Rima Hassan bientôt jugée pour apologie du terrorisme : ce qui est reproché à l’élue LFI

La députée européenne Rima Hassan sera bien jugée. Après sa garde à vue, jeudi 2 avril, levée en fin de journée, le parquet a confirmé que l’élue franco-palestinienne de La France insoumise serait jugée pour “apologie de terrorisme commise en ligne” le 7 juillet devant le tribunal correctionnel de Paris.

Le parquet lui reproche un message, publié le 26 mars dernier, faisant référence à l’ancien membre de l’armée rouge japonaise Kozo Okamoto, auteur de l’attentat à l’aéroport de Lod à Tel-Aviv en Israël en 1972, ayant fait 26 morts et 80 blessés. En repostant sur le réseau social X un tweet du compte “IsraelExposed” qui revenait sur le parcours du terroriste japonais, Rima Hassan avait cité une phrase d’Okamoto, en faveur de la Palestine : “J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir.” Son tweet a, depuis, été supprimé.

Des fuites “indignes”

L’Organisation juive européenne (OJE) avait porté plainte, le jour de la publication, contre l’élue européenne, alors que le député du Rassemblement national Matthias Renault affirmait, fin mars, l’avoir signalé au procureur via l’article 40. À l’annonce du placement en garde à vue de Rima Hassan, l’élu d’extrême droite s’est réjoui sur X. Le message avait également été signalé au parquet par la Licra.

Pour le moment, Rima Hassan et son avocat Vincent Brengarth n’ont pas souhaité commenter la procédure et gardent leur réaction pour une conférence de presse organisée ce vendredi 3 avril après-midi.

Parallèlement à cette affaire, plusieurs médias ont affirmé que ce qui s’apparenterait à du CBD et de la 3-MMC, une drogue de synthèse, avait été retrouvé dans le sac de l’eurodéputée, fouillé lors de la garde à vue. Si le parquet a confirmé cette information, Rima Hassan a rejeté ces accusations : “Seule la présence de CBD a été constatée parmi mes effets personnels, ce qui est parfaitement légal et que j’utilise à des fins médicales”, a-t-elle affirmé jeudi dans un message sur X, dénonçant des “fuites illégales”. En sortant de la garde à vue, Maître Brengarth les avait déjà pointées du doigt devant les caméras des médias. “Les fuites qui ont eu lieu pendant la garde à vue sont parfaitement indignes”, avait réagi l’avocat, demandant au parquet d’en tirer “l’ensemble des conséquences”.

Immunité parlementaire ?

L’annonce de la mise en garde à vue de Rima Hassan a rendu les insoumis furieux. “Dans la France de Macron, la criminalisation des opposants politiques passe encore un cap”, a réagi la cheffe de file des insoumis à l’Assemblée nationale Mathilde Panot. “Pendant toute la journée, sur la base de fuites policières illégales, Rima Hassan a été salie, insultée et calomniée dans toute la presse”, a fustigé le coordinateur politique de LFI, Manuel Bompard, dénonçant des “fuites organisées dans la police et la justice pour salir les insoumis”.

“La police politique a convoqué une fois de plus Rima Hassan en garde à vue à propos d’un retweet du mois de mars. Il n’y a donc plus d’immunité parlementaire en France”, a réagi Jean-Luc Mélenchon sur son compte X. De son côté, l’eurodéputée socialiste Chloé Ridel s’est étonnée de la procédure à l’encontre de Rima Hassan. “Tout est disproportionné dans la garde à vue requise contre la députée européenne Rima Hassan en violation de son immunité parlementaire, quels que soient nos désaccords”, a-t-elle réagi sur X. Si Rima Hassan bénéficie d’une immunité parlementaire en tant qu’élue européenne, le parquet a estimé que le message pour lequel elle était poursuivie n’entrait pas dans ses fonctions d’eurodéputée et que l’immunité parlementaire ne s’appliquait donc pas.

“C’était normal de faire un signalement (…) le tweet de Mme Hassan est grave (…),il n’y a pas d’acharnement”, a de son côté assuré le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez sur BFMTV ce vendredi matin, en affirmant qu’il ne “fallait rien laisser passer”.

Cette nouvelle procédure s’ajoute à six autres, toujours en cours. En 2024, la porte-drapeau de la cause palestinienne avait déjà été entendue librement, pour des actes “d’apologie publique d’un acte de terrorisme, commise au moyen d’un service de communication au public en ligne”, selon Libération. Treize autres procédures contre l’élue, menées par le pôle national de lutte contre la haine en ligne, ont déjà été classées sans suite, la plupart concernant déjà des tweets. Ce vendredi, plusieurs médias rapportent que Rima Hassan a de nouveau été convoquée au siège de la police judiciaire parisienne, dans le cadre d’une enquête différente des faits de ce jeudi.

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