L’avocat de 45 ans a fait ce qu’aucun opposant à Viktor Orbán n’avait entrepris depuis 15 ans : arpenter le pays et tenter de séduire l’électorat rural, longtemps acquis au pouvoir en place. Dans une campagne éclair, Péter Magyar est allé à la rencontre des villages perdus, il a marché vers la Roumanie bâton de pèlerin à la main, multipliant les meetings, parfois jusqu’à six villes dans la même journée.
Longtemps inconnu du grand public, Péter Magyar est un ancien allié de Viktor Orbán. Son ex-épouse, Judit Varga, a été ministre de la Justice et fut un temps pressentie pour mener la liste du Fidesz, le parti national-populiste d’Orbán, aux élections européennes de 2024.
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Mais en février de cette année-là, Péter Magyar révèle un scandale politique après qu’une grâce présidentielle a été accordée à un homme reconnu coupable de complicité dans une affaire d’abus sexuels sur mineurs. L’ancien diplomate à Bruxelles rompt alors avec fracas avec le Fidesz, accusant Orbán de couvrir une corruption endémique.
Tisza – du nom du deuxième plus grand fleuve du pays –, le parti de centre droit formé dans la foulée par le nouvel opposant, connaît une ascension fulgurante. Quatre mois plus tard, en juin, il obtient 30 % des voix aux européennes. La devise « La Tisza déborde » est adoptée par le parti à mesure que sa popularité grandit.
Pays « le plus pauvre et corrompu »
Pendant la campagne de ces législatives, l’opposant le plus sérieux au Premier ministre a mis l’accent sur les problèmes quotidiens des Hongrois : défaillances des transports publics et des services de santé, coût de la vie. Il s’est aussi engagé à démanteler le système autocratique d’Orbán.
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