Charlotte est née en 1977 à Sarlat-la-Canéda (Dordogne). Ses parents hésitent à l’appeler Rebecca, prénom d’origine hébraïque, mais optent pour ce prénom chrétien « parce qu’il leur plaisait », lui ont-ils dit, et aussi pour ne pas bouleverser sa grand-mère paternelle, Marie-Gabrielle, « une catholique mondaine qui allait à la messe pour voir et être vue ».
Quarante-six ans après sa naissance, une découverte bouscule ce récit familial. A la mort de sa mère, en 2023, Charlotte et sa sœur doivent mettre la main sur plusieurs documents administratifs. En plongeant dans ces papiers, Charlotte tombe sur le livret de famille de sa mère. Elle s’effondre. « C’était comme ce que j’imagine être le souffle d’une explosion. »
Pour comprendre sa réaction, il faut se replonger dans l’histoire de sa famille, au début du XXe siècle. Son arrière-grand-père, peintre de véhicules commerciaux à Versailles, est mobilisé pour la première guerre mondiale. Très proche de sa fille Emma, il lui écrit, du front, des lettres sur des écorces de bouleau. Il meurt d’un éclat d’obus vers la fin de la guerre.
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