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    Évasion fiscale : 3 550 milliards non imposés en 2024, plus que la richesse produite en France

    INFOGRAPHIE. La richesse non imposée dissimulée dans les paradis fiscaux a représenté 3 550 milliards de dollars en 2024. Soit un niveau supérieur à celle produite en France en un an. Si ce montant est en baisse comparé à dix ans en arrière, il illustre néanmoins les limites des mesures contre l’évasion fiscale mises en place par les États.

    3 550 milliards de dollars (environ 3 000 milliards d’euros) : tel est le montant colossal des sommes non imposées abritées dans des paradis fiscaux et des comptes non déclarés en 2024, d’après une étude de l’ONG Oxfam sortie ce jeudi.

    « Les ultrariches exploitent toujours les systèmes délocalisés pour échapper à l’impôt et dissimuler leurs actifs », déplore l’organisation spécialisée dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités, qui profite de l’anniversaire des dix ans du scandale des « Panama Papers » pour remettre le sujet de l’évasion fiscale sur le devant de la scène (lire l’encadré).

    Concrètement, cet argent non imposé dépasse la richesse produite en France en un an. Son montant est en effet supérieur à celui du produit intérieur brut (PIB) tricolore, septième puissance économique mondiale, qui s’est élevé à 3 160 milliards de dollars en 2024 selon la Banque mondiale (2 600 milliards d’euros d’après l’Insee).

    La richesse non imposée dissimulée dans les paradis fiscaux comparée à celle produite par les grandes puissances économiques mondiales en 2024. (Crédits : © Agathe Perrier, La Tribune)

    Une somme détenue par 0,1 % des plus riches

    La très grande majorité de la richesse délocalisée non imposée est concentrée entre les mains d’un petit nombre. Les 0,1 % des plus riches en possèderaient en effet 80 % selon Oxfam, soit 2 840 milliards de dollars. La moitié, environ 1 770 milliards, serait même détenue par seulement 0,01 % des plus fortunés.

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    « Ces estimations sont quelque peu anciennes et reposent sur des données provenant d’un nombre limité de pays, précise toutefois l’ONG. C’est malheureusement souvent le cas pour les recherches sur la finance délocalisée. Par nature, il est difficile d’y obtenir des données récentes et multinationales ».

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    Les limites des mesures internationales

    Pourtant élevée, la fortune délocalisée non imposée est bien loin de ce qu’elle était dix ans plus tôt. Selon Oxfam, les 3 550 milliards de dollars actuels représentent 3,2 % du PIB mondial, contre autour de 10 % en 2015.

    Cette baisse serait liée à l’échange automatique d’informations entre pays, mis en place vers 2016-2017. Les années qui ont suivi ont en effet été marquées par un fort repli de la richesse non imposée dissimulée dans les paradis fiscaux. Reste que le niveau est désormais stable et, ce, depuis 2018.

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    L’ONG appelle donc à « renforcer la coopération internationale afin d’imposer les plus riches et de mettre fin aux paradis fiscaux ». Elle liste aussi des idées de mesure pour lutter contre l’évasion fiscale : la création d’un registre mondial des actifs, des taux d’imposition effectifs plus élevés pour les millionnaires et milliardaires, la mise en place d’impôts sur la fortune pour les 1 % les plus fortunés.

    Il y a dix ans : le scandale des « Panama Papers » éclate

    Le scandale des « Panama Papers » a été révélé le 3 avril 2016. Cette enquête a été menée par le CIJI, un consortium de 378 journalistes répartis dans 77 pays.
    L’affaire repose sur l’analyse de plus de 11,5 millions de documents confidentiels issus du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca. Dans ces documents figurent des informations sur plus de 214 000 sociétés délocalisées ainsi que les noms d’environ 150 personnalités – milliardaires, politiques, célébrités… – ayant pratiqué l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent par l’intermédiaire du cabinet d’avocats.
    Le scandale a entraîné la fermeture de ce cabinet et l’image du Panama s’en est trouvée gravement affectée. À la suite du procès, qui s’est tenu à partir d’avril 2024 au Panama, le tribunal a relaxé les 28 personnes accusées de blanchiment d’argent. Le parquet panaméen a par la suite fait appel de cette relaxe, ce qui devrait conduire à un nouveau procès, la date n’étant pour l’heure pas connue.

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