« L’ESG n’est pas mort car le climat est devenu un risque économique sérieux pour la finance »

LA TRIBUNE. Aux États-Unis, les pressions politiques et juridiques contre l’ESG sont plus intenses que jamais depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Assiste-t-on à un recul de la transparence climatique des entreprises, voire… la fin des données ESG (environnement, social et gouvernance) ?

Sherry Madera. Je vous réponds clairement que non, l’ESG n’est pas mort. En revanche, le terme lui-même est de moins en moins utilisé. Les entreprises se concentrent désormais sur des données directement utiles à leur activité, comme les risques physiques, les objectifs climatiques ou les plans de transition.

Aux États-Unis, malgré le contexte politique, le niveau de transparence reste stable. Le pays demeure le premier marché du CDP en nombre d’entreprises déclarantes.

Cette stabilité s’explique par des raisons économiques fondamentales : ces données sont nécessaires pour accéder aux financements et répondre aux exigences des clients.

La véritable évolution tient au fait que ces données sont aujourd’hui mieux utilisées. Même si les cadres réglementaires évoluent, que ce soit en Europe ou aux États-Unis, les entreprises continuent de publier volontairement leurs données ESG. En Europe, le nombre de déclarants progresse même d’année en année.

Plus de 25 000 organisations publient via le CDP, mais seulement 15 % intègrent réellement climat et nature dans leur stratégie business centrale. Comment expliquer cet écart ?

Cet écart tient en partie à une question de perception. Si l’on se concentre uniquement sur les directions financières, ce chiffre peut sembler faible. Mais dans les faits, d’autres fonctions, comme les directions d’achats ou celles qui gèrent les chaînes d’approvisionnement, intègrent de plus en plus ces données dans leurs décisions.

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