Le format singulier de ce nouveau G7 en dit long sur l’ampleur de la crise géopolitique provoquée par la guerre entre l’Iran et la coalition américano-israélienne. Ce lundi à 13 heures (heure française), la France, qui préside en ce moment le « groupe des sept », va réunir en visioconférence chefs d’État, ministres des Finances et de l’Énergie, mais aussi l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.
Du jamais vu depuis 50 ans, cette configuration ayant, selon le ministre français de l’Économie, l’objectif suivant : « (…) Pour qu’au même endroit, à la même heure, on puisse échanger tous ensemble sur les marchés énergétiques – internationaux, nationaux –, l’impact sur les marchés financiers et l’impact sur l’économie, évidemment. »
Car Roland Lescure, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse vendredi dernier, le rappelle : face à la flambée des prix de l’énergie, « il y a déjà des écarts de réponse, et elles sont en grande partie liées aux écarts de situation et d’exposition à la crise ».
Le conflit toujours enlisé
Ce « G7 Finances-Energie-banques » se tient alors que le détroit d’Ormuz est toujours en quasi-paralysie, un mois après le début du conflit en Iran, dont nul chef d’État n’arrive à voir l’issue pour le moment. Le problème est sévère pour l’économie mondiale car un cinquième de la production mondiale de pétrole passe par cette voie maritime stratégique.
Les conséquences sur les marchés du pétrole sont déjà là, avec des prix du baril qui ont littéralement flambé. Ce lundi matin, le Brent de la mer du Nord a pris 2,51 % à 115,40 dollars, tandis que celui le baril de West Texas Intermediate (américain) progressait de 1,97 % à 101,60 dollars. En sachant qu’avant la guerre en Iran, le prix du baril tournait autour… des 60 dollars.
Autre effet de cette crise énergétique : des pénuries d’approvisionnement qui touchent particulièrement l’Asie, très dépendante du pétrole brut importé des pays du Golfe. Parmi les pays les plus touchés, ou menacés par des pénuries, figurent le Vietnam, la Thaïlande, Singapour, les Philippines ou l’Indonésie.
De son côté, l’Inde subit « la plus grave crise » d’approvisionnement en gaz, selon le New York Times. Quant à la Chine, allié de l’Iran et première acheteuse de son or noir, elle absorbe pour le moment le choc, car elle dispose de grosses réserves stratégiques de pétrole brut. Mais un prolongement du conflit dans le temps inquiète Pékin.
Risque d’inflation
Pendant ce temps-là, les chancelleries cherchent des solutions et surtout appellent à la fin des hostilités. Jeudi et vendredi dernier en région parisienne, les ministres des Affaires étrangères du G7 ont exhorté dans un communiqué commun « à un arrêt immédiat des attaques les contre les populations et les infrastructures civiles » au Moyen-Orient. Les chefs de la diplomatie ont aussi « réaffirmé la nécessité absolue de rétablir de manière permanente la liberté de navigation gratuite et sûre dans le détroit d’Ormouz ».
De son côté, l’OCDE a relevé, pour les pays du G20, ses prévisions d’inflation de 1,2 point de pourcentage par rapport à ce qui était prévu avant la guerre. Ainsi, le taux d’inflation de ces États pourrait atteindre en moyenne 4 % cette année, avant de ralentir à 2,7 % en 2027… Si le conflit s’arrête.
Selon l’OCDE, dans un scénario d’enlisement, l’inflation américaine pourrait atteindre 4,2 %, celle du Royaume-Uni, 4 %, l’Allemagne 3 % et la France 1,8 %. Une telle situation pourrait amener les banques centrales à relever leurs taux d’intérêt, avec derrière un effet négatif sur le niveau de la croissance des pays.
Les États-Unis confiants
Alors que le conflit ne montre pas de signe d’affaiblissement, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a déclaré vendredi dernier qu’il s’attendait à ce que les objectifs de guerre de Washington en Iran soient atteints dans « les deux prochaines semaines ». Et ce, que les États-Unis envoient ou non des troupes au sol.
« Quand nous en aurons fini avec eux, dans les deux prochaines semaines, ils seront plus affaiblis qu’ils ne l’ont été dans l’histoire récente », a-t-il affirmé. Une perspective dont doutent de nombreux experts et observateurs, tant les objectifs de guerre de Donald Trump n’ont pas produit les résultats attendus : le régime dur de Téhéran étant toujours en place, et l’anéantissement du programme nucléaire militaire du pays n’étant pas confirmé, à date.

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