“Priver un militaire de ces appareils aujourd’hui est inimaginable” : Strava, la faille des armées

Un footing à bonne allure. Ce 13 mars, un jeune officier de la marine nationale s’élance sur le pont du porte-avions Charles-de-Gaulle. Comme des millions d’utilisateurs, il enregistre sa performance via une montre connectée. Synchronisée avec l’application sportive Strava, son activité est accessible sur un profil public. En quelques clics, n’importe quel internaute peut suivre le tracé de sa course. Et, par la même occasion, localiser le navire et son escorte, au nord-ouest de Chypre, à une centaine de kilomètres des côtes turques.

Six jours plus tard, un article du Monde révèle l’incident. Le jeune homme étant un amateur des petites foulées, son compte Strava permet de suivre autant ses courses que le déplacement du porte-avions. Un problème évident : si le déploiement du Charles-de-Gaulle a été annoncé par Emmanuel Macron le 3 mars, le signalement de sa position précise en ligne est dangereux, en pleine guerre au Proche-Orient.

Ces incidents ne relèvent pas de simples dérives individuelles. Militaires en opération, gardes du corps de personnalités, agents de renseignements : ces dernières années, plusieurs professionnels pourtant rompus à la discrétion ont été trahis par l’usage de leurs téléphones ou d’objets connectés. Ils révèlent les limites d’une discipline numérique que les armées peinent à imposer totalement, en dépit des campagnes de sensibilisation. Car le smartphone est devenu indissociable du quotidien. Avec les tensions sur le recrutement, exiger une déconnexion prolongée devient irréaliste, y compris pour des fonctions sensibles. De l’avis de certains gradés, elle serait même contre-productive, alors que la guerre actuelle utilise de plus en plus les smartphones.

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