Hala Abou-Hassira, ambassadrice et cheffe de la mission de Palestine en France, au siège de la mission de Palestine en France, à Paris, le 18 octobre 2023. EMMANUEL DUNAND/AFP
C’est la première traduction concrète de la reconnaissance de l’Etat de Palestine annoncée par le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies le 22 septembre 2025, après de longs mois d’hésitations et de tensions avec le gouvernement israélien, qui y était farouchement opposé. Hala Abou Hassira, ambassadrice et cheffe de la mission de Palestine en France a présenté, mercredi 25 mars, ses lettres de créances comme ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de l’Etat de Palestine au président de la République, qui les a acceptées.
Cette cérémonie protocolaire, attendue depuis le discours de M. Macron à New York, acte la transformation de la mission de Palestine en France, située dans le 15e arrondissement de Paris, en ambassade de plein droit. « C’est un moment historique,a déclaré au Monde Hala Abou Hassira, à la sortie de l’Elysée. Je suis fière pour mon peuple qui a payé un prix tellement cher. C’est la reconnaissance de ses droits et de ses sacrifices. »
A la suite du rehaussement du statut de la représentation palestinienne à Paris, son personnel diplomatique devrait se voir octroyer prochainement les privilèges qui en découlent, conformément à la convention de Vienne de 1961, qui codifie les interactions diplomatiques entre Etats.
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DÉCRYPTAGE – La guerre en Iran, qui a ravivé le conflit avec Israël, exacerbe les tensions au sein du pays du Cèdre.
Jusqu’où ira cette énième guerre avec Israël ? Au Liban, le choc renouvelé de la violence meurtrière se double désormais d’une menace existentielle : l’annexion du sud du pays jusqu’au fleuve Litani. Si Tel-Aviv n’affiche pas cette ambition territoriale, le ministre israélien de la Défense évoquant à ce stade « une ligne de défense avancée », de nombreuses déclarations israéliennes accréditent au Liban la crainte d’un projet territorial ancré dans l’histoire du sionisme.
Face à ce scénario catastrophe, l’impuissance quasi totale des autorités libanaises se conjugue à une exacerbation des tensions et des clivages politiques internes. Les appels à la négociation sont restés lettre morte jusqu’à présent, tandis que sur le terrain, à la frontière, le Hezbollah se pose en dernier rempart face à l’invasion terrestre, malgré un rapport de force extrêmement inégal. Le pilonnage israélien des localités frontalières est méthodique. Et la destruction des principaux ponts assurant l’interconnexion…
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Au cœur du XIXe arrondissement, à l’abri du tumulte de la rue d’Aubervillers, le festival Circulations(s) nous offre à nouveau un panorama de la photographie émergente européenne sous l’historique verrière du Centquatre-Paris. C’est ici, depuis sa création en 2011 par l’association Fetart, que l’événement annuel s’est imposé comme un tremplin pour les jeunes photographes et un laboratoire des écritures visuelles actuelles. En quinze ans, la ligne directrice de Circulation(s) est restée constante : révéler des talents, sans distinction de notoriété ou de parcours, pour prendre la température des préoccupations esthétiques et sociétales d’une génération. Le festival privilégie les démarches hybrides, mêlant photographie, vidéo, installation et pratiques expérimentales. La direction artistique est collégiale, les exposants choisis au terme d’un appel à candidature. Cette année, ils sont 26, issus de quinze nationalités différentes, à interroger les enjeux d’une époque en pleine mutation, auxquels s’ajoutent quatre photographes invités dans le cadre d’un focus dédié à l’Irlande.
T2i & NouN, “ManMan Dilo – Pouvoir & Regards”.
L’édition 2026 s’inscrit ainsi dans une réflexion élargie sur les transformations en cours à travers l’Europe, qu’elles soient environnementales, politiques ou identitaires. Entre réalité et fiction, documentaire et mise en scène, l’approche transversale permet de croiser des récits personnels avec des problématiques globales. Parmi les artistes français retenus, Manon Tagand développe un projet sensible autour de la filiation sous forme d’enquête post-coloniale, tandis que le duo T2i & NouN inscrit son travail dans une réflexion écologique critique, par le biais d’une créature légendaire appartenant au folklore guyanais : Manman Dilo, une “Mère des eaux” à la fois redoutée et protectrice.
Olia Koval, “Eruption”.
A l’international, on remarque la série Eruption de l’Ukrainienne Olia Koval, qui déroule une œuvre marquante, directement liée au contexte géopolitique de son pays : un intérieur domestique envahi par 40 000 petites punaises rouges fabriquées à la main,offrant une métaphore de l’occupation militaire, de la contamination du quotidien par la guerre, de l’impossibilité de maintenir une frontière entre espace intime et conflit. Quant à Natalia Majchrzak, qui réside en Belgique mais qui a ses origines familiales en Pologne, elle reconstitue, avec Keczupowo – le surnom de Włocławek, sa ville natale –, les souvenirs subjectifs d’une enfance estompée, en jouant, non sans ironie, sur les codes visuels de la culture populaire.
En mettant en lumière les travaux singuliers de cette nouvelle génération de photographes à travers l’Europe, Circulation(s), qui porte bien son nom, offre un chassé-croisé riche en contrastes dans le champ de l’image contemporaine. On peut y circuler, en toute liberté, jusqu’au 17 mai 2026.
«Produire plus ». Voici, en substance, la consigne donnée aux opérateurs des six raffineries encore en activité sur le sol métropolitain. Via un courrier envoyé lundi, les cabinets de Maud Bregeon (Énergie), Roland Lescure (Économie) et Mathieu Lefèvre (Transition écologique) formulent une demande claire : porter les capacités de raffinage à leur niveau maximal, pour desserrer l’étau des importations et freiner l’envolée des prix du gazole.
Depuis le début de la guerre en Iran, les tarifs de ce carburant ont bondi bien plus vite que ceux de l’essence. Un découplage qui « traduit une capacité de raffinage insuffisante par rapport aux besoins », explique-t-on au ministère délégué chargé de l’Énergie. Car acheminer du brut ne suffit pas : encore faut-il pouvoir le traiter, afin d’en extraire un combustible prêt-à-l’emploi.
Or, en cinquante ans, l’outil industriel français a fondu, passant de 24 raffineries de pétrole en 1975 à seulement sept aujourd’hui (dont six en métropole). Surtout, les survivantes ne sont plus calibrées pour la consommation nationale de diesel : si la France est quasiment autonome pour son essence (seulement 10 % d’importations), elle est devenue structurellement dépendante pour son gazole. Aujourd’hui, un litre sur deux consommé par les Français est importé déjà raffiné, principalement du Moyen-Orient.
L’impact du « Dieselgate »
Alors, pourquoi ne pas simplement adapter les usines existantes à la demande actuelle ? « Une raffinerie n’est pas une infrastructure standard que l’on ajuste d’un tour de vis», souligne à La Tribune un expert reconnu par le secteur ayant requis l’anonymat. Il s’agit d’une «horlogerie complexe», qui sépare les chaînes d’hydrocarbure selon la nature du pétrole réceptionné, pour en extraire ce qui l’intéresse. Chaque baril de brut possède sa propre carte d’identité : un pétrole léger (type schiste américain) donnera beaucoup d’essence mais peu de gazole ou de bitume.
Il reste 7 raffineries actives en France. (Crédits : Agathe Perrier)
Historiquement, l’outil français a été « designé » pour répondre à une demande massive de diesel. Mais le virage post-Dieselgate [entre 2009 et 2015, Volkswagen a triché sur les tests antipollution de ses moteurs diesel, ndlr] et les nouvelles normes environnementales ont brutalement écorné l’image de ce carburant. Résultat : certaines unités de production sont devenues obsolètes, précipitant leur fermeture. «Les convertir aurait coûté très cher et pris beaucoup de temps», précise le spécialiste.
Désengagements en série
Surtout, si le raffinage affiche aujourd’hui des marges records en raison du boom des marchés, l’activité a été structurellement déficitaire pendant des années. Ce qui a poussé les majors à se désengager une à une. Parmi les exemples les plus emblématiques, la raffinerie des Flandres de TotalEnergies, près de Dunkerque, a tiré sa révérence en 2010.
Peu après, Shell a cédé ses sites de Reichstett et Berre, aujourd’hui fermés. Quand ils ne sont pas liquidés, des sites sont reconvertis : en Seine-et-Marne, TotalEnergies transforme actuellement son ancienne raffinerie de pétrole de Grandpuits en une usine de production de biocarburants et de matières plastiques. Celle de La Mède, près de Marseille, a d’ores et déjà été réorientée vers la mise au point de biocarburants.
À Lyon, l’usine Feyzin qu’opère la major reste quant à elle active, mais sous surveillance. Le géant pétrolier a déjà fait savoir qu’il préparait sa fermeture dès 2027, préférant concentrer ses activités sur les grandes façades maritimes pour réaliser des économies d’échelle. Dans ce marché en berne, la raffinerie de Lavéra (Martigues), vendue par BP à Petroineos, semble faire figure d’exception : l’usine bénéficie encore d’investissements massifs de la part de ses actionnaires sino-britanniques.
Des marges d’augmentation très limitées
Mais là aussi, la flexibilité reste limitée. Si l’usine de Lavéra dispose d’unités permettant de transformer des pétroles de moindre qualité par rapport à ce qui avait été prévu à l’origine, afin de mettre au point davantage de gazole, ce n’est pas le cas partout.
Les industriels peuvent certes jouer sur les paramètres de production ou sur les spécificités saisonnières (la composition réglementaire du diesel changeant entre l’hiver et l’été) pour favoriser légèrement le gazole. Mais à l’échelle nationale, ces ajustements ne représentent qu’un gain de « quelques pourcents », estime-t-on dans le secteur.
Le gouvernement l’a d’ailleurs déjà clarifié : il ne faut pas s’attendre à des augmentations massives, mais à des améliorations marginales «qui ne pourront pas remplacer l’intégralité des capacités de raffinage auxquelles la France n’a plus accès».
Le monde de la télé-réalité perd une icône. Loana a été retrouvée morte à l’âge de 48 ans dans son logement de Nice, ce mercredi 25 mars 2026. Le procureur de la ville, Damien Martinelli, a confirmé l’information auprès de l’AFP. Les causes de sa disparition n’ont pas été révélées et une enquête a été ouverte, selon Nice-Matin.
Dans la journée, la police municipale aurait été alertée par des voisins d’une odeur qui se dégageait du logement de la star du petit écran. Selon Nice-Matin, les pompiers seraient passés par sa fenêtre du troisième étage pour accéder au logement retrouvé en “bazar”. Son décès remonterait à plusieurs jours.
Loana avait été révélée au public par la première télé-réalité française
En 2001, Loana avait été révélée au public grâce à sa participation au Loft Story, première télé-réalité diffusée en France. Propulsée au rang de star après son passage dans l’émission présentée par Benjamin Castaldi, elle s’était essayée à différents métiers, dont celui de chanteuse et de mannequin pour Jean-Paul Gaultier. Elle avait lancé sa propre marque de vêtements, portant son nom.
Par la suite, elle était apparue dans d’autres programmes, dont Les anges de la télé-réalité et La villa des cœurs brisés. Mais depuis sa révélation au grand public, elle connaissait des passages à vide et se battait contre une addiction à la drogue et l’alcool. Elle témoignait régulièrement de son combat contre sa dépendance.
Elle était maman d’une fille, Mindy, placée en famille d’accueil pendant son enfance. Les contacts étaient rompus entre mère et fille, malgré plusieurs tentatives de contact du côté de Loana. La personnalité française vivait avec son chien, Titi, et était entourée de sa maman, qui logeait en résidence pour seniors.
De nombreuses personnalités françaises rendent hommage à Loana
Apprenant la triste nouvelle, de nombreuses personnalités ont tenu à rendre hommage à Loana. Benjamin Castaldi a dévoilé un message poignant sur Instagram : “Loana n’était pas un personnage. Elle était une femme. (…) Et c’est précisément pour ça qu’on l’a aimée… Mais c’est aussi pour ça qu’on l’a laissée tomber (…) La vérité, c’est qu’on est tous un peu responsables.”.
Alexia Laroche-Joubert, Jean-Édouard ou encore Cyril Hanouna ont aussi eu une pensée pour la première star de télé-réalité.
Friedrich Merz affirme que l’Ukraine n’a plus besoin des missiles allemands Taurus
Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a déclaré qu’il n’était plus nécessaire d’envoyer des missiles Taurus à longue portée pour aider à défendre l’Ukraine contre l’invasion russe, une décision longtemps débattue à Berlin.
Kiev souhaite depuis longtemps obtenir ces missiles, mais Berlin a refusé de s’engager ouvertement, craignant que cela n’aggrave les tensions avec la Russie.
Lorsqu’il était dans l’opposition, M. Merz s’était lui-même engagé à envoyer ces missiles, mais il est revenu sur sa position depuis son entrée en fonctions en mai dernier.
Répondant mercredi à Berlin aux questions des députés au Bundestag, M. Merz a déclaré que ses propos initiaux avaient été formulés « dans un contexte différent », à un moment où il « supposait que la Bundeswehr disposait d’un nombre suffisant de missiles de croisière Taurus opérationnels dans ses stocks pour pouvoir approvisionner l’Ukraine ».
Il a ajouté que les progrès de l’Ukraine en matière de développement d’armes nationales avaient rendu inutile le débat sur les missiles Taurus. « Aujourd’hui, l’Ukraine dispose elle-même dans ses dépôts d’armes à longue portée qu’elle a construites elle-même – en partie avec notre aide – et qui sont nettement plus efficaces que le nombre relativement restreint de missiles de croisière Taurus que nous aurions pu livrer », a déclaré le chancelier.
Toutefois, même si l’Ukraine est « mieux armée aujourd’hui que jamais auparavant », elle rencontre « des difficultés considérables en matière de financement », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité de « mobiliser des fonds pour l’Ukraine » afin que ces armes puissent continuer à être produites.
Depuis que les Etats-Unis, sous la présidence de Donald Trump, ont réduit la majeure partie de leur soutien à l’Ukraine l’année dernière, l’Allemagne est devenue le principal soutien de Kiev et a considérablement augmenté son aide militaire. Berlin s’est engagé à verser 11,5 milliards d’euros d’aide pour 2026, notamment pour des systèmes de défense aérienne IRIS-T et des batteries Patriot.
L’islamologue suisse Tariq Ramadan, à Paris, le 30 septembre 2025. STEPHANE DE SAKUTIN/AFP
L’islamologue suisse Tariq Ramadan a été condamné par défaut, mercredi 25 mars, à dix-huit ans de réclusion criminelle par la cour criminelle de Paris, qui l’a jugé par défaut et à huis clos pour des viols commis sur trois femmes.
Il a été reconnu coupable de viols et de viol sur personne vulnérable. La cour a ordonné qu’il fasse l’objet d’une mesure de suivi judiciaire pendant huit ans, lui interdisant d’entrer en relation avec les victimes, de diffuser tout ouvrage, œuvre audiovisuelle ou intervention publique qui porterait sur cette infraction.
Elle l’a aussi condamné à une interdiction définitive du territoire français une fois sa peine purgée et maintenu les effets du mandat d’arrêt décerné à son encontre le 6 mars.
L’islamologue, déjà condamné par la justice suisse pour viol, était jugé à Paris depuis le 2 mars pour des viols commis sur trois autres femmes entre 2009 et 2016, ce qu’il conteste : un viol aggravé, avec violences et sur personne vulnérable, commis sur « Christelle » (prénom d’emprunt) à Lyon en octobre 2009 ; un viol qui aurait eu lieu en 2012 à Paris sur Henda Ayari, une ex-salafiste devenue militante laïque qui avait déclenché l’affaire en portant plainte en octobre 2017 ; et un autre sur une troisième femme, remontant à 2016.
Mandat d’arrêt
A l’ouverture de ce procès, Tariq Ramadan ne s’est pas présenté à l’audience. Ses avocats avaient expliqué qu’il avait été hospitalisé deux jours auparavant à Genève, en raison selon eux d’une « poussée » de sclérose en plaques. Une expertise médicale ordonnée avait conclu à la « stabilité de la sclérose en plaques » dont souffre l’islamologue depuis plusieurs années, « sans signe de poussée récente », et estimé qu’il pouvait donc comparaître devant la cour criminelle.
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La présidente a alors rejeté la demande de renvoi du procès et décidé que l’accusé de 63 ans serait jugé par défaut, et à huis clos comme le demandait une partie civile. Elle a, par ailleurs, indiqué qu’un mandat d’arrêt, « à exécution et diffusion immédiate », était délivré à son encontre.
DÉCRYPTAGE – La guerre et le plan de paix de Trump risquent de renforcer la position de Téhéran, qui a pris conscience de son emprise sur l’économie mondiale, au grand dam des monarchies du Golfe.
Si les guerres peuvent réserver des surprises stratégiques, la fermeture d’Ormuz ne peut être rangée sur l’étagère des imprévus. Depuis des décennies, on spécule sur la possibilité d’un blocage du détroit en cas de conflit et de l’ampleur de ses conséquences économiques. Et les événements des années 1980 ont apporté des éléments concrets. Mais on découvre aujourd’hui que cette guerre contre l’Iran, au-delà des turbulences immédiates, risque d’avoir un effet pervers de long terme. Si les gardiens de la révolution se voient officiellement reconnaître un autre rôle, celui de gardien des clés du détroit.
Le plan Trump en 15 points évoqué par la presse reste nébuleux, mais l’un de ces points poserait que le détroit d’Ormuz reste ouvert à la navigation maritime. Inscrite dans un accord, cette disposition reviendrait de facto à reconnaître le contrôle privilégié des Iraniens sur le détroit. Fort habilement, ceux-ci s’emploient à montrer que ce contrôle est effectif, qu’ils peuvent choisir qui passe…
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Faut-il s’inquiéter du cadmium qui s’accumule dans les sols, et se retrouve bien souvent dans notre alimentation ? Et si oui, quels sont les risques pour la santé associés à la consommation de ce produit, normalement réservé à l’agriculture ? C’est à ces questions que l’Anses a entrepris de répondre dans un vaste rapport d’expertise de près de 400 pages. L’agence a passé au crible l’ensemble des sources d’exposition de la population française à ce métal lourd, qui une fois inhalé ou ingéré, s’amoncelle dans l’organisme où il peut rester entre 10 et 30 ans avant d’être évacué.
Conclusion : l’alimentation fait partie des premiers vecteurs de contaminations à ce toxique. Les résidus retrouvés dans la nourriture, expliquent à eux seuls jusqu’à 98 % de l’imprégnation chez les non-fumeurs, même si le tabac constitue un facteur aggravant, puisqu’un paquet de cigarettes quotidien représente un apport absorbé comparable à celui de l’alimentation entière, souligne l’Anses. Pire : à en croire les experts de l’agence, la situation s’aggrave. En 2011, l’Étude d’alimentation totale 2 (EAT2) de l’agence montrait que 0,6 % des adultes et 14 % des enfants de 3 à 17 ans dépassaient les valeurs toxicologiques de référence du cadmium par la seule alimentation. En 2026, l’Étude d’alimentation totale 3 (EAT3) révèle que ces pourcentages montent jusqu’à 1,7 % chez les adultes et 27 % chez les enfants. Si l’augmentation est documentée, reste à savoir ce que nous risquons.
Des effets osseux et rénaux solidement documentés
Avec des résultats aussi négatifs, les scientifiques s’attendent à des conséquences forcément négatives, en termes de santé publique. “Il existe de nombreuses études toxicologiques menées sur des animaux qui montrent que le cadmium est néfaste pour la santé, mais quand on regarde les données épidémiologiques concernant l’exposition humaine en vie réelle, ce sont les effets osseux et rénaux qui semblent être les plus importants”, résume l’épidémiologiste Luc Multigner. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’un métal lourd qui s’accumule principalement dans les tissus osseux, comme le plomb.
L’économie française va-t-elle s’enfoncer dans la récession ? C’est pour l’instant une hypothèse balayée par la Banque de France. Dans ses prévisions intermédiaires dévoilées ce mercredi 25 mars, la banque centrale a révisé légèrement à la baisse (-0,1 point) sa prévision de croissance du PIB pour 2026 à 0,9 % contre 1 % en décembre dernier, dans son scénario central. L’inflation accélérerait de 1,7 % en 2026 contre 1,3 % précédemment. C’est donc à première vue un impact limité de la guerre en Iran sur l’activité et l’inflation.
Des scénarios plus sombres
Mais compte tenu de la situation internationale chaotique, la Banque de France a également modélisé deux autres scénarios. Le premier part d’une hypothèse défavorable avec un PIB à 0,6 % et une inflation à 2,5 %. Enfin, dans un scénario plus sombre, la croissance serait de seulement 0,3 % et l’inflation de 3,3 %. « Dans le scénario le plus défavorable, les prix du pétrole et du gaz atteindraient 145 dollars par baril et 106,00 €/MWh respectivement au deuxième trimestre 2026 et resteraient par la suite durablement à des niveaux plus élevés », précisent les économistes.
À l’horizon 2028, la révision pour la croissance du PIB est légèrement plus importante (-0,2 point) à 0,8 %. « La hausse des prix de l’énergie, conjuguée à une révision à la hausse des taux d’intérêt par rapport à décembre, pèserait sur la croissance en 2027 », souligne le document présenté à la presse.
Sur la politique monétaire, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé un statu quo lors de la dernière réunion des gouverneurs la semaine dernière. Mais une remontée des taux pourrait venir peser lourdement sur la demande et l’activité alors que l’inflation est encore en deçà de la cible de 2 %, redoutent plusieurs analystes.
Inquiétude sur le pouvoir d’achat et la consommation
La guerre au Moyen-Orient pourrait également saper les moteurs traditionnels de l’économie tricolore, à commencer par la demande. « Ce choc inflationniste, à travers le pouvoir d’achat, affecterait à la fois la consommation et l’investissement des ménages », détaille la Banque de France. À ce stade, le gouvernement de Sébastien Lecornu n’a pas prévu de mesure pour compenser les pertes de pouvoir d’achat provoquées par cette crise.
Faute de marge de manœuvre budgétaire, l’exécutif compte sur les contrôles dans les stations-service pour limiter la surchauffe des prix, une hausse de la production dans les raffineries et des mesures ciblées sur certains secteurs exposés (agriculture, pêche, transport). Une grande partie de la facture de cette guerre va donc être payée par la consommation des Français. Un point noir pour l’économie tricolore dépendante de la propension à consommer des ménages.
Chômage : un pic à 8 % cette année
Autre signal inquiétant, le chômage devrait grimper plus qu’anticipé. La Banque de France projette une hausse à 8 % de la population active cette année contre 7,8 % auparavant. Les créations nettes de postes seraient très faibles sur l’ensemble de l’année (16 000). Il s’agit d’un pic inédit depuis 2020, en dehors de la pandémie. Le coup de frein sur l’activité et la fin des aides massives pour soutenir l’emploi ont poussé les entreprises à réduire la voilure sur les embauches. Mécaniquement, la productivité par tête devrait se renforcer après des années moroses.
Dans leur modélisation, les conjoncturistes prévoient une hausse du salaire moyen par tête (nominal) supérieure à l’inflation. Mais les salaires corrigés de l’inflation, c’est-à-dire en valeur réelle, devraient perdre du terrain. En effet, les mécanismes de désindexation plombent les revenus issus du travail pour une grande partie de la population active, à l’exception des salaires au SMIC. Un motif d’angoisse pour une grande partie des Français.
Guerre en Iran : un choc d’incertitude
Les récentes crises (pandémie, guerre en Ukraine, énergie, géopolitique, politique) ont poussé les économistes à plancher sur les effets de l’incertitude sur l’économie. En France, l’économiste de l’OFCE, Raul Sampognaro, avait montré dans une étude qu’un choc géopolitique comme la guerre en Ukraine pouvait provoquer « une baisse du commerce mondial des marchandises de 0,7 point (en volume) et une baisse de la production industrielle mondiale de 0,6 point ». À ce stade du conflit en Iran, la comparaison avec la guerre au Moyen-Orient présente évidemment des limites. Mais un prolongement des hostilités pourrait faire des ravages sur l’économie mondiale.