faisant état de prises de contact par de faux employés qui prétendent travailler pour des opérateurs connus de crypto-actifs ou de faux services anti-fraude de leur banque qui les alertent de transactions suspectes sur leur portefeuille de cryptomonnaies. » Dans certains cas, ces criminels ont aussi menacé et attaqué des victimes pour les extorquer.

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  • Prime Macron : à quels salariés profite-t-elle le plus ?

    Prime Macron : à quels salariés profite-t-elle le plus ?

    Quels salariés sont les « grands gagnants » de la prime de partage de la valeur (PPV), anciennement surnommée « prime Macron » ? Une question à laquelle répond une étude du service statistique du ministère du Travail (Dares), publiée ce jeudi. Les auteurs se sont penchés sur la façon dont les entreprises ont eu recours à ce dispositif en 2023, première année pleine après son instauration (lire encadré ci-dessous).

    Il ressort que 5,6 millions de salariés en ont bénéficié dans le secteur privé non agricole, soit plus d’un quart (28,7 %) d’entre eux. Pour un montant moyen de 901 euros brut.

    Décision du big boss

    Fait marquant relevé par la Dares : dans les entreprises de dix salariés ou plus, dans neuf cas sur dix (89,8 %), le versement de la PPV a été acté par décision unilatérale de l’employeur.

    La prime de partage de la valeur remplace depuis juillet 2022 la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat, appelée « prime Macron ». (Crédits : © Agathe Perrier, La Tribune)

    Un phénomène surtout ancré dans les entreprises à petit effectif : la très grande majorité (86,2 %) des entreprises qui versent la PPV après décision du seul employeur ont en effet entre 10 et 49 salariés.

    « Cette surreprésentation des décisions unilatérales au sein des petites entreprises s’observe plus généralement pour les textes conventionnels portant sur les dispositifs d’épargne salariale (participation, intéressement, plan d’épargne entreprise) ou plan d’épargne retraite collectif (Perco ou PER d’entreprise collectif) », précise le service statistique.

    Dans les entreprises plus grandes, la distribution de la prime est davantage prévue par accord d’entreprise ou par accord de groupe que par décision unilatérale de l’employeur. Et plus la taille de l’entreprise est importante, plus c’est le cas.

    C’est quoi cette ex-prime Macron ?

    La prime de partage de la valeur remplace depuis juillet 2022 la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat, appelée « prime Macron », mise en place pour la première fois début 2019.

    La PPV permet aux employeurs de verser à leurs salariés, sous certaines conditions, une prime exonérée d’impôt et de toute cotisation sociale. Le plafond est fixé à 3 000 euros mais peut être relevé jusqu’à 6 000 euros pour les entreprises ayant mis en place un dispositif d’intéressement ou de participation.

    Cette prime est toutefois facultative. Elle peut être versée tous les ans, en une ou deux fois au titre d’une même année civile, sous réserve d’une décision prise de façon unilatérale par l’employeur ou après accord d’entreprise ou de groupe.

    Les petites entreprises plus généreuses que les grandes

    Les petites entreprises – moins de dix salariés – ont été moins nombreuses que les autres à verser la PPV en 2023. Elles ont été un quart (25,1 %) à le faire, contre un tiers (32,1 %) pour celles de dix salariés ou plus.

    Mais ces plus petites structures ont été bien plus généreuses. La prime a été en moyenne de 1 238 euros brut par salarié dans les entreprises de moins de dix employés, contre 836 euros dans celles de dix salariés ou plus. Soit une différence moyenne de 402 euros par personne.

    Les petites entreprises ont été moins nombreuses que les grandes à verser la prime de partage de la valeur en 2023, mais elles ont été plus généreuses.
    Les petites entreprises ont été moins nombreuses que les grandes à verser la prime de partage de la valeur en 2023, mais elles ont été plus généreuses. (Crédits : © Agathe Perrier, La Tribune)

    Une prime identique pour tous

    Bien que les règles d’attribution de la PPV permettent aux employeurs de la verser à une partie seulement de leurs salariés et/ou de moduler son montant, la majorité des entreprises de dix salariés ou plus ont choisi l’option la plus simple : octroyer la même somme à tout le monde. Près de trois quarts d’entre elles (74 %) l’ont en effet versé à l’ensemble de leurs salariés, et presque tout autant (73,6 %) ont attribué à chacun un montant identique.

    Le quart restant (26,4 %) a préféré moduler le montant selon les salariés, comme le permet la loi. Cette dernière fixe en effet cinq critères sur lesquels il est possible de s’appuyer pour faire varier le montant de la prime. La durée de présence effective pendant l’année écoulée est celle le plus fréquemment retenue pour moduler la somme (dans 68 % des cas), largement devant les quatre autres (l’ancienneté dans l’entreprise (34,7 %), le niveau de classification et la durée de travail prévue par le contrat de travail (environ 29 % chacun) et la rémunération (24,9 %)).

    Seul un quart des entreprises ont modulé le montant de la prime selon les critères permis par la loi.
    Seul un quart des entreprises ont modulé le montant de la prime selon les critères permis par la loi. (Crédits : © Agathe Perrier, La Tribune)

    Un montant boosté par l’intéressement

    Dès la mise en place de la PPV, le gouvernement a décidé de relever le plafond de cette prime de 3 000 à 6 000 euros pour les entreprises ayant mis en place un accord d’intéressement. Si seulement une entreprise de dix salariés ou plus sur cinq (19,5 %) était couverte par un tel dispositif en 2023, force est de constater que cette mesure a incité les employeurs à gonfler la prime. Dans ces entreprises, le montant moyen de la PPV par bénéficiaire a été 1,3 fois plus élevé que dans les autres (938 euros brut contre 735 euros).

    Cet écart est davantage marqué dans les très grandes entreprises que dans les plus petites. Le montant moyen de la PPV est en effet 2,3 fois plus élevé dans les entreprises de plus de 1 000 salariés disposant d’un accord que dans celles qui n’en ont pas (976 euros par salarié contre 425 euros). Ce ratio n’est que de 1,2 dans les entreprises de 10 à 49 salariés (1 106 euros dans celles avec un accord, contre 890 euros dans celles où il n’y en a pas).

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  • Pernod Ricard pourrait fusionner avec l’Américain Brown-Forman

    Pernod Ricard pourrait fusionner avec l’Américain Brown-Forman

    Le groupe français de spiritueux Pernod Ricard et le groupe américain Brown-Forman, propriétaire de la célèbre marque de whisky Jack Daniel’s, auraient engagé des discussions en vue d’une possible fusion, a déclaré jeudi à Reuters « une source proche du dossier ».

    Plus tôt dans la journée, l’agence Bloomberg avait rapporté que « Pernod Ricard envisageait un éventuel accord avec Brown-Forman », une annonce qui a immédiatement pesé sur le cours de l’action française. À la clôture, le titre Pernod Ricard a accusé un repli de 5,72 % à 59,94 euros . Sur le marché américain, la réaction a été inverse, l’action Brown-Forman s’envolait pour sa part de plus de 15 %.

    Avec une capitalisation boursière de l’ordre de 11 milliards de dollars (9,5 milliards d’euros environ) pour Brown-Forman, et de plus de 16 milliards d’euros pour Pernod Ricard, un éventuel rapprochement serait significatif pour le secteur.

    Cette possible fusion intervient dans un contexte délicat pour les spiritueux, confrontés depuis plusieurs années à un ralentissement des ventes. Pour faire face, Pernod Ricard a lancé un plan de restructuration visant à réaliser un milliard d’euros d’économies entre 2026 et 2029, ce qui inclut des suppressions d’emplois au premier semestre.

    Brown-Forman, de son côté, avait déjà présenté l’année dernière un vaste plan de restructuration prévoyant des suppressions d’emplois, le groupe cherchant à protéger ses marges face à la hausse des coûts des intrants, notamment des matières premières telles que l’agave et les fûts de bois. Il a aussi augmenté les prix de ses marques de whisky.

    Malgré un début d’année solide, avec des résultats trimestriels supérieurs aux prévisions, Brown-Forman a averti d’un environnement difficile pour 2026, en raison de « la volatilité macroéconomique et de l’incertitude des consommateurs ». De son côté, Pernod Ricard a enregistré un recul de son chiffre d’affaires et de son résultat opérationnel courant (ROC) au premier semestre de l’exercice 2025-2026, plombé par des conditions de marché difficiles aux Etats-Unis et en Chine.

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  • Après Ormuz, l’Iran menace de paralyser un deuxième détroit stratégique

    Après Ormuz, l’Iran menace de paralyser un deuxième détroit stratégique

    Après le blocage du détroit d’Ormuz, l’Iran menace de s’en prendre au détroit de Bab el-Mandeb. Situé au sud du canal de Suez, Bab el-Mandeb est un point de passage stratégique pour le commerce mondial, reliant la mer Rouge au golfe d’Aden. De nombreux navires l’empruntent pour relier le Moyen-Orient à l’Asie.

    Mais Téhéran pourrait ouvrir un front dans cette région en cas d’invasion américaine terrestre sur le sol iranien. D’après la presse américaine, les États-Unis envisageraient de s’emparer d’une île iranienne, l’île de Kharg, où est exportée la quasi-totalité des barils de brut iranien. Aucun ordre n’a pour le moment été donné par Donald Trump.

    Le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, par lequel transitent 20 % de la production d’or noir, a fait s’envoler les cours du baril. Le baril de Brent de la mer du Nord est encore au-dessus des 100 dollars, ce jeudi. Avant le conflit, le prix était de 70 dollars.

    Le blocage d’un nouveau détroit dans la région, celui de Bab el-Mandeb, risque de compliquer davantage le commerce d’or noir. C’est surtout l’Arabie saoudite, le premier exportateur mondial de brut, qui risque d’être pénalisée par des perturbations en mer Rouge. Depuis le blocage d’Ormuz, le pays continue d’exporter son pétrole dans la région grâce à son pipeline Petroline qui traverse le pays d’est en ouest, via le port de Yanbu sur la côte ouest. Le volume échangé via cette solution de contournement est d’environ 4 millions de barils par jour, soit 40 % de la production du pays d’avant-guerre, note pour l’AFP Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

    La position du détroit de Bab el-Mandeb. (Crédits : La Tribune)

    Un couloir pénalisé depuis 2023 par les Houthis

    Il n’empêche, le volume de pétrole brut et de produits pétroliers passant par ce détroit a déjà diminué de plus de moitié depuis 2023 et les attaques des Houthis. Ces rebelles du Yémen ont perturbé le commerce maritime mondial avec des attaques de drones et de missiles sur les navires passant par le détroit. Ils s’en prenaient notamment aux flottes occidentales, qui avaient des intérêts avec Israël. Si aucune attaque n’a eu lieu ces derniers mois, les Houthis, alliés de l’Iran, pourraient mettre à nouveau la pression dans la région. « À la moindre évolution du conflit appelant une réponse militaire, nous interviendrons sans délai (…) comme nous l’avons fait lors des phases précédentes », a même déclaré ce jeudi le chef des Houthis, Abdel Malek al-Houthi.

    Dans le détail, le passage stratégique voyait passer 9,3 millions de barils de pétrole brut et de produits pétroliers par jour en 2023, contre 4,2 millions au premier semestre 2025, d’après les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Concernant le gaz naturel liquéfié (GNL), si 4,2 milliards de pieds cubes de GNL transitaient par jour en 2023, aujourd’hui les flux sont quasi nuls.

    Le commerce maritime touché depuis 2023

    Du côté du commerce maritime, les grandes compagnies comme Maersk, Hapag-Lloyd et CMA CGM (propriétaire de La Tribune) ont déjà dû, depuis les attaques houthies, détourner les navires par le cap de Bonne-Espérance, au sud de l’Afrique. Un contournement plus long et donc plus coûteux.

    « À Bab el-Mandeb, il ne passe quasiment que des bateaux avec à leur bord de la marchandise russe, notamment le pétrole et le grain », confie à La Tribune Paul Tourret, directeur de l’ISEMAR, l’Institut supérieur d’économie maritime. Si certaines compagnies, comme Maersk, avaient recommencé de manière progressive à repasser par le canal de Suez et Bab el-Mandeb, le conflit au Moyen-Orient a redistribué les cartes. « Le passage par le canal de Suez est suspendu jusqu’à nouvel ordre, et les navires seront déroutés via le cap de Bonne-Espérance », a publié dans un communiqué CMA CGM, samedi 28 février, après le début des frappes israélo-américaines en Iran.

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  • Ultimatum dans le détroit d’Ormuz, plan américain… Le point sur les négociations entre les États-Unis et l’Iran

    Ultimatum dans le détroit d’Ormuz, plan américain… Le point sur les négociations entre les États-Unis et l’Iran

    Où en sont les négociations entre les États-Unis et l’Iran, alors que l’ultimatum lancé la semaine dernière par Donald Trump arrive à échéance ce vendredi ? Le président avait donné « 48 heures » à l’Iran samedi dernier pour rouvrir le détroit d’Ormuz, passage névralgique pour le commerce de pétrole, sous peine de frappes massives sur les centrales électriques du pays.

    Lundi, il a donné un nouveau délai, de cinq jours cette fois, pour laisser le temps au dialogue de se poursuivre. Le même jour, Donald Trump a évoqué de « très bonnes » discussions avec une « personne haut placée » non identifiée en Iran. Avant d’affirmer, ce jeudi, que l’Iran avait autorisé le passage de dix pétroliers au total dans le détroit d’Ormuz en guise de « cadeau ».

    Un plan américain en quinze mesures

    Pour le reste, Donald Trump a déclaré mardi avoir transmis un plan. Avec un objectif premier : que l’Iran ne se dote pas de l’arme nucléaire. Une proposition en 15 points a alors été communiquée à l’Iran via le Pakistan, selon des responsables pakistanais. Mais le contenu exact reste inconnu.

    D’après le New York Times et Al Jazeera, ce plan propose un cessez-le-feu d’un mois avec une reprise des discussions entamées avant la guerre. Washington demande à l’Iran de remettre son stock d’uranium enrichi, de cesser tout processus d’enrichissement, d’accepter de limiter son programme de missiles, et d’arrêter de soutenir des groupes armés dans la région.

    Si l’Iran accepte ces conditions et rouvre à la navigation le stratégique détroit d’Ormuz, Trump offrirait en échange une levée de toutes les sanctions qui asphyxient l’économie iranienne, selon les deux médias. Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a évoqué une possible réunion à Islamabad ce week-end.

    L’Iran pose ses conditions

    Côté iranien, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi parle d’échanges de messages « via des pays amis ou certaines personnes », tout en refusant d’utiliser les termes de « dialogue » ou de « négociation ». L’Iran a ainsi transmis sa réponse mercredi soir aux États-Unis et attend désormais un retour de l’autre partie, selon l’agence de presse Tasnim.

    Il a posé cinq conditions pour mettre fin aux hostilités, précise-t-elle : la fin de « l’agression », la mise en place d’un mécanisme garantissant que ni Israël ni les États-Unis ne reprendront la guerre, le versement de compensations financières, la définition claire des responsabilités et un arrêt des hostilités sur tous les fronts.

    Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, maintenait encore mercredi que l’Iran comptait « continuer à résister ». La République islamique veut « mettre fin à la guerre à ses propres conditions », soulignait-il, relevant que la seule transmission de messages ne pouvait « en aucun cas être qualifiée de dialogue ni de négociation ».

    Trump menace de prendre le contrôle du pétrole iranien

    Jeudi, Donald Trump a assuré que l’opération militaire en Iran était « extrêmement » en avance sur le calendrier initial et qu’elle finirait « bientôt ». « Nous avions estimé que cela prendrait environ quatre à six semaines pour accomplir notre mission », a dit le président américain pendant un Conseil des ministres à la Maison Blanche.

    Son émissaire spécial, Steve Witkoff, a lui assuré qu’il existait des « signaux forts » sur la « possibilité » d’un accord avec les Iraniens. « Nous verrons où ça nous mènera, si nous pouvons convaincre l’Iran que nous sommes arrivés à un point de rupture où il n’y a plus d’alternative pour eux autre que plus de morts et de destructions », a déclaré Steve Witkoff.

    Le vice-président américain, JD Vance, dit que les États-Unis avaient désormais « la capacité d’utiliser tous les outils à leur disposition pour assurer que l’Iran ne se dote jamais de l’arme nucléaire », en évoquant à la fois des options « diplomatiques » et  « militaires ». Parmi elles : prendre le contrôle du pétrole iranien. Trump a estimé que c’était une « option ».

    Les cours du pétrole en hausse

    Les cours du pétrole montent jeudi, l’Iran rejetant les discussions avec Washington et menaçant, selon une agence de presse iranienne, d’ouvrir un « nouveau front » dans le détroit de Bab el-Mandeb, crucial pour l’accès à la mer Rouge et au canal de Suez. Vers 18 h 45, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mai, prenait 5 % à 108,36 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, gagnait 4,11 % à 94,91 dollars.

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  • Aéroport Toulouse-Blagnac : Ryanair devient la première compagnie devant Air France

    Aéroport Toulouse-Blagnac : Ryanair devient la première compagnie devant Air France

    C’est un changement passé inaperçu. Ryanair est désormais la première compagnie aérienne de l’aéroport Toulouse-Blagnac avec 24% de parts de marché devant Air France (à 23%) qui détenait historiquement cette première place, selon les chiffres de la plateforme toulousaine.

    Une percée fulgurante pour la compagnie irlandaise qui a ouvert ses premières lignes dans la Ville rose fin 2016. Dès 2018, elle devient troisième compagnie de la plateforme après Air France et Easyjet avec 9% de parts de marché. 

    Le cinquième aéroport régional reste « moins dépendant que d’autres grandes plateformes régionales de la présence des low cost », faisait remarquer en 2025 Bruno Balerdi, directeur commercial d’ATB. Les compagnies à bas coût pèsent la moitié du trafic à Toulouse contre 81% à Nantes, 72% à Bordeaux ou 55% à Marseille d’après le dernier rapport de l’UAF (Union des aéroports français). Reste que le poids des low cost n’était que de 43% dans la Ville rose en 2019. Dans le même temps, Air France a perdu 800 000 passagers en cinq ans dans la Ville rose.

    Un nouveau boom du low cost est attendu dans les prochains mois avec le départ d’Air France d’Orly au profit de Transavia qui va proposer 8 vols par jour au départ de Toulouse. Cette dernière, qui a transporté 150 000 passagers en cinq ans, va monter en puissance avec au total plus de 650 000 sièges proposés sur le programme été (contre 40 000 en 2025), dont 575 000 vers Orly.

    Pour sa part, l’espagnol Volotea positionne à compter du mois de mai un deuxième avion sur la plateforme toulousaine, ce qui va augmenter d’un tiers son offre de sièges pour atteindre 710 000 sièges annuels. Volotea va ouvrir trois nouvelles destinations cet hiver (Pise, Fuerteventura et Grande Canarie). La liaison vers Lille va également doubler sa capacité pour atteindre jusqu’à deux vols par jour. 

    « Notre stratégie est d’être la compagnie des petites et moyennes villes en offrant des liaisons directes sans passer par Paris à des prix compétitifs et un haut niveau de qualité de service. Nous avons ouvert ces lignes qui étaient avant réservées à un trafic affaires à l’ensemble de la population », avançait en décembre Gilles Gosselin, directeur France de Volotea.

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  • Chimie : les syndicats de Kem One interpellent l’État sur le « désengagement » du fonds Apollo

    Chimie : les syndicats de Kem One interpellent l’État sur le « désengagement » du fonds Apollo

    Grand habitué des reprises, passé dans les mains du fonds américain Apollo fin 2021, qui vient de racheter l’enseigne Grand Frais, le fabricant de PVC, Kem One tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Après une grève initiée sur son site de Saint-Fons (près de Lyon) mi-décembre, les syndicats changent d’échelle. La coordination syndicale CGT du groupe Kem One et la Fédération Nationale des Industries Chimiques CGT (FNIC-CGT) ont directement interpellé, dans une lettre ouverte, le président de la République, le 20 mars dernier.

    En cause : le « désengagement » financier de son unique propriétaire, qui mettrait à mal « un appareil productif déjà bien fatigué », estime Didier Chaix, délégué syndical central CGT Kem One. 

    Un nouveau mouvement de grève est également annoncé pour le 31 mars prochain, sur plusieurs sites de l’industriel cette fois-ci.

    Un besoin d’investissement réel 

    A son arrivée en 2022, suite au rachat de Kem One en 2021 à Alain de Krassny, Apollo avait «de grands projets, ils voulaient faire de Kem One le noyau d’un groupe en réalisant des acquisitions», rappelle le délégué syndical. «Nous ne savions pas si Kem One serait la maison mère ou un satellite mais il y avait des projets d’extension», assure t-il. Pour la CGT, le bilan n’est pas à la hauteur des annonces, au contraire même. 

    « Depuis plusieurs mois, le fonds d’investissement Apollo, cherche à se désengager après avoir profondément dégradé la situation financière de l’entreprise. Lors de sa prise de contrôle, Kem One comptait environ 10 millions d’euros de dettes ; aujourd’hui, l’endettement atteint près de 700 millions d’euros, et les 450 millions d’euros d’obligations de l’entreprise sont désormais extrêmement décotés, proches de zéro », indique la coordination syndicale dans sa lettre ouverte qui met en cause une stratégie reposant sur les LBO. 

    «Apollo n’a pas de volonté d’investir et n’a jamais apporté de fonds propres», assure Didier Chaix. 

    Un contexte international complexe 

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  • Niveau de vie : comment le système de retraite lisse les inégalités de carrière

    Niveau de vie : comment le système de retraite lisse les inégalités de carrière

    Les informations à retenir

    Le passage à la retraite marque-t-il une rupture financière ?

    • Le taux de pauvreté recule de 12,4 % à 8,3 % dès la liquidation des droits.

    • Grâce aux revenus du conjoint, la baisse médiane du niveau de vie se limite à 9 %.

    • Après leur départ, 35 % des nouveaux retraités voient leur niveau de vie augmenter.

    Selon la direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (Drees), la retraite réduit le taux de pauvreté de 4,1 points dès la liquidation. Ce mécanisme transforme les revenus précaires en pensions stables. La part des ménages sous le seuil de pauvreté chute ainsi de 12,4 % à 8,3 %. Le système remplace l’aléa du marché du travail par une prestation prévisible. Il devient un stabilisateur social immédiat pour les nouveaux retraités.

    Entre 2012 et 2020, toutes les cohortes affichent un recul compris entre 3,2 et 4,7 points. La pension offre une stabilité que le marché de l’emploi ne garantissait plus aux carrières hachées. Elle remplace des ressources irrégulières par un revenu régulier. Pour les populations fragiles, la retraite agit comme un « revenu socle ». Le système transforme une incertitude professionnelle en une sécurité financière immédiate.

    Taux de pauvreté monétaire juste avant et juste après le départ à la retraite, pour les nouveaux retraités en 2020 (Crédits : Drees)

    Le niveau de vie préservé par l’effet ménage

    Il faut distinguer la pension brute du niveau de vie réel. Pour un actif, la pension individuelle est 25 % inférieure au dernier salaire. Pourtant, la structure du foyer amortit ce choc. En intégrant le patrimoine et les revenus du conjoint, la baisse médiane se limite à 14 %.

    Le calcul final intègre la fiscalité et la taille du ménage. Après ces ajustements, la baisse médiane ne dépasse pas 9 %. Plus d’un tiers des retraités (35 %) voient même leur niveau de vie progresser. La solidarité et la mutualisation au sein du couple jouent un rôle moteur dans ce maintien.

    Répartition selon la catégorie de niveau de vie juste avant et juste après le départ à la retraite, pour les nouveaux retraités en 2020
    Répartition selon la catégorie de niveau de vie juste avant et juste après le départ à la retraite, pour les nouveaux retraités en 2020 (Crédits : Drees)

    Les chômeurs et invalides sont les premiers gagnants

    Les inégalités de carrière ne s’effacent pas lors de la signature du relevé de situation. Toutefois, certains profils bénéficient d’un gain net immédiat. C’est le cas des personnes au chômage ou en invalidité avant la liquidation. Leur niveau de vie grimpe de 9 % pour les ex-chômeurs et de 4 % pour les invalides.

    La retraite met fin au sous-emploi ou à la dépendance aux allocations sociales. À l’inverse, la durée de cotisation reste un facteur discriminant majeur. Les retraités au taux plein ont une pauvreté inférieure de 13 points aux autres. Il s’agit de ceux qui attendent l’âge d’annulation de la décote (AAD). Les célibataires et les locataires du parc social restent les catégories les plus exposées.

    Un tassement social sans remise en cause des hiérarchies

    La distribution des revenus se tasse vers le centre de l’échelle. La mobilité sociale reste modérée. En effet, 50 % des retraités conservent leur catégorie de niveau de vie initiale. Parmi les 41 % qui changent de tranche, la transition se fait vers une catégorie adjacente.

    La part des retraités « aisés » recule d’environ 6 points. Parallèlement, la catégorie des revenus « modestes » progresse de 3,9 points. Ce groupe se situe entre le seuil de pauvreté et 90 % du niveau de vie médian. Le système produit moins de très hauts et de très bas revenus.

    La retraite homogénéise les conditions de vie. Elle reste cependant le miroir fidèle des positions acquises pendant 40 ans de travail. Les interruptions de carrière se traduisent mécaniquement par des pensions plus faibles.

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  • « On concerte, on calibre, on étudie » : le gouvernement prépare des mesures face à la flambée du prix des carburants

    « On concerte, on calibre, on étudie » : le gouvernement prépare des mesures face à la flambée du prix des carburants

    « En France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées », scandait l’Agence sur les économies d’énergie après le choc pétrolier de 1973. Quelles sont donc celles que Roland Lescure a derrière la tête pour faire face à la hausse du prix des carburants due à la guerre au Moyen-Orient ? Après avoir indiqué la veille, par la voix de la ministre de l’Énergie, Maud Brégeon, qu’« aucune aide directe » n’était validée, le gouvernement dévoilera des mesures dans « les tout prochains jours », a annoncé le ministre de l’Économie ce jeudi.

    Mais le contour de ces mesures, qui avaient été promises mardi par le Premier ministre Sébastien Lecornu, semble encore flou. « Ce que je peux vous dire, c’est qu’on concerte, on calibre, on étudie, et que dans les tout prochains jours on sera en mesure d’annoncer des mesures nouvelles », a déclaré Roland Lescure sur RTL. « On regarde ce qu’on appelle les gros rouleurs. Mais on va le faire, là encore, de manière ciblée », a ajouté le ministre de l’Économie.

    Des mesures de trésorerie pour payer les factures

    « Le problème à court terme, c’est de pouvoir payer les factures. Donc c’est des problèmes de trésorerie », a-t-il estimé. « Et donc première salve si je puis dire, on annonce des mesures de trésorerie qui vont permettre aux entreprises, les transporteurs routiers, les pêcheurs, qui ont des problèmes pour payer leur facture d’essence, de la payer », a-t-il promis. Lundi, le gouvernement a déjà annoncé des « mesures immédiates pour soulager la trésorerie » des entreprises de pêche.

    Parmi ces mesures, un « échelonnement des cotisations sociales » avec « un délai de paiement sans frais ni majoration sera accordé aux entreprises de pêche qui en feront la demande », un « étalement des échéances fiscales » et des « prêts de trésorerie garantis par Bpifrance », selon un communiqué du ministère de la Mer et de la Pêche. Mais pas de remise directe à la pompe, des discussions étant « en cours avec les metteurs en marché pour activer les incitations fiscales mobilisées en 2024 ».

    Des précisions ont été apportées dans la foulée ce jeudi par le ministre des PME et du Pouvoir d’achat Serge Papin, sur Europe 1/CNews, au sujet de ces aides pouvant également viser les « agriculteurs ». « La BPI (banque publique d’investissement) va proposer des prêts bonifiés, garantis par l’État, pour aider à la trésorerie », a déclaré Serge Papin. « Deuxièmement, sur le plan fiscal, sur le plan social, les services de l’État vont différer les paiements », a-t-il ajouté.

    Mais pas de remise à la pompe

    Roland Lescure a, en tout cas, de nouveau exclu des rabais sur la TVA, des taxes d’un montant variable ou des plafonnements des prix à la pompe, autant de mesures que le gouvernement estime contre-productives ou trop complexes à mettre en œuvre. Selon le ministre, « il n’y a pas de formule magique » pour empêcher la hausse des prix dans les stations-essence. « Des chèques qui seraient mis sur la table demain et seraient payés après-demain par le contribuable », a averti Maud Bregeon mercredi.

    Des aides directes ont pourtant été mises en place chez nos voisins. L’Espagne a présenté un plan de 5 milliards d’euros incluant une baisse de la TVA et une remise allant jusqu’à 30 centimes par litre de carburant à la pompe. En Italie, un décret-loi a réduit le prix des carburants de 25 centimes par litre. Des mesures similaires de réduction des taxes sur les carburants ont été prolongées au Portugal et votées en Suède. Et l’Allemagne a interdit aux stations-service d’augmenter leurs prix plus d’une fois par jour.

    Mais ces mesures ont un coût et « la réalité des finances publiques, c’est un déficit à 5 % que nous devons impérativement tenir », a rappelé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon. « Si on était au niveau de déficit de l’Italie ou de l’Espagne, on aurait des marges de manœuvre de 80 à 90 milliards de dollars pour faire face à ce choc », a déclaré Patrick Martin sur BFM Business mercredi. Mais « on ne peut pas aller plus loin » que des mesures de trésorerie parce que « le roi est nu », s’est-il désolé.

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