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    Renault : 15 à 20 % des postes d’ingénierie supprimés, jusqu’à 2.400 emplois concernés

    Le constructeur automobile engage une vaste réorganisation de ses activités techniques afin d’accélérer ses cycles de développement.

    Le groupe Renault engage un nouvel ajustement de grande ampleur de son organisation d’ingénierie. Dans un contexte de compétition accrue dans l’automobile, notamment face aux constructeurs chinois capables de réduire fortement leurs coûts et leurs délais de développement, le constructeur français prévoit une réduction significative de ses effectifs techniques mondiaux au cours des prochaines années.

    Le groupe automobile français Renault va réduire « de 15 à 20 % le nombre de postes d’ingénierie dans ses effectifs mondiaux sous « deux ans », afin de « rester compétitif », mais n’évoque pas de licenciements secs, a indiqué un porte-parole mardi, confirmant une information du quotidien Ouest-France.

    Cette réorganisation représente un volume important de postes concernés. Sur une base de 11.000 à 12.000 ingénieurs répartis dans le monde, l’ajustement se traduirait par environ 1.600 à 2.400 postes. Le groupe automobile, qui emploie au total près de 100.000 salariés, insiste toutefois sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un plan de licenciements directs. Les départs devraient être principalement gérés via des dispositifs de reconversion, d’évolution des compétences ou encore de départs anticipés.

    Feuille de route

    Cette transformation s’inscrit dans la continuité de la stratégie industrielle présentée par le groupe pour 2030 et déclinée plus récemment dans le plan interne « FutuREady ». Selon la direction, l’objectif est de rendre l’organisation plus agile et plus efficace, dans un secteur automobile en mutation rapide, marqué par l’électrification des gammes, la montée en puissance du logiciel embarqué et l’intensification de la concurrence internationale.

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    Le responsable mondial des technologies (CTO), Philippe Brunet, a présenté ces derniers jours une feuille de route interne visant à décliner cet objectif au sein des différentes entités du groupe. Cette stratégie repose notamment sur une répartition plus ciblée des projets d’ingénierie selon les pays et les compétences, dans la continuité de la réorganisation globale engagée ces dernières années.

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    Dans ce cadre, Renault réaffirme le rôle central de la France dans ses activités à forte valeur ajoutée. Le constructeur précise que toutes les activités de stratégie d’ingénierie, de développement des nouvelles technologies et de conception amont resteront localisées sur le territoire français, où se concentre environ la moitié des effectifs d’ingénierie, notamment au Technocentre de Guyancourt, en région parisienne.

    Réduire les cycles de développement 

    En parallèle, chaque pays disposant de centres d’ingénierie — notamment la Roumanie, l’Inde, la Corée du Sud, l’Espagne, le Maroc, la Turquie ou encore le Brésil — devra élaborer son propre plan d’ajustement afin de contribuer à l’objectif global de réduction des effectifs techniques. La répartition précise des suppressions ou des évolutions de postes par zone géographique devrait être précisée d’ici l’été, à l’issue des travaux internes menés par les différentes directions techniques.

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    Au-delà de la seule question des effectifs, cette transformation reflète aussi une volonté d’adaptation aux nouveaux standards de l’industrie automobile mondiale. Renault fait face à des concurrents capables de développer plus rapidement des véhicules électriques et des architectures logicielles intégrées, avec des structures de coûts plus légères. Le groupe cherche donc à réduire ses cycles de développement et à optimiser ses ressources d’ingénierie.

    Cette dynamique n’est pas isolée dans le secteur. Vendredi, Stellantis avait également annoncé une réduction de 650 postes d’ingénieurs sur son site de recherche et développement Opel de Rüsselsheim, en Allemagne, sur un total de 1.650 postes. Une décision qui illustre les tensions qui traversent actuellement les métiers de l’ingénierie automobile en Europe.

    Ingénieurs et fournisseurs en Chine

    Dans le cas de Renault, la transformation s’appuie aussi sur des gains de productivité récents. Le constructeur met notamment en avant sa capacité à réduire à 21 mois seulement le temps de développement de la nouvelle Twingo électrique, un résultat obtenu grâce à une collaboration accrue avec des ingénieurs et fournisseurs en Chine. Une expérience que la direction entend désormais généraliser à d’autres programmes, en s’inspirant des méthodes de travail observées sur les marchés asiatiques.

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    Pour le directeur général François Provost, cette évolution s’inscrit dans une logique de transformation profonde du groupe. L’objectif affiché est de repositionner Renault dans un environnement industriel en recomposition rapide, où la compétitivité repose autant sur la vitesse d’exécution que sur la maîtrise des coûts. « Renault Group se transforme pour gagner en agilité, en vitesse et en performance », a ajouté la porte-parole.

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