Des pays inégalement touchés
Arabie saoudite
Principale puissance pétrolière de la région – elle représente traditionnellement à elle seule 40 % de toute la production pétrolière du Golfe –, l’Arabie saoudite est parvenue à limiter les dégâts notamment grâce à un oléoduc terrestre débouchant sur la mer Rouge, par lequel elle a expédié, en mars, des quantités record de pétrole. Les volumes atteindraient désormais jusqu’à 7 millions de barils par jour, selon les informations de Bloomberg. La pétromonarchie peut aussi se reposer sur ses vastes capacités de stockage, les plus importantes de la région. Selon une étude de la banque américaine J.P. Morgan publiée début mars, ces réserves sont suffisantes pour tenir soixante-cinq jours, si les exportations sont en partie redirigées via le pipeline. Depuis fin février, la production saoudienne a diminué d’environ 25 %.
Irak
L’industrie pétrolière irakienne est sévèrement ébranlée par le conflit. Les capacités de stockage ont atteint des niveaux critiques et les grandes majors étrangères opérant dans le pays ont été priées de réduire leurs opérations. La production issue des principaux gisements du pays a chuté d’environ 80 % depuis l’ouverture des hostilités. Celle-ci tourne autour de 800 000 à 900 000 barils par jour, contre plus de 4 millions en février. Et, selon des informations de l’agence Reuters, d’autres coupes pourraient encore être annoncées dans les prochains jours.
Iran
C’est l’un des signes les plus concrets du contrôle que s’est arrogé l’Iran sur le détroit d’Ormuz : tandis que l’offre des pays voisins s’est évaporée, l’activité pétrolière de la République islamique s’est maintenue presque à l’identique depuis le début de la guerre. Le pays a continué d’expédier près de 1,8 million de barils par jour de l’île de Kharg, principal terminal d’exportation du brut iranien. Un volume moins élevé qu’en février – l’Iran multipliait alors les chargements face au conflit qui s’annonçait –, mais en ligne avec les moyennes des mois précédents. Si Téhéran menace d’une attaque de drone ou de missile tout navire « hostile » cherchant à emprunter le détroit, ses propres pétroliers traversent le passage sans encombre pour aller livrer la Chine, sa principale cliente.
