Les informations à retenir
Pourquoi l’Europe tarde-t-elle à interdire les polluants éternels ?
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Le coût de l’inaction face à la pollution des sols et de l’eau est estimé à 1.700 milliards d’euros pour l’UE d’ici à 2050.
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L’industrie (santé, tech, énergie) redoute une interdiction totale et menace de délocaliser faute d’alternatives crédibles.
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La Commission privilégie une restriction progressive débutant par la consommation courante, avec une loi attendue pour 2027.
Un risque sanitaire avéré, une pollution au coût exorbitant et des industriels qui revendiquent leur utilité : ce sont les trois données de l’équation complexe sur laquelle Bruxelles planche depuis plusieurs mois dans le but de légiférer sur les « PFAS » — les « polluants éternels ».
Présentes dans de nombreux produits de la vie courante (cosmétiques, ustensiles de cuisine, emballages, etc.), ces substances quasi indestructibles – plus de 10 000 sont recensées – pourraient coûter aux États européens jusqu’à 1 700 milliards d’euros à l’UE d’ici à 2050 si rien n’est fait pour les supprimer.
Dilemme impossible
De passage à Paris ce mardi, la commissaire européenne à l’Environnement est en première ligne sur ce dossier sensible, avec d’un côté l’enjeu de santé des citoyens, et de l’autre la viabilité économique des industriels. Ces derniers étant soumis en ce moment à une nouvelle crise énergétique liée au conflit en Iran.
« Les PFAS suscitent une inquiétude croissante du public car ils sont partout dans l’eau, dans le sol, deux terrains qui sont très difficiles à dépolluer », a rappelé la Jessika Roswall, lors d’un point presse à la représentation de la commission européenne en France.
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Mais cette problématique se heurte à leur rôle central dans l’économie industrielle : « Leur utilisation est très répandue chez les industriels », notamment dans les produits médicaux, l’industrie technologique (semi-conducteurs) ou celle de la transition énergétique.
D’ailleurs, les industriels, avec qui discutent aussi la commissaire, mettent en garde contre un risque de délocalisation de leurs unités de production, si une interdiction totale des 10 000 polluants éternels était gravée dans un nouveau règlement européen. Notamment le secteur pharmaceutique.
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