A première vue, c’est une cité pleine de charme, au centre-ville impeccablement tenu. Façades Art nouveau fraîchement ravalées, allées pavées, parterres de fleurs et aires de jeu flambant neuves, tramway et pistes cyclables… Debrecen, un îlot vert à 220 kilomètres à l’est de Budapest (près de la frontière roumaine), le cadre idéal pour une vie de famille. Voilà pour la carte postale. La deuxième ville du pays, 200 000 âmes, brigue même le titre de Capitale verte européenne 2027, c’est dire ! Une vitrine pour le gouvernement de Viktor Orban et le Fidesz, son parti, qui tient depuis plusieurs décennies la mairie et les circonscriptions environnantes.
Mais, ces temps-ci, l’étoile du Fidesz pâlit. Ses récentes performances électorales parlent d’elles-mêmes : aux municipales de 2024, le mouvement a dégringolé de 12 points. Aux européennes la même année, il est passé de justesse à Debrecen, avec 2 000 voix d’avance sur Tisza, le parti qui pourrait détrôner Viktor Orban aux législatives du 12 avril prochain. Dans une telle forteresse Fidesz, arrosée d’argent public depuis l’accession au pouvoir de Viktor Orban en 2010, cette chute en dit long. Elle raconte le ras-le-bol d’une partie de la population dans une région qui concentre bien des travers de cette mal gouvernance.
Empire industriel d’Orban
Pour comprendre ce déclin, il faut quitter le centre-ville, rouler une quinzaine de minutes depuis la rue principale jusqu’au “Parc industriel sud”, une zone de plusieurs centaines d’hectares posée entre Debrecen et le village voisin de Mikepercs. En quatre ans, les entrepôts et les cheminées d’usines y ont poussé comme des champignons, à un jet de pierre des terres agricoles et sous les yeux médusés des habitants, spectateurs des premiers coups de pelleteuses. Et les bulldozers n’ont pas fini de creuser. Ici s’érige l’empire industriel rêvé de Viktor Orban.
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