Sam Rodriques, à San Francisco (Californie), le 10 novembre 2022. EDISON SCIENTIFIC, INC.
En plein boom de l’intelligence artificielle (IA), Sam Rodriques, PDG et confondateur d’Edison Scientific, entretient la légende de la Silicon Valley. L’entrepreneur de 34 ans nous reçoit le 11 février dans ses locaux, une usine réhabilitée de San Francisco (Californie), meublée de canapés défoncés et de bouteilles d’azote. Il est en tee-shirt et engloutit des snacks car il n’a pas eu le temps de déjeuner tout en nous exposant son aspiration : « Ce que nous voulons faire, c’est guérir toutes les maladies. » Et pour cela, il s’emploie à « construire un scientifique artificiel », un modèle d’IA qui permettra de réaliser ce que les humains sont incapables d’accomplir.
Le jeune homme ne manque pas d’ambition. Physicien de formation, il a débuté dans l’informatique quantique, mais a eu peur qu’il n’y ait rien à découvrir. « Je me suis donc tourné vers la biologie et les neurosciences, où tout est encore à résoudre. Le problème qui m’intéressait le plus à l’époque était de comprendre comment le cerveau fonctionnait »,explique celui qui a alors obtenu un doctorat au Massachusetts Institute of Technology (MIT), à Cambridge.
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La stratégie de “décapitation” portera-t-elle ses fruits ? Alors qu’Israël a annoncé mercredi la mort du ministre du renseignement iranien Esmail Khatib, au lendemain de celle du dirigeant de facto du pays Ali Larijani, plusieurs spécialistes s’interrogent sur l’efficacité de ces frappes ciblées à moyen et long terme. Du côté d’Israël et des Etats-Unis, viser les ténors du régime, bien que cela soit illégal au regard du droit international, a pour objectif de l’affaiblir et d’éviter des enlisements militaires, en décourageant notamment les cadres subalternes d’accepter des fonctions devenues extrêmement dangereuses. En parallèle, les milliers de bombardements menés contre la République islamique visent à restreindre toute riposte militaire.
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Mais certains observateurs du conflit sont dubitatifs. Car au cœur du problème se trouvent la structure et la résilience du régime iranien. La figure du “martyr” est en effet profondément ancrée dans l’idéologie de la République islamique d’Iran, et l’élimination de hauts dirigeants, à défaut de raccourcir la guerre, peut attiser un désir de vengeance et fermer les voies diplomatiques — prolongeant ainsi le conflit. “Ce régime se nourrit d’une théologie de la souffrance, donc plus il y aura d’assassinats, plus il deviendra résilient, et des individus moins expérimentés accéderont à des postes plus élevés”, a par exemple expliqué Bader Al-Saif, historien, lors d’une conférence du Middle East Institute.
Un second souffle
“Ce n’est pas un régime personnalisé. Il existe des couches institutionnelles sous chaque individu et j’imagine que la réponse à ces frappes de décapitation consiste simplement à promouvoir des cadres en interne – même si cela comporte le risque de faire émerger des individus inconnus et non expérimentés”, abonde auprès du Guardian Sanam Vakil, experte de l’Iran à Chatham House. Elle poursuit : “Pour l’instant, [cette stratégie de décapitation] semble surtout faire gagner du temps (…), mais il existe un risque que cela redonne un second souffle au système en revitalisant un régime qui était en perte de vitesse, où ceux qui montent en grade ont vu leurs mentors, leurs supérieurs et des membres de leur famille être tués.”
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Les experts sont d’autant plus circonspects que par le passé, les assassinats menés par Israël n’ont pas eu de grand succès. Un exemple : la mort du chef spirituel du Hamas, le cheikh Ahmed Yassin en 2004, qui n’a pas empêché le groupe de se reconstituer. L’élimination des figures clés lors de la guerre d’Irak en 2003, menée par les Etats-Unis, n’a, elle non plus, nullement conduit à la démocratisation du régime, bien au contraire.
Un soulèvement peu probable
“L’un des mythes répandus au sein du gouvernement américain après le 11-Septembre et avant l’invasion de l’Irak était qu’il suffisait d’éliminer la “sale douzaine” [de hauts responsables du régime] en Irak. Je pensais que c’était une mauvaise idée à l’époque, et ça l’est toujours aujourd’hui”, a commenté Jon B. Alterman, du Center for Strategic and International Studies à Washington, auprès du Guardian. “Un point qui n’a pas reçu suffisamment d’attention est que si l’on élimine les personnes qui ont de l’influence auprès des éléments les plus radicaux, il ne reste plus personne capable de les arrêter. On a aussi l’impression que la résilience du régime iranien est sous-estimée. Il est peut-être possible de provoquer une division interne, mais je ne vois aucune preuve de l’existence de démocrates modérés prêts à prendre le relais”, développe-t-il.
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La situation est complexe car même en cas de déstabilisation du régime, un soulèvement populaire victorieux n’apparaît pas forcément comme le scénario le plus probable. Dans un article publié en janvier dans le magazine américain Foreign Affairs, Afshon Ostovar, spécialiste du Moyen-Orient à la Naval Postgraduate School, avance qu’un éventuel coup d’Etat aurait plus de chances d’émaner de l’intérieur du Corps des gardiens de la révolution islamique — l’acteur le plus puissant du pays — et viserait avant tout à maintenir les structures en place, une hypothèse jugée crédible par plusieurs experts. En outre, Donald Trump a lui-même reconnu plus tôt dans la guerre que l’élimination de dirigeants clés pourrait compromettre les chances d’une transition politique. “Imaginer une issue diplomatique à cette guerre — c’est très difficile”, conclut Daniel Sheffield, professeur assistant à l’université de Princeton, cité par CNN.
Quoi de mieux qu’une promenade rue de Rivoli pour prendre le pouls de la filière du prêt-à-porter en France ? Sur cette artère incontournable du shopping parisien, les vitrines des acteurs traditionnels du milieu de gamme, comme Camaïeu ou Naf Naf, n’existent plus que dans les souvenirs, victimes d’une crise mêlant changement des habitudes de consommation, inflation et concurrence chinoise. Parmi les survivants, les enseignes de l’empire Inditex – numéro un mondial de l’habillement avec sa figure de proue, le géant Zara, mais aussi Bershka et Pull and Bear. Un autre espagnol, dix fois plus petit, fait de la résistance : Mango. Fondé dans les années 1980 par les frères d’origine turque Isak et Nahman Andic, la marque vient de boucler une année record avec un bénéfice de 242 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 3,8 milliards, en croissance de 13 %.
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Pour comprendre ce succès, il faut s’envoler pour Palau-solità i Plegamans, à une trentaine de kilomètres de Barcelone. Un complexe de bâtiments blancs, dont un ancien hangar d’aviation, forme le Mango Campus. Un an après le décès d’Isak Andic dans des circonstances troubles – l’enquête est en cours -, l’ombre du fondateur plane toujours au-dessus de cette zone industrielle. Les œuvres d’art issues de sa collection privée ornent les couloirs du siège tandis qu’à l’entrée trône une sculpture signée Jaume Plensa, l’un de ses proches.
Faire la mode, pas des vêtements
C’est ici que les deux collections annuelles de Mango – auxquelles s’ajoutent des éditions limitées – sont imaginées. Avec un processus millimétré : le tissu est soigneusement sélectionné, découpé par un robot laser puis confié à une équipe de couturières qui fabriquent les échantillons. “Tout notre processus créatif se déroule en interne, nous n’envoyons à nos usines que les prototypes déjà prêts, explique Luis Casacuberta, directeur des produits et du développement durable. Cette méthode nous ralentit mais peu importe : nous ne créons pas seulement des vêtements, nous créons la mode”. Une fois fabriqués en Turquie, en Chine ou encore en Inde, les robes, chemisiers et autres pantalons sont stockés dans le centre logistique de Lliçà d’Amunt, à quelques encablures du campus, avant d’être expédiés aux quatre coins du monde. Chaque année, près de 200 millions de pièces transitent dans cet immense entrepôt.
C’est une nouvelle qui pourrait marquer un tournant dans le conflit opposant la coalition israélo-américaine et l’Iran. Ce 21 mars, la République islamique a tiré pour la première fois des missiles balistiques de portée intermédiaire vers Diego Garcia, la base militaire conjointe américano-britannique nichée au cœur de l’océan Indien, selon plusieurs responsables américains cités par le Wall Street Journal. Selon ces mêmes sources, dont l’une s’est également exprimée auprès de CNN, deux missiles ont été lancés : l’un a échoué en vol en raison d’un problème technique encore inconnu, tandis que l’autre aurait été intercepté par un destroyer américain équipé d’un système SM-3. Une interception qui n’a toutefois pas été officiellement confirmée par le Pentagone.
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Londres, en revanche, est sorti de sa réserve. Le ministère britannique de la Défense a dénoncé des “attaques imprudentes de l’Iran”, tandis qu’une source officielle a confirmé à l’AFP que la tentative de frappe avait échoué. Côté iranien, l’agence de presse Mehr revendique implicitement l’opération, évoquant une cible visant “la base militaire des oppresseurs à Diego Garcia” et qualifiant cette action d’”étape importante” dans la capacité de Téhéran à menacer les intérêts américains au-delà de son environnement régional immédiat.
Située sur une île isolée de l’archipel des Chagos, sous souveraineté britannique, la base de Diego Garcia constitue un point névralgique pour les opérations militaires américaines, abritant sous-marins nucléaires, bombardiers stratégiques et destroyers. Elle accueille notamment des bombardiers à longue portée, régulièrement mobilisés dans les opérations au Moyen-Orient. En 2025, Londres a conclu un accord prévoyant la rétrocession de l’archipel à l’île Maurice, tout en sécurisant un bail de 99 ans pour maintenir cette présence stratégique. Dans le même temps, le Royaume-Uni a autorisé les États-Unis à utiliser Diego Garcia ainsi que la base de Fairford, dans le sud-ouest de l’Angleterre, pour des opérations “défensives” contre l’Iran, visant notamment ses capacités de frappe. Une décision qui a immédiatement suscité la colère de Téhéran : le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a accusé le Premier ministre Keir Starmer de mettre “des vies britanniques en danger”, affirmant que l’Iran exercerait “son droit à la légitime défense”.
Une distance qui inquiète
Mais plus que l’épisode lui-même, c’est la distance parcourue par les missiles qui suscite l’attention… et l’inquiétude. La base visée se situe à près de 4 000 kilomètres des frontières iraniennes, soit bien au-delà de la portée officiellement reconnue par Téhéran, fixée à 2 000 kilomètres. Selon Iran Watch, une plateforme basée à Washington qui surveille et analyse les programmes nucléaires, balistiques et d’armes de destruction massive de l’Iran, le pays possède déjà des missiles capables d’atteindre 4 000 kilomètres, tandis que le centre israélien Alma estime leur portée maximale à 3 000 kilomètres, avec des projets d’armes plus longues encore.
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Cette frappe relance ainsi les interrogations autour du missile Khorramshahr-4, fer de lance de l’arsenal balistique iranien. Officiellement capable de parcourir entre 2 000 et 3 000 kilomètres, ce missile pourrait en réalité aller bien au-delà. “S’il est confirmé que l’Iran a tiré 2 missiles capables d’atteindre Diego Garcia dans l’océan indien (4 000 kilomètres), cela confirme que Paris est à portée de tir depuis l’Iran”, a commenté sur X Jean-Dominique Merchet, auteur du blog Secret Défense et journaliste à L’Express. Le Royaume-Uni, de son côté, discute actuellement d’un transfert de souveraineté de Diego Garcia et des Chagos à l’île Maurice, tout en maintenant un bail à long terme pour la base. Mais cette perspective se heurte à l’opposition du président Donald Trump et de certains élus républicains, renforçant l’importance géopolitique de l’île.
Donald Trump a-t-il écouté les militaires ? Difficile à savoir, tant le président est accoutumé à annoncer tout et son contraire. Jeudi 19 mars, alors qu’il recevait la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, Trump disait exclure d’envoyer des troupes au sol, tout en précisant que s’il le faisait il ne le dirait pas.
Le même jour, on apprenait que 2 500 marines du 31e Corps expéditionnaire étaient partis d’Okinawa, au Japon, et se trouvaient en route pour le golfe Persique. Puis qu’un autre corps, le 11e, avec également environ 2 500 hommes, avait quitté San Diego, en Californie, pour renforcer le premier. Dans les deux groupes amphibies qu’ils accompagnent, on trouve au moins un porte-aéronefs léger capable d’embarquer des avions F-35 et des chalands de débarquement. Pas d’annonce officielle de déploiements de troupes au sol, donc, mais un tel dispositif le laisse supposer.
D’autant que, selon le média en ligne Axios, une prise de contrôle de l’île de Kharg, à 24 kilomètres de la côte iranienne, où 90 % des exportations de brut sont traitées, était envisagée par le commandement américain, afin d’obliger les Iraniens à négocier.
Vu la position de cette île, au nord du détroit d’Ormuz, une telle opération n’est envisageable qu’une fois les défenses iraniennes affaiblies : « Ça ne pourrait pas se faire avant un mois », expliquait une source proche de la Maison-Blanche à Axios. Autre option : un débarquement côtier, pour neutraliser les emplacements d’où partent les tirs sur les navires, missiles et drones.
Qui croire ? Donald Trump, quand il disait ce 20 mars au soir envisager de « réduiregraduellement » les opérations militaires des États-Unis au Moyen-Orient puisque leurs objectifs en Iran étaient sur le point d’être atteints ? Ou le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, qui, ce 21 mars, affirmait que l’intensité des frappes allait « considérablement augmenter » dans les jours prochains et qu’elles s’arrêteraient quand « tous les objectifs de la guerre » auront été remplis ?
Depuis le début de cette opération contre le régime des mollahs, entrée ce 21 mars dans sa quatrième semaine, la contradiction et la confusion sont les seules constantes auxquelles on puisse s’accrocher.
Brouillard non dissipé
La journée du samedi 21 mars n’a pas permis de dissiper le brouillard. Dans un message qui se voulait rassurant, le chef du commandement militaire américain a affirmé que la capacité de Téhéran à menacer la circulation dans le détroit d’Ormuz, par où transite 20 % du pétrole mondial et que la main iranienne étrangle encore fermement, avait été réduite ces dernières heures.
L’amiral Brad Cooper a ainsi expliqué que des bombardements avaient « détruit » une installation qui abritait notamment des missiles de croisière mais « également anéanti des sites de renseignement et des relais de radar de missiles qui servaient à surveiller les mouvements des navires ». Dans la foulée, une vingtaine de pays, dont la France, les Émirats arabes unis ou le Canada, ont affirmé se tenir « prêts à contribuer aux efforts » nécessaires à la réouverture du détroit d’Ormuz. De quoi espérer un début de règlement du conflit ?
Une marche en hommage à Justine Vayrac, à Saint-Céré (Lot), le 6 novembre 2022. VALENTINE CHAPUIS / AFP
Un homme a été condamné, samedi 21 mars, à une peine de trente ans de réclusion criminelle, assortie d’une période de sûreté de vingt ans, pour le viol et le meurtre d’une jeune femme de 20 ans, Justine Vayrac, en 2022 en Corrèze.
Pour l’avocate générale Emilie Abrantes, le condamné, Lucas Larivée, un ouvrier agricole de 24 ans « prisonnier de [ses] mensonges » durant les six jours de procès, n’est « pas un monstre » mais possède « tous les traits de personnalité » qui font de lui « un psychopathe » dangereux pour la société.
Après six heures de délibération, les jurés ont prononcé une peine légèrement inférieure à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie de vingt-deux ans de sûreté, réclamée par le parquet. En larmes et dans les bras de ses proches lors de l’annonce du verdict, la mère de la victime a ensuite fait un pas pour enlacer celle de l’accusé.
« Depuis le début, nous avons fait le choix de faire confiance en la justice de notre pays et cette confiance est intacte », a réagi le beau-père de la victime, au nom de la famille Vayrac. De son côté, le représentant de la défense, Me Michel Labrousse, n’a pas souhaité commenter le verdict, précisant que « l’éventualité d’un appel n’est pas une décision qui se prend à chaud ».
Expertises psychiatriques
Déjà condamné pour une affaire d’incendie volontaire, Lucas Larivée, présenté comme « intolérant à la frustration » par les experts psychiatres, était jugé pour le viol et le meurtre le 22 octobre 2022 de Justine Vayrac, au retour d’une soirée en discothèque à Brive-la-Gaillarde.
Pour le parquet, dès la nuit des faits, le jeune homme « a mis en place une mécanique machiavélique et glaçante. Il a réfléchi à chaque détail », avec « cynisme », aussitôt après la mort de Justine, en rassurant ses amis par téléphone, enterrant le corps, puis accusant un personnage inventé.
Dans le dossier des incendies, « l’expert psychiatre avait conclu que Larivée ne présentait aucun profil psychopathique. Comment peut-on dire tout l’inverse aujourd’hui ? », a remis en question Me Michel Labrousse, au cours de près de quatre heures de plaidoirie durant laquelle les proches de la victime ont quitté la salle.
« Ce [nouveau] rapport [d’expertise psychiatrique] est un torchon. Il a mis dans la tête des gens l’item d’un tueur en série, et l’avocate générale profite de ce pain béni. »« Lucas Larivée, ce n’est pas Emile Louis », a-t-il ajouté. Avant de tancer les jurés : « Vous aurez sur la conscience une décision sur laquelle il y a du doute et qui doit lui profiter », les enjoignant à ne retenir que « la qualification de coups mortels ».
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Depuis le début du procès, la défense a plaidé l’accident lors d’un jeu sexuel – un étranglement au cours de l’acte – consenti ayant mal tourné, pour expliquer la mort, « sans intention de la donner », de la jeune femme. Mais cette thèse a été bousculée, au fil des débats, par les expertises attestant de projection de sang dans la chambre, de coups portés à la victime, par le témoignage d’une seconde jeune femme disant avoir aussi été étranglée lors d’une deuxième relation dans le même lit, deux heures après la mort de Justine, et par les mensonges de l’accusé.
Intervention d’un tiers imaginaire
Au début de l’affaire, Lucas Larivée avait évoqué, « pour se dédouaner », l’intervention d’un tiers, qui s’avérera imaginaire, auteur d’un rapport forcé et de quatre coups de poing sur Justine Vayrac.
« Ce mensonge ne vous dédouane pas, au contraire, il vous accable », a lancé l’avocate générale, expliquant que dans « ce récit » attribué à un tiers fictif, « tout correspond[ait] à ce qui est constaté scientifiquement. »
Décrite comme « douce » et « très sensible » par ses parents à la barre, « Justine, alcoolisée et d’une fragilité particulière » le soir des faits, « n’était qu’une proie de plus sur le tableau de chasse de Lucas Larivée », qui, séducteur, collectionnait les petites amies, d’après l’enquête, selon l’avocat de la famille Vayrac, Me Olivier Guillot.
Vendredi, Lucas Larivée avait qualifié son geste d’« irréparable » et d’« impardonnable », tout en restant campé sur la thèse de « l’accident ». « Je ne me pardonnerai jamais », avait-il affirmé, en larmes, le regard tourné vers les parents de Justine.
DÉCRYPTAGE – Depuis le début de la guerre déclenchée par Israël et les États-Unis contre l’Iran, les formations à la solde de Téhéran frappent les intérêts américains à travers le pays et au Kurdistan irakien, sans réaction de la part de Bagdad.
Au téléphone, George* se racle la gorge, hésite, puis finit par répondre dans un français hésitant. « On a peur qu’ils pensent que nous sommes avec les Américains. Alors on ne parle pas ; on ne sort pas beaucoup. Si on parle, c’est contre les États-Unis car si on évoque l’Iran… » Le chrétien âgé de 74 ans ne termine pas sa phrase. Il craint que, dans le contexte actuel, de tels propos lui valent, au mieux, des menaces de la part des miliciens. Alors, en silence, il observe les drones qui décollent et les bombes qui tombent quotidiennement à quelques kilomètres de sa maison, à Bartella.
La ville est située dans la plaine de Ninive, entre Mossoul et Erbil. Depuis le 28 février, c’est de là que les milices chiites proches de Téhéran projettent leurs drones armés vers le Kurdistan irakien. « Les milices envoient des drones comme ils veulent car ce sont elles qui gouvernent. Il y a quelques jours, je les ai vus en envoyer un depuis un terrain situé entre Bartella et Bashpita. Ils tirent depuis…
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Mieux vaut tard que jamais. En reconnaissant, sans ambiguïté, que l’Europe n’aurait pas dû se détourner de l’énergie nucléaire, Ursula von der Leyen a dit tout haut ce que de nombreux experts pensaient tout bas depuis des lustres. Ce mea-culpa tardif laisse toutefois un goût amer : combien d’années perdues pour l’Europe ?
Dans une chronique récente pour L’Express, Cécile Maisonneuve, présidente de Decysive, remettait l’église au milieu du village : en 1995, le Vieux Continent tirait 33 % de son électricité du nucléaire et importait 44 % de son énergie. Aujourd’hui, les rapports se sont inversés : les importations représentent 54 %, tandis que la part du nucléaire dans la production électrique est retombée à 23 %. Quelle Europe aurions-nous aujourd’hui si nous avions choisi d’associer nucléarisation et décarbonation, au lieu de les opposer ? Dans ce scénario contrefactuel, la dépendance aux marchés gaziers serait moins prononcée et l’industrie européenne mieux protégée des secousses géopolitiques.
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L’Allemagne, qui assiste aujourd’hui à la fin de son règne dans l’automobile, afficherait ainsi un autre visage. Mieux, si Berlin avait choisi de fermer d’abord ses centrales à charbon plutôt que son parc nucléaire, jusqu’à 1 100 millions de tonnes de CO2 auraient pu être évitées d’ici 2035 -, l’équivalent de près de trois années d’émissions françaises. Le coût économique et sanitaire imputable à cette trajectoire avoisine les 12 milliards de dollars par an. Autant de chiffres qui rappellent que les décisions énergétiques ont un impact durable — et que les occasions perdues se paient au prix fort.
C’est une évolution qui est loin de faire consensus au sein de sa base. Selon les informations du Wall Street Journal, le président américain Donald Trump a demandé à ses conseillers de revoir la manière dont sa promesse phare de “déportation massive” des migrants en situation irrégulière est mise en œuvre et présentée. Estimant que cette expression a été mal perçue par certains de ses électeurs, le dirigeant souhaiterait désormais mettre davantage l’accent sur l’arrestation de criminels plutôt que sur des opérations spectaculaires générant du désordre dans les villes, à l’image de celle de Minneapolis.
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Cette volonté de réajuster la politique migratoire est en partie portée par sa cheffe de cabinet, Susie Wiles, qui juge que la gestion actuelle de l’immigration a transformé un thème fort de la présidence en un sujet politiquement délicat à l’approche des élections de mi-mandat. Le “tsar” des frontières, Tom Homan, a également remplacé le chef du Bureau des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (CBP), Greg Bovino, à Minneapolis. Considéré comme une voix relativement modérée sur ces sujets, ce dernier privilégie depuis son arrivée en poste des interventions plus classiques, ciblant en priorité des individus ayant commis des infractions, notamment ceux transférés par les prisons locales. Résultat : le rythme des arrestations a légèrement diminué, passant à environ 1 200 par jour, contre plus de 1 500 lors des opérations intensives menées précédemment dans le Minnesota.
Une coalition pro-déportation
“Il n’y a aucun changement dans la politique de fond en matière d’immigration. La priorité du président Trump reste l’expulsion des étrangers en situation irrégulière qui représentent un danger pour les Américains”, a néanmoins soutenu la porte-parole de la Maison-Blanche, Abigail Jackson. Car les alliés les plus proches du président Donald Trump critiquent vertement ce qu’ils estiment être une volte-face. Une nouvelle coalition “pro-déportation”, regroupant des figures pro-Trump, des organisations et des experts favorables à une politique migratoire stricte, s’est ainsi constituée, ayant pour objectif de pousser l’exécutif à reprendre une politique d’expulsions massives visant tous les migrants expulsables.
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Afin d’appuyer cette stratégie, le groupe s’appuie sur un sondage réalisé par McLaughlin & Associates, un institut proche de Trump, selon lequel une majorité d’électeurs soutient ce type de mesures et y verrait un levier électoral pour les républicains. Les résultats avancés indiquent qu’environ deux tiers des électeurs potentiels approuvent l’expulsion de toute personne entrée illégalement sur le territoire, et qu’une majorité soutient l’idée d’élargir les expulsions au-delà des seuls criminels, rapporte Politico. Dans cette perspective, cibler uniquement les criminels violents constitue pour cette coalition une erreur stratégique déjà tentée sous d’autres administrations, notamment celles de Barack Obama, et jugée inefficace. “Pour mobiliser leur électorat, les républicains doivent continuer à mettre en avant les promesses de Donald Trump, notamment celle des déportations massives”, a notamment déclaré Rosemary Jenks, cofondatrice d’un groupe conservateur spécialisé sur l’immigration, cité par le Wall Street Journal.
Une politique trop sévère
A l’inverse, d’autres sondages, sur lesquels s’appuient les partisans de la nouvelle stratégie, dessinent un tableau plus nuancé de l’opinion publique. Une enquête Washington Post/ABC News a notamment révélé que 58 % des personnes interrogées estiment désormais que Donald Trump va trop loin, contre 48 % quelques mois auparavant. Une part importante des Américains juge aussi les politiques actuelles trop sévères, et certains élus républicains, notamment parmi les Hispaniques, craignent que cette fermeté n’éloigne des électeurs qui avaient soutenu Donald Trump. Le président de la Chambre, Mike Johnson, a lui-même reconnu des “tensions” et évoqué un ajustement en cours.
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Du côté des démocrates et des défenseurs des immigrés, le scepticisme demeure tout de même. Eux doutent d’un véritable changement tant que certaines figures clés restent influentes, comme Stephen Miller, l’un des architectes principaux de la ligne dure de l’administration Trump sur l’immigration.