« Mon parcours de vie était tout tracé. C’était écrit noir sur blanc : avec mon diplôme, je pouvais m’établir au Québec pour toujours. Ma thèse était censée être le début d’une nouvelle vie. Et finalement, c’est l’inverse absolu : un cul-de-sac », se désole Julian Ballester, 36 ans, doctorant en études littéraires à l’université du Québec à Montréal. « La fin du PEQ [programme de l’expérience québécoise], ça change tout pour moi. Le sens même des études que j’ai entamées ici s’envole. »
Au Québec, province de prédilection des Français, le parcours d’immigration post-études se complique. Au cœur des débats : la fin du PEQ, officiellement suspendu le 19 novembre 2025. Ce programme permettait aux étudiants à temps plein et respectant plusieurs critères (langue, durée d’études) de demander ensuite un certificat de sélection de la province, première étape vers l’immigration permanente. Un sésame simple à obtenir, qui a permis à plus de 40 000 étudiants de s’installer au Québec entre 2016 et 2023.
Il a fait place au programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), opérationnel depuis l’été 2025. Bien plus restrictif, il est calqué davantage sur les besoins du marché du travail de la Belle Province. Le gouvernement québécois reprochait au PEQ de ratisser trop large, sur le principe du « premier arrivé, premier servi ». Une source diplomatique reconnaît auprès du Monde que les étudiants français sont affectés par le resserrement des politiques d’immigration, tout en assurant que l’intérêt pour le Québec « reste vif ».
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