Les professionnels de santé montent au créneau. Dans un communiqué diffusé ce lundi 23 mars, la coalition de syndicats “Libéraux de santé” a appelé à la “mise à l’écart immédiate des dirigeants actuels” d’Asalée, une association qui emploie 2.000 infirmières en France et aujourd’hui en cessation de paiement.
Dans un communiqué, la coalition souhaite que “tout soutien à une reprise du financement de l’association Asalée” par l’Assurance maladie “soit conditionné à une transparence totale sur l’utilisation des fonds publics”, et à “la mise à l’écart immédiate des dirigeants actuels dont le refus de réforme a conduit le dispositif à la cessation de paiement”.
La coalition des Libéraux de santé regroupe des syndicats de soignants libéraux parmi les plus importants de leur secteur d’activité: CDF (dentistes), la CSMF (médecins), la FFMKR (kinés), la FNI (infirmiers), la FNO (orthophonistes), la FNP (podologues), la FSPF (pharmaciens), le SDA (audioprothésistes), le SDBIO (médecins biologistes) et le SNAO (orthoptistes).
Les salariés demandent une mise en redressement judiciaire
Asalée est en cessation de paiement depuis le début du mois de mars. L’Assurance maladie, son financeur quasi-unique, a cessé de verser les fonds (à hauteur de 100 millions d’euros par an), reprochant à la gouvernance de l’association de ne pas mettre en oeuvre les recommandations émises par un rapport de l’Igas (Inspection générale des affaires sociales) très sévère sur sa gestion.
L’association, présidée par le docteur Margot Bayart, ancienne vice-présidente du syndicat de généraliste MG France, estime de son côté avoir “répondu à toutes les demandes de l’Igas”.
Les syndicats de salariés CFDT et Unsa, inquiets pour le paiement des salaires des infirmières – ils ne sont plus versés depuis février -, s’étaient prononcés, ce même mois, pour la mise en redressement judiciaire.
Vendredi, l’Unsa a de nouveau critiqué l’attitude de la gouvernance de l’association. Ses positions “ne font que fragiliser l’association et donc contribuent à laisser les salariés dans une situation de précarité sociale et économique inacceptable”, a-t-elle estimé dans un communiqué.
Dans son communiqué, la coalition Libéraux de santé met également en garde les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), organisations locales de professionnels de santé soutenues par les pouvoirs publics, contre les “prêts et financements de secours” que des responsables d’Asalée tenteraient d’obtenir auprès d’elles.
Les fonds des CPTS “ne peuvent en aucun cas être employés pour combler les déficits d’une structure à la gestion défaillante”, estime-t-elle.
Selon Asalée, une audience est prévue le 27 mars devant le tribunal judiciaire de Paris pour examiner la situation de l’association.
