Le 1er-Mai est la Journée internationale des travailleuses et travailleurs. Chaque 1er-Mai, nous nous souvenons des luttes syndicales par lesquelles ils ont obtenu des droits. Le 1er-Mai est aussi la Fête du travail, une fête pendant laquelle nous chérissons le travail émancipateur, créateur de richesses, dont le droit et les usages doivent garantir justes rétribution et protection.
Chaque 1er-Mai, beaucoup d’entre nous travaillent : des artisans, des soignants, des agents publics, des policiers, gendarmes, militaires, des boulangers et restaurateurs.
Chaque 1er-Mai, en tant que maire, j’arpente le centre de Paris pour honorer les rendez-vous politiques et syndicaux, et je suis bien content de trouver la boulangerie en face de la mairie ouverte, la boulangère et le boulanger aux fourneaux.
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Nous sommes attachés aux commerces de proximité, à notre boulangerie, au fleuriste chez qui nous achetons un brin de muguet, symbole du 1er-Mai. Dans le cœur de Paris, le maintien des commerces et des artisanats de proximité est un enjeu quotidien pour lequel la Ville agit depuis vingt ans, notamment en préemptant des locaux.
Depuis 1986, une tolérance prévaut. Elle repose sur un équilibre : permettre à certains secteurs de travailler tout en garantissant la protection des salariés, dans le respect du droit du travail, du volontariat réel et des conventions collectives. Mais son interprétation rigide ou incohérente a conduit ces dernières années à des verbalisations médiatiques et incomprises, réalisées par des agents de l’État.
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Faut-il légiférer ? Je ne le pense pas. Il suffit d’appliquer le bon sens qui a traditionnellement prévalu afin de ne jamais fragiliser les travailleurs et leurs droits tout en cessant les verbalisations répétées qui frappent petits artisans et commerçants indépendants.
La Tribune Dimanche
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Laissons ouvrir les entrepreneurs et artisans indépendants qui le souhaitent, ceux dont l’activité est essentielle, ou permet de faire perdurer une tradition. Les employés de ces entreprises qui sont volontaires, aussi. Il serait hypocrite de considérer que le 1er-Mai est un jour férié pour tous : nombreux sont ceux qui travaillent, assurant le service public, ou accomplissant leur devoir d’élu ou de syndicaliste.
Faut-il légiférer ? Je ne le pense pas. Il suffit d’appliquer le bon sens qui a traditionnellement prévalu afin de ne jamais fragiliser les travailleurs et leurs droits.
Je suis pour la liberté des commerçants de travailler le 1er-Mai s’ils le souhaitent, mais à une condition non négociable : le volontariat réel.
Il ne s’agit pas d’opposer ceux qui travaillent à ceux qui ne travaillent pas, mais de garantir à chacune et chacun une véritable liberté de choix, en phase avec la réalité du quotidien des Françaises et des Français, sans pour autant légiférer. Nul besoin de légiférer pour faire preuve de bon sens tout en préservant nos traditions et nos droits.

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