Le financement de la défense avance. En 2025, les crédits accordés par les six plus grosses banques françaises aux entreprises du secteur ont atteint plus de 46 milliards d’euros, soit une augmentation de 26 % sur un an, ont indiqué jeudi le gouvernement et la Fédération bancaire française (FBF).
Ce bilan intervient un an après un sommet censé faire se rencontrer le monde de la finance et celui de la défense, organisé par le ministère de l’Économie et des Finances et le ministre des Armées de l’époque, Sébastien Lecornu. Cette rencontre s’était tenue dans un contexte où les États-Unis menaçaient de réduire leur soutien à l’Ukraine.
Il visait à trouver des pistes pour éliminer les contraintes du secteur de la défense dans sa quête de financements. Par exemple, certains investisseurs très sensibles aux « risques ESG » (environnement, social et gouvernance) excluaient le financement des entreprises liées aux armes et aux munitions.
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Un an plus tard, « des progrès ont été réalisés », a estimé jeudi Catherine Vautrin, ministre des Armées, à l’occasion de la présentation des conclusions de ce « dialogue de place ».
Modifications des politiques ESG
« Les banques ont toiletté leur politique d’exclusion, il n’y a plus de notion d’arme controversée par exemple », a observé Philippe Brassac, ex-dirigeant du Crédit agricole et coprésident du « dialogue de place ».
« Il y a encore du travail », a jugé Hervé Guillou, ex-PDG de Naval Group et également coprésident du « dialogue de place », « mais l’acculturation a beaucoup progressé entre ces deux mondes qui ne se connaissaient pas bien. »
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En 2025, selon le gouvernement, près de 900 millions d’euros ont été investis par des fonds français dans des entreprises de la « base industrielle et technologique de défense » (BITD) française, qui compte de grands groupes comme Dassault Aviation, Thales ou Airbus, mais surtout plusieurs milliers de PME. La BITD a encore besoin de 4 à 6 milliards d’euros en fonds propres d’ici 2030, a chiffré le gouvernement.
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Outre les banques et les fonds, le ministre de l’Économie Roland Lescure s’est félicité jeudi qu’à fin mars, « 56 millions d’euros » ont été placés par les particuliers dans le fonds consacré à la défense de la banque publique d’investissement Bpifrance, lancé en octobre dernier. Ce montant était déjà de 50 millions d’euros à fin décembre, pour un objectif total de 450 millions d’euros.
Les nouveaux leviers de la BITD
Pour combler le besoin de 4 à 6 milliards d’euros en fonds propres d’ici à 2030, le gouvernement mise sur une mobilisation accrue de l’épargne privée. Le « plan d’action » présenté le 9 avril par Catherine Vautrin et Roland Lescure s’articule autour de trois piliers. D’abord, la consolidation du fonds de fonds « défense » géré par Bpifrance, dont l’objectif de 450 millions d’euros vise à soutenir les PME et ETI stratégiques. Ensuite, l’intégration systématique des entreprises de la base industrielle et technologique de défense (BITD) dans les dispositifs de suramortissement pour l’innovation. Enfin, le rapport souligne l’importance de la labellisation pour rassurer les investisseurs face aux critères ESG. En 2025, les banques françaises (BNP Paribas, Crédit agricole, Société générale, BPCE, Crédit mutuel et La Banque postale) ont déjà augmenté leurs encours de 26 %, atteignant 46,2 milliards d’euros.

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