DÉCRYPTAGE – Les pourparlers avec l’Iran pourraient commencer cette semaine mais semblent moins avancés que ce qu’annonce le président américain, qui envoie par ailleurs de nouvelles troupes terrestres dans la région.
Trump cherche à négocier avec l’Iran tout en faisant peser la menace d’opérations terrestres. Les annonces d’envoi de troupes supplémentaires dans le Golfe ont eu lieu simultanément avec les déclarations du président américain sur des négociations en cours avec l’Iran. Les renforts consistent en une nouvelle unité expéditionnaire amphibie des Marines (MEU), en plus de celle déjà arrivée dans la région, et une brigade de parachutistes de la 82e division aéroportée. Ces deux unités porteront les effectifs susceptibles d’être engagés dans des opérations terrestres à environ 8 000 troupes au sol, ce qui leur permet de s’emparer d’objectifs ponctuels et limités.
Le président américain s’est dit ces derniers jours optimiste sur l’avancée des négociations. «Nous sommes en pourparlers avec les bons interlocuteurs, et ils tiennent absolument à conclure un accord », a dit Trump mardi. Les déclarations du président américain ont calmé au moins momentanément la nervosité des marchés boursiers…
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Il est l’un des meilleurs connaisseurs de l’Europe et sans conteste l’un des Européens les mieux renseignés sur la France. Ce qui, à bien des égards, fait d’Ivan Vejvoda, membre de l’Institut autrichien des affaires internationales à Vienne et figure clé du mouvement d’opposition démocratique en Yougoslavie dans les années 1990, une voix incontournable pour analyser les résultats de ce scrutin municipal à l’aune des tendances qui jalonnent le Vieux Continent.
Auprès de L’Express, le politologue – par ailleurs détenteur de l’Ordre national du mérite français au grade d’officier – tire les leçons de l’un des rebondissements majeurs de la séquence : à savoir la résilience inattendue des forces modérées qui, selon lui, ne préjuge pas nécessairement de la solidité du “front républicain” lors de l’élection présidentielle de 2027. Ivan Vejvoda analyse également le possible impact que pourrait avoir un dirigeant populiste français sur la cohésion européenne, mais aussi sur le risque d’ingérences étrangères. Entretien.
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L’Express : Le premier tour des municipales de 2026 semblait consacrer une forte polarisation entre La France insoumise et le Rassemblement national, tandis que le second s’est davantage illustré par la résilience des partis modérés, notamment dans les grandes villes. Comment analysez-vous ce paradoxe ?
Ivan Vejvoda : Il est le fruit de deux phénomènes distincts. D’abord, ces vingt ou trente dernières années, le paysage politique a beaucoup changé. Les grands partis qui étaient au pouvoir depuis la Seconde Guerre mondiale, notamment en France, ont largement perdu de leur influence, tandis que de nouveaux mouvements, comme La République en marche d’Emmanuel Macron, ont émergé rapidement. Mais l’incertitude qui a gagné nos sociétés européennes, à la suite de la crise économique de 2008, de l’émergence de l’intelligence artificielle et de son potentiel impact sur l’emploi, ainsi que du dossier de l’immigration, a également porté les extrêmes, de droite comme de gauche.
“En tant que société, nous devrons travailler davantage”, a déclaré le ministre allemand des Finances, le social-démocrate Lars Klingbeil. Il entend rebooster la croissance allemande, en perte de vitesse depuis trois ans.
Le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, a proposé mercredi des mesures visant à stimuler la croissance de la première économie de la zone euro, en perte de vitesse, avec notamment une réforme l’impôt sur le revenu et un plafond sur les bénéfices excédentaires des entreprises du secteur énergétique.
Le vice-chancelier social-démocrate (en coalition avec le parti conservateur CDU) a souligné que le pays avait besoin d’un nouveau modèle de croissance. “C’est à nous seuls qu’il revient de décider si l’Allemagne restera un pays fort. Nous seuls en déciderons”, a déclaré Lars Klingbeil.
Le ministre des Finances, qui travaille actuellement sur le budget 2027, a déclaré que les réformes du gouvernement incluraient un assainissement budgétaire, accompagné d’une analyse détaillée des recettes et des dépenses. “Nous ne pouvons pas répondre à chaque crise et à chaque problème en injectant encore plus d’argent”, a déclaré Lars Klingbeil.
Moins de temps partiel
“En tant que société, nous devrons travailler davantage”, affirme le chef du SPD. Pour lui, cela ne signifie pas simplement une heure de plus par semaine, mais plutôt, par exemple, davantage d’emplois à temps plein au lieu d’emplois à temps partiel.
“Je souhaite que nous mettions en place un système dans lequel la volonté de travailler soit récompensée”, a déclaré Lars Klingbeil.
En Allemagne, près de la moitié des femmes travaillent à temps partiel. Et le système fiscal les y encourage. Il permet de réduire la charge fiscale des couples dont les revenus sont inégaux, mais il augmente également l’imposition effective sur les heures supplémentaires effectuées par la personne ayant le revenu le plus faible, souvent l’épouse, ce qui dissuade les femmes d’augmenter leur temps de travail. Lars Klingbeil a proposé de supprimer la répartition des revenus pour les couples mariés sous sa forme actuelle pour les mariages à venir.
Il a aussi estimé qu’encourager la retraite anticipée n’était plus acceptable et est favorable à instaurer un nombre minimun d’années de cotisations, afin que ceux qui ont commencé à travailler plus tard partent plus tard à la retraite.
Baisser l’impôt sur le revenu pour 95% des salariés
Le vice-chancelier prévoit aussi de baisser l’impot sur le revenu. Il affirme que cette réforme devrait alléger la charge fiscale de 95% des salariés “et de manière significative, de plusieurs centaines d’euros par an”, comme le rapporte le journal allemand Süddeutsche Zeitung. Lars Klingbeil, précise toutefois qu’en contrepartie, les hauts revenus et les grandes fortunes doivent “contribuer” et que les droits de succession doivent être réformés.
Il a ajouté que l’Allemagne avait besoin d’innovation, d’une productivité accrue et d’un leadership technologique. “Nous avons besoin d’un leadership technologique dans des domaines clés, de conditions compétitives pour l’investissement, d’une base industrielle moderne, de chaînes d’approvisionnement sûres et de marchés de capitaux fonctionnels”, a-t-il déclaré.
L’économie allemande peine à croître depuis la pandémie du COVID-19 du début de la décennie, la concurrence croissante de la Chine et la hausse des prix de l’énergie ayant mis à rude épreuve son modèle économique axé sur les exportations.
Lars Klingbeil prévoit de présenter les points clés du budget 2027 et une partie de ses projets fin avril. À certains égards, le social-démocrate reprend des idées défendues par les conservateurs de CDU/CSU, ce qui risque de ne pas lui attirer que des soutiens au sein de son propre parti. Les points clés du budget devraient être présentés début avril, une partie des autres réformes fin avril, et ses propositions pour les retraites en juin.
« L’impact du conflit au Moyen-Orient est d’ores et déjà observé sur les coûts de production, au travers des hausses de prix des matières premières, de l’énergie et du transport », observe France Chimie dans un communiqué. Le lobby du secteur prévient que « des effets en cascade pourraient émerger », avec des « risques de pénurie pour la chimie européenne ».
L’hélium est l’exemple le plus frappant de ces dépendances géographiques. Ce gaz est indispensable à l’imagerie médicale, aux semi-conducteurs et au refroidissement des réacteurs nucléaires. L’Europe n’en produit pas. Or, « un tiers de la production mondiale se situe au Qatar », dans un site ciblé par des frappes le 18 mars 2026. Les autres sources, américaines ou russes, font l’objet de tensions diplomatiques. Des discussions mondiales sont en cours qui visent à réserver les volumes restants aux seules activités de défense et de santé.
Le brome suit une logique identique. Ce composé sert à la fabrication de retardateurs de flamme et de produits pharmaceutiques. Trois acteurs possèdent 79 % des capacités mondiales de production, situés en Israël, aux États-Unis et en Jordanie. Le conflit actuel menace directement l’extraction en mer Morte.
Pour le méthanol, la situation est tout aussi précaire : 12 % des capacités mondiales se trouvent en Iran et 18 % se répartissent entre l’Arabie saoudite, le Qatar et Bahreïn. Une extension du conflit paralyserait un tiers de l’offre mondiale de cet alcool de base.
L’asphyxie par les intrants
La crise se transmet par une réaction en chaîne partant de l’amont énergétique. Le gaz naturel dicte la survie des activités « gazo-intensives ». Pour des produits comme l’ammoniac ou le nylon, le gaz représente jusqu’à 80 % du coût variable de production. Avec un prix TTF à 67 euros le mégawattheure le 18 mars, contre environ 30 euros avant le conflit, les marges des producteurs européens s’évaporent. Les fabricants d’engrais ont déjà répercuté ces hausses, dégradant la compétitivité de toute la filière agricole en aval.
Le pétrole joue le rôle de second détonateur. Son cours, à 114 dollars (105 euros) le baril (+ 61 %), tire mécaniquement vers le haut les prix du naphta et de l’éthylène. Ce dernier a bondi de 58 % en Asie et de 38 % aux États-Unis en trois semaines. Ces molécules sont les briques élémentaires de tous les polymères. Aucune rupture n’est constatée en France au 25 mars. Toutefois, quatre groupes industriels multisites ont déclaré des cas de « force majeure » en Europe, car il est impossible de produire à de tels prix.
Ormuz et Singapour, le chaos logistique mondial
Le transport maritime est devenu le principal accélérateur de la contagion. La fermeture de fait du détroit d’Ormuz crée un engorgement massif. Le port de Khor Fakkan (Émirats arabes unis) est saturé, avec des retards dépassant 13 jours. Cette congestion se propage aux ports de Singapour et Colombo, incapables d’absorber le déroutement des flux.
« Il y a urgence à rouvrir le détroit, sans quoi les dommages toucheront durablement les chaînes d’approvisionnement », martèle Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies. Le contournement par le cap de Bonne-Espérance ajoute 15 jours de trajet, mobilisant davantage de navires pour transporter le même volume de marchandises.
En Inde, 30 % des navires attendent plus d’une semaine devant les ports de Mundra. Pour les PME françaises, cette désorganisation se traduit par un triplement des taux de fret au départ de Chine.
L’avantage structurel américain
Le conflit redessine les rapports de force entre les grandes régions industrielles. Contrairement à la crise ukrainienne, ce choc affecte l’Asie, très dépendante du pétrole iranien. En Chine, les réserves stratégiques sont estimées à 90 jours d’importation. Les trois plus grosses raffineries du pays ne pourront tourner que jusqu’au 20 avril avant de manquer de brut. Une fois ces unités arrêtées, les stocks de produits chimiques ne permettront de tenir que jusqu’à la fin du mois de mai.
À l’opposé, les États-Unis émergent comme le grand gagnant. Leur pétrochimie repose sur l’éthane issu du gaz de schiste, un intrant dont le prix est déconnecté du cours mondial du pétrole. Ce découplage permet aux producteurs américains de saturer le marché européen avec des polymères (PE, PVC) à bas prix. Les importations américaines vers l’Europe, déjà en hausse de 29 % depuis 2019, pourraient franchir un nouveau cap, menaçant de fermetures définitives les vapocraqueurs européens les plus anciens.
Le prochain point de bascule se jouera le 12 avril 2026, date à laquelle les premières raffineries chinoises pourraient déclarer l’arrêt de leurs unités de craquage, provoquant une pénurie mondiale de dérivés plastiques.
Sans grande surprise au vu du succès de la série, Netflix a renouvelé The Night Agent pour une saison 4. Peter Sutherland (Gabriel Basso) sera donc bien de retour pour de nouvelles aventures. Une nouvelle qui réjouit les fans, parmi lesquels un spectateur un peu particulier : Matthew Quirk, l’auteur du roman Une affaire personnelle (éditions Presses de la cité), sur lequel la série The Night Agent est basée.
Dans une interview exclusive pour Télé-Loisirs, Matthew Quirk nous avait raconté la genèse de cette adaptation et son lien avec la série Netflix. Il s’est donc réjoui en apprenant que The Night Agent était renouvelée pour une saison 4. S’il est crédité comme producteur au générique, il n’est “pas impliqué créativement dans la série”, comme il nous l’a expliqué.
Matthew Quirk, l’auteur de The Night Agent, donne son point de vue sur la saison 3
“Shawn (Shawn Ryan, le showrunner, ndlr) est une légende en matière de séries et j’étais très fan de son travail, donc ça a été facile de lui laisser la barre car je savais que mon livre était dans de très bonnes mains.” Le romancier, qui a d’autres projets d’adaptation de ses livres, nous a confié ses impressions sur la saison 3, ainsi que ses souhaits pour la saison 4 de The Night Agent, qui opérera un grand changement puisqu’elle sera délocalisée cette fois à Los Angeles.
Télé-Loisirs : Qu’avez-vous pensé de la saison 3 de The Night Agent ? Comment avez-vous trouvé le nouveau personnage féminin, Isabel, et sa dynamique avec Peter ?
Matthew Quirk : J’ai beaucoup aimé le personnage d’Isabel. Avant de devenir écrivain, j’étais journaliste et j’aime toujours quand ce monde est représenté dans une série. J’ai trouvé que Peter et elle avaient une grande alchimie et qu’il y avait juste le bon niveau de méfiance entre eux. C’est bien aussi qu’ils aient gardé une relation platonique, ça change et c’est rafraîchissant.
Vous nous aviez confié que Chelsea était l’un de vos personnages préférés, qui ne figure pas dans votre roman. Êtes-vous content qu’elle ait eu droit à une plus grande intrigue cette année ?
Absolument. J’ai trouvé que toute l’arche à la Maison Blanche était incroyablement bien faite. Je ne savais jamais à qui je pouvais faire confiance et quelles étaient les motivations des personnages. C’était super de retrouver l’actrice Fola Evans-Akingbola et son personnage et j’ai aimé la voir faire équipe avec Peter à la fin.
Quel est votre sentiment alors que The Night Agent a été renouvelée pour une saison 4 ?
Je suis aux anges, à la fois en tant qu’auteur du roman mais aussi que fan de la série. J’ai hâte de voir la nouvelle saison et j’espère que la série va continuer encore longtemps. Parfois, je suis tellement absorbé par le travail génial des scénaristes, des acteurs et de l’équipe, que j’oublie presque que j’ai créé l’histoire.
En tant qu’auteur et que spectateur, qu’aimeriez-vous voir dans cette quatrième saison ?
J’ai toujours trouvé qu’il serait intéressant de voir Peter se confronté, d’une manière ou d’une autre, à ceux qui ont corrompu son père. Peut-être que je reviendrai un jour à cet univers, avec une suite, mais je trouve que ça ferait une bonne intrigue pour la série. Mais je fais confiance aux scénaristes, je sais qu’ils ont de très bonnes idées pour la saison 4.
Rose sera-t-elle de retour dans la saison 4 de The Night Agent ?
À la fin de la saison 3, Moseley évoque un partenaire potentiel pour Peter. Avec qui aimeriez-vous le voir faire équipe ?
Chelsea bien sûr, et j’aimais aussi beaucoup le personnage de Sami dans la saison 2, et Adam aussi bien sûr dans la saison 3, même si la situation est bien sûr beaucoup plus compliquée. Je trouve aussi que Peter et Jay Batra formaient un duo très drôle. J’ai aimé cet humour, cela m’a fait penser au film Midnight Run (la comédie d’action de 1988 avec Robert De et Charles Grodin, ndlr).
Les scénaristes ont imaginé des personnages très cool au sein du Night Action, donc je serais heureux d’en voir certains plus développés ou d’en découvrir de nouveaux. Chacun apporte beaucoup à l’histoire.
La saison 4 de Los Angeles sera tournée à Los Angeles. Espérez-vous que Rose sera de retour ?
J’adore Luciane (l’actrice Luciane Buchanan, ndlr) et le personnage de Rose, bien sûr, ce serait donc génial de la revoir dans la série. Je suis ravi de voir que Luciane a le succès qu’elle mérite. Je ne savais pas qu’elle serait de retour dans la saison 2, jusqu’à ce que je la croise par hasard dans le studio de Netflix à Brooklyn. C’était une belle surprise !
J’ai terminé mon livre sur Peter et Rose qui partaient ensemble heureux dans le soleil couchant donc je comprends tout à fait les fans de “Peter et Rose pour toujours”. Mais je laisse cela aux scénaristes. Au début de la série, j’ai parlé avec Shawn de la tension que Peter ressent, entre son sens du devoir et son besoin de protéger Rose, et le fait que cela peut justement souvent la mettre en danger.
C’est un sacrifice intéressant, de devoir rejeter une personne pour la protéger. Ils commencent l’histoire ensemble et, à la fin, peu importe ce qui arrive, ce serait super de les revoir ensemble. Mais, entre-temps, les obstacles qui se dressent entre eux constituent de bonnes histoires.
Devant le tribunal civil de Los Angeles, aux Etats-Unis, le 25 mars 2026. MIKE BLAKE / REUTERS
Instagram et YouTube, jugés responsables d’avoir alimenté la dépression d’une adolescente américaine, ont été condamnés mercredi 25 mars à verser au moins 3 millions de dollars de dommages et intérêts à la plaignante, selon la lecture du verdict d’un jury californien.
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Le jury d’un tribunal civil de Los Angeles a aussi retenu que Meta, la maison mère d’Instagram, et YouTube (Google), avaient agi frauduleusement, de façon délibérée, ouvrant la voie à des « dommages punitifs » supplémentaires qui doivent encore être déterminés après la fin de la lecture du verdict.
« Le verdict rendu aujourd’hui est un moment historique – pour Kaley [la plaignante] et les milliers d’enfants et de familles qui attendaient ce jour », ont déclaré les avocats dans un communiqué de la plaignante. « Depuis des années, les entreprises de réseaux sociaux tirent profit du ciblage des enfants tout en dissimulant les caractéristiques addictives et dangereuses de leurs plateformes. »
Ce verdict « est un référendum de la part d’un jury, adressé à tout un secteur, signifiant que l’heure de rendre des comptes est arrivée », ont-ils ajouté.
« Nous sommes respectueusement en désaccord avec le verdict et examinons les options juridiques qui s’offrent à nous », a déclaré dans un communiqué un porte-parole de Meta.
Ce verdict inédit crée un précédent pour des milliers de plaignants aux Etats-Unis qui accusent les grandes plateformes d’être responsables d’une épidémie d’addiction aux réseaux sociaux.
Sur une photo diffusée sur la page Facebook de la présidence algérienne, la présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, et le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, à Alger, le 25 mars 2026. FACEBOOK
Le déplacement de Giorgia Meloni, mercredi 25 mars à Alger, arrive à point nommé pour la dirigeante de la droite radicale. Fragilisée sur la scène intérieure par le rejet, deux jours plus tôt, de sa réforme de la magistrature qui avait été soumise à référendum, la cheffe du gouvernement italien s’offre une parenthèse régalienne. Cette séquence algérienne devrait soigner son image de figure incontournable de la politique étrangère en Méditerrannée.
Peu de temps après son arrivée à l’aéroport international Houari-Boumediene, à la mi-journée, Mme Meloni a sacrifié au rituel de la halte devant le Mémorial du martyr d’Alger avant de s’entretenir avec le président algérien, Abdelmadjid Tebboune. Lors d’une déclaration commune aux médias, le chef de l’Etat a salué son « amie » ainsi que la délégation l’accompagnant, puis a exprimé sa « plus haute considération » pour l’implication de son invitée dans la coopération bilatérale.
« Nous avons décidé de renforcer notre coopération, déjà très solide, à travers nos champions nationaux [les compagnies d’hydrocarbures italienne ENI et algérienne Sonatrach] en travaillant sur de nouveaux fronts comme le gaz de schiste ou l’exploration offshore », a annoncé la dirigeante italienne, lors de ce point presse.
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DÉCRYPTAGE – Pour la cheffe des opérations militaires suédoise Ewa Skoog Haslum, les Occidentaux devraient être prêts dès maintenant pour faire face à une menace.
Deux ans après son adhésion à l’OTAN, qui a mis fin à sa politique de non-alignement, la Suède s’engage face à la menace russe. « Même si nous n’avons pas de frontière terrestre, nous sommes en position frontale » avec la Russie, confie la cheffe des opérations militaires suédoise, la vice-amirale Ewa Skoog Haslum. « Nous les rencontrons quotidiennement dans les airs et sur les mers et bien sûr nous nous surveillons réciproquement », explique-t-elle en recevant quelques journalistes. En visite à Paris, elle rend hommage à la coopération militaire entre les deux pays : elle a notamment visité le centre de planification et de conduite des opérations des armées françaises et le quartier général de la coalition des volontaires, installé dans la banlieue de la capitale. La Suède a déjà fourni des avions à l’Ukraine comme des capacités antimines. Elle participe aux missions de formation de l’armée ukrainienne en Europe. « Nous sommes aussi prêts à le faire sur le territoire ukrainien »
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“La démarche du pistolero”. C’est ainsi que des professeurs de neurologie du très sérieux British Medical Journal ont baptisé l’étrange façon de marcher de Vladimir Poutine, rappelle le journaliste Vincent Jauvert dans son livre Kremlin confidentiel, dont L’Express publie les bonnes feuilles. “Nous avons observé qu’[il] présente une réduction notable du balancement du bras droit pendant la marche, écrivent-ils en 2015. Nous avons trouvé dans un manuel de formation du KGB une explication plausible : les recrues étaient entraînées à garder le bras droit immobile près du corps afin de pouvoir dégainer rapidement une arme. Nous pensons que cette habitude acquise a été conservée inconsciemment dans [sa] posture et [sa] démarche”. Fruit d’une enquête fouillée et nourrie par de nombreux documents et témoignages, l’ouvrage de Vincent Jauvert vise à dévoiler la vraie nature du président russe, tout ce qu’il veut cacher : “sa quête effrénée de luxe, de pouvoir et de vengeance – sa vie privée et ses crimes aussi”. Dans un texte saisissant, l’auteur montre comment ce chef mafieux a construit sa dictature à vie, accumulé une immense fortune, planifié l’invasion de l’Ukraine, et entraîné l’Europe dans une guerre sans fin. Extraits.
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Monsieur 35 %
C’est sa face la plus secrète. Poutine, qui a vécu, comme l’immense majorité des Soviétiques, dans la pauvreté et la fascination de l’abondance occidentale, aime le luxe. Pendant des années, il a vu les oligarques et certains hauts fonctionnaires acheter des propriétés somptueuses sur la Côte d’Azur, des yachts, des montres Patek Philippe en or, des Bentley et des costumes anglais hors de prix. C’est son tour. En même temps qu’il impose son système politique autocratique, le président russe met en place un système complexe de détournement de fonds à son profit inspiré des méthodes de la mafia. Pour bâtir sa fortune, [il] va d’abord utiliser son ami Nikolaï Chamalov, l’un des huit de la coopérative Ozero [NDLR : une coopérative de datchas située sur un vaste terrain, à 150 kilomètres de Saint-Pétersbourg, au bord du lac Komsomolskoïe], chez qui, quatre ans plus tôt, il a passé des vacances d’hiver en famille à Davos. Rond et yeux clairs, Chamalov est le représentant de Siemens en Russie et l’un des principaux actionnaires d’une société baptisée Petromed. C’est via cette compagnie que Poutine va engranger ses premiers millions de dollars.
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Le schéma de ce détournement de fonds m’a été expliqué par un autre actionnaire de Petromed, Sergueï Kolesnikov. Docteur en médecine militaire, ce quinquagénaire à allure de comptable n’a pas supporté d’être complice d’une vaste entreprise de corruption. En 2010, il a dénoncé le système dans une lettre ouverte au président russe de l’époque, Dmitri Medvedev, le pantin que Poutine a installé au Kremlin pour quatre ans de 2008 à 2012. Dans cette missive à scandale, Koslesnikov fournissait toutes les preuves des malversations au profit du Premier ministre Poutine, toujours l’homme fort du régime. Evidemment, Medvedev n’a rien fait. Tandis que Kolesnikov s’est envolé dans la nature par peur de représailles. Ses révélations ont été confirmées bien plus tard par l’agence Reuters et le réseau OCCRP (Organized Crime and Corruption Reporting Project) de journalistes spécialisés dans les enquêtes sur la corruption. Voici ce qu’ils ont découvert. Créée en 1992 à Saint-Pétersbourg, Petromed a pour vocation de construire et d’importer du matériel médical high-tech en Russie. Au début, il s’agissait d’une joint-venture public-privé. Côté privé, Chamalov et Kolesnikov ; côté public, le département des relations économiques internationales de Saint-Pétersbourg représenté par son directeur, Vladimir Poutine. Après la défaite [d’Anatoli] Sobtchak [ancien maire de Saint-Petersbourg], la ville a vendu ses parts aux deux fondateurs qui ont fait prospérer leur affaire.
Arrivé deuxième lors de l’élection du comité d’entreprise de la seule usine Tesla en Allemagne, le syndicat IG Metall a annoncé contester en justice le résultat de l’élection, dénonçant des ingérences de l’employeur.
Le syndicat IG Metall a annoncé mercredi qu’il va contester en justice le résultat de l’élection du comité d’entreprise chez Tesla au sein de sa seule usine en Allemagne, dénonçant une “ingérence” de la direction. “L’impression que les élections chez Tesla ont été influencées par des menaces est trop grave pour ne pas être examinée par les tribunaux”, a déclaré Christiane Benner, présidente de IG Metall, le puissant syndicat de la metallurgie arrivé deuxième lors de cette élection.
Les employés “méritent des élections équitables, sans craintes d’être sanctionnés pour leurs choix”, selon Christiane Benner.
Tesla change de cap et mise sur les robots – 29/01
25:48
Dans un communiqué, le syndicat a indiqué s’appuyer sur le paragraphe 19 de la loi sur l’organisation des entreprises allemandes, selon lequel “une élection peut être contestée devant le tribunal du travail si des dispositions essentielles relatives au droit de vote (…) ont été violées” avec une influence sur le résultat. Contacté, Tesla n’avait pas réagi dans l’immédiat.
Des badges “Giga Oui, Syndicat Non”
Le milliardaire Elon Musk, à la tête de l’entreprise, avait averti qu’il n’y aurait plus d’investissement dans l’usine si IG Metall devenait majoritaire. Selon le syndicat, des cadres et la direction auraient par ailleurs menacé les salariés en affirmant que l’usine ne serait plus agrandie s’il obtenait la majorité, un comportement qu’il qualifie de “chantage”. Il a également déploré une inégalité de traitement, affirmant qu’une “liste proche de l’employeur” a été autorisée à installer une publicité lumineuse sur la façade de l’usine, contrairement à sa propre liste.
Des superviseurs auraient enfin “distribué des badges portant l’inscription ‘Giga Oui, Syndicat Non’” – Giga United étant le nom de la liste proche de la direction – et auraient adressé des demandes explicites aux employés comme “je ne peux que vous conseiller de ne pas voter pour la liste rouge” (celle d’IG Metall, ndlr).
Si la contestation est validée par la justice, le comité d’entreprise actuel sera dissous et de nouvelles élections devront être organisées, a indiqué IG Metall. Au-delà de ce scrutin, le syndicat réclame depuis des mois de meilleures conditions de travail, en l’absence de convention collective protégeant les employés.