REPORTAGE – Redoutant de perdre définitivement leur foyer, ces villageois refusent de fuir face au déluge de bombes de l’armée israélienne visant à repousser le mouvement chiite et les habitants vers le nord du pays du Cèdre pour créer une zone tampon.
Juchée sur une colline du Sud-Liban, Marjayoun la chrétienne a longtemps veillé sur la vallée, imperturbable. Au loin, les lignes escarpées du mont Hermon ferment l’horizon et dominent le fleuve Litani, qui, en contrebas, poursuit discrètement son cours. Plus loin encore se détachent, comme suspendues à la roche, les ruines du château de Beaufort, lestées de siècles de guerre.
Depuis trois semaines, le paysage s’est resserré. L’horizon est redevenu une ligne de front. En face, en direction de la frontière israélienne, Khiam en ruine s’impose comme un point nodal du conflit. Le Hezbollah y oppose des combats acharnés à l’armée israélienne, qui cherche à s’emparer de la vallée, verrou stratégique vers la plaine de la Bekaa, plus au nord. À Marjayoun, on évite désormais les rues trop exposées. Une rumeur s’est installée : une seule image prise en direction du front pourrait suffire à faire basculer la ville dans le champ de tir.
Arthur Larie pour Le Figaro
À l’angle d’une rue déserte, une vieille dame surgit en brandissant…

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