Dans son fameux texte Sur la querelle des abeilles et des frelons, paru en 1819 dans la onzième livraison du Politique, Saint-Simon oppose les producteurs, assimilés aux abeilles, aux dirigeants politiques, les frelons. L’ordre économique qu’il dénonce – l’exploitation des abeilles industrieuses par une classe de politiciens avant tout désireux de conserver ou de conquérir le pouvoir au bénéfice des oisifs – est tout à fait transposable à̀ notre époque.
Nous sortons d’un débat, celui des élections municipales, où les médias et les électeurs ont opposé les uns aux autres l’extrême gauche, la gauche, le centre, la droite et l’extrême droite, comme s’il y avait d’immenses différences entre elles, tout au moins en matière de politique économique, financière et sociale.
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Beaucoup de Français sentent monter la nausée, la peur, le désespoir.
Mais si nous regardons attentivement les comportements, les déclarations et les votes de ceux qui aspirent tous à diriger la France en 2027, ils ont beaucoup de points en commun :
- Ils sont indifférents au sort des abeilles, salariés, travailleurs indépendants, entrepreneurs, qui sont en France accablés d’impôts et de cotisations sociales comme dans aucun autre pays au monde et voient leur pouvoir d’achat, de vivre, de fonder une famille fondre comme peau de chagrin.
- Ils sont tout aussi indifférents à̀ l’explosion de la dette publique française, qui revient à reporter sur les futures abeilles, y compris celles qui ne sont pas encore nées, le financement des transferts sociaux colossaux d’aujourd’hui, à commencer par celui des retraites.
- Ils rivalisent, certes, mais dans une surenchère irresponsable de gratuités supplémentaires, de redistribution aveugle, de cadeaux corporatistes, de fuites qui les rend beaucoup plus semblables entre eux que différents.
- Ils savent que leur compétition dans la gabegie et la dépense publique ne mène nulle part mais ils préfèrent apprendre la catastrophe, c’est-à-dire la banqueroute de la France et sa mise sous tutelle par des autorités internationales, que l’empêcher par une politique économique et financière responsable et courageuse.
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À ce titre, ils sont tous assimilables à̀ ces frelons querelleurs et destructeurs que dénonçait Saint-Simon. Beaucoup de Français en sont conscients et sentent monter la nausée, la peur, le désespoir. L’abstentionnisme est aussi le reflet de cet écœurement. On en vient à̀ souhaiter, un an avant ces élections présidentielles qui risquent de reconduire la domination des frelons, que le peuple des abeilles se rebelle. Dise non ! à la fatalité du déclin et de l’appauvrissement de tous. C’est encore possible !
Sans ses abeilles, notre pays est condamné !
Déjà parmi tous ceux qui travaillent et qui aiment leur travail, notamment chez les jeunes actifs à qui l’on demande de payer la retraite de leurs aînés sans leur en garantir aucune, chez les entrepreneurs lassés d’être montrés du doigt parce qu’ils ont réussi et créé des emplois, chez les cadres qui touchent, après redistribution, un salaire insuffisant pour devenir propriétaire de leur toit ou élever une famille, chez les ouvriers et employés qui font en plus du leur le travail de ceux qui sont en arrêt maladie, au chômage, aux abonnés absents, la colère monte.
La Tribune Dimanche
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.
Cette colère n’est pas bonne pour la France. Sans ses abeilles, notre pays est condamné ! Les frelons ne font pas de miel. On en vient donc à souhaiter que face au gang des frelons qui mettent la France au pillage, une abeille se lève, soutenue par des millions d’autres, et présente à l’élection présidentielle un autre choix que celui, désespérant, de candidats irresponsables et seulement avides de pouvoir.
Cette tribune est bien ce qu’elle est : un appel à candidature ! Qui que vous soyez, si vous avez une âme d’abeille, si vous ressentez comme nous la sombre impasse dans laquelle le peuple français est engagé, si vous aimez la France au point de vouloir mener un combat politique, seul contre les frelons, mais porté par des millions d’abeilles, dites-le nous ! Nous vous aiderons !

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