Start-up du nucléaire, Otrera construit son avenir industriel en Normandie

Spin-off du CEA, co-créée par l’ancien directeur du programme Astrid, la deeptech basée à Aix-en-Provence développe des réacteurs à neutrons rapides refroidis au sodium. L’investissement de 40 millions d’euros consentis pour sa première usine, opérationnelle fin 2028 et installée à Cherbourg, constitue une vraie avancée industrielle alors même que l’Etat a annoncé un nouveau programme dédié à la conception d’un réacteur de quatrième génération.

Alors que le nucléaire redevient un enjeu de souveraineté énergétique et que certaines start-ups du petit nucléaire tentent de trouver leur place, à l’instar d’Hexana qui a annoncé sa volonté d’installer à Marcoule son premier SMR (Small Modular Reactor), très discrètement Otrera trace sa voie.

Spin-off du CEA, cette deeptech connaît parfaitement les enjeux du nucléaire, son co-fondateur, Frédéric Varaine, ayant été le chef du programme Astrid (Advanced Sodium Technological Reactor For Industrial Demonstration), qui visait à développer un réacteur de quatrième génération basé sur la technologie des réacteurs à neutrons rapides refroidis au sodium, programme stoppé en 2019 par Emmanuel Macron.

Ne pas refaire Astrid

Un arrêt qui n’a pas douché la certitude de Frédéric Varaine qui en 2024 donne naissance à Otrera en poursuivant les études sur le principe de réacteurs à neutrons rapides refroidis au sodium. Et si d’anciens d’Astrid ou de Framatome ont rejoint l’aventure, « nous ne refaisons pas Astrid », tient à préciser Jean-Eric Lucas, son autre co-fondateur.

La deeptech a ainsi « pris un pas de côté » et fait le choix de technologies différentes.

« Nous avons une architecture compacte à boucles et tous les réacteurs du parc français sont à boucle. Tous étaient partis sur des réacteurs intégrés et plus personne ne s’était posé la question de savoir pourquoi. Nous avons fait quelques modifications, pas nombreuses, ce n’est pas une révolution, mais nous avons mené une modification sur le cœur du réacteur ce qui nous a permis de changer l’architecture », ce qui permet à Otrera d’avoir une architecture plus compacte, un Capex moins important, un coût moyen de l’énergie (LCOE) plus bas que les RNR (réacteurs à neutrons rapides) historiques, « c’est cela qui porte l’intérêt des industriels et des investisseurs », note encore Jean-Eric Lucas. Les études d’avant-projet sommaire (APS) sont terminées et elles ont mobilisés un peu moins de 6 millions d’euros. « Notre équipe comprend de nombreux sachants du sodium, de jeunes, il existe une très bonne synergie entre les équipes, nous allons très vite ».

Source link

Comments

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *