Moody’s laisse inchangée la note souveraine de la France

L’agence de notation a choisi le statu quo, maintenant la dette française à Aa3 avec perspective négative.

Moody’s a rendu vendredi son verdict semestriel sur la dette souveraine française : la note est maintenue à Aa3, avec perspective négative. Une décision attendue par les marchés, dans un contexte où les signaux économiques et géopolitiques envoient des messages contradictoires sur la trajectoire budgétaire de la France.

L’agence conserve ainsi son positionnement légèrement plus favorable que ses concurrentes Fitch et Standard & Poor’s, qui notent la France A+, soit une catégorie de dette dite « de qualité moyenne supérieure ». Mais la perspective négative de Moody’s, maintenue depuis fin octobre, continue d’indiquer un risque de dégradation à moyen terme.

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Moody’s souligne dans son communiqué notamment que « l’accord budgétaire trouvé entre la gauche modérée et le centre droit, au sein d’un Parlement français politiquement divisé, conforte notre évaluation de la solidité des institutions et de la gouvernance françaises ». L’agence observe également que « le déficit budgétaire prévu pour 2026 », à 5 %, « est légèrement inférieur à (sa) précédente prévision de 5,2 % du PIB cette année », « deux éléments positifs pour la solvabilité » de la France, selon elle.

Meilleure résistance

Sur le plan macroéconomique, les dernières projections montrent une dynamique légèrement plus résistante qu’attendu. Du fait de la situation au Moyen-Orient, l’Insee a revu à la baisse, mais sur des variations faibles, ses prévisions de croissance pour les premiers trimestres 2026, à 0,2 % contre 0,3 %, tandis que la Banque de France anticipe désormais 0,9 % de croissance annuelle, contre 1% auparavant.

Vendredi, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a toutefois souligné une amélioration du climat de risque, liée notamment à l’apaisement géopolitique récent. « La semaine dernière j’avais eu l’occasion de dire qu’on était plus proches du scénario (…) défavorable, depuis mercredi matin (et l’annonce d’un cessez-le-feu entre Iran et Etats-Unis, NDLR), on est revenus plus près du scénario de base », a-t-il déclaré.

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A ce stade, Moody’s privilégie la stabilité, évitant de raviver la volatilité sur les marchés obligataires dans un contexte international complexe. Les risques politiques nationaux restent néanmoins au cœur des préoccupations. La perspective d’un budget particulièrement complexe à l’approche de la présidentielle de 2027 alimente les anticipations d’une nouvelle phase d’instabilité. « Moody’s aura alors plus de latitude pour dégrader la France à l’automne », prévient d’ores et déjà Paul Chollet, chef économiste chez Crédit Mutuel Arkéa.

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