Sommet One Health : la lutte contre l’antibiorésistance en quête de financement

Alors que le président de la République Emmanuel Macron est attendu au sommet One Health à Lyon ce mardi, où de nombreux chefs d’Etats et acteurs de la recherche publique et privée se réunissent, la question du financement de l’antibiorésistance sera au coeur des échanges.

10 millions de morts. C’est ce que pourrait causer l’antibiorésistance – la résistance des bactéries aux antibiotiques – chaque année dans le monde, en 2050, alerte depuis déjà plusieurs années l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui l’a classée comme l’une des dix principales menaces pour la santé publique.

Alors que le sommet interdisciplinaire One Health rassemble chefs d’Etat, chercheurs et acteurs des secteurs publics et privés à Lyon (Rhône) en présence, ce mardi, du président français Emmanuel Macron, l’antibiorésistance est un parfait exemple de l’importance d’aborder une vision commune puisque les « bactéries résistantes et les gènes de résistance peuvent se transmettre entre l’être humain, les animaux et l’environnement », rappelle l’Institut Pasteur. Selon l’OMSA, 75% des agents pathogènes humains émergents sont d’origine animale

D’où le besoin de limiter les usages des antibiotiques, mais aussi de développer des modèles plus efficaces en limitant leur diffusion. 

Un recherche portée par une poignée d’acteurs 

Malheureusement « le marché des antibiotiques est un secteur dans lequel il y a eu très peu d’innovations ces dernières années », constate Bruno Erhard, directeur des affaires corporate de Boehringer Ingelheim France.

Car la R&D, « principalement menée par les acteurs privés dans ce domaine, devient de plus en plus coûteuse, même en santé vétérinaire où les standards deviennent quasi-équivalents à ceux de la santé humaine». Résultat : les laboratoires ne peuvent démultiplier leurs recherches et « beaucoup se sont finalement désengagés». 

A Lyon, l’Institut Mérieux et Boehringer Ingelheim continuent de s’y investir. BioMérieux a récemment fait plusieurs acquisitions (Lumed et Day Zero Diagnostics) et multiplie les partenariats (IHU Prometheus, Mila) pour renforcer sa stratégie d’innovation du diagnostic à la création de nouvelles solutions en passant par l’anticipation de cette résistance.

Mais faute d’intérêt de la plupart des groupes pharmaceutiques, « la plupart des innovations dans le domaine des nouveaux antibiotiques sont portées par de petites sociétés qui ont des difficultés à les transférer au stade clinique car ces phases coûtent très cher et le retour sur investissement est difficile », confirme François Lacoste, vice-président exécutif des affaires médicales et scientifiques à l’Institut Mérieux. 

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