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  • Or : la Banque de France délaisse New York pour Paris (et empoche 12,8 milliards d’euros)

    Or : la Banque de France délaisse New York pour Paris (et empoche 12,8 milliards d’euros)

    12,8 milliards d’euros. C’est la plus-value que la Banque de France (BdF) a annoncé avoir enregistré dans le cadre d’un processus de rationalisation de ses réserves d’or ce mardi 24 mars. Depuis 2005, la banque centrale française remplace progressivement ses avoirs en or anciens ou non conformes aux normes internationales par des lingots répondant aux normes modernes, évitant ainsi les démarches liées au raffinage.

    Un audit interne, datant de 2024, recommandait à la BdF de finaliser ce processus pour son stock d’or résiduel encore conservé à New York, représentant 5 % de ses réserves totales d’or.

    La Banque de France s’applique depuis plusieurs années à faire fondre, généralement en Suisse, certaines de ses barres d’or en réserve pour en fabriquer de nouvelles avec un taux de pureté plus élevé, au-delà des 99,5 %, qui correspond aux « standards les plus modernes » de préservation de l’or.

    L’institution possédait 129 tonnes d’or au sein de la Réserve fédérale américaine, mais ne souhaitait pas les faire fondre aux États-Unis ni les rapatrier par bateau sur le Vieux Continent, ce qui aurait été très coûteux. La Banque de France a donc vendu ces 129 tonnes d’or et les a rachetées en Europe, lui permettant d’enregistrer au passage un large bénéfice dans sa comptabilité du fait de la différence entre le cours actuel de l’or, très élevé, et les cours d’achat.

    Au total, 26 opérations portant sur ce stock ont été effectuées entre juillet 2025 et janvier 2026, permettant de générer une plus-value exceptionnelle de 11 milliards d’euros au titre de l’exercice 2025 et 1,8 milliard d’euros pour 2026.

    Les nouveaux lingots stockés à Paris et non plus à New York

    Ce processus sur l’or américain est désormais achevé. Le volume total des réserves d’or de la BdF est resté inchangé, à environ 2 437 tonnes, mais les nouveaux lingots sont désormais stockés à Paris et non plus à New York.

    Pour le gouverneur de la BdF, François Villeroy de Galhau, le remplacement des stocks américains par des stocks situés en France n’a pas été motivé par des considérations politiques, mais en raison de la qualité supérieure de l’or négocié sur le marché européen. La Banque de France a indiqué détenir encore 134 tonnes d’or, principalement des lingots et des pièces anciennes conservés à Paris, qu’elle doit remettre aux normes d’ici 2028.

    La plus-value exceptionnelle réalisée a permis à la banque centrale d’afficher un bénéfice net de 8,1 milliards d’euros pour 2025, après une perte nette de 7,7 milliards d’euros l’année précédente. 

    La baisse des taux directeurs de la BCE

    Autre facteur de ce bon résultat 2025 : la baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) l’année dernière, dont le taux auquel la banque centrale rémunère l’argent déposé par les banques commerciales à la BCE. Du fait d’une inflation en baisse en 2025, la Banque centrale a progressivement baissé ce taux de 3 % en début d’année à 2 % à partir de juin 2025.

    Ce qui donne, pour la Banque de France, un taux moyen de rémunération des dépôts des banques commerciales de 2,3 % sur l’année contre 3,7 % en 2024 et qui permet à l’institution d’augmenter de 10,2 milliards d’euros son revenu dit « monétaire ».

    François Villeroy de Galhau a assuré qu’avec 283 milliards d’euros de situation nette, c’est-à-dire l’argent « en théorie disponible pour faire face à tout choc monétaire », la Banque de France était capable d’affronter « n’importe quel choc » à venir. Il s’agissait des derniers résultats annuels présentés par le gouverneur de la Banque de France. Après onze ans de service, François Villeroy de Galhau a annoncé qu’il quitterait l’institution en juin, avant la fin de son mandat.

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  • Hydrogène : HDF Energy renonce à un tiers de ses projets et priorise la mise en service d’une centrale

    Hydrogène : HDF Energy renonce à un tiers de ses projets et priorise la mise en service d’une centrale

    « L’hydrogène est un marché en forte croissance, il a été multiplié par dix en six ans, mais cela reste un marché émergent, une fois passée l’euphorie initiale de 2020-2021 », dépeint Damien Havard, le PDG et fondateur de HDF Energy. Une situation paradoxale qui s’applique aussi à l’année 2025, traversée par l’entreprise bordelaise créée en 2012 pour fabriquer des piles à hydrogène à forte puissance et des centrales mêlant production d’électricité solaire et stockage sous forme d’hydrogène.

    Si HDF Energy a bien mis en service son centre d’essais de piles à combustibles logé dans son usine flambant neuve de Blanquefort près de Bordeaux et paraphé un accord stratégique avec le géant ABB sur le marché du transport maritime. Après des mois d’attente, la société cotée sur Euronext Paris a aussi formellement signé en décembre la subvention PIEEC (projet important d’intérêt européen commun) dont les versements s’étaleront jusqu’en 2031 pour un montant maximal faramineux de 169 millions d’euros.

    Mais l’entreprise a aussi été contrainte de passer au crible tous ses projets situés aux quatre coins du monde. « On est allés conquérir le monde avec parfois un peu de naïveté et on avait globalement du retard sur beaucoup de projets. Face à la réalité du marché, on a choisi d’en abandonner certains et d’en réduire d’autres pour ne pas dépenser trop de cash là où ça n’avance pas assez vite », explique Damien Havard. « Au total, un tiers de projets ont disparu du pipeline parce que nous voulons être plus sélectifs », ajoute le PDG, assurant que « le gros du travail de rationalisation » du portefeuille est désormais achevé.

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  • En provoquant un choc d’inflation, la crise iranienne va nuire à l’économie tricolore

    En provoquant un choc d’inflation, la crise iranienne va nuire à l’économie tricolore

    Cela fera un mois, samedi 28 mars, que les Etats-Unis et Israël ont entrepris une guerre aérienne contre l’Iran. Ce conflit imprévu au Moyen-Orient, à la durée et à l’issue très incertaines, va peser sur la trajectoire de l’économie française en 2026. Et notamment au second semestre. D’autant que « l’hypothèse d’une crise passagère, dont les conséquences économiques s’effaceraient avec la fin des bombardements, n’est désormais plus d’actualité », a reconnu, mardi 24 mars, le ministre de l’Economie Roland Lescure, face à la commission des finances de l’Assemblée nationale.

    En attendant des vents mauvais, la croissance « bien que fragilisée, résisterait au premier semestre, avec +0,2 % par trimestre et + 0,9 % d’acquis à mi-année, soit déjà autant que pour l’ensemble de l’année 2025 », anticipe l’Insee dans sa note de conjoncture publiée mardi. Pour le dire simplement, jusqu’à l’été, la France devrait plutôt s’en tirer, portée par une année 2025 convenable sur le plan de l’activité — +0,9 % de croissance, après +1,1 % en 2024 — et deux secteurs industriels majeurs : l’aéronautique et la défense.

    Mais le blocage du Détroit d’Ormuz — par lequel transitait chaque jour près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole avant le début du conflit — et l’endommagement par l’Iran d’infrastructures énergétiques situées dans des pays arabes voisins (Qatar, Emirats Arabes Unis, etc.) a provoqué, depuis près de quatre semaines, une flambée du cours du pétrole (+60 %) et du gaz (+70 %). Ce mardi, en fin d’après-midi, le cours du baril de Brent affichait plus de 104 dollars — il s’établissait à 63 dollars en moyenne fin 2025.

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  • Comment les PME industrielles réduisent leur facture énergétique grâce aux diagnostics climat

    Comment les PME industrielles réduisent leur facture énergétique grâce aux diagnostics climat

    « On l’a vu ces dernières années, il y a un backlash [retour de bâton] écologique dans une partie de la sphère politique. Mais du côté des entreprises, j’observe qu’elles accélèrent leur transformation écologique ». Cet optimisme est porté par Isabelle Albertalli, la directrice climat de Bpifrance qui présentait ce mardi 24 mars le bilan de la banque publique d’investissement sur cet enjeu.

    La manière d’en parler aux entrepreneurs a changé, pourtant.

    « Aujourd’hui, on leur en parle surtout en termes financiers. Combien le risque environnemental va-t-il leur coûter ? Comment s’adapter permet d’économiser et fait gagner en compétitivité ? »

    Approche pragmatique

    Dans cet esprit pragmatique, Bpifrance a lancé ses « diagnostics climat » en 2021. Ce programme est mené en partenariat avec les experts de l’Ademe (Agence de la transition écologique). Destiné aux PME et ETI de moins de 500 salariés, cet accompagnement personnalisé propose trois niveaux d’analyse. Les entreprises souscriptrices peuvent choisir le parcours complet ou une seule étape.

    Le « Diag Décarbon’Action » mesure d’abord les émissions carbonées. Le « Diag Eco-Flux » analyse ensuite l’utilisation d’énergie, d’eau, de matières et la production de déchets. Enfin, le « Diag Adaptation » permet de construire un plan d’action hiérarchisé. L’objectif est d’atténuer les vulnérabilités climatiques et de chiffrer le coût des mesures.

    Un dispositif qui réduit les factures

    Cinq ans après son lancement, quel est le bilan du dispositif ? Selon une étude de Bpifrance, on note « un effet significatif » des « Diags climat » sur la « consommation d’énergie ». La « propension à investir dans la dépollution » augmente également.

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  • Free : l’opérateur se rêve en géant européen des infrastructures cloud et IA

    Free : l’opérateur se rêve en géant européen des infrastructures cloud et IA

    Les informations à retenir

    • Iliad accélère dans le cloud et l’IA. Porté par les enjeux de souveraineté, l’opérateur veut devenir un acteur majeur des infrastructures numériques en Europe, au-delà des télécoms.

    • Scaleway se développe. Le cloud souverain de cette filiale d’Iliad, basé sur des technologies internes et open source, attire des clients publics.

    • Des investissements importants et stratégiques. 4 milliards d’euros seront investis d’ici à 2030, notamment dans des data centers, par le groupe.

    Devenir un leader des infrastructures numériques en Europe, c’est l’ambition assumée du groupe Iliad, maison mère de l’opérateur Free appartenant à Xavier Niel. Ce qui explique pourquoi ses dirigeants ont presque davantage parlé de cloud et d’IA que de télécom lors de la présentation des résultats financiers 2025 à la presse, ce mardi 24 mars.

    Pourtant, ce groupe aux 52 millions de clients dans le monde a tiré de son cœur d’activité d’opérateur l’essentiel de ses 10,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires l’année dernière. Comment expliquer un tel positionnement ? Tout simplement parce que le contexte géopolitique troublé et l’essor de l’intelligence artificielle lui donnent l’occasion de renforcer ses activités de cloud computing et d’hébergement, lancées dès la fin des années 1990. Et peut-être même de jouer un rôle de premier plan en matière de souveraineté en Europe.

    Le pari de l’autonomie logicielle

    Sa filiale de cloud computing Scaleway, qui était déjà présente en France, en Pologne et aux Pays-Bas, vient en effet de lancer une nouvelle région cloud en Italie et se prépare à le faire en Suède et en Allemagne. Et elle profite à plein de l’intérêt des entreprises et organisations européennes pour des solutions technologiques offrant une certaine autonomie par rapport aux États-Unis.

    Si Iliad n’est pas le seul à se positionner sur le cloud souverain, sa filiale a fait le choix de développer en interne la partie stack logicielle à partir de solutions open source et avec une équipe de 350 développeurs. « C’est la force de développeurs actuellement la plus importante en Europe », a tenu à souligner le directeur général d’Iliad Thomas Reynaud.

    Le bon timing

    Un positionnement unique initié il y a quelques années déjà et qui finit seulement par payer depuis que l’imprévisible Donald Trump est revenu au pouvoir. Avec deux belles prises récentes de clients : la mairie de Copenhague, ainsi que la Commission européenne dans le cadre du projet d’euro numérique de la Banque centrale européenne. Citons encore France Télévisions qui est en train de rapatrier les données de ses programmes hébergées auparavant par l’américain AWS.

    Cette stratégie est-elle risquée ? « Il va y avoir une volonté de souveraineté forte en Europe, c’est une certitude, avec la nécessité de faire émerger des acteurs locaux », analyse Sylvain Chevallier, associé au sein du cabinet Bearing Point, en charge des secteurs télécom et tech. « Mais cela reste un pari parce que les investissements sont conséquents et que les revenus ne seront pas tout de suite au rendez-vous. Ils se disent probablement qu’ils auront plus de chance en se positionnant tôt et fort ». C’est aussi probablement le moment idéal pour se lancer, alors que le gros des investissements dans les réseaux de fibre optique et 5G est passé.

    Deux gros projets de data centers

    Côté data center, le groupe développe deux gros projets en France, avec l’ambition de « dépasser les 300 mégawatts (MW) de capacité d’ici à 2034 », a encore précisé Thomas Reynaud. Le premier, déjà bien avancé, se situe dans le Val-d’Oise avec l’objectif d’atteindre 120 MW et des premières capacités livrées dès 2027. La commercialisation serait en cours, avec notamment des hyperscalers comme clients. 

    Le deuxième projet, porté par le consortium AION, se situera en Seine-et-Marne et en partenariat avec EDF. Il s’agit de créer un data center entièrement dédié à l’intelligence artificielle avec une capacité qui pourrait être comprise entre 250 et 300 MW. Bien que le site soit choisi et que la procédure de raccordement électrique accélérée soit lancée, le projet en est encore au stade des autorisations administratives. Il pourrait être éligible à l’appel d’offres que la Commission européenne s’apprête à lancer sur les gigafactories. « L’objectif, c’est de proposer la meilleure plateforme infrastructure et logicielle permettant d’accéder à l’IA en ayant la maîtrise logicielle la plus complète », a commenté Aude Durand, directrice générale déléguée du groupe Iliad.

    Cloud, data center, puissance de calcul, le groupe Iliad fait un véritable pari sur l’avenir en choisissant d’investir de façon conséquente dans ces activités qui pouvaient sembler de prime abord périphériques. « Sur les 5 à 6 prochaines années, nos investissements sur ces nouveaux métiers devraient s’établir à environ 4 milliards d’euros », nous a précisé Thomas Reynaud. Avec l’espoir de tirer profit à moyen terme de cette stratégie.

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  • Stellantis redémarre en Europe grâce à ses petites voitures, mais la route est encore longue

    Stellantis redémarre en Europe grâce à ses petites voitures, mais la route est encore longue

    Stellantis est le seul constructeur, hormis les groupes chinois, à accroître ses ventes et sa pénétration en Europe (Grande-Bretagne, Suisse, et Norvège comprises). Sur les deux premiers mois de 2026, le groupe franco-italo-américain a accru ses immatriculations de 8,2 %. La marque Citroën progresse de 11,7 %, Opel-Vauxhall de 21 % et Fiat de 36,9 %, d’après les statistiques de l’Acea (Association des constructeurs européens) publiées ce mardi. Dans le même temps, le groupe Volkswagen reculait de 1,1 %, BMW de 5,6 %, Toyota de 7,2 %, le coréen Hyundai-Kia de 8,4 % et Renault (avec Dacia) de 14,7 % ! Dans ce contexte, la part de marché de Stellantis remonte à 17,3 %. Elle atteint 17,9 % en incluant la marque chinoise Leapmotor, dont le groupe contrôle 51 % des activités internationales. Stellantis, traditionnel second du continent, n’avait pas été proche à ce point du leader européen Volkswagen (26,4 %) depuis longtemps.

    Citroën profite de la pleine cadence des petites Citroën C3 (à partir de 15 990 euros) produites à Trnava (Slovaquie). Lancés en 2024 après une gestation tumultueuse en Inde, ces véhicules ont eu des débuts commerciaux difficiles. La firme a tardé à résoudre les différents bugs dont ils souffraient. Le site a donc eu beaucoup de mal à accroître ses rythmes de fabrication. Il a préféré se concentrer sur la résolution des problèmes de qualité. Mais tout semble enfin rentré dans l’ordre et les véhicules commandés sont enfin livrés. Chez Fiat, la croissance s’explique aussi par l’arrivée de nouveaux petits modèles. Commercialisée l’an dernier et produite à Kragujevac (Serbie), la Grande Panda (à partir de 16 400 euros) commence à s’imposer, surtout en Italie. Là aussi, les débuts ont été plus lents que prévu. La voiture apparaissait bien chère par rapport à l’ancienne Panda qu’elle était censée remplacer.

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  • La néobanque Revolut a enchaîné les succès en 2025

    La néobanque Revolut a enchaîné les succès en 2025

    La fintech Revolut publie à nouveau des résultats canons. Les revenus progressent en 2025 de 45% à 5,3 milliards d’euros et le résultat net s’envole de 65% à 1,5 milliard d’euros. En trois ans, le chiffre d’affaires aura été multiplié par 2,5 et le profit net par 4,5. C’est dire que la société est en croissance. Le coût des ventes est de l’ordre de 1,1 milliard d’euros et les charges de 2,1 milliards d’euros, laissant une marge opérationnelle de près de 40 %.

    Le ROE (rentabilité sur fonds propres) avoisine les 25 % et la société, lancée en 2015, a été valorisée 75 milliards de dollars en novembre dernier lors d’un reclassement interne de titres détenus par des salariés.

    La fintech multiplie les demandes d’agrément bancaire – elle vient de l’obtenir au Royaume-Uni après cinq ans d’attente – mais elle n’est pas encore tout à fait une banque, du moins au regard de la structure de ses revenus. Les commissions concentrent en effet 75 % des revenus et la marge d’intérêt un cinquième. De fait, ses encours de crédit sont de 2,5 milliards d’euros, en forte hausse certes (+ 120 %), mais encore limités pour l’essentiel au crédit à la consommation. La société fait une entrée prudente sur le marché du crédit immobilier, en débutant sur son marché natif, la Lituanie. Le lancement d’une offre est annoncé en France depuis deux ans. Côté épargne, le solde moyen par compte est d’environ 750 euros.

    Un nouveau compte sur trois en Europe

    Ce qui fait toujours la force de Revolut est sa capacité à enrôler de nouveaux clients. Les abonnements sont ainsi en hausse de 67 % pour générer près de 830 millions d’euros de revenus alors que les recettes sur les paiements par carte sont en progression de 45 % à 1,2 milliard d’euros.

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  • Drones : Armées et industriels intensifient leur coopération à Bordeaux

    Drones : Armées et industriels intensifient leur coopération à Bordeaux

    La Nouvelle-Aquitaine, terre de drones ? Ce n’est plus seulement la technopole Bordeaux Technowest et son centre d’essai à longue élongation qui l’affirment. « Tous les ingrédients sont réunis pour que la région joue un rôle déterminant dans notre stratégie de défense et qu’elle devienne un centre de gravité national du drone », a ainsi déclaré le général Stéphane Groën, officier général de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest. Il s’est exprimé, le 20 mars à Bordeaux, devant des utilisateurs, concepteurs, décideurs et employeurs, soit plus d’une soixantaine d’acteurs du drone conviés conjointement par les Armées et la Région Nouvelle-Aquitaine.

    « Il n’y aura pas de supériorité opérationnelle sans supériorité aérienne, du sol jusqu’à la très haute altitude », a posé d’emblée le haut-gradé avant de rappeler qu’au niveau national, les moyens consacrés aux drones et à la lutte anti-drone sont croissants : « En 2025, la loi de programmation militaire prévoyait 450 millions d’euros d’investissement. En 2026, l’enveloppe grimpe à 600 millions auxquels s’ajoute un investissement supérieur à 900 millions d’euros pour le système de défense sol-air. »

    Dans ce contexte, les entreprises françaises sont mises à contribution, mais encore faut-il connaître précisément les besoins pour être en mesure d’y répondre. C’est tout l’objet de cette journée qui a permis aux différentes armées de les exprimer. Du côté de l’Armée de l’air et de l’espace, l’emploi de drones dans la lutte anti-drone est une priorité, sur le défi de l’arrière, pour surveiller des bases aériennes, des sites sensibles ou intercepter une menace.

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  • EDF : Bruxelles lance une enquête sur les aides françaises au nucléaire

    EDF : Bruxelles lance une enquête sur les aides françaises au nucléaire

    Les informations à retenir

    L’UE peut-elle stopper le plan nucléaire français ?

    • L’ouverture de l’enquête en avril pourrait décaler la mise en service du premier réacteur prévue en 2038.

    • Bruxelles craint qu’EDF, qui assure déjà 75 % de la production, ne verrouille le marché.

    • L’Autriche prépare des recours contre tout feu vert de la Commission.

    La Commission européenne devrait ouvrir une enquête le mois prochain sur les aides d’État accordées par la France à EDF, selon l’agence de presse Reuters. Cette décision fait suite à des craintes sérieuses sur le renforcement de la position dominante de l’électricien public. Paris a déposé l’an dernier une demande d’approbation pour soutenir la construction de six nouveaux réacteurs de type EPR2.

    La Commission devrait ouvrir une enquête le mois prochain

    Ce délai supplémentaire imposé par Bruxelles risque de retarder un calendrier industriel déjà tendu. Le dispositif de soutien repose sur un prêt public bonifié couvrant jusqu’à 60 % des coûts de construction. Un mécanisme de “contrats pour différence” sur l’électricité produite doit assurer le remboursement de ces sommes.

    Un monopole de 75 % dans le viseur de la concurrence

    Les régulateurs européens souhaitent disposer de temps pour examiner ce projet, l’un des plus grands chantiers publics français depuis des décennies. Bruxelles craint que ces six nouveaux réacteurs ne renforcent encore la part de marché d’EDF. Le groupe assure déjà plus de 75 % de la production nette d’électricité en France. Cette puissance inquiète les services de la concurrence.

    Ce projet pourrait consolider encore la position d’EDF, fausser la concurrence et empêcher de nouveaux acteurs d’entrer sur le marché.

    L’exécutif européen veut s’assurer que l’aide publique ne crée pas une barrière infranchissable pour les autres fournisseurs d’énergie. EDF et la Commission européenne ont refusé de commenter ces informations pour l’instant.

    Une dérive financière confirmée à 72,8 milliards d’euros

    Le coût du programme nucléaire ne cesse de croître. Fin 2025, EDF a révisé à la hausse le coût prévisionnel des six réacteurs. L’estimation atteint désormais un maximum de 72,8 milliards d’euros, contre 67,4 milliards en 2023. Ces chiffres, exprimés en euros de 2020, illustrent la complexité technique et financière de la filière EPR2.

    Cette inflation des coûts rend l’approbation de Bruxelles encore plus délicate. Chaque euro public injecté doit être justifié au regard des règles du marché unique. Le plan français vise à ajouter environ 10 gigawatts de capacités pour renouveler un parc vieillissant. La première mise en service reste officiellement fixée à 2038, mais l’ombre d’une enquête prolongée plane sur cette échéance.

    L’Autriche en embuscade juridique

    L’enquête de la Commission répond aussi à une nécessité de protection juridique. En bâtissant un dossier solide dès maintenant, Bruxelles espère limiter les risques de recours. Le gouvernement autrichien, opposé par principe au nucléaire, pourrait engager une action en justice contre un éventuel feu vert de l’UE.

    Vienne a déjà contesté des aides d’État pour des projets nucléaires en Hongrie et au Royaume-Uni. Un recours juridique victorieux devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) serait une catastrophe industrielle pour la France. La Commission veut donc s’assurer que ses conclusions sont inattaquables avant de valider le financement français.

    Les mécanismes de financement sous pression

    Le cœur de la discorde réside dans les « contrats pour différence » (CfD). Ce système garantit à EDF un prix de vente fixe pour son électricité. Si les prix de marché tombent sous ce seuil, l’État compense la différence. Si les prix s’envolent, l’électricien reverse le surplus à la collectivité. Ce modèle est perçu comme une aide d’État déguisée s’il n’est pas calibré avec précision.

    Le ministère français des Finances n’a pas répondu aux demandes de commentaires sur ces points techniques. La France plaide pour une souveraineté énergétique accrue et une décarbonation rapide grâce à l’atome. Pourtant, les règles de la concurrence européenne ne prévoient aucune exception automatique pour les objectifs climatiques.

    Un test pour la relation Paris-Bruxelles

    Ce dossier devient un test politique pour la Commission européenne. D’un côté, la France pousse pour une reconnaissance du nucléaire comme énergie de transition. De l’autre, des pays comme l’Allemagne ou l’Autriche défendent une vision strictement renouvelable. La décision d’ouvrir une enquête montre que l’exécutif européen refuse de céder aux pressions de Paris sans un examen minutieux des faits.

    Pour les investisseurs, cette incertitude est un signal d’alerte. Le financement de 73 milliards d’euros repose sur une stabilité réglementaire totale. Si Bruxelles impose des conditions drastiques, comme une ouverture forcée du capital d’EDF ou une cession d’actifs, la structure même du projet pourrait changer.

    L’horizon 2038 s’assombrit

    Le premier béton du premier réacteur EPR2 doit être coulé dans les prochaines années pour respecter la cible de 2038. Chaque mois d’enquête à Bruxelles est un mois de perdu pour les décisions d’investissement final (FID). EDF doit déjà gérer les retards accumulés sur le chantier de Flamanville 3, ce qui réduit sa marge d’erreur.

    La France doit désormais convaincre que son plan nucléaire ne tue pas la concurrence mais assure la stabilité du réseau européen. La bataille ne fait que commencer dans les couloirs de la direction générale de la Concurrence. L’issue de ce bras de fer déterminera la physionomie du marché de l’énergie pour les cinquante prochaines années.

    L’ouverture officielle de l’enquête attendue en avril 2026 marquera le début d’une période de haute tension diplomatique. La France devra justifier chaque milliard d’euros injecté devant des régulateurs qui craignent un retour au monopole d’État.

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  • UE-Australie : une relation commerciale qui profite davantage aux Européens

    UE-Australie : une relation commerciale qui profite davantage aux Européens

    Huit ans. C’est le temps qu’il aura fallu à l’Union européenne et l’Australie pour négocier et aboutir à un accord de libre-échange. Il a été signé ce mardi à Canberra, la capitale du pays-continent, par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le Premier ministre australien, Antony Albanese. Il doit toutefois encore obtenir l’approbation du Conseil européen pour entrer en vigueur.

    L’objectif réciproque des deux partenaires à travers ce traité est simple : diversifier les débouchés de leurs exportations pour faire face aux pressions des États-Unis et de la Chine. L’UE s’attend à augmenter ses exportations vers l’Australie d’un tiers au cours de la prochaine décennie.

    Côté australien, l’exécutif estime que l’accord permettrait à l’Australie de gagner 10 milliards de dollars australiens (6,1 milliards d’euros) en termes d’échanges commerciaux.

    Des échanges qui profitent davantage à l’UE

    Actuellement, les Vingt-Sept sont le troisième partenaire commercial de l’Australie en ce qui concerne les échanges de biens, derrière la Chine et le Japon. Ils pourraient même chiper la place de deuxième grâce à cet accord et l’intensification attendue du commerce, selon le gouvernement australien.

    Dans le détail, les échanges de biens ont dépassé les 47 milliards d’euros en 2025, représentant 8,6 % du commerce australien. Les Européens sont davantage gagnants puisqu’ils ont envoyés pour près de 37 milliards d’euros de marchandises vers l’Australie. À l’inverse, ils ont importé pour 10 milliards d’euros. Parmi les principaux biens échangés : des machines, des produits chimiques, des équipements de transport et des minerais.

    La situation est quasiment similaire concernant les échanges de services. Ils ont représenté 42 milliards d’euros en 2024, dernières données disponibles. Répartis entre 31 milliards d’euros de services exportés par l’UE vers l’Australie, contre 11 milliards d’euros d’importations de services australiens. Ces échanges ont principalement concernés des services de télécommunications, d’informatique et d’information, des services professionnels, scientifiques et techniques, des services de voyage et des services de transport.

    Les échanges de biens et services entre l’UE et l’Australie avant l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange. (Crédits : © Agathe Perrier, La Tribune)

    La relation entre l’UE et l’Australie s’est fortement intensifiée au cours des dix dernières années. Les échanges de biens ont progressé de presque +50 % quand ceux des services ont bondi de +138 %, illustrant la volonté des deux parties d’accentuer leur partenariat.

    Et la France dans tout ça ?

    La France figure à la troisième marche du podium des partenaires les plus importants de l’Australie parmi les Vingt-Sept membres de l’UE.

    Plus globalement, l’Hexagone est le 15ème plus gros fournisseur de l’Australie en termes de biens, avec des exportations ayant atteint 4,1 milliards d’euros en 2024. Elle s’affiche en revanche comme son 23ème plus gros client, ayant importé pour 1,4 milliard d’euros de marchandises la même année.

    Du côté des services, les exportations de la France vers l’Australie se sont élevées à 2,6 milliards d’euros en 2024 et les importations à 1,2 milliard.

    Les entreprises européennes plébiscitent le sol australien

    Les relations commerciales entre l’UE et l’Australie ne s’arrêtent pas seulement aux échanges de biens et de services. Les Vingt-Sept sont, en outre, la deuxième source d’investissements directs étrangers (IDE) en Australie, après les États-Unis.

    Cela signifie que les entreprises européennes font partie de celles qui investissent le plus dans le pays-continent. Pays-Bas, Allemagne et France forment ainsi le « top 3 » des plus gros investisseurs de l’UE, selon les données de l’ambassade française.

    Au total, les investissements des entreprises européennes sur le sol australien ont représenté plus de 120 milliards d’euros en 2024.  Ils ont été particulièrement importants dans des secteurs tels que les énergies renouvelables, les infrastructures, les transports et la fabrication avancée.

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