Il est le plus rock’n’roll des ex-banquiers centraux. Economiste à la Banque centrale d’Irlande, puis chez UBS ou pour le fonds d’investissement Rockwest Capital, David McWilliams est devenu animateur de podcasts à succès, fondateur du festival Kilkenomics et essayiste de renommée internationale. Dans l’enthousiasmant Argent (Les Presse de la Cité), classé dans les livres de l’année 2024 par le Financial Times, l’Irlandais montre comment des Sumériens aux cryptomonnaies en passant par Crésus, le Magicien d’Oz et les systèmes fiduciaires, la monnaie a accompagné l’essor de l’humanité. Loin des anathèmes issus du christianisme comme de la gauche anticapitaliste, l’auteur souligne que l’argent a certes engendré de l’avidité et des krachs, mais a aussi permis une plus grande coopération et un progrès collectif.
Pour L’Express, David McWilliams explique pourquoi l’argent est une des plus grandes inventions humaines, décrypte son rôle dans le “miracle grec” et souligne que même les révolutionnaires doivent devenir des “comptables” (y compris Jean-Luc Mélenchon s’il arrive au pouvoir…). En revanche, l’économiste ne mâche pas ses mots sur les cryptomonnaies, qu’il qualifie d’”arnaque sophistiquée”. Entretien.
L’Express : Dans votre livre, vous montrez à quel point l’argent a joué un rôle central dans le progrès humain. Pourtant, il est aujourd’hui souvent perçu négativement, comme quelque chose de sale et d’avilissant…
David McWilliams : Oui, et j’ai moi-même longtemps pensé de cette façon, parce que c’est un récit facile à appréhender, et qu’il repose très largement sur notre tradition philosophique chrétienne. De saint Paul à Thomas d’Aquin en passant par saint Augustin, les penseurs chrétiens ont tous contribué à ancrer dans notre imaginaire l’idée selon laquelle l’argent est la racine de tous les maux. J’y ai adhéré une grande partie de ma vie, avant que je comprenne que ce récit passe à côté d’aspects fascinants de l’argent.
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