Les heures sont comptées pour l’entreprise Fibre Excellence, leader français de la production de pâte à papier (30% des capacités hexagonales). L’entreprise qui emploie 700 personnes entre la Haute-Garonne et les Bouches-du-Rhône est menacée de redressement judiciaire. En coulisses, Bercy tente désespérément de trouver un repreneur à cet actif appartenant au groupe forestier Domtar, mais « la probabilité d’en trouver un est faible » ne cache pas une source ministérielle.
La faute à un marché de la fabrication de pâte de cellulose en pleine mutation. « La situation est alarmante, il y aura des désastres industriels », met en garde François Vessière, directeur des ventes de Fibre Excellence et membre du bureau de la Copacel. Au-delà du cas emblématique de Fibre Excellence, le syndicat des entreprises françaises produisant du papier, du carton et de la pâte de cellulose s’inquiète plus largement pour le devenir de ses huit usines de pâte à papier présentes dans le pays. Le tout dans un contexte où cette industrie au global a déjà perdu 7 usines depuis 2024, auxquelles il faut ajouter deux redressements judiciaires en cours.
L’industrie papetière et du carton ne compte plus que 74 usines en France, mais pour combien de temps encore ? « La survie des usines de pâte à papier dépend du prix du bois. Or, la hausse de son prix a fortement entamé la compétitivité de ces sites industriels », souligne le membre du syndicat. Selon la Copacel, en partant d’une base 100 en 2012, le prix du bois a gonflé de 72% à date et s’est installé sur un plateau haut depuis la crise sanitaire de la Covid-19, alors que cette matière première représente 50% du coût de revient de la pâte de cellulose.

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