Meir Dagan, l’homme qui a fait du Mossad un bulldozer contre l’Iran : “Il mesurait les risques d’une guerre directe”

Derrière la guerre, des décennies de préparation dans l’ombre. Bien avant l’assassinat ciblé du Guide suprême Ali Khamenei, ce 28 février, le Mossad a lancé un programme d’empêchement des ambitions nucléaires de l’Iran. Un homme en particulier a incarné ce combat invisible : Meir Dagan, patron du service secret israélien entre 2002 et 2011. Cet ex-espion de terrain, décédé en 2016, a poussé ses troupes à faire de la République islamique la priorité numéro un. Commanditant assassinats ciblés et sabotages audacieux…

Le journaliste américain Samuel Katz, collaborateur de Vanity Fair ou de GQ, lui a consacré un ouvrage remarqué, The architect of espionage, publié en novembre 2025. Cette biographie paraîtra en français le 23 avril prochain aux éditions Novice. On y découvre les réseaux patiemment tissés par le Mossad parmi les Kurdes d’Irak, d’où ils recrutent de nombreuses sources infiltrées ensuite dans la bonne société iranienne. Apparaissent aussi les liens fraternels de Meir Dagan avec le roi de Jordanie, aboutissant à plusieurs collaborations stratégiques entre les services secrets des deux pays. En dépit de ses états de service, Meir Dagan a toujours bataillé contre l’entrée en guerre d’Israël contre l’Iran. Entretien avec son biographe Samuel Katz.

L’Express : La presse égyptienne le surnommait “Superman”, George W. Bush l’aurait qualifié de “dirigeant mondial le plus impressionnant qu’il ait jamais rencontré”. Que disent les ex-agents du Mossad et les dirigeants internationaux que vous avez rencontrés sur Meir Dagan ?

Samuel Katz : Il n’est pas exagéré de dire qu’il est généralement décrit comme un personnage hors-norme. Beaucoup de ceux qui l’ont connu parlent d’un homme redoutablement intelligent, audacieux, mais aussi étonnamment accessible. Il pouvait commander des opérations d’une extrême complexité tout en restant proche de ses équipes. Ce mélange d’autorité et d’humanité explique l’empreinte qu’il a laissée.

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